LEXIQUE LITURGIQUE ET

SPIRITUEL ORTHODOXE

Autel de la Proscomédie

AUTEL DE LA PROSCOMÉDIE

1 Prosphore
2 Lance
3 Bougies
4 Icône de la Nativité
5 Étoile
6 Astérisque
7 Calice
8 Cuiller de Communion
9 Purificatoire (Linge)
10 Burettes pour le Vin et l'Eau
11 Plateau
12 Linge pour essuyer les mains
13 Voiles (y compris l'Aër)

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Acathiste : Hymne pendant le chant duquel " on n’est pas assis ". Le plus connu est celui à la Mère de Dieu, qui fait partie des Matines du samedi de la cinquième semaine du Grand Carême.

Acédie : Perte de l’élan pour les choses spirituelles, d’où la recherche du " divertissement " sous toutes ses formes. Voir Passion.

Aër : (grec " air ") Le plus grand des trois voiles liturgiques, destiné à couvrir la patène et le calice. Il est agité au-dessus des Saints Dons pendant la récitation du Symbole de foi, en signe de la descente du Saint-Esprit.

Agapes : (du grec agapein " aimer ") Repas des chrétiens, en signe de charité et d’unité. À l’origine, ce repas précédait la célébration eucharistique, alors que maintenant il le suit.

Agneau : Dans la Liturgie, la parcelle centrale, de forme carrée, découpée de la prosphore portant l’inscription ISXS - NIKA, représentant l’Agneau de Dieu, le Christ immolé en sacrifice.

Alléluia : Acclamation hébraïque signifiant " Louez le Seigneur ". Chant de joie dans la Liturgie et les Offices.

Ambon : (grec " petite estrade ") Partie surmontée de la nef d’une église, en forme de demi-cercle, se trouvant généralement juste devant les portes royales ; il peut être aussi sur le coté gauche ou nord.

Amen : Racine du mot hébreu signifiant vérité : " Oui, c’est vrai. Ainsi soit-il. " Une affirmation et une acceptation : " Oui, de toute mon âme ".

Anamnèse : (du grec anamnesis " souvenir, mémorial ") Dans la Liturgie, prière après les paroles de l’institution qui rappelle et invoque l’oeuvre du salut que Dieu a accompli pour nous, les mystères du Verbe incarné.

Anaphore : (grec : " oblation, offrande ") Partie centrale de la Liturgie, la prière eucharistique, correspondant au Canon de la Messe romaine.

Année liturgique : L’année liturgique commence le premier septembre.

Antidore : (du grec antidoron " pain béni ") Pain béni pendant la Liturgie, mais non consacré, et distribué aux fidèles après la communion ou après la Liturgie.

Antienne (parfois incorrectement Antiphone) : (du grec antiphona " répons, refrain) Verset, généralement biblique, souvent chanté en alternance par deux choeurs, encadrant ou accompagnant comme un refrain le chant d'un psaume ou d'un cantique biblique. Le dimanche, les antiennes de la Liturgie dans les églises d’usage slave sont des versets des psaumes 102 et 145 et les Béatitudes (les Typiques).

Antimension : (du grec anti " contre " et mension " ce qui est fixe ") À l’origine un autel portatif. Actuellement un tissu sur lequel est dessinée la scène de l’ensevelissement du Christ et au revers duquel est cousu un sachet contenant des reliques de martyrs. Il est consacré par l’évêque dont le prêtre célébrant la Liturgie est le représentant et il repose sur l’autel pendant la Liturgie. Dans l’usage grec il ne contient pas de relique mais il est consacré par le saint chrême et il est signé par l’évêque.

Apolytikion : (du grec " qui conclut ") Tropaire récapitulatif du sens de la fête, chanté à la fin des Vêpres et de Matines ainsi qu’à la Liturgie après la Petite Entrée.

Apophtegme : Parole mémorable des Pères du désert, comportant souvent une anecdote ou une question du disciple et la réponse de l’ancien.

Apostiches : Stichères chantés à la fin des Vêpres et des Matines, intercalés entre des versets psalmiques.

Apôtre : En l’absence d’autre contexte, réfère souvent à l’Apôtre Paul ; également le livre liturgique contenant les Épîtres de chaque jour de l’année liturgique.

Archimandrite : Supérieur d’un monastère, synonyme d’higoumène. Aujourd’hui souvent aussi un titre honorifique accordé à un moine prêtre.

Ascèse : (du grec askysis " exercice ") Pratique ou lutte spirituelle en vue du salut, en particulier pour la maîtrise des passions. Sont inclus parmi les pratiques ascétiques le jeûne, les veilles, les métanies, l’aumône etc.

Astérisque : Instrument liturgique composée de deux lamelles de métal, recourbées en demi-cercle. croisées l’une sur l’autre, terminées par une croix, à laquelle pend une petite étoile. Elle sert à préserver les parcelles de pain du voile qui doit les couvrir.

Attendrissement : (en grec katanyxis) Dans la spiritualité, une douleur du coeur liée à la douceur de l’amour de Dieu et du prochain et à une profonde humilité.

Calendrier : Deux calendriers sont en usage dans les Églises orthodoxes, le calendrier julien (ancien calendrier) et le calendrier grégorien (nouveau calendrier). Le calendrier julien a actuellement treize jours de retard sur le calendrier grégorien. Ainsi, certains fêtes liturgiques ne sont pas célébrées aux mêmes dates dans toutes les Églises. Pâques par contre, ainsi que toutes les fêtes et les dimanches qui dépendent de Pâques, est célébrer le même jour dans pratiquement toute l’Église orthodoxe. Pâques est fêté le dimanche qui suit la pleine lune après l’équinoxe de printemps, calculé selon le calendrier julien. La date de Pâques peut ainsi tomber le même jour que dans l’Église romaine, ou avoir un décalage d’une à cinq semaines.

Calimavkhion, Kamilavkhion ou Scoufos (grec) Aussi Callous. En russe, Klobouk . Bonnet noir en forme de cylindre porté par les moines ; dans l’église ou dans d’autres circonstances formelles, il est complété par un voile qui tombe dans le dos.

Canon : (du grec " règle, loi ") Dans son sens liturgique, une composition hymnographique typiquement divisée en neuf chants ou odes, lesquelles en leur tour se divisent en un certain nombres de strophes appelées tropaires. Peut aussi désigner une partie de la Liturgie, notamment, comme dans la Messe romaine, la prière eucharistique.

Catavassia ou Katavasia : Hirmos répété à la fin de chaque ode des Matines, inspiré du temps liturgique.

Catéchumène : (grec " enseigné ") Candidat au baptême.

Cathisme : Pour leur usage liturgique, les 150 psaumes sont groupés en vingt sections appelées cathismes.

Charisme : Grâce ou don de l’Esprit-Saint au service de l’Église.

Chérubicon : " l’Hymne des Chérubins " Hymne chantée pendant la Grande Entrée, par lequel les fidèles sont invités à chanter l’hymne trois saint et à déposer " tous les soucis de ce monde... pour recevoir le Roi de toutes choses ", rejoignant ainsi le choeur des anges dans les cieux pour le célébration commune du Mystère eucharistique.

Chrême (Saint) : Huile consacrée par le Patriarche, servant dans le sacrement de chrismation et d’autres consécrations : églises, autels, antimensions, icônes...

Chrismation : Un des sept sacrements, conféré sous forme d’onction correspond à la confirmation dans l’Église romaine.

Coeur : Dans la spiritualité, " coeur " prend son sens sémitique et biblique : le centre de l’être de la personne, du corps, de l’âme et de l’esprit : la totalité de la personne humaine.

Communion : Consommation des Saints Dons consacrés en Saint Corps et Précieux Sang du Christ pendant de la Liturgie, tel qu’institué et souhaité par le Seigneur lors de la Dernière Cène. Dans l’Église orthodoxe, la communion se fait toujours aux deux espèces, le Pain et le Vin. Le clergé communie séparément au Pain et au Vin, et la communion est donnée aux fidèles typiquement par le moyen d’une cuiller que le prêtre utilise pour prendre un morceau de Pain trempé dans le calice contenant le Vin.

Communion des Saints : L’Église au sens le plus large : l’union de l’Église terrestre - les fidèles vivants - et l’Église céleste - ceux qui sont déjà devant Dieu - indissolublement liées par l’Esprit-Saint dans la louange de Dieu.

Couleurs liturgiques : Le blanc, symbole de pureté, est la couleur liturgique par excellence. Le bleu peut être utilisé pour les fêtes de la Mère de Dieu, le rouge pour la Pentecôte et le violet ou le noir pour le temps de Carême.

Déesis ou Déisis : (grec " prière, intercession ") Une série d’icônes placées au-dessus des portes royales de l'iconostase. Elles représentent l'intercession de l'Église pour le salut du monde. La partie centrale de la déesis représente le Christ, généralement sur un trône, avec, à sa droite, la Mère de Dieu, et à sa gauche, saint Jean Baptiste ; les anges, les apôtres, les saints, les martyrs etc. suivent des deux côtés selon un ordre établi.

Déification ou Théosis : (du grec théosis) L’union entre l’homme et Dieu à laquelle l’homme est appelé, la participation à la nature divine (2 Pierre 1,4) par la grâce et non par l’essence.

Désert : Dans le langage ascétique, un " lieu inhabité ", qu’il soit un vrai désert, en montagne, en forêt etc.

Diptyque : (du grec " double tablette, plié en deux ") Dans la Liturgie, liste des noms des vivants et des morts pour qui on prie spécialement.

Discernement : (du grec diacrisis) Charisme d’un père spirituel de discerner les esprits ou les motivations des enfants spirituels ou disciples.

Disque : Petit plateau servant à contenir les parcelles de pain eucharistique, correspondant à la patène dans l'Église romaine.

Doxologie : (du grec doxa " gloire ", et logos " parole ") Formule liturgique de louange à Dieu et reconnaissance de sa gloire.

Économie : Voir Oikonomia.

Écphonèse : (du grec " à haute voix ") Brève formule de doxologie trinitaire récitée à haute voix par le prêtre, à la fin d’une litanie prononcée par le diacre ou une prière dite à voix basse par le prêtre.

Écritures (Saintes) : La Bible. Le Nouveau Testament est le même pour toutes les confessions chrétiennes, mais le texte de l’Ancien Testament en usage liturgique dans l’Église orthodoxe est l’ancienne traduction grecque, la version dite des Septante, retraduite dans les autres langues.

Ecténie ou Litanie : (du grec " qui est prolongé ") Série de prières d’intercession et de supplication. Dans la Liturgie, on distingue plusieurs " grandes ecténies ", ainsi que des " petites ecténies ".

Eleousa : (du grec eleos " miséricorde ") Type d’icône de la Mère de Dieu dite " Vierge de Tendresse " où l’Enfant Jésus et la Mère de Dieu sont souvent représentés joue contre joue.

Enkomia : Louange, surtout aux Matines et le Samedi Saint.

Entrée : Procession du clergé qui entre dans le sanctuaire par les portes royales. Durant la Liturgie, la Petite Entrée se fait avec l’évangéliaire, la Grand Entrée avec les Saints Dons ; durant les Vêpres des dimanches et des fêtes, il y a une entrée pendant le chant de l’hymne du soir (" Lumière joyeuse ").

Épiclèse : (grec " invocation ") Invocation à l'Esprit Saint après les paroles de Institution de l'Eucharistie, pour qu’il opère le changement des Saints Dons en Corps et Sang du Christ.

Épitaphion ou Épitaphios : (du grec epi " au-dessus " et taphos " tombeau ") Une étoffe brodée, icône de la mise au tombeau du Christ par Joseph d’Arimathie, assisté de Nicodème, avec la Mère de Dieu et Saint Jean, vénérée spécialement le Vendredi Saint et le Samedi Saint.

Épitrachilion : (du grec " autour du cou ") Étole propre au prêtre ; longue bande de tissu passée autour du cou, symbole de la grâce divine que le prêtre reçoit.

Eschatologie : (du grec eskatos " dernier " et logos " parole ") Enseignement ou doctrine sur les fins dernières de l’homme et du monde (fin du monde, jugement, vie éternelle).

Esprit : (grec noûs ; russe oum) En général, l’intelligence intuitive (intellect), distinct de l’intelligence discursive et rationnelle. Peut aussi se référer à l’Esprit Saint.

Eucharistie : (du grec eucharistia " action de grâces, remerciement ") Le sacrement par excellence de l’Église, institué par le Christ lors de la Sainte Cène, la veille de sa Passion et mort.

Évangéliaire : Livre contenant les Évangiles présentés en une succession de " péricopes " (passages), correspondant à chaque jour de l’année. L’évangéliaire est placé en permanence au milieu de l’autel, sauf pendant la Petite Entrée, les lectures de l’Évangile et certains gestes spécifiques.

Exapostilaire : (du grec " mission ") Tropaire précédant les Laudes après le canon des Matines.

Fête/Grandes Fêtes : Célébration solennelle d’un événement de la vie du Seigneur ou de la Mère de Dieu, ou commémoration d’un saint. Pâques, la Résurrection du Christ, est la " fête des fêtes ", et l’Église orthodoxe reconnaît douze autres grandes fêtes (selon l’année liturgique) : Nativité de la Mère de Dieu (8 septembre), Exaltation de la Croix (14 septembre), Entrée de la Mère de Dieu au Temple (21 novembre), Nativité du Christ (25 décembre) Théophanie ou Épiphanie (6 janvier), Présentation du Christ ou Sainte Rencontre (2 février), Annonciation (25 mars), Entrée du Christ à Jérusalem, Ascension et Pentecôte (selon le cycle pascal), Transfiguration du Christ (6 août), Dormition de la Mère de Dieu (15 août).

Fraction (du Pain) : Geste après la consécration par lequel l’Agneau est séparé en quatre parties, avant la communion.

Gloire : La manifestation de la Sainteté et de la Puissance de Dieu, à laquelle l’homme est appelé à participer.

Grâce : L’amour, don de Dieu, qui nous communique sa divinité par ses énergies pour nous rendre participants de la nature divine ; c’est la tâche de l’homme d’accepter le don de Dieu et de la mettre en oeuvre.

Hésychasme : (du grec hesychia litt " calme " ; ainsi " silence, recueillement, paix intérieure ") Méthode ascétique et spirituelle qui entend conduire l'homme à la paix intérieure pour l'ouvrir à la contemplation de Dieu ; souvent associé à la pratique de la Prière de Jésus.

Hésychaste : Moine qui se voue à une vie de silence et de prière, en particulier la prière de Jésus, pour se libérer des passions et s’unir à Dieu.

Heures ou Prière des heures : Heures canoniales ; les grandes Heures sont Vêpres et Matines, les petites Heures complies, minuit, prime, tierce, sexte et none.

Hexapsalme : Ensemble fixe de six psaumes récités au début des Matines.

Hiéromoine : (du grec hiéreus " prêtre-sacrificateur ") Moine prêtre.

Higoumène : (du grec higémeo " diriger, gouverner ") Abbé ou supérieur d’un monastère.

Hirmos : (du grec litt. " modèle ", ainsi " lien, suite "). Le premier tropaire de chacune des odes d’un canon, servant de modèle mélodique et rythmique pour les autres strophes de l’ode.

Hodigitria : (du grec odos " chemin ") " Celle qui montre le chemin. " Type d'icône de la Mère de Dieu où elle montre l’Enfant Jésus assis sur son bras.

Hypakoï : (grec " attention ") Tropaire de cathisme utilisé le dimanche et lors de certaines fêtes, à écouter avec " attention " particulière et donc debout.

Icône : (du grec eikona " image ") Image sacrée peinte le plus souvent sur bois, représentant le Christ, la Mère de Dieu ou les Saints, dont les thèmes et l'exécution sont soumis à des canons ou règles ; l’icône n’est pas seulement une image décorative mais surtout un objet liturgique.

Iconoclasme : Proscription et destruction des images saintes. Désigne, notamment la querelle des images dans l'Église au VIIIe- et IXe siècles.

Iconographie : Art sacré de l’écriture des icônes, autrefois réservé aux moines.

Iconostase : Cloison à trois portes munie d'icônes, séparant le sanctuaire de la nef de l’église. Voir Déesis.

ICXC ou ISXS : Abréviation du grec IESOS XRISTOS, Jésus Christ (Le " C " est fait le Sigma grec).

Ikos : (grec " maison ") Une série des strophes des anciens hymnes nommé Kondakion ; seul le premier ikos survit dans l’actuel office des Matines (sauf dans l’hymne acathiste qui est un Kondakion chanté en entier).

Illusion : (grec planê " égarement " ; russe, prélest " charme ") Dans les écrits ascétiques, désigne le faux charme, l’illusion spirituelle dans laquelle peut tomber celui qui cherche Dieu.

Impassibilité : (grec apathéia). État spirituel consécutif à la victoire sur les passions, accordé à ceux qui vivent selon les commandements de Dieu et ouvrant la voie pour la prière pure.

Institution : Dans son sens liturgique, le récit de la Sainte Cène, notamment le paroles du Christ (matthew 26,26-28), prononcées par le prêtre pendant l’offrande eucharistique.

Intellect : Voir Esprit.

Juridiction : Désigne l'autorité pastorale souveraine exercée au sein d'une Église orthodoxe.

Kénose : (du grec " se vider, s’anéantir ") L’abaissement volontaire du Verbe de Dieu en prenant la condition humaine, afin d’effectuer le plan du salut de l’homme.

Klobouk : (russe) Voir Calimavkhion.

Koïnonia : Terme grec utilisé notamment dans les Actes des Apôtres pour caractériser la vie et l’esprit de la première Église de Jérusalem ; signifie la communion ou la communauté.

Kondakion : Hymne qui se place après la sixième ode du canon des Matines. À l’origine, première forme accomplie de composition poétique liturgique de l'ancienne Byzance, créée par saint Romanos le Mélode.

Lance : Petit couteau liturgique utilisé pour inciser et couper les prosphores de la Liturgie, prenant son nom de la lance dont s’est servi le soldat pour percer le côté du Christ (Jean 19,34).

Laudes : (du latin laudare " louer ") Ensemble composé par les psaumes 148, 149 et 150, placés à la fin des Matines. Les jours des fêtes, des stichères sont intercalés entre les derniers versets.

Laure : Ensemble de plusieurs monastères proches les uns des autres et gouvernés par un seul higoumène ou archimandrite.

Litanie : Voir Ecténie.

Litie : Prière instante prononcée le plus souvent lors d’une procession aux Vêpres des grandes fêtes ; aussi la procession elle-même.

Liturgie (Divine) : (du grec liturgia " fonction publique, oeuvre du peuple ") Prière sociale de l’Église, d’abord la célébration de l’Eucharistie, avec la consécration des Saints Dons et la communion au Saint Corps et Précieux Sang du Christ. Les principales liturgies sont : Liturgie de Saint Jean Chrysostome (liturgie habituelle) ; Liturgie de Saint Basile (célébrée notamment la Fête de Saint Basile, les dimanches du Grand Carême, le Jeudi Saint et le Samedi Saint ; et la Liturgie des Présanctifiés (en semaine pendant le Grand Carême). La Liturgie de Saint Jacques est célébrée le 23 octobre dans les patriarcats de Constantinople et d’Antioche. La Liturgie de Saint Germain de Paris est parfois célébrée dans quelques paroisses en France et en Belgique. " Liturgique " peut se rapporter aussi aux autres sacrements et les offices divins.

Liturgie des Catéchumènes : La première partie de la Divine Liturgie, appelée aussi la Liturgie de la Parole, centrée essentiellement sur la louange de Dieu, l’écoute de la Parole et l’intercession. Autrefois, tous étaient admis à y participer, y compris les catéchumènes se préparant à recevoir le baptême.

Liturgie des Fidèles : La deuxième partie de la Divine Liturgie centrée sur la célébration du mystère eucharistique, autrefois réservée aux seuls fidèles (les baptisés).

Logos : (grec " parole, verbe ") Le Verbe, désigne le Christ (Jean 1,1).

Lucernaire : (du latin, lux " lumière ") Partie centrale des Vêpres, où l’on allumait les lampes de l’église (d’où son nom), comprenant les psaumes 140, 141, 129 et 116, avec des stichères intercalés entre les derniers versets.

Mandylion : (grec : " petit manteau, tissu ") Icône avec le visage du Christ.

Matines : Office monastique matinal, avant le lever du soleil.

Mégalinaire : (du grec " magnifier ") Refrain chanté entre les tropaires de la neuvième ode des Matines ; plus spécifiquement, hymne à la Mère de Dieu.

Ménées : (du grec " livres des mois ") Livres liturgiques, souvent un pour chaque mois, contenant les parties variables des offices des fêtes fixes (pour le cycle pascal, voir Triode).

Ménologe : Recueil contenant les vies des saints classées par mois et jour d’après la date de la célébration de leur fête.

Métanie : (du grec métanoïa) Inclination profonde du buste (petite métanie) ou prosternation jusqu’à terre (grande métanie), suivi d’un signe de croix. Une petite métanie peut être accompagnée d’un geste de la main droite qui touche la terre, en signe d’humilité. La grande métanie ne se fait pas pendant la Liturgie du dimanche, mais se fait à la Grande entrée et à l’Institution (Consécration) pendant les Liturgies en semaine, ainsi qu’en Carême, pendant la Liturgie des Présanctifiés.

Métanoïa : (grec " pénitence, conversion, repentir ". L’action de l’esprit qui se détourne du monde pour aller vers Dieu, dans une profonde attitude de reconnaissance de ses péchés et ses faiblesses et de la miséricorde divine.

Mystère : Vérités de foi inaccessibles à la raison, en particulier la réalité divine révélée par les Écritures, à laquelle nous sommes appelés à participer. Désigne aussi les sacrements chez les grecs.

Obédiance : Travail ou service accompli par un moine.

Octoèque : Livre liturgique qui regroupe les textes variables sur une période de huit semaines selon les huit tons.

Ode : Cantique tiré de la Bible faisant partie du canon de l’office des Matines. Désigne aussi un ensemble de tropaires consacrés à la fête ou au saint du jour.

Oikonomia ou Économie : (grec : " règle domestique, administration de la maison familiale ") Dessein de Dieu pour le salut des hommes. Aussi dispositions que l’Église est amenée à adopter, face à certaines situations, dans l’application des règles et canons, selon le principe que la miséricorde a le pas sur la rigueur.

Orarion : (du latin orare " prier ") Étole du diacre ; une bande étroite de tissu, passée sur l’épaule gauche et qui tombe en long pan devant et derrière. Le diacre le tient élevé lorsqu’il invite les fidèles à la prière.

Ordo : Ensemble de règles permanentes à suivre pour la célébration des offices, contenu dans le Typikon.

Orthodoxe : (du grec " juste glorification ") Ce qui est conforme à la véritable foi ou celui qui professe la vraie foi de l’Église. Désigne une Église qui est restée fidèle aux doctrines de sept Conciles oecuméniques après la scission de 1054 entre l’Orient et l’Occident, ainsi que les membres de ces Églises.

Orthros : (grec " lever du soleil, aurore ") Office des Matines.

Palladium : Image protectrice, sanctuaire protecteur.

Pannikhide : (du grec " nuit entière ") Office en commémoration des défunts orthodoxes ; cet office était, à l’origine, la veillée de prière avant l’inhumation.

Passion : (du latin, patior, " souffrir ") Dans le langage ascétique, la passion est un état pécheur, ou une maladie de l’esprit, profondément ancrée dans l’âme résultant d’une suite de consentements données à de mauvaises pensées. Les Pères identifient généralement huit passions principales : gourmandise, avarice, fornication, colère, tristesse, acédie, vaine gloire et orgueil, cette dernière étant considérée " reine des passions ".

Paterikon : Recueil de sentences des plus grands pères du monachisme.

Pensée : (grec logismoi ; russe pomysl) Dans le langage ascétique, la " forme " que prend dans le champ de la conscience une influence démoniaque tendant vers le péché ou, parfois, l’action bénéfique de la grâce.

Phélonion : Chasuble du prêtre, signe de la gloire qui l’enveloppe.

Philocalie : Recueil de textes patristiques, publié par Saint Nicodème de l’Athos en grec en 1782, se rapportant avant tout à la théorie et la pratique de la prière hésychaste.

Pneumatique ou Pneumatophore : (du grec pneuma, " souffle " ou " esprit ") Inspiré de l’esprit, doué de charismes, prophète, celui qui est un " spirituel ". Voir Psychique.

Polyeleos : (grec " nombreuses miséricordes ") Le psaume 135 chanté durant les Matines des dimanches et des grandes fêtes ; ce Psaume répète à l’envie le refrain " Sa miséricorde est éternelle. "

Portes royales (dans les textes liturgiques : Portes saintes) : Porte à double battant au milieu de l’iconostase pour le passage des célébrants durant les offices.

Présanctifiés : Liturgie des Présanctifiés pendant le Grand Carême. Office des Vêpres suivi de la communion aux saints dons consacrés le dimanche précédant. Voir Liturgie.

Prière de Jésus ou Prière du Coeur : Prière d’invocation du Saint Nom de Jésus. La formule habituelle dans la spiritualité orthodoxe est : Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur.

Prokiménon : (grec " ce qui est placé avant ") Versets tirés des psaumes, habituellement chantés en alternance avant une lecture biblique (durant la Liturgie, avant l’Épître).

Propre : Textes propres aux fêtes et temps liturgiques.

Proscomédie ou Préparation : (du grec pros " à l’avance " et komeo " préparer un repas ") Office de la Préparation des Saints Dons, c’est-à-dire le pain et le vin, pour la célébration eucharistique. Cet office se déroule au début de la Liturgie, à la table de préparation ou prothèse, dans un espace latéral nord du sanctuaire). Il rappelle symboliquement la naissance du Seigneur dans la grotte de Bethléem et sa mort sacrificielle sur la croix.

Prosphore : (grec : " offrande ") Pain levé pour la célébration eucharistique : un petit pain rond en deux parties superposées (symbole des deux natures du Christ) et marqué d'une croix et de l'inscription IS XS NIKA (" Jésus Christ vainqueur ").

Psychique : Dans le langage ascétique, propre à l’homme privé de la grâce du Saint-Esprit, ce qui le ravale au rang de l’animal. Voir Pneumatique.

Rasson : Manteau monastique donné au novice qui devient alors " moine rassophore ".

Sacrement : Actes rituels, rendus efficaces par l’action de l’Esprit Saint, chacun étant un mystère unique de l’Église, dans lequel Dieu partage la vie divine avec l’humanité. L’Église orthodoxe, de même que l’Eglise romaine mais avec des différences importantes quant à la forme et l’usage, reconnaît sept principaux sacrements : le baptême, la chrismation, l’eucharistie ou la communion, la pénitence (confession et absolution), l’ordre (ordination à la prêtrise), le mariage et l’onction des malades.

Sacramentaux : Signes sensibles institués par l’Église en vue d’obtenir des grâces de Dieu, par exemple l’eau bénite, l’encens etc.

Sanctus (latin " saint ") Chant juste avant la prière de l’oblation de la Liturgie, qui rappelle la louange incessante des anges : " Saint, Saint, Saint le Seigneur Sabaoth. Le ciel et la terre sont emplis de ta gloire. Hosanna dans les lieux très hauts. Béni est celui qui vient au Nom du Seigneur. "

Saint : La sainteté est un attribut fondamental de Dieu. L’homme, créé à l’image de Dieu, est appelé à la sainteté. Dans l’Église primitive, les saints étaient les baptisés qui vivaient dans l’esprit évangélique. Les Saints sont ceux reconnus par l’Église qui ont atteints, dans cette vie, à un degré important de participation à la sainteté de Dieu et qui intercèdent pour les vivants devant Dieu.

Saints des Saints : Autre nom pour le sanctuaire d’une église.

Saints Dons : Le pain et le vin qui au cours de la Liturgie sont offerts à Dieu et changés par l’Esprit Saint en Corps et Sang du Christ et sont donnés en communion aux fidèles.

Sanctuaire : La partie de l’église où est situé l’autel, donc à l’intérieur de l’iconostase.

Scoufos : Voir Camilavkhion.

Septante : Traduction grecque de l’Ancien Testament, faite à Alexandrie au troisième siècle avant Jésus-Christ, qui est utilisée, retraduite dans d’autres langues, dans la plupart des Églises orthodoxes.

Signe de Croix : Geste commémoratif de la Croix de la Passion du Christ, fait de la main droite touchant successivement le front, l’abdomen, l’épaule droite et l’épaule gauche, ainsi que de la Sainte Trinité. Le mouvement du haut vers le bas peut signifier aussi " que la connaissance descend dans le coeur ", et de droite à gauche, " que la justice (droite) passe d’abord mais la miséricorde (gauche) a le dernier mot " ou encore " qu’au Jugement Dernier je sois à la droite du Christ et non à sa gauche ".

Skhima ou Schème : Habit monastique. Le grand schème est l'insigne de l'échelon monastique le plus élevé.

Skite : Habitation monastique ou groupement d’habitations occupées par un ou quelques moines.

Sobornost : (russe, sobor, " réunion, collégialité ") Ensemble des croyants. Catholicité au sens premier et fondamental de ce terme.

Starets : (russe : " vieillard ") Moine qui a passé sa vie dans l’ascèse, pouvant donner des conseils en tant que père spirituel. Féminin : Staritsa.

Sticharion : Aube liturgique ; une longue tunique portée sur la soutane.

Stichère : Originellement versets de psaumes, puis strophes intercalées entre les derniers versets des psaumes aux Vêpres et aux Matines.

Symbole (de foi) : Confession de foi ou Credo des Conciles oecuméniques de Nicée et de Constantinople en 325 et 381.

Synaxaire : Livres contenant les vies des saints de l’Église.

Synaxe : (grec, " réunion ") Fête célébrée au lendemain d'une grande fête. Aussi l'assemblée ou le rassemblement des fidèles pour la célébration liturgique.

Théophanie : (du grec, " manifestation de Dieu ". Manifestation de Dieu dans l’Ancien et le Nouveau Testaments. Désigne aussi la fête du baptême de Jésus, célébrée le 6 janvier.

Théotokion : Tropaire ou stichère, souvent placé à la fin d’une série, en honneur de la Mère de Dieu.

Théotokos : (du grec, " celle qui enfante Dieu " ou " Mère de Dieu "). Titre principal de la Vierge Marie, attribué par le troisième Concile oecuménique réunie à Ephèse en 431.

Ton : Un des huit groupes de mélodies ou échelles modales sur lesquelles doivent être exécutées les pièces liturgiques.

Triode : (du grec, " canon à trois odes ") Nom donné à des livres liturgiques : Triode de Carême (contient les textes relatifs au Grand Carême ainsi qu’à la Semaine Sainte jusqu’au Samedi Saint) ; Triode de Pâques ou Pentacostaire (textes pour la période de Pâques jusqu’au dimanche qui suit la Pentecôte).

Trisagion ou trisaghion : (du grec, " trois fois saint ") Hymne liturgique à la Trinité : Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous.

Tropaire : Strophe ou court hymne; unité de base de la poésie et de la musique ecclésiastique byzantines.

Typiques : Dans la Liturgie, désigne le groupe des Psaumes 102, 145 et les Béatitudes qui précède ordinairement la Petite Entrée. Office des Typiques : un office de communion pour les jour sans Liturgie, à l’instar des Présanctifiés en Carême.

Typicon : Livre contenant le cérémonial liturgique et les rubriques. Il expose la structure, les textes à lire, comment célébrer les différents offices, comment coordonner les offices des fêtes etc.

Vêpres : Office du soir qui introduit à la célébration du jour suivant, en particulier du dimanche et des fêtes.

Vigilance : (en grec nêpsis " éveil ") Activité de l’esprit qui est attentif et lutte, par la prière et les pratiques ascétiques, contre l’assaut des pensées démoniaques. Appelé aussi garde du coeur, attention.

Vigile : Dans l’usage slave, long office du soir (fusion des Vêpres et de l’Orthros) la veille des fêtes liturgiques et de dimanche.

Zéon : (grec " chaud ") Récipient contenant de l'eau bouillante, versée dans le vin consacré, avant la communion, rappelant la présence du Saint Esprit au mystère eucharistique.


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