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SUJETS
ABRAHAM : VA VERS TOI-MÊME *Cliquez sur l'étoile [*] qui suit le sujet pour atteindre l'entrée principale.
ACATHISTE *
ACÉDIE / DÉCOURAGEMENT VOIR AUSSI PASSIONS *
AFRIQUE ORTHODOXIE *
AGNEAU (DE LA LITURGIE) *
ÂME APRÈS LA MORT *
ÂME APRÈS LA MORT + LES " POSTES DE PÉAGE " *
AMOUR DES ENNEMIS VOIR PARDON *
ANAMNÈSE *
ANGES *
ANGES NEPHILIMS *
ANGES URIEL *
ANIMAUX *
ANTIOCHE PATRIARCAT *
APOCRYPHES Voir BIBLE LIVRES DEUTÉROCANONIQUES *
APOPHTEGMES Voir PÈRES DU DÉSERT *
ARGENTI P. CYRILLE ARGENTI *
BARLAAM ET JOASAPH *
BAPTÊME CATÉCHUMÈNES *
BAPTÊME INITIATION CHRÉTIENNE *
BELGIQUE ORTHODOXIE *
BÉNÉDICTIONS DE MAISONS *
BÉNÉDICTIONS DE FRUITS (TRANSFIGURATION) *
BÉNÉDICTIONS DIVERSES *
BIBLE ET TRADITION *
BIBLE TRADUCTIONS *
BIBLE COMMENTAIRES *
BIBLE ACCÈS INTERNET *
BIBLE LIVRES DEUTÉROCANONIQUES *
BIBLE ET SALUT *
BIOÉTHIQUE *
BRÉSIL ORTHODOXIE *
CALENDRIER LITURGIQUE ORTHODOXE (PUBLICATION) *
CALENDRIER LITURGIQUE *
CATÉCHÈSE ORTHODOXE *
CHANT LITURGIQUE *
CHAPELET *
CHINE ÉGLISE ORTHODOXE *
CITATIONS DES PAGES ORTHODOXES *
COMMUN DES JOURS DE SEMAINE *
COMMUNION VOIR AUSSI EUCHARISTIE *
COMMUNION NON-ORTHODOXES *
CONCILES CUMÉNIQUES VIIIe *
CONCORDANCE *
CONFESSION *
CONFESSION TEXTES LITURGIQUES EN ANGLAIS *
CONFESSION FORMULES DU PÉNITENT *
CONFLITS DANS LÉGLISE *
CANONS ANGE GARDIEN ET PÉNITENTIEL *
CONVERSION/REPENTANCE *
COULEURS LITURGIQUES *
CRAINTE DE DIEU *
CROIX ORTHODOXE *
DÉCOURAGEMENT VOIR ACÉDIE *
DÉMONS PUISSANCES DES TÉNÉBRES MAGIE VAUDOU *
DEVENIR ORTHODOXE *
DIPTYQUE *
DISCIPLES DEMMAÜS *
DIVISATION DE LHOMME *
DIVORCE *
DORMITION DE LA MÈRE DE DIEU *
ECOF ÉGLISE DES GAULES *
ÉGLISE ASSYRIENNE *
ÉGLISES CANONIQUES ET NON-CANONIQUES *
ÉGLISE DE DIEU *
ÉGLISE LOCALE *
ÉGLISES NATIONALES *
ÉGLISES ORTHODOXES ORIENTALES *
ÉGLISE ORTHODOXE RUSSE CONCEPTION SOCIALE *
ENCENS *
ÉNERGIES DIVINES *
ÉPREUVES *
ESCHATOLOGIE *
ESPRIT SAINT PRIÈRES *
ÉTHIQUE MÉDICALE *
ESPAGNE ORTHODOXIE *
ÊTRE ORTHODOXE ISOLÉ *
EUCHARISTIE PRÉSENCE RÉELLE / ADORATION *
ÉVANGILE SELON THOMAS *
ÉVANGÉLISTES *
ÉVANGÉLIAIRE *
FILIOQUE *
FEMME DANS LORTHODOXIE *
FÊTES LITURGIQUES *
FOL EN CHRIST *
FOI DOUTES ET QUESTIONS *
FRANCS-MAÇONS *
GENÈVE ORTHODOXIE *
GOURMANDISE VOIR PASSIONS *
HÉSYCHASME *
HOMÉLIES *
HUILE SAINTE *
HYMNE DES CHÉRUBINS - signification *
HYMNE DES CHÉRUBINS - texte *
ICÔNE DE LA MÈRE DE DIEU " AUX TROIS MAINS " *
ICÔNE DE LA MÈRE DE DIEU DE KAZAN *
ICÔNE DE LA MÈRE DE DIEU " EN TOI SE RÉJOUIT " - SAINT SÉRAPHIM DE SAROV *
ICÔNES DE LA MÈRE DE DIEU ÉTOILES SUR SON MANTEAU *
ICÔNE DE LA MÈRE DE DIEU LA GRANDE PANAGIA *
ICÔNE DE LA VIERGE DE TENDRESSE *
ICÔNE DE LA VIERGE DE VLADIMIR *
ICÔNE DE LA VIERGE DU BUISSON ARDENT *
ICÔNE DE LA RENCONTRE DE SS. JOACHIM ET ANNE *
ICÔNES BÉNÉDICTION *
ICÔNES DISCIPLES DEMMAÜS *
ICÔNES IMAGES *
ICÔNE SAINT JEAN BAPTISTE *
ICÔNES QUÉBEC *
ICÔNES SAINTS OCCIDENTAUX *
ICONOGRAPHIE *
IC-XC *
IMAGES SUR INTERNET *
IMMACULÉE CONCEPTION *
INFAILLIBILITÉ DE LÉGLISE *
INTERCOMMUNION *
ISLAM *
ITALIE ORTHODOXIE *
JUGEMENT DERNIER *
JEÛNE *
JEÛNE ET PRIÈRE *
KÉNOSE *
LAÏQUE/LAÏC *
LUC 16, 1-13 : LINTENDANT MALHONNÊTE *
KONDAK *
LANGUES LITURGIQUES SLAVON *
" LE CHEMIN " (REVUE) *
LITURGIE CONCÉLÉBRATION *
LITURGIE ÉGLISE ORTHODOXE *
LITURGIE COMMENTAIRES ET RÉFÉRENCES *
LITURGIE COMMUNION *
LITURGIE DE SAINT BASILE LE GRAND *
LITURGIE VERSION " CONCERT " *
LITURGIES *
LIVRES LITURGIQUES *
LIVRES LITURGIQUES SPOUTNIK *
" LUMIÈRE DU THABOR " *
MACCABÉES *
MAGES *
MALADIE *
MARIAGE *
MARIAGE CLERGÉ (MATOUSHKA PRESBYTERA) *
MARIAGE DATES *
MARIAGE MIXTE *
MARIAGE RÉFÉRENCES *
MATTHIEU 23, 1-12 *
MÉDIATION *
MÉDITATION *
MELKITES *
MÈRE DE DIEU DOGMES *
MÈRE DE DIEU HYMNE " DEVANT LA GRÂCE INCOMPARABLE DE TA VIRGINITÉ " *
MÈRE DE DIEU ICÔNES ET FÊTES *
MÈRE DE DIEU " SAUVE-NOUS " *
MÉTANOÏA VOIR " REPENTIR " *
MIRACLES *
MONACHISME *
MONASTÈRE SAINT-JEAN-LE-BAPTISTE (ANGLETERRE) *
MORT *
NATIVITÉ DU CHRIST ICÔNE/CRÈCHE *
NATIVITÉ DU CHRIST - NOËL *
NÉOCALENDRISTES *
NOËL ORTHODOXE *
NOM DE DIEU *
NORMANDIE ORTHODOXIE *
NOTRE PÈRE SLAVON *
OFFICES BYZANTINS *
OFFICES PRIÈRE DES HEURES *
ONCTION DES MALADES *
ONCTION DHUILE *
ORDINATION *
ORTHODOXIE *
ORTHODOXIE CATHOLICISME *
ORTHODOXIE CONTEMPORAINE *
ORTHODOXIELECTURES *
ORTHODOXIE-PROTESTANTISME *
ORTHODOXIE- SITES EN ANGLAIS *
PAGES ORTHODOXES LA TRANSFIGURATION - MISES À JOUR *
PAGES ORTHODOXES LA TRANSFIGURATION PUBLICITÉ *
PAPE DE ROME *
PÂQUES DATE *
PÂQUES SEMAINE SAINTE : OFFICES *
PARACLISIS ORIGINE *
PARDON AMOUR DES ENNEMIS *
PASKA *
PASSIONS - ACÉDIE *
PASSIONS GOURMANDISE *
PATERNITÉ SPIRITUELLE *
PATRIARCAT DE CONSTANTINOPLE *
PÊCHE MIRACULEUSE (JEAN 21, 1-11) *
PÉCHÉ ORIGINEL *
PÈLERIN RUSSE *
PÈLERINAGES *
PÈRE (TITRE) *
PÈRES DU DÉSERT *
PÈRES SPIRITUELS *
PÈRE TOUT-PUISSANT *
PERSONNE INDIVIDU *
PORTER SA CROIX *
PORTES *
POUVOIRS DU CHRÉTIEN *
PRÉSENTATION DE LA MÈRE DE DIEU AU TEMPLE (21 NOVEMBRE) *
PRIÈRE CONTINUELLE *
PRIÈRE DE JÉSUS *
PRIÈRE DE JÉSUS QUÉBEC *
PRIÈRE DE JÉSUS SLAVON *
PRIÈRE AUX SAINTS ET POUR LES DÉFUNTS *
PRIÈRE DINTERCESSION *
PRÈRES DE LA TABLE ET AU DÉBUT DUNE ENTREPRISE *
PROPHÉTIES DE LANCIEN TESTAMENT *
PROSCOMÉDIE *
PSAUME 33/34 *
PSAUMES - CHANTS *
PSAUMES ET ÉVANGILES *
PSAUMES LECTURE *
PSAUMES TRADUCTIONS *
PURGATOIRE *
PSYCHOTHÉRAPIE ORTHODOXE *
QUÉBEC ORTHODOXIE *
QUÉBEC (VILLE) PAROISSES ORTHODOXES *
QUÉBEC RESSOURCES ORTHODOXES *
QUESTIONS MORALES SEXUALITÉ, CONTRACEPTION, AVORTEMENT ET EUTHANASIE *
RAWDON *
" REGARDS ORTHODOXES " *
RÉINCARNATION *
RELIGIONS NON-CHRÉTIENNES *
RELIQUES *
REPENTIR *
" RENCONTRE AVEC LORTHODOXIE " *
RÉSURRECTION DU CHRIST *
RETRAITES *
REVUE 3e MILLÉNAIRE *
ROUES DE FEU ET TÉTRAMORPHES *
RUBRIQUE *
SABAOTH *
SACREMENTS DANS LÉGLISE ORTHODOXE *
SACREMENTS HORS DE LÉGLISE ORTHODOXE *
SALUT/SOTÉRIOLOGIE *
SAINT JEAN CHRYSOSTOME UVRES *
SAINTETÉ *
SAINTE JÉRUSALEM SAINTE SOPHIE ET SES ENFANTS *
SAINTS OCCIDENTAUX *
SAINTS QUESTIONS DIVERSES *
SAINTS RELIQUES *
SAINT NECTAIRE DÉGINE ÉCRITS *
SAINT SILOUANE LATHONITE *
SAUVÉ *
SCHISME SÉPARATION DES ÉGLISES 1054 *
SECTES DANS LORTHODOXIE *
SEXUALITÉ MASTURBATION *
SIGNE DE CROIX *
SLAVON TRANSLITTÉRÉ *
SOUFFRANCE RÉCONFORT *
SOUS TA MISÉRICORDE SUB TUUM *
STICHÈRE *
STARETS *
TEMPS LITURGIQUES OCCIDENT/ORIENT *
TITRES RELIGIEUX *
THÉOPHANE LE RECLUS *
THÉOLOGIE FOI *
THÉOLOGIE MYSTIQUE *
THÉOLOGIE RÉFÉRENCES *
LA TRANSFIGUATION MONT THABOR OU MONT HERMON ? *
TRANSFIGURATION RÉFÉRENCES *
TRANSFIGURATION LUMIÈRE INCRÉÉE *
TRINITÉ ÉGLISE ORTHODOXE *
TRINITÉ *
TYPIKON *
VASSULA RYDEN *
VÊTEMENTS DE PEAU *
VÊTEMENTS LITURGIQUES ÉVÊQUE *
VIE APRÈS LA MORT *
VIE SPIRITUELLE *
VIGILES *
VIOLENCE DANS LA BIBLE *
ZÉON - ORIGINE *
RÉPONSES
ABRAHAM : VA VERS TOI-MÊMEEn ce qui concerne " Abraham : Lappel vers soi ", il me semble que lauteur de ce titre à bien saisi lappel de Dieu dans Genèse 12, 1, car il sagit dun retournement vers nos profondeurs, comme vous le dites, ces énergies potentielles en nous qui demandent dêtre apprivoisées et converties en lumière : cest la réalisation de notre vocation, symbolisé par lexil dAbram de son pays dorigine pour aller vers la terre promise par Dieu. Si vous ne connaissez pas déjà le travail dAnnick de Souzenelle, je vous recommande ses livres, en particulier Résonances bibliques, paru en 2001, en quelque sorte le sommet de son uvre. Elle traduit lappel de Dieu à Abram : " Va vers toi-même ! ". Dans un premier temps vous pouvez consulter le site dévoué à Annick de Souzenelle au : http://souzenelle.ovh.org/.
Voici une page qui contient une explication et des liens vers a grand nombre dacathistes :
http://www.orthodoxwiki.org/Akathist#Relating_to_the_Theotokos .ACÉDIE / DÉCOURAGEMENT VOIR AUSSI PASSIONS
Il serait peut-être utile dessayer de découvrir, en toute tranquillité desprit, les raisons de cette perte dintérêt. Est-ce que ceci vient surtout de facteurs extérieurs (engagements professionnels et familiaux, environnement désintéressé ou hostile à la vie spirituelle, manque dencadrement ) ou intérieur (soucis quotidiens, doutes au niveau de la foi, découragement par le manque de " progrès ", conflits entre traditions spirituelles ). La persévérance est très importante dans la vie spirituelle, car cest souvent seulement à long terme quon obtient les vraies bénéfices de nos pratiques. Pour cette raison il est important de fixer en accord (avec son père spirituel ou seul), une " règle de prière " convenable, qui ne soit pas trop onéreuse que nous sommes facilement tenter de labandonner. On peut toujours en faire plus que la " règle ", et éventuellement laugmenter, mais on ne doit jamais faire moins que la règle. La " règle " peut comporter des prières fixes et variables, ainsi que la lecture spirituelle, en particulier le Nouveau Testament. Une courte lecture du Nouveau Testament chaque jour est souhaitable. Dans votre situation, une lecture et une méditation de la parable du semeur (Matthieu 13, 1-23) pourrait être utile.
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Je comprends bien le doute qui vous tracasse concernant la prière de Jésus oui, cest une forme dacédie qui cherche à te déstabiliser, premièrement par rapport à lutilité de réciter la prière pendant le jour, puis sans doute dans un deuxième temps, lutilité de la prière tout court, et dans un troisième temps, lutilité de toute forme de prière.
Vous trouverez dans la Philocalie beaucoup de références à lacédie, mais assez éparpillés, ici et là. Aussi, un des degrés de léchelle de saint Jean Climaque est consacré à lacédie no. 13, p. 148.
Comme " remèdes " à lacédie, les Pères recommandent la pratique de la patience ou la persévérance, lespérance, le repentir, la " mémoire de la mort ", la " crainte de Dieu ", le travail manuel, et bien sûr la prière. Je vous enverrai un texte spécialement sur lacédie.
Je pense que la persévérance est très importante dans la vie spirituelle, car cest souvent seulement à long terme quon obtient les vraies bénéfices de nos pratiques. Pour cette raison il est important de fixer, en accord avec son père spirituel, une " règle de prière " qui ne soit pas trop onéreuse que nous sommes facilement tenter de labandonner. On peut toujours en faire plus que la " règle ", et éventuellement laugmenter, mais on ne doit jamais faire moins que la règle.
Je dois souligner que dans la Tradition orthodoxe, la pratique de la prière de Jésus est intégrée dans un ensemble de pratiques spirituelles qui constituent la vie spirituelle des fidèles. Parmi ces pratiques la plus importante est la fréquentation régulière des sacrements, en particulier lEucharistie. Dautres sont le jeûne, la participation à dautres offices liturgiques, la lecture spirituelle et la recherche de conseils auprès de son père spirituel.
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Comme vous le savez sans doute, chez les Pères et dans les écrits ascétiques, lacédie est une des " passions " ou des " maladies " de lâme. Voici des définitions de ces deux termes :
Acédie (n.f.) : (du grec akedia) Rupture de lascèse et de la vigilance, état de négligence intérieure, de découragement ou perte de lélan pour les choses spirituelles, doù la recherche du " divertissement " sous toutes ses formes.
Passion (n.f.) : (du latin, patior, " souffrir ") Dans le langage ascétique, la passion est un état pécheur, ou une maladie de lesprit, profondément ancrée dans lâme et résultant dune suite de consentements données à de mauvaises pensées. Les Pères identifient généralement huit passions principales : gourmandise, avarice, fornication, colère, tristesse, acédie (paresse ou oisiveté spirituelle), vaine gloire et orgueil, cette dernière étant considérée la " reine des passions ".Les origines de la description des passions et de leur maîtrise remontent aux Pères du désert, par exemple dans les écrits dÉvagre le Pontique (+399), en particulier son texte Praxis (voir Praxis et gnosis dÉvagre le Pontique ou la guérison de lesprit, présenté par Jean-Yves Leloup (Albin Michel). Les passions sont traitées dune façon plus détaillée dans les écrits de saint Jean Cassien, en particulier dans ses Institutions cénobitiques. De nos jours, il y le livre du père Alphonse et de Rachel Goettmann, Guérison des maladies spirituelle; Ces passions qui nous tuent : Diagnostic et remèdes (Presses de la Renaissance, 1998). Lacédie y est présentée aux pages 156 à 171.
Se basant sur les Pères, on recommande comme " remèdes " à lacédie -
- La persévérance la ferme décision de " tenir bon ", de terminer envers et contre tout le travail commencé ;
- Se fixer une mesure pour tout travail par exemple, une " règle de prière ", qui peut être peu ambitieuse ; ce qui est important, cest dêtre fidèle à la règle que lon sest fixée ;
- Le jeûne régulier, afin déveiller la faim et le goût de Dieu (voir les textes sur le jeûne aux Pages Orthodoxes La Transfiguration) ;
- De prendre conscience de son souffle, de respirer profondément afin daccueillir la grâce, lamour de Dieu ;
- Le repentir, la conscience de nos faiblesses et de nos manquements ;
- Le souvenir de la mort : vivre chaque jour comme sil était le dernier.
Jajoute quelques mesures concrètes :
- La lecture appropriée, surtout la Bible, les Évangiles en particulier, mais aussi des livres spirituels dauteurs inspirés par exemple les uvres du " Moine de lÉglise dOrient " (le père Lev Gillet) ;
- Une retraite dans un monastère ou la participation à une session dans un centre de prière si je me souviens bien, vous êtes dans le sud-ouest de la France, donc pas très loin du Centre détudes et de prière Sainte-Croix, en Dordogne. Vous pouvez visiter leur site : www.centresaintecroix.net.
Cest le Patriarcat dAlexandrie qui est responsable des églises orthodoxes en Afrique. Voici les coordonnées :
His Beatitude, PETROS, Pope and Patriarch of Alexandria and All Africa
THE CHURCH OF ALEXANDRIA
Greek-Orthodox Patriarchate of Alexandria
POB 1307, 2006 , Alexandria, Egypt
tel +20.3.482.2890 (from Alexandria) tel +20.2.510.3516 (from Cairo)
email goptalex@tecmina.com Website http://www.greece.org/gopatalexLa définition qui paraît dans le lexique est bien correcte : " Agneau : Dans la Liturgie, la parcelle centrale, de forme carrée, découpée de la prosphore pendant la Proscomédie et portant linscription IS XS - NIKA (Jésus Christ Vainqueur), représentant lAgneau de Dieu, le Christ immolé en sacrifice. LAgneau est sanctifié pendant lanaphore pour servir à la communion. "
Cependant, cette définition nest pas tout-à-fait complète, car il y a aussi les parcelles de commémoration de la Mère de Dieu, des saints, des vivants et des défunts, préparées à même les autres parties de la prosphore pendant la Proscomédie. Dans la pratique slave, ces parcelles, de même que les parcelles prélevées des prosphores offertes par les fidèles avec leurs diptyques, ne sont pas ajoutées au calice pour la communion des fidèles, qui ne contient donc que les morceaux de lAgneau lui-même. Plutôt, ces parcelles sont versées dans la coupe après la communion des fidèles et sont consommées par le diacre ou le prêtre, selon le cas, après la Liturgie ; elles sont ajoutées au moment où le diacre dit : " Lave, Seigneur, par ton Sang précieux et les prières de tes saints, les péchés de ceux dont il a été fait mémoire ici. "
Dans la pratique grecque (aussi chez les arabes), les parcelles de commémoration sont ajoutées au calice avant la communion des fidèles, qui peuvent donc communier à un morceau de lAgneau ou à une parcelle de commémoration. De même que le vin est considéré sanctifié par son contact avec lAgneau consacré préalablement qui sert à la Liturgie des saints dons présanctifiés, ici les parcelles de commémoration ajoutées au calice après la consécration sont sanctifiées par leur contact avec le vin et les morceaux de lAgneau déjà consacrés.
Les autres parties de la prosphore (ou des prosphores chez les grecs, ce sont de véritables pains), servent pour lantidore, qui est béni pendant le Liturgie, mais non consacré, et distribué aux fidèles ayant communiés (pratique slave) ou après la Liturgie (pratique grecque et slave).
Cest un sujet concernant le quel je dirai quon ne peut pas fournir des réponses définitives. Les Pères anciens ont certainement donné des enseignements, souvent très précises, sur lexpérience de lâme après la mort, enseignements souvent basés sur des expériences et des visions, mais est-ce que cela nous permet vraiment de généraliser pour tous ?
Saint Jean Maximovitch résume ainsi lenseignement traditionnel des Pères concernant lexpérience de lâme pendant les deux premiers jours après la mort : " Pendant deux jours lâme jouit dune liberté relative et peut visiter des lieux qui lui étaient chers sur la terre, mais la troisième jour elle se déplace vers des sphères différentes ". Cest dans ce contexte que certains Pères enseignent que les âmes des défunts sont conscients de la présence de parents et damis auprès de leur dépouille mortel, mais bien sûr ne peuvent communiquer avec ces personnes.
Pour plus de renseignements sur les enseignements des Pères, avec des références précises, je vous réfère au livre de Jean-Claude Larchet, La Vie après la mort selon la tradition orthodoxe, Paris, Éditions du Cerf, 2001, 334 p. Lauteur connaît bien les Pères anciens, ainsi que les théologiens orthodoxes modernes, mais il ne saventure pas plus loin que de présenter ce que les Pères ont dit sur ce sujet. Comme jai dit, simplement parce que certains Pères ont écrit certaines choses concernant les morts nimplique pas nécessairement une validité universelle ; surtout, il ne sagit pas darticles de foi.
Concernant votre deuxième question (" Comment peuvent-ils [les morts] se détacher facilement des attachements terrestres ? "), on peut imaginer, comme le suggère la citation de saint Jean Maximovitch, que la liberté des âmes des défunts nest pas sans limites, et quelles sont contraintes de quitter les lieux et les personnes qui leur sont chers pour sengager plus profondément dans un processus daprès la mort qui est soit universel, soit personnel.
Concernant la troisième question (" Si non, à quoi ça sert de se déplacer et de voyager pour aller inhumer la dépouille?? Est-ce par respect, ou pour rendre hommage?? "), oui par respect et pour rendre hommage au défunt, mais aussi pour prendre congé définitivement de lui (ce qui est plus difficulté en labsence du corps, par exemple si le corps a déjà été incinéré), et ce qui est peut-être plus important, de prier pour le défunt. La prière pour les défunts est une pratique très ancienne dans le christianisme et est en quelque sorte une obligation des vivants, un témoignage de lamour qui existe toujours pour le défunt. Car lamour ne disparaît pas avec la mort, mais doit nécessairement prendre une autre forme que lorsque la personne était vivante. La forme la plus haute de cet amour est sans doute celle de la prière, parce que par la prière nous continuons à manifester notre amour pour le défunt et à laider en quelque sorte, dune façon connue de Dieu seul.
Pour conclure, les vivants ne doivent pas prendre dinitiative de contacter ou de communiquer directement avec les défunts : cela ne fait entrer dans des pratiques ésotériques qui ne sont pas chrétiennes. Si nous sentons quun être cher a communiqué avec nous après sa mort, par exemple dans un songe, on doit laccepter humblement, mais sans y attacher une grande importance, à cause de lincertitude concernant lorigine de ce genre de communication.
Je vous recommande de lire en particulier les textes suivants à la section " Souffrance, mort et résurrection " des Pages Orthodoxes La Transfiguration :
Souffrance, Mort et Résurrection : Introduction
De la mort et de la résurrection par Mgr Kallistos Ware
" La mort est vaincue " : les fins dernières selon les Pères de lÉglise par Père Placide (Deseille)
Office de la Pannychide - Acathiste pour les défunts
ÂME APRÈS LA MORT + LES " POSTES DE PÉAGE "
Ce que javais en vue en disant que certains théologiens orthodoxes contestent lenseignement des " postes de péage " est la controverse à lintérieur de lÉglise orthodoxe russe hors-frontières il y a quelques années autour du livre du Père Séraphim Rose, " The Soul after Death " (The Soul After Death, Contemporary After-Death Experiences in the Light of the Orthodox Teaching on the Afterlife, by Father Seraphim Rose, Saint Herman of Alaska Brotherhood, PO Box 70, Platina, CA 96076 USA). Le livre na pas été édité en français, mais des extraits sont disponibles sur le site des " VCO ", dans le bulletin " Orthodoxie " : http://perso.club-internet.fr/orthodoxie/table.htm . Je ne connais pas la brochure du Monastère Orthodoxe St Michel 47 230 Lavardac : " LÂme après la Mort " : serait-ce le même texte ?
Vous trouverez quelques textes critiquant le livre du Père Séraphim Rose au site " New Ostrog " à ladresse : http://www.new-ostrog.org/toll_main.html. La " réponse " du Père Séraphim Rose est aussi disponible en ligne : http://www.orthodoxinfo.com/death/critic.htm.
Dans son article " La mort est vaincue ", Père Placide écrit que les " postes de péage " sont lenseignement des Pères de lÉglise le but de son texte mais il ne fait pas de commentaire sur cet enseignement. Mgr Kallistos ne les mentionne pas dans son article " De la mort et de la résurrection ".
Les espérances terrestre et à la mort pour un chrétien : Ce sont des questions assez vastes ! On trouve des indications, sous différentes formes, dans les Évangiles et les Épîtres, ainsi que dans les enseignements des Pères de lÉglise et la vie des saints de tous les temps. Par où commencer ? Un bon point de départ est sûrement le " Sermon sur la montagne " de Jésus dans lÉvangile de Matthieu (chapitres 4 à 6). On trouve dans ce texte les " Béatitudes ", qui peuvent sappliquer dans cette vie mais aussi dans la vie future. Car dans lenseignement de lÉglise, le Royaume de Dieu nest pas seulement dans la vie prochaine, mais aussi dans la vie présente. Cest ainsi que la Divine Liturgie nest pas seulement la commémoration dévènements passés, ni une image de la Liturgie céleste ou future, mais une participation réelle au Royaume dès maintenant.
Pour ce qui est de laprès-mort, le christianisme enseigne la nature éternel de lâme, la résurrection des morts et un " jugement ", généralement un jugement particulier, après la mort, et un jugement général or dernier, à la fin des temps. Le Christ parle du jugement général ou dernier dans l Évangile de Matthieu, 25, 31-46, où il y aura séparation des " brebis " des " boucs ". Je vous envoie ci-joint un article de Mgr Kallistos Ware sur " la mort et la résurrection " qui pourrait vous aider à ce sujet. Vous trouverez dautres informations à la section Souffrance, Mort et Résurrection : Introduction des Pages Orthodoxes La Transfiguration .
AMOUR DES ENNEMIS VOIR PARDON
Concernant lAnamnèse (n.f.) : (du grec anamnesis " souvenir, action de rappeler à la mémoire ") Acte rendant actuel un événement passé ou même - paradoxalement - à venir, en le rappelant non seulement à la mémoire des hommes mais aussi à celle de Dieu. Dans la Liturgie, prière après les paroles de lInstitution qui rappelle et rend présent luvre du salut que Dieu a accompli pour nous, les mystères du Verbe incarné. Ce rappel est fait " en souvenir " du précepte du Seigneur : Faites ceci en mémoire de moi (Lc 22,19). Dans la Liturgie de saint Jean Chrysostome, il sagit de la prière suivante : " Commémorant donc ce commandement salutaire et tout ce qui a été fait pour nous : la Croix, le Tombeau, la Résurrection au troisième jour, lAscension au ciel, le Siège à la droite, le second et glorieux Nouvel Avènement, Ce qui est à toi, le tenant de toi, nous te loffrons en tout et pour tout ".
Les chérubins et les séraphins : Les principaux ordres des anges, selon les hiérarchies hébraïques et chrétiennes, notamment selon saint Denys lAéropagite, dans son livre lHiérarchie céleste. Les séraphins sont mentionnés deux fois dans la Bible (Isaïe) alors que les chérubins le sont 61 fois, tous dans lAncien Testament, sauf une référence dans Hébreux. On dit que certains anges mentionnés par nom dans la Bible, notamment Michel et Gabriel, sont des séraphins et non pas des archanges, comme on les désigne couramment, les archanges étant un ordre inférieur dans lhiérarchie.
Les " nephilims " sont mentionnés brièvement dans la Genèse :
" Lorsque les hommes commencèrent d'être nombreux sur la face de la terre et que des filles leur furent nées, les fils de Dieu trouvèrent que les filles des hommes leur convenaient et ils prirent pour femmes toutes celles qu'il leur plut. Yahvé dit : " Mon esprit ne demeurera pas dans l'homme, puisqu'il est chair ; sa vie ne sera que de cent vingt ans. " Les Nephilim étaient sur la terre en ces jours-là (et aussi dans la suite) quand les fils de Dieu s'unissaient aux filles des hommes et qu'elles leur donnaient des enfants ; ce sont les héros du temps jadis, ces hommes fameux. " (Gn 6,1-4).
Lorigine de ces références doit plus à la mythologie du Proche-Orient à lépoque de la composition de la Genèse, quà des " faits historiques ", ou même à des récits qui peuvent être édifiants pour la foi. De nos jours, cest surtout dans des milieux ésotériques et occultistes quon sintéresse à cette question.
Voici ce quen dit une note de la Bible de Jérusalem (3e édition) :
" Tout n'est pas clair pour nous dans ce bref épisode de tradition yahviste, mais l'auteur reprend sans doute des éléments d'une tradition populaire à caractère mythologique. La difficulté vient d'abord de l'identité des " fils de Dieu " (cf. Dt 32 8+), puis de la relation qu'il peut y avoir entre leur union avec les filles des hommes et les nephilîm du v. 4. On pourrait penser que ces derniers (on songe ici à Ez 32 17-32 où l'on parle précisément de ceux qui sont " tombés ", signification de nephilîm, et qui ont été placés ou sont couchés, malgré leur vaillance, parmi les victimes de l'épée, de même que dans le mythe classique des Titans) sont le résultat de l'union des " fils de Dieu " avec les filles des hommes, mais le texte dit seulement que les nephilîm habitaient sur la terre à ce moment-là. Ils pourraient être les Géants (ou Titans) sémitiques, mais ailleurs on les nomme " fils d'Anaq " ou Anagîm (cf. 13 28.33 ; Dt 1 28+). Sans se prononcer sur la valeur de cette croyance et en voilant son aspect mythologique, il rappelle seulement ce souvenir d'une race insolente de surhommes, comme un exemple de la perversité croissante qui va motiver le déluge. Le Judaïsme postérieur et presque tous les premiers écrivains ecclésiastiques ont vu des anges coupables dans ces " fils de Dieu ". Mais, à partir du IVe siècle, en fonction d'une notion plus spirituelle des anges, les Pères ont communément interprété les " fils de Dieu " comme la lignée de Seth et les " filles des hommes " comme la descendance de Caïn. " (Bible de Jérusalem, note (c), p. 45).
Je pense que ceci résume bien la situation en ce qui concerne lÉglise : on ne doit pas accorder beaucoup dimportance à cette question.
Vous trouverez des textes de différentes sources bibliques, études philologiques et mythologiques, catholiques, ésotériques etc. - aux pages suivantes (en anglais) :
http://www.mystae.com/restricted/streams/scripts/nephilim.html
http://www.mystae.com/restricted/streams/scripts/watchers.html
Lenseignement de lÉglise ne va pas plus loin que les informations que je vous ai envoyés. Bien que certains Pères ont fait des commentaires sur lépisode dans Genèse 6,1-4, il ne sagit aucunement de question de doctrine, mais plutôt dune référence de lAncien Testament qui reste mystérieuse, surtout quelle est fondée sur des mythes communs chez les peuples du Proche-Orient à lépoque. Il nest donc pas possible daffirmer avec certitude quil sagit dun fait historique. Cest dans ce sens quon ne peut pas répondre à votre question, à savoir du sort des anges qui auraient participé aux unions avec des femmes. Il y a dailleurs un problème de non-sens, du point de vue de la tradition chrétienne concernant les anges : comme le suggère la note de la Bible de Jérusalem (BJ), les Pères tardifs (après le IVe siècle !) ont enseigné que les anges sont des êtres personnels mais incorporels, qui ne sont pas sujet aux pulsions de la chair comme les humains : comment auraient-ils pu sunir aux femmes ? Aussi Jésus lui-même dit que les anges ne sont ni masculin ni féminin (cf. Mt 23,30 : À la résurrection, en effet, on ne prend ni femme, ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel).
En ce qui concerne la chute dune partie des anges, les Pères tardifs enseignent que ceci étaient causé par une faute même avant la création du monde le Satan apparaît, par exemple, dans le Paradis avant la chute dAdam. Cest cette chute des anges qui, selon linterprétation des Pères, est évoquée dans le livre dIsaïe, 14, 3-21 ; par exemple :
Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, fils de l'aurore! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations! Tu disais en ton coeur: Je monterai au ciel, J'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu; Je m'assiérai sur la montagne de l'assemblée, A l'extrémité du septentrion; Je monterai sur le sommet des nues, Je serai semblable au Très-Haut. Mais tu as été précipité dans le séjour des morts, Dans les profondeurs de la fosse. (Bible Louis Segond)
Comme le suggère la note de la BJ, certains des premiers Pères attribuaient la chute des anges à leurs actions suggérées dans Genèse 6. Ainsi, Irénée de Lyon (IIe siècle) dans Contre les hérésies (CH) réfère à " tout le mélange du mal qui se déchaîna avant le déluge par suite à lapostasie des anges " (CH, V,29,2) ; et il dit par rapport au déluge : " depuis que les anges rebelles sétaient mêlés à eux [la race dhommes au temps de Noé] (CH IV,36,4). Mais les Pères ultérieurs ont attribué la chute des anges devenus démons à une faute de lesprit (notamment lorgueil), ce qui est plus conforme à leur nature, plutôt quà une faute charnelle.
Deux remarques dordre général concernant Uriel :
1. Le fondement biblique du nom de larchange Uriel nest pas très ferme : on le trouve seulement dans Esdras 2, un livre qui nest pas considéré canonique ni par les Protestants, ni par lÉglise catholique, mais qui se trouve dans les Bibles grecques et slavonnes (voir lextrait de Esdras 2, le dernier texte ici-bas).
2. On attribue, dans les traditions juives et chrétiennes, toutes sortes dactions à larchange Uriel, mais ces attributions à Uriel nont pas de fondement dans lÉcriture. Par ailleurs, Uriel semble avoir été " adopté " par des milieux ésotériques qui sont généralement assez éloignés de la tradition chrétienne et ces sources et références doivent donc être approcher avec discernement.
Les Pères disaient que les animaux ont une " âme sensible " comme nous, car ils ressentent le plaisir et la douleur des sens. Mais ils nont pas d " âme intelligible " comme nous, ils ne sont pas des " personnes " au sens théologique. Il est certain que nous avons des responsabilités envers les animaux, comme envers toute la création : cest également à cause de la chute de lhomme que la souffrance et la mort font partie de toute la création, et lhomme a le devoir de sanctifier toute la création (voir à ce sujet saint Paul dans Romains 8, 19-22).
Nos responsabilités sétendent à une bonne et modeste utilisation de la création, à alléger les souffrances des créatures, en particulier les animaux, à cause justement de leur sensibilité. Mais le respect de la vie ne doit nous priver de lutilisation des animaux et autres créatures pour notre propre survie voir à ce sujet les paroles de Dieu à Adam dans la Genèse (Gn 1, 28-31).
Lenseignement chrétien à ce sujet nest jamais allé aussi loin que certains religions orientales, qui disent que nous devons éviter de tuer toute créature vivante, même les insectes, et que notre alimentation doit être exclusivement végétarienne. Il ny a rien de mal dans ces perspectives en soi, mais il ne faut pas condamner les autres si tous ne suivent pas ces idées. Saint Paul le dit bien à propos de ceux qui ne mangent pas de viande : " Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que les légumes ; que celui qui mange ne méprise pas labstinent et que labstinent ne juge pas celui qui mange ; Dieu la bien accueilli. " (Rm 14,2-3).
Pour ce qui est de la prière pour les animaux et la présence des animaux au paradis, je pense quaucune prière nest perdue, mais en même temps il ne faut pas exagérer : le Christ est venu sauver lhumanité et cest à lhomme de veiller sur le reste de la création, en lui démontrant un respect approprié. Certains saints on pense à saint François dAssise et Saint-Séraphim-de-Sarov, mais les vies des saints nous en parlent de beaucoup dautres qui nétaient pas agressés par des animaux normalement féroces étaient amis des animaux et certains ont dit quil faut aimer tous les animaux (par exemple saint Isaac le Syrien, qui mentionne spécifiquement les serpents). Mais je ne connais pas dexemple de saint qui a dit quil faut prier pour eux. Est-ce quil y aura des animaux au Paradis ? On nen sait rien, mais jai un souvenir quon a écrit quelque part que les animaux auront la parole et les plantes la sensibilité une sorte de rehaussement des niveaux de conscience de la création. Mais il sagit la sans doute dune opinion personnelle, dont je ne me souviens pas de la référence.
Jespère que ces réflexions, assez personnelles dailleurs, vous seront utiles.
La situation des Églises ayant comme siège Antioche (en réalité, Damas), porte certainement à confusion, car deux " Églises dAntioche " ont comme patriarches actuels un " Ignace " :
- LÉglise orthodoxe dAntioche (chalcédonienne, en communion avec lÉglise de Constantinople et les autres Églises orthodoxes " byzantines) : S.S. Ignace IV (Hakim ou Hazim).
- LÉglise syrienne orthodoxe (pré-chalcédonienne, aussi appelée non-chalcédonienne ou encore " monophysite ") : S.S. Mar Ignace Zakka (ou Sakka) Iwas. Il sagit dune des Églises dites " orthodoxes orientales ", qui nest pas en communion avec les Église orthodoxes " byzantines " depuis le Concile de Chalcédoine (451), bien que des discussions théologiques de nos temps ont constaté une identité de foi entre les deux familles dÉglises.
Cette dernière ne semble pas avoir de site web, bien que certains de ses diocèses (USA, Allemagne) en ont. Le site du diocèse de lAllemagne inclut une liste de diocèses, dont voici les informations pour lEurope :
Erzdiözese von Mitteleuropa und Benelux - Metropolit: Mor Julius Yeshu' Cicek
Erzdiözese von Deutschland (Patriarchalvikariat) - Metropolit: Mor Dionysius Isa Gürbüz
Source : http://www.gwdg.de/~grabo/sok/diozese.htm
APOCRYPHES Voir BIBLE LIVRES DEUTÉROCANONIQUES
APOPHTEGMES Voir PÈRES DU DÉSERT
P. Cyrille Argenti (né Argentis). Il ny a pas de " biographie " en tant que telle dans le livre Naie pas peur (Cerf/le sel de la terre, 2002), mais il y des éléments de biographie dans lintroduction par Olivier Clément, qui la bien connu, et dans une " autobiographie spirituelle " du père Cyrille, dans le même livre. Voici quelques informations sur père Cyrille Argenti :
- Né à Marseille le 25octobre 1918.
- En 1943, il participe au " Maquis ", groupes qui sopposent à loccupation allemande de La France. Il est arrêté par la Gestapo, puis relâché.
- Il fait des études de théologie, puis il est ordonné prêtre en 1950. Il devient moine à lîle de Patmos.
- En 1950, il est affecté à la paroisse grecque de Marseille.
- En 1964, voulant " dégager la communauté liturgique de la communauté ethnique " (p. 31), il commence à célébrer la Divine Liturgie en français.
- En 1978, il entreprend la construction dune église et dune centre communautaire pour la paroisse Saint-Irénée (qui existe toujours), qui réunit des Grecs, des Russes et des Français.
- Il a été très actif, non seulement à Marseille, mais aussi dans la préparation du " catéchèse orthodoxe ", Dieu est vivant.
- Il a été actif aussi dans le care de lAssociation chrétienne pour labolition de la torture (ACAT).
- Il est décédé en novembre 1994.
Le livre Naie pas peur (378 pages) contient 29 articles sur divers sujets. La plupart ont été publié dans le bulletin paroissial Orthodoxes à Marseille, dautres dans Contacts, le SOP et dautres revues.
Je vous envoie ici-bas larticle de Wikipédia sur Joasaph. Il y a une notice sur Barlaam et Joasaph assez détaillée (8 pages) dans le Synaxaire, Vie des saints orthodoxes, à la date du 26 août (t. 5 du Synaxaire). Il existe en français les livres suivants :
Lhistoire de Barlaam et Josaphat : Version champenoise daprès le ms. Reg. lat. 660 de la Bibliothèque apostolique vaticane / Éd. avec une introd. par Leonard R. Mills. Published Genève : Droz, 1973. Description 189 p. ; 18 cm. (semble être en vieux-français)
Sonet, Jean, Le roman de Barlaam et Josaphat, Louvain : Bibliothèque de lUniversité, 1949-1952. (traduction en français moderne ?)
L'ILLUSTRATION DU ROMAN DE BARLAAM ET JOASAPH. 1 VOL. TEXTE, 1 PORTEFEUILLE PLANCHES, 1937 (semble être des illustrations, sans traduction du texte).
Pour trouver ces livres dans une bibliothèque, vous pouvez chercher ici :
http://www.worldcatlibraries.org/wcpa/top3mset/593883.
Il y a une traduction anglaise en ligne : http://omacl.org/Barlaam/.
En ce qui concerne votre question concernant le baptême, il nest pas possible de vous donner une réponse claire, seulement quelques indications générales. Si vous navez pas été baptisé dans lÉglise orthodoxe, il est certain que vous ne serez pas considéré comme orthodoxe, même un orthodoxe non-pratiquant. La chrismation sert souvent et typiquement de rite dadmission dans lÉglise orthodoxe pour ceux qui viennent dautres confessions chrétiennes, pourvue quon est satisfait que les exigences minimales du baptême ont été accomplies. En cas de doute, et selon la pratique locale, on peut demander à un catéchumène, ou le catéchumène lui-même peut demander, à recevoir le saint baptême. La pratique varie beaucoup dune Église ou juridiction orthodoxe à une autre. Ce qui est essentiel, cependant, cest dêtre activement associé à une paroisse ou communauté orthodoxe, car un fidèle orthodoxe fait toujours partie dune Église locale. Si vous nêtes pas en contact avec une paroisse, vous pouvez entrer en communication avec une paroisse proche de chez vous et cest le prêtre qui vous indiquera plus précisément la démarche à suivre pour être intégrer à lÉglise orthodoxe. Trois juridictions sont bien représentées en Amérique du Nord : lArchidiocèse grec (http://www.goarch.org/access/), lÉglise orthodoxe en Amérique (OCA)( http://www.oca.org/), et lÉglise dAntioche (http://www.aaron.org/).
BAPTÊME INITIATION CHRÉTIENNE
Habituellement, on baptise un enfant dans sa propre paroisse, car le baptême, même des bébés, est linitiation dans la communauté des croyants et les parents sengagent à élever lenfant selon les pratiques de lÉglise dans laquelle il a été baptisé. Il sagit donc plus quune question de rite, mais aussi dengagement. Dans lÉglise orthodoxe, linitiation chrétienne comprend normalement les trois sacrements du baptême, de la chrismation et de la communion, les enfants et même les bébés étant admis à la communion.
LÉglise orthodoxe admet donc les enfants, même les bébés, à la sainte Communion ; la " compréhension " de lacte de communion nest pas considérée comme un obstacle à la pleine participation des enfants à la vie sacramentelle de lÉglise. En avançant en âge, ils apprennent peu à peu à réaliser la signification de la Liturgie et de la Communion. LÉglise orthodoxe invoque aussi des motifs pastorales pour permettre aux enfants de participer à la Communion : lobligation de lÉglise de nourrir ses fidèles non seulement des paroles de vie, mais du " Pain de Vie ", quils soient adultes ou enfants.
Je vous recommande le livre du Père Alexandre Schmemann, " Deau et dEsprit " (Desclée de Brouwer) pour une explication de la théologie et de la signification spirituelle des sacrements dinitiation chrétienne dune perspective orthodoxe.
Un orthodoxe fait partie dune communauté de fidèles, pour les laïcs, habituellement une paroisse locale. Il y a à Bruxelles plusieurs paroisses orthodoxes de juridictions différentes et utilisant des langues liturgiques selon les communautés : le français, le néerlandais, le slavon, le grec etc. Si vous cherchez surtout une communauté dexpression française, je vous suggère de communiquer avec la paroisse suivante :
Paroisse des Saints-Silouane-lAthonite-et-Martin-de-Tours (BRUXELLES)
Rue de Bosnie 75, B-1060 Bruxelles.
Recteur : Prêtre Bartélémy DHuyvetter.
Tél. et fax : 02/534 04 49.
Site web : http://ibelgique.ifrance.com/silouane/
Cest une paroisse vivante, active, engagée, chaleureuse. Je suis certain que vous serez bien accueilli. Nhésitez pas de prendre contact avec le Père Bart.
La bénédiction des maisons (ou dappartements) se fait normalement dans lÉglise orthodoxe par le prêtre de paroisse des personnes habitant la maison. Souvent cette bénédiction a lieu le jour de la Théophanie ou baptême du Christ, le 6 janvier, ou peu après, utilisant leau qui a été bénie pendant la célébration de cette fête, en quelque sorte comme un prolongement de la fête. Mais la bénédiction peut avoir lieu aussi à dautres moments de lannée, à la demande des paroissiens. Si vous êtes membre ou en lien avec une paroisse orthodoxe ou dune autre Église dOrient, vous pouvez vous adresser au prêtre de la paroisse.
Je vous envoie ci-joint un document Word qui inclut les prières de bénédictions dhabitations qui se trouve dans lEuchologe et aussi un petit office de bénédiction que certains prêtres utilisent ici au Québec.
Je ne connais pas lhistoire de ce rite, mais cest possible quil soit très ancien, puisque la Théophanie est un des plus anciennes fêtes de lÉglise. Vous pouvez peut-être trouver des textes pertinents en anglais en cherchant avec les mots : " blessing house orthodox " ou dautres semblables.
BÉNÉDICTIONS DE FRUITS (TRANSFIGURATION)
La bénédiction de fruits (en principe, ce devrait être des grappes de raison, mais par " économie ", tout fruit frais) à la fête de la Transfiguration, cest plus par rapport à la saison en pleine été et pas à la fête ! Cependant, la " Catéchèse orthodoxe " donne un sens théologique : " La bénédiction des fruits nous rappelle que les énergies divines pénètrent la matière créée et transfigurent le monde en vue du Siècle à venir " (Les Fêtes et la vie de Jésus-Christ, II. La Résurrection, Cerf, 1989, p. 46). De même, à la Dormition de la Mère de Dieu (le 15 août), on peut bénir des herbes, des légumes et encore des fruits, mais cette bénédiction est moins pratiquée que celle de la Transfiguration.
Il y a dans lEuchologe du rite byzantin (le livre qui contient les offices des sacrements, sauf lEucharistie, et dautres offices de lÉglise orthodoxe) un grand nombre doffices ou de formules de bénédiction de personnes pour diverses circonstances et de lieux et objets. En pratique, seulement quelques-unes de ces bénédictions sont utilisées de façon régulière par exemple, la bénédiction des maisons des fidèles, qui traditionnellement a lieu le jour de la Théophanie (6 janvier) ou peu après. Pour ce qui est de votre question précise, il y a une " prière pour lenfant qui va entrer à lécole " et même un petit " office dintercession pour le début et la fin des études scolaires " : on demande la bénédiction des personnes (dans ces cas, les enfants ou étudiants), plutôt que les objets servant aux études !
Lexégèse biblique dans le sens moderne du mot, surtout tel que pratiqué par les savants allemands et anglais du 19e siècle, nest pas une discipline très développée dans le monde orthodoxe. En fait, les orthodoxes ont tendance à se tourner vers les Pères de lÉglise des premiers siècles en ce qui concerne linterprétation des textes bibliques et de rester fidèles à cette tradition. Ceci reflète en partie la place de la Bible dans lÉglise orthodoxe : la Bible fait partie de lÉglise et de la Tradition, elle nest pas au-dessous de lÉglise, et dautres aspects de la Tradition de lÉglise dOrient, tels que les textes liturgiques, les décisions des sept Conciles cuméniques (325-787) et dautres conciles majeurs, les icônes, les écrits des Pères et lexemple de la vie des saints de tous les temps, sont également importants pour la révélation de la foi et pour la vie du chrétien.
La Bible, en particulier bien sûr le Nouveau Testament et les Psaumes, a un rôle très important dans la vie liturgique et spirituelle orthodoxes. Les textes bibliques font partie de tous les offices orthodoxes, la lecture priante et méditative de la Bible est fortement recommandée et les homélies aux Divines Liturgies sont généralement basées sur le texte évangélique du jour. Pour des commentaires facilement accessible des textes liturgiques, notamment ceux des dimanches et des grandes fêtes, je vous recommande le livre par le " Moine de lÉglise dOrient ", le Père Lev Gillet, LAn de grâce du Seigneur : Un commentaire de lannée liturgique byzantine (Cerf, 1988). Des extraits de ce livre figurent aux Pages Orthodoxes La Transfiguration, dans la section des grandes fêtes liturgiques.
Il nexiste pas encore de traduction " orthodoxe " de la Bible en français. Les orthodoxes utilisent plusieurs traductions différentes de la Bible, notamment la Bible de Jérusalem et la Traduction cuménique de la Bible (TOB), ainsi que des traductions protestantes, par exemple Louis Segond. La troisième édition de la Bible de Jérusalem est accessible au site des Éditions du Cerf : http://bibliotheque.editionsducerf.fr/html/Corpus/Frame_bible.htm. et le " TOB " au site : au http://www.tradere.ord/biblio/index.htm. La traduction de Louis Segond est également disponible sur linternet, au : http://www.gospelcom.net/bible?language=Français.
La Bible de Jérusalem et la TOB comprennent la plupart des livres " deutérocanoniques " qui sont acceptés par lÉglise orthodoxe, quoique avec quelque hésitations. LÉglise orthodoxe reconnaît quelques livres deutérocanoniques qui ne sont acceptés par lÉglise catholique. Les protestants ne reconnaissent aucun des livres deutérocanoniques.
La version du Nouveau Testament utilisée aux offices liturgiques orthodoxes est généralement celle de lÉvangéliaire et de lApôtre édités par la Diaconie Apostolique, avec la traduction de Denis Guillaume (qui a traduit la plupart des livres liturgiques orthodoxes en français). Il existe plusieurs traductions " orthodoxes " des Psaumes (les traductions des Psaumes de la Bible de Jérusalem et la TOB ne sont pas bien adaptées pour usage liturgique) :
P. Placide Deseille, Les Psaumes : Prières de l'Église, Ymca-Press, 1979.
Livre des psaumes. Abbaye Saint Michel de Bois-Aubry, F-37120 Luzé, 1993.Pour usage personnel, je recommande la nouvelle version (3e édition) de la Bible de Jérusalem, en partie à cause de ses amples notes et références.
Il y a une importante différence dapproche entre lÉglise orthodoxe et lÉglise catholique en ce qui concerne la traduction de lAncien Testament. LÉglise orthodoxe considère la traduction grecque de la Bible juive dite des " Septante " comme le textus receptus de lAncien Testament et que les traductions en langues modernes doivent être basées sur cette version ancienne, la version connue et citée par les Apôtres (notamment Saint Paul), les Evangélistes et la plupart des Pères de lÉglise. En pratique, il nest possible de nos jours dignorer la Bible hébraïque, mais lÉglise orthodoxe accorde néanmoins la priorité à la Bible des Septante, qui est elle-même vue comme étant inspirée par lEsprit Saint. Un cas important est la traduction dIsaïe 7, 14 : Le texte hébreux se lit : La jeune fille est enceinte (Bible de Jérusalem), alors que la Septante se lit : La vierge est enceinte Cest cette dernière version qui est contenue dans la citation de la prophétie dIsaïe en Matthieu 1, 23, et toute lexégèse et la piété chrétienne dès les premiers siècles considèrent la prophétie dIsaïe comme une annonce de la naissance du Christ de la Vierge Marie.
Source : http://users.hrnet.fr/~dupuypas/Lexique/commentaire_isaie_7-14.htm
Commentaire de Jérôme sur Isaïe 7, 14 : " C'est pourquoi le Seigneur vous donnera lui même un signe. Voici que la vierge concevra et mettra au monde un fils et tu lui donneras le nom d'Emmanuel. "
Extrait du commentaire de Jérôme. [du Supplément au Cahiers Evangile N° 104- pages 50 - 51]
"[...] Quand le texte dit: le Seigneur vous donnera lui même un signe, ce doit être quelque chose d'inouï et d'étonnant. Or si c'est une jeune fille ou une jeune femme qui enfante, comme le veulent les juifs, et non une vierge, de quel signe pourra-t-on parler, puisque ce nom concerne l'âge, non l'intégrité physique ? Et à la vérité, pour nous mesurer pied à pied avec les juifs et ne pas leur fournir, en tirant sur la corde de la dispute, occasion de rire de notre incompétence, une "vierge" en hébreu se dit bethula, qui n'est pas écrit dans le présent passage, mais au lieu de ce mot il y a alma, que toutes les versions, hormis les Septante, ont traduit par "jeune adolescente". Au surplus alma chez eux est un terme ambivalent: il veut dire en effet "jeune adolescente" et "cachée". D'où dans le titre du psaume 9 où il y a en hébreu alamoth, toutes les versions ont traduit par "l'adoslescence", ce que les Septante ont interprété "pour ceux qui sont cachés". Nous lisons aussi dans la Genèse, là ou Rébécca est dite alma, qu' Aquila a traduit non par "jeune adolescente" ou "jeune femme" mais "cachée".
Donc on appelle alma non seulement une jeune femme ou une vierge, mais avec extension de sens une vierge cachée et retirée qui n'a jamais été exposée aux regards des hommes mais a été l'objet d'une garde attentive de ses parents [...]. Et autant que je puisse faire l'effort de mémoire, je crois n'avoir jamais lu le mot alma pour une femme mariée mais pour une vierge, et qui est non seulement une vierge mais une jeune vierge dans ses années d'adolescence. Il peut en effet arriver qu'une vierge ait un certain âge, mais cette vierge-ci était dans les années de sa jeunesse, non pas une fillette qui ne pourrait encore connaître un homme, mais une vierge déjà nubile. [...]"
Sur la conception virginale, qui repose sur le grec parthenos, la vierge, de la traduction des Septante, la polémique est ancienne avec les juifs dont les versions grecques récentes traduisaient l'hébreu alma par neanis, la jeune femme. Jérôme reprend d'abord à son compte l'argument que, de Justin et Irénée jusqu'à son époque, la tradition leur opposait : où serait le signe s'il s'agissait d'une naissance normale ? Mais lui qui prônait le retour à l'hébreu comme au texte authentique de l'Écriture ne pouvait s'en tenir là : d'où la minutieuse discussion sémantique sur la valeur exacte du mot hébreu, qui s'efforce de montrer que l'interprétation traditionnelle s'accorde avec l'hebraica veritas.
Vous dites que vous êtes " navrée de voir quavec le temps lÉglise a laissé tombé plusieurs livres inspirants, comme le Siracide et la Sagesse. " Ceci sapplique surtout aux confessions protestantes, car les Églises orthodoxe et catholique incluent ces livres, avec les autres livres " Deutérocanoniques ", parmi les livres de lAncien Testament. Siracide est aussi appelé " Écclésiastique ".
En fait plusieurs Pères de lÉglise ont commenté systématiquement les livres du Nouveau Testament. Je crois que la meilleur façon de déterminer ce qui est disponible des écrits des Pères de lÉglise sur les Épîtres ainsi que sur Isaïe est de consulter un livre tel que Lire les Pères de lÉglise, de Sur Gabriel Peters (DDB), qui fournit un aperçu des écrits des Pères. Pour déterminer lesquels ont été traduits en français, vous pouvez faire une recherche des catalogues des grandes bibliothèques, en particulier celle de la Bibliothèque nationale de France, qui peut être consulté en ligne. Puis la dernière étape trouver les livres dans une bibliothèque religieuse ou universitaire près de chez vous.
La Bible de Jérusalem et la TOB sont accessible en ligne au : http://www.tradere.ord/biblio/index.htm et la traduction de Louis Segond au : http://www.gospelcom.net/bible?language=Français.
Je recommandons aussi la "Bible virtuelle", avec le texte complet de la version Louis Segond et un puissant logiciel de consultation et de recherche. Le fichier compressé (.zip - 4,5Mb) et autoexécutable est accessible gratuitement au site : http://www.geocities.com/Athens/Delphi/5909/index.htm.
Vous avez raison, ladresse de Online Bible n est plus valable. Essayez plutôt :
http://www.geocities.com/Athens/Delphi/5909/index.htm (version française des versions du module de base plus récentes existent en anglais). Fouillez les liens suivants pour télécharger gratuitement des modules que vous pourrez installer:
Modules pour Windows, Dos et Mac
BIBLE LIVRES DEUTÉROCANONIQUES
Je ne connaissais pas le Concile de Jérusalem de 1672, mais jai trouvé une référence sur internet, un texte qui discute de la question du Canon biblique. Vous trouverez la version française à ladresse : Apocrypha http://mb-soft.com/believe/tfs/apocryph.htm . Mais attention, il sagit dune traduction " automatisée " du texte anglais et on a intérêt à lire loriginal anglais : http://mb-soft.com/believe/txs/apocryph.htm. Le site contient beaucoup de documents : Site BELIEVE : http://mb-soft.com/believe/
Je pense que la référence suivante est exacte en ce qui concerne lÉglise orthodoxe : " Pour l'église orthodoxe orientale, le synode de Jérusalem (1672 A.D.) a affirmé la validité de Canon plus long ; cependant, une décision conciliaire liante universellement n'a pas été prise, et par conséquent une diversité d'opinion existe toujours. "
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Je pense que vous avez bien fait le tour de la question du " canon biblique orthodoxe ". Comme vous pouvez apprécier, lÉglise orthodoxe ne se concerne pas beaucoup de " légiférer " sur bien des questions et le " canon " biblique en est une : de nos jours, il y a des petites différences dusage entre les Bibles publiées par certaines Églises orthodoxes. Et puisquil nexiste pas de " Bible orthodoxe " en français, la question reste ouverte pour les orthodoxes dexpression française
Mais on doit reconnaître que les différences entre les versions " orthodoxes " de la Bible sont minimes : toutes les Bibles publiées dans les pays de tradition orthodoxes contiennent tous les livres de la Bible hébreu, ainsi que les livres deutérocanoniques reconnus par lÉglise catholique. Pour les autres livres deutérocanoniques, je pense que le texte suivant est correct (ci-joint larticle au complet) :
"The Eastern Orthodox Churches recognize several other books as authoritative. Editions of the Old Testament approved by the Holy Synod of the Greek Orthodox Church contain, besides the Roman Catholic Deuterocanonical books, 1 Esdras, Psalm 151, the Prayer of Manasseh, and 3 Maccabees, while 4 Maccabees appears in the Appendix. Slavonic Bibles approved by the Russian Orthodox Church contain besides the Deuterocanonical books, 1 and 2 Esdras (called 2 and 3 Esdras), Psalm 151, and 3 Maccabees."
Deux mises en garde sont nécessaires. Premièrement, lÉglise orthodoxe en général accepte les livres dites " deutérocanoniques " comme faisant partie de la Bible, mais sans pour autant reconnaître quils ont le même degré dinspiration et la même autorité que les autres livres. Deuxièmement, seulement quelques-uns de ces livres et ajouts sont utilisés aux offices de lÉglise : à ma connaissance, il sagit notamment du livre de la Sagesse (dont des extraits sont souvent lus aux vêpres), de la prière de Manassé (qui fait partie des Grandes Complies) et des ajouts à Daniel 3 (en particulier les cantiques dAzarias et des trois jeunes gens ; Daniel 3, 1-88 constitue la quinzième et dernière lecture du Samedi saint à vêpres).
Comme vous, je nai pas trouvé de traduction française des livres du " troisième canon ", à lexception de la prière de Manassé, qui figure au commun des Grandes Complies. On les trouve facilement en anglais, notamment dans la NRSV, même sur internet. Si vous connaissez ou vous trouvez des versions françaises de ces livres, je serais très intéressé den avoir les références.
Le Nouveau dictionnaire biblique, à la fin de la rubrique " Apocryphes ", dit que le commentaire le plus étendu des apocryphes est celui de Fritzsche et Grimm (Leipzig 1851-1860), puis on ajoute : " Trad. franç. dans la Bible de Reuss. Plus récemment : L. Randon, Les livres apoc. de lA.T., Paris 1909 ". Peut-être on trouverait des traductions françaises des écrits du " troisième canon " dans lun ou lautre de ces références.
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Certains livres et certains passages figurent à la Bible des Septante qui ne sont pas contenus dans la Bible hébraïque. Ces livres et ces ajouts " deutérocanoniques " aux livres " canoniques " sont :
- Livres : Tobie, Judith, Maccabées, Sagesse (de Salomon), Écclésiastique (Sirac) et Baruch
- Ajouts : Esther ch. 10, v. 4 ; ch. 16, v. 4 ; Daniel ch. 3, vv. 24-90 ; ch. 13 et 14 ; Job ch. 40 v. 18 et suivants ; " Lettre de Jérémie ".
LÉglise orthodoxe en général accepte les livres dites " deutérocanoniques " comme faisant partie de la Bible, mais sans pour autant reconnaissant quils ont le même degré dinspiration et la même autorité que les autres livres. Pour lÉglise catholique, ces textes ont la même autorité doctrinale que les autres livres. Les confessions issues de la Réforme rejettent ces livres et les qualifient dapocryphes. Voici ce quen dit Mgr Kallistos Ware dans son livre LÉglise orthodoxe :
" La version hébraïque de lAncien Testament est formée de 39 livres. La Septante contient, en plus de ceux-là, dix autres livres connus dans lÉglise orthodoxe comme les livres deutérocanoniques. Ils ont été adoptés par les conciles de Jassy (1642) et de Jérusalem (1672) comme part authentique des Écritures ; cependant la plupart des érudits orthodoxes contemporains, suivant en cela lexemple dAthanase et de Jérôme, estiment que ces livres, tout en faisant effectivement partie de la Bible, ne sont pas au niveau du reste de lAncien Testament " (p. 274).
Le nom " Christ " vient du grec hristos, qui veut dire " loint ". Cest dans ce sens quil est utilisé dans le Nouveau Testament, car Jésus est " lOint de Dieu ", le Christ. Dans la théologie orthodoxe (et aussi catholique, ainsi que pour beaucoup de protestants, mais pas tous), le Christ est le Verbe de Dieu, la seconde Personne de la Sainte Trinité, co-éternel et égale à Dieu le Père, comme laffirme le 2e article du Symbole de Foi de Nicée-Constantinople :
" (Je crois en) un seul Seigneur Jésus Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait. "
Vous nacceptez les remarques de " Nathanaël " puisqu" ils rejètent tout ce qui nest pas exactement comme ce qui est écrit dans la Bible, tout ce qui ne correspond pas exactement à son enseignement ". Cette attitude semble être celle dune interprétation littérale de la Bible, une approche qui nest pas celle de lÉglise orthodoxe, mais qui caractérise en particulier certaines communautés fondamentalistes issues de la Réforme protestante. Dans la Tradition orthodoxe, la Bible peut être interprétée dans plusieurs sens et les fidèles doivent être guidés par les enseignements de lÉglise, notamment les Pères de lÉglise, concernant la Bible. La Bible nest pas la seule source de la foi, car la Bible elle-même fait partie de la Tradition de lÉglise, qui comprend dautres sources de la foi, tels que les décisions des sept Conciles cuméniques entre 325 et 787, les écrits des pères de lÉglise, la Liturgie, les icônes, les vies des saints de tous les temps etc.
Vous dites bien que lapproche quelque peu rigide peut convenir à certaines personnes, car lEsprit Saint sait travailler de différentes façons, selon les besoins et possibilités de chacun, en vue de leur salut.
Lorsque vous écrivez : " je crois que la divinité se trouve en toute chose ", vous exprimez ce quon peut appeler l" immanence " de Dieu : Dieu est le Créateur et cest par lui et en lui que toute chose existe. Mais on ne doit séparer cette conception de Dieu de sa " transcendance " : Dieu existe en tant que Personne au-delà de toute chose créée. Identifier Dieu exclusivement au monde est une forme de panthéisme, cest dire que le monde existe de lui-même, il est inexplicable en soi. Dans la théologie de Pères, ou plus particulièrement l" anthropologie ", lhomme est le somment de la création, fait à " limage de Dieu ", comme lexprime la Genèse. Cette image est manifestée surtout dans lexistence personnelle de lhomme et la liberté : lhomme a le pouvoir de choisir, notamment entre ce qui le mène vers Dieu et ce qui léloigne de Dieu. Comme la écrit saint Irénée de Lyon (2e siècle), " la gloire de Dieu, cest lhomme vivant ". Mais lhomme a une vocation qui dépasse celle dêtre l" image " de Dieu, cest d être la " ressemblance " de Dieu, de vivre selon les caractéristiques de Dieu lui-même, la Bonté, lAmour etc. et dentrer une pleine union ou communion avec Dieu.
Vous exprimez par la phrase : " Hors du Christ, point de salut ", ce qui vous entendez des propos de " Nathanaël ". Souvent, cette phrase est exprimée " Hors de lÉglise, point de salut ", expression qui vient des Pères. Certains interprètent cette expression comme impliquant quon ne peut être " sauvé " quen faisant partie de telle ou de telle Église ou communauté. Mais une compréhension plus juste de cette expression est de voir lÉglise, le Corps du Christ, comme dit saint Paul, comme le rassemblement en Christ des justes de tous les temps et de tous les lieux, depuis la fondation du monde jusquà la fin. Saint Paul lui-même dit à ce propos : " Quand les païens, qui nont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui nont point la loi, une loi pour eux-mêmes ; ils montrent que luvre de la loi est écrite dans leurs curs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées saccusant ou se défendant tour à tour. Cest ce qui paraîtra au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes " (Romains 2, 14-16).
Je peux vous référer au Diacre Cyprian Hutcheon (Paroisse orthodoxe du Signe de la Théotokos à Montréal), qui a des connaissances dans ce domaine, cependant sans y être un spécialiste. Vous pouvez communiquer avec lui à ladresse : rhutcheon@hotmail.com.
Voici deux sites orthodoxes au Brésil :
http://openlink.br.inter.net/ortodoxia / Courrier : ortodoxia@openlink.com.br
http://www.diocese.com.br/Apresn.htm Courrier : nectario@diocese.com.br
CALENDRIER LITURGIQUE ORTHODOXE (PUBLICATION)
Le Calendrier liturgique orthodoxe est publié chaque décembre par la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale. Il comprend en outre des notes liturgiques et des indications sur la couleur des habits liturgiques. Pour commander par correspondance (prix environ 12 euros) : 9, allée dArques, 91390 Morsang sur Orge (France). Renseignements : ovicto@club-internet.fr.
Le Calendrier commémore un grand nombre de saints issus des différents pays orthodoxes, et fait notamment une grande place aux saints des différentes régions de France.
Pour bien saisir le rapport entre les deux calendriers, il " suffit " de comprendre le sens de lénigme suivant :
" Les fêtes fixes sont mobiles et les fêtes mobiles sont fixes ".
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Le calcul de la date de Pâques est assez complexe ! Pour simplifier les choses, toutes les Églises orthodoxes, à quelques exceptions près, célèbrent Pâques en même temps, car la date de Pâques est fixée selon le calendrier julien en ce qui concerne la détermination de la date du début du printemps. Les exceptions sont lÉglise de la Finlande, qui a adopté le calendrier occidental pour la date de Pâques, et aussi quelques petites Églises en Europe occidentale qui ne sont pas rattachées à la famille des Églises orthodoxes en communion avec lÉglise de Constantinople.
Bien sûr, la date de Pâques est calculée longtemps à lavance. Voici les dates entre 2001 et 2015 :
ANNÉE PÂQUES ORTHODOXE PÂQUES OCCIDENTAL 2001 15 avril 15 avril 2002 5 mai 31 mars 2003 27 avril 20 avril 2004 11 avril 11 avril 2005 1 mai 27 mars 2006 23 avril 16 avril 2007 8 avril 8 avril 2008 27 avril 23 mars 2009 19 avril 12 avril 2010 4 avril 4 avril 2011 24 avril 24 avril 2012 15 avril 8 avril 2013 5 mai 31 mars 2014 20 avril 20 avril 2015 12 avril 5 avril
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Note paru dans Zénit, 6 janvier 2007 :
Rappelons que le calendrier julien tient son nom de Jules César, qui l'institua sur les conseils de son astronome Sosigène d'Alexandrie, soucieux de ne pas laisser se décaler les saisons. Il aurait prévu, avec une année standard de 365 jours divisée en 12 mois, un " jour intercalaire " ajouté tous les 4 ans. Le calendrier est resté en usage jusqu'à aujourd'hui, notamment dans quelques pays de tradition orthodoxe.
Toutefois, ce système ajoute trop d'années bissextiles par rapport aux saisons astronomiques : elles se produisent environ 11 minutes plus tôt chaque année. César semble avoir été au courant de ce décalage, mais sans lui accorder beaucoup d'importance.
Ce calendrier a été réformé par le pape Grégoire XIII, dans ses Etats. Par la bulle " Inter gravissimas ", il stipula que le jeudi 4 octobre 1582 serait immédiatement suivi par le vendredi 15 octobre 1582, de façon à compenser le décalage accumulé au fil des siècles.
Ce calendrier dit " grégorien " fut aussi adopté par l'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Pologne. En France, Henri III enleva ces jours seulement en décembre.
La Grande-Bretagne et les pays protestants n'adoptèrent le calendrier grégorien qu'en 1752. Ils préféraient, selon l'humour de l'astronome Johannes Kepler, " être en désaccord avec le soleil, plutôt qu'en accord avec le pape ".
Dans certains pays de tradition orthodoxe, on ne l'adopta progressivement qu'à partir du début du XXe siècle.
En Russie, la fameuse Révolution d' " Octobre " 1917 a donc eu lieu, selon le calendrier grégorien, en novembre ! L'URSS adopta le calendrier grégorien en 1918, mais l'Eglise orthodoxe russe a refusé ce calendrier en tant qu'imposé par un gouvernement athée et a conservé le calendrier julien.
La majorité des Églises orthodoxes d'Orient ont continué d'employer le calendrier julien jusqu'en 1923, date à laquelle beaucoup ont adopté un calendrier julien " révisé ". Mais l'Eglise orthodoxe de Finlande a adopté le calendrier grégorien.
Anita S. Bourdin
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Je comprends bien votre confusion sur cette question de calendrier ! En plus des deux calendriers, il y deux " cycles de fêtes ", les fêtes à date fixe (exemple, Noël) et le cycle pascal (variable, selon la date de Pâques) la même distinction se fait en Occident. Le texte suivant vous aidera peut-être :
" En fait, lannée liturgique est composée est de deux cycles de fêtes qui sentrecroisent tout au long de lannée, les fêtes fixes et les fêtes mobiles. La date des fêtes fixes, par exemple la Nativité du Christ le 25 décembre, est la même chaque année, alors que la date de fêtes mobiles, qui correspondent au cycle pascal, est déterminée en fonction de la date de Pâques. La date de Pâques, établie daprès le calendrier lunaire juif, est fixée au premier dimanche qui suit la pleine lune du printemps, après la célébration des trois premiers jours de la Pâque juive. Cette date peut donc être la même que la date de Pâques en Occident - par exemple en lan 2001 - ou encore Pâques peut tomber une, quatre ou cinq semaines plus tard.
" Deux calendriers sont en usage dans lÉglise orthodoxe, le calendrier grégorien (le " nouveau calendrier ", qui est le calendrier civil mondial), et le calendrier julien (l" ancien calendrier ", qui est décalé de treize jours par rapport au calendrier grégorien). Les Églises des pays slaves utilisent lancien calendrier, alors que les Églises des autres pays de tradition orthodoxe suivent généralement le nouveau calendrier. Dans les pays de la diaspora, le choix de calendrier est souvent décidé par le diocèse ou la paroisse. Le choix de calendrier détermine la célébration des fêtes fixes. Certaines Églises et paroisses célèbrent Noël, par exemple, le 25 décembre du calendrier grégorien, alors que dautres le célèbrent le 7 janvier (le 25 décembre selon le calendrier julien). Par contre, tous les orthodoxes célèbrent Pâques le même jour ; donc, toutes les fêtes du cycle pascal, qui comprennent également tous les dimanches, sont célébrées en même temps dans les différentes Églises orthodoxes. "
Pour répondre à vos questions :
1) Ce que vous appelez "Pâques occidental" est-ce basé sur le calendrier grégorgien ?: OUI
Ce que vous appelez "Pâques orthodoxe" est-ce basé sur le calendrier julien ? OUI
2) Dans l'article sur le mont Athos, j'avais cru comprendre qu'il y avait des dates de Pâques différentes en fonction des choix opérés par les Eglises orthodoxes de divers pays :
" En 1923, les Églises de Constantinople, de Grèce et de Chypre, suivies de lÉglise de Roumanie en 1924, ont adopté le calendrier grégorien (calendrier civil) [le texte aura bien pu préciser : " pour les fêtes liturgiques à date fixe "]. Certains moines athonites, surnommés "Zélotes", sopposant au nouveau calendrier, coupèrent les relations spirituelles avec le Patriarcat cuménique et avec les monastères et moines qui acceptaient de rester en communion avec les "Églises officielles" (Constantinople et lÉglise de Grèce) qui adoptèrent le nouveau calendrier.
Cette controverse ne touche pas les Églises slaves, toujours au calendrier julien). "
La controverse touche seulement la date des fêtes fixes : Est-ce quon célèbre la Nativité du Christ le 25 décembre du calendrier civil (= " nouveau calendrier " ou calendrier grégorien) ou le 7 janvier du calendrier civil (=25 décembre du calendrier julien) ?
Le cycle pascal nest pas affecté par ladoption du " nouveau calendrier ", car toutes les Églises orthodoxes (à quelques exceptions près) utilisent le calendrier julien pour déterminer la date de Pâques.
Maintenant que cest clair voici une énigme qui décrit le rapport entre les deux calendriers, julien et grégorien, en usage dans lÉglise orthodoxe, et les deux cycles de fêtes, les fêtes fixes et les fêtes mobiles :
" Les fêtes fixes sont mobiles et les fêtes mobiles sont fixes. "
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Malheureusement, il ny a pas de calendrier orthodoxe sur linternet à imprimer le calendrier liturgique est, en fait, assez complexe et il change chaque année, en fonction de la date de Pâques. Vous trouverez un calendrier jour par jour sur le site du monastère des Saints Élie et Élisée :
http://monastere-orthodoxe.chez.tiscali.fr/pages/frameset.htmlAussi, il y a en anglais un calendrier que vous pouvez installer sur votre ordinateur, le " Menalogion " :
http://saintjohnwonderworker.org/menologion.htmLa question du calendrier liturgique est très complexe dans lOrthodoxie. Je suis tout-à-fait daccord quil est souhaitable que les différentes confessions chrétiennes suivent le même calendrier liturgique, afin de restaurer au moins un semblant dunité chrétienne.
La détermination des dates des fêtes suit des règles assez précises, surtout en ce qui concerne la date de Pâques, qui détermine les dates des autres fêtes " mobiles ", ainsi que tout le cycle des dimanches. En fait, lannée liturgique est composée est de deux cycles de fêtes qui sentrecroisent tout au long de lannée, les fêtes fixes et les fêtes mobiles. La date des fêtes fixes, par exemple la Nativité du Christ le 25 décembre, est la même chaque année, alors que la date de fêtes mobiles, qui correspondent au cycle pascal, est déterminée en fonction de la date de Pâques. La date de Pâques, établie daprès le calendrier lunaire juif, est fixée au premier dimanche qui suit la pleine lune du printemps, après la célébration des trois premiers jours de la Pâque juive. Cette date peut donc être la même que la date de Pâques en Occident - par exemple en lan 2001, 2004, 2007 etc. - ou encore Pâques peut tomber une, quatre ou cinq semaines plus tard. En 2003, Pâques tombe le 27 avril, ce qui permet de déterminer la date de toutes les autres fêtes du cycle pascal.
Deux calendriers sont en usage dans lÉglise orthodoxe, le calendrier grégorien (le " nouveau calendrier ", qui est le calendrier civil mondial), et le calendrier julien (l" ancien calendrier ", qui est décalé de treize jours par rapport au calendrier grégorien). Les Églises des pays slaves utilisent lancien calendrier, alors que les Églises des autres pays de tradition orthodoxe suivent généralement le nouveau calendrier. Dans les pays de la diaspora, le choix de calendrier est souvent décidé par le diocèse ou la paroisse. Le choix de calendrier détermine la célébration des fêtes fixes. Certaines Églises et paroisses célèbrent Noël, par exemple, le 25 décembre du calendrier grégorien, alors que dautres le célèbrent le 7 janvier (le 25 décembre selon le calendrier julien). Par contre, presque tous les orthodoxes célèbrent Pâques le même jour ; donc, toutes les fêtes du cycle pascal, qui comprennent également tous les dimanches, sont célébrées en même temps dans les différentes Églises orthodoxes (seule lÉglise de Finlande et, en France, lÉglise catholique orthodoxe de France, suivent la pratique occidentale pour la détermination de la date de Pâques).
Le calendrier des fêtes orthodoxes le plus utilisé en France est le Calendrier Liturgique Orthodoxe, édité chaque année par la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale (55, rue du Chatou, 92700 Colombes, tél. 01 47 82 46 43).
Dans lÉglise ancienne, la catéchèse était destinée avant tout à lenseignement de la foi à ceux qui devaient être baptisés adultes et aussi enfants de chrétiens pendant la célébration pascale. Nous avons les textes catéchétiques de plusieurs Pères de lÉglise, par exemple, Clément dAlexandrie, Basile de Césarée, Grégoire de Nysse, Cyrille de Jérusalem, Jean Chrysostome, Augustin dHippone, Ambroise de Milan La plupart de ces textes sont disponibles en français dans la collection " Sources chrétiennes " aux Éditions du Cerf. Si au début laccent de lenseignement était plutôt sur lhistoire du salut (Ancien Testament et Nouveau Testament), le contenu de la foi, notamment tel quexprimé dans le Symbole de foi de Nicée-Constantinople, et les mystères ou sacrements de lÉglise, par la suite on a plutôt eu tendance à mettre en valeur lenseignement moral en rapport avec la vie chrétienne.
Il faut souligner quil nexiste pas de " Catéchèse orthodoxe " systématique et universellement acceptée, telle quil existe dans lÉglise catholique et les Églises issues de la Réforme. Plusieurs écrivains orthodoxes ont écrit des catéchismes, notamment entre le 17e et le 19e siècles, sous des influences théologiques occidentales, mais ceux-ci ne représentent que les vues de leurs auteurs et aucun na jamais été accepté comme représentant lenseignement de toute lÉglise orthodoxe. Certains contiennent mêmes des erreurs manifestes, ayant été copiés ou calqués sur des catéchismes de lÉglise catholique ou dÉglises protestantes. Dailleurs, il nexiste pas dans lÉglise orthodoxe dautorité qui pourrait sanctionner un catéchisme pour toute lÉglise.
Dans l'Église orthodoxe, plutôt que de " catéchisme ", dans le sens dexposé systématique et définitive de la foi, on réfère plutôt aux sources de la foi ou de la Tradition. Or, la Tradition est fondée sur plusieurs sources principales : les Saintes Écritures ou la Bible ; les décisions des sept conciles cuméniques ; , les écrits des Pères de l'Église ; la liturgie (comprise dans son sens large de tous les offices et rites de l'Église orthodoxe, et non exclusivement la Divine Liturgie) ; les icônes ; et la vie et les écrits des saints de tous les temps. Bien sûr, toutes ces sources n'ont pas la même valeur et un certain discernement est nécessaire ; c'est sous l'inspiration de l'Esprit Saint que la vérité de la Révélation est assurée dans l'Église. La tradition est donc vivante et elle se manifeste continuellement sous différentes formes, par exemple par les vies de personnes habitées de l'Esprit Saint, les "théophores", même de nos jours.
Ceci dit, une " catéchèse " dun écrivain orthodoxe que je connais sur internet est une traduction dune catéchèse de lévêque serbe Nicolas Vélimirovich (récemment canonisé par lÉglise orthodoxe serbe), sous le titre : LA FOI DES SAINTS. Il sagit dune présentation schématique suivant le modèle bien connu de question-réponse. Mais son catéchisme doit être vu à la lumière des autres sources de la foi et peut savérer être plus ou moins utile de nos jours. Je ne lai pas lu attentivement, mais il me paraît être plus catégorique sur certaines questions que lon trouve habituellement dans la tradition orthodoxe. On peut comparer, par exemple, son commentaire sur le Symbole de foi de Nicée-Constantinople avec celui de Vladimir Lossky et lArchimandrite (maintenant évêque) Pierre lHuilier dans le Bulletin " Lumière du Thabor ", nos. 9-13 (à compléter, section " Archive du Bulletin " aux Pages Orthodoxes La Transfiguration ), du père Lev Gillet (Pages Orthodoxes La Transfiguration, section " La foi orthodoxe ") ou encore celui du père André Borrely (à ladresse http://www.orthodoxa.org/FR/orthodoxie/theologie/credo1.htm).
Vous trouverez la Catéchèse de saint Nicolas Vélimirovich sur le site " VCO ", dans le Bulletin " Orthodoxie ", à partir du numéro 100 , à ladresse : http://perso.club-internet.fr/orthodoxie/bul.htm . Il y a aussi sur ce site des textes qui sadressent aux enfants plutôt quaux adultes.
Il y a aussi plusieurs excellents livres de " Catéchèse orthodoxe ", notamment par exemple la collection qui porte ce nom publiée aux Éditions du Cerf. Plus récent, il y a le livre de lévêque Hilarion Alfeyev, Le mystère de la foi : Introduction à la théologie dogmatique orthodoxe (Cerf, 2001), une excellente exposée des principaux éléments de la foi orthodoxe.
De fait, le chant joue un rôle très important dans le liturgie de lÉglise orthodoxe, en particulier la célébration de la Divine Liturgie, qui se déroule en dialogue continue entre le prêtre et la chorale , qui représente le peuple. Si vous avez la possibilité découter lémission " Regards orthodoxes " (Radio Ville-Marie, Montréal 91,3 fm à 15h00 les dimanches), vous entendrez plus chants liturgiques, en français et en dautres langues à chaque émission.
Il y a une vingtaine de paroisses orthodoxes à Montréal, où lon peut assister à la célébration de la Divine Liturgie dans différentes langues : slavon, grec, roumain, arabe, ukrainien, anglais et français. Mais la paroisse francophone, Saint-Benoît-de-Nursie, est très petite et le chant nest pas très perfectionné. Une des meilleurs chorales orthodoxes à Montréal est celle de lÉglise SS " Pierre et Paul (rue Champlain, coin de René-Lévesque). On y célèbre la Vigiles chaque samedi soir de 18h00 à 20h00 environ et la Divine Liturgie chaque dimanche de 10h00 à 12h00 environ. La chorale est vraiment excellente.
Il y a plusieurs enregistrements de chants liturgiques orthodoxes en français ; je vous envoie ici-bas un résumé, avec une indication des prix pour ceux que je vends moi-même. Écrivez-vous de nouveau si ceux-ci vous intéresse.
Pour le chant liturgique, je vous suggère deffectuer une recherche auprès des moteurs de recherche suivants :
http://www.mylinea.com/vco/ - Moteur français contenant beaucoup de sites orthodoxes en anglais. Regardez dans la rubrique " Chant ".
http://www.theologic.com/links.html - Moteur anglais le plus complet pour lOrthodoxie. Regardez dans la rubrique " Music ".
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En ce qui concerne la musique (" country " ou autre) pour accompagner la Divine liturgie, la tradition orthodoxe préconise avant tout une grande solennité dans la musique liturgique : le chant doit supporter la prière, sans devenir une distraction. Seule la voix humaine est permise dans la chant liturgique, aucun instrument. Certaines compositions liturgiques par des grands compositeurs, surtout russes, sont dune grande beauté, mais ont leur place dans les salles de concert plutôt que dans les églises. Cela dit, lidée même dun " comité de liturgie paroissial " ne correspond pas à la tradition orthodoxe : on na pas à " inventer " la liturgie, mais à bien la célébrer, dans la limite des ressources disponibles. Le chant y est très important et varie selon les traditions nationales des paroisses. Pour avoir une idée de la gamme de ces traditions musicales à Montréal, le CD : " Nous te chantons " présente les chants de sept paroisses ou regroupements de chantres de Montréal :
Nous te chantons : Chorales orthodoxes de Montréal. Ce CD, fait par nos soins, compte 78 minutes de chants liturgiques représentatifs des traditions musicales, des communautés et des langues liturgiques utilisées par les paroisses orthodoxes de Montréal : chants en grec, slavon, roumain, ukrainien, anglais et français. Un CD unique qui témoigne de la Tradition vivante de lOrthodoxie dans le " Nouveau Monde ". Production Éditions Orthodoxes La Transfiguration. 22,00$. Prix avec livraison (Canada) : 24,00$
Le chapelet orthodoxe, appelé " tchotki " par les slaves et " komvoskhinion " (" cordon à nuds ") par les grecs, est formé de nuds en laine. Son utilisation principal est pour la récitation de la Prière de Jésus, soit seul (plus typique) ou parfois en communauté. Le chapelet le plus répandu a cent nuds, mais il en existe aussi à 33 nuds, formant une sorte de bracelet, et à 300 nuds, plus typiquement monastique. Celui de cent nuds peut être divisé en groupes de 50, 25 ou même 10 nuds, utilisant des perles (souvent de plastique !) pour séparer les groupes.
Ni le chapelet ni même de décompte du nombre de prières ne sont nécessaires à la pratique de la Prière de Jésus, mais le chapelet aide à la concentration. Pour plus de renseignements sur la Prière de Jésus, je vous réfère la section sur la Prière de Jésus aux Pages Orthodoxes La Transfiguration.
La situation canonique de lÉglise orthodoxe en Chine nest pas très claire : elle est réclamée par le Patriarcat cuménique et par lÉglise de Russie. Quoiquil en soit, il y a peut-être un prêtre orthodoxe en Chine, mais il ne semble pas avoir de paroisse ou de mission fonctionnelle en Chine actuellement, sauf bien sûr à Hong Kong, siège de la très active (en sud-est de lAsie) Orthodox Metropolitanate of Hong Kong and South East Asia :
http://www.cs.ust.hk/faculty/dimitris/metro/hkmetropolis.htmlVoici quelques références sur lhistoire de lOrthodoxie en Chine :
Orthodox Church: Autonomous Churches Orthodox Church of China :
http://www.cnewa.org/ecc-china.htmOrthodoxy in China by Avgerinos : http://www.cs.ust.hk/faculty/dimitris/metro/orth_china.html
The Orthodox Church of China :
http://philtar.ucsm.ac.uk/encyclopedia/christ/east/occhi.htmlOn trouve des références assez courantes (dont une du 9 septembre 2004) sur deux sites, une en Russie, lautre en Chine même :
ORTHODOXY IN CHINA : http://www.chinese.orthodoxy.ru (dessin unique de la Dernière Cène : le Christ et les apôtres figurés comme des chinois).
Page daccueil en anglais : http://www.chinese.orthodoxy.ru/english/chinaE.htm
On y trouve un article intéressant par le prêtre Dionisy Pozdniaev - THE ORTHODOX CHURCH IN CHINA ITS PROBLEMS AND PROSPECT
http://www.chinese.orthodoxy.ru/english/problems.htmlIl écrit notamment :
More than 250 orthodox ?????????? (descendants of the Russian refugees) lived in Peking and its vicinities. Farther Alexander De feeds them spiritually. They repeatedly addressed to local authorities asking to register the community and permit to worship. However, the authorities gave negative answer. Farther Alexander De was rewarded by Patriarch ALEXY II with the church order of St. Innocent, II degree. The representative of the ROC has handed the high church reward to him during their visit on October 25, 1998.
Il y aussi deux adresses de courriel : Write to address china@orthodoxy.ru
Web-master dip@mrezha.ruLautre site a une adresse " cn ", qui indique la Chine. Cest possiblement à Hong Kong :
http://www.orthodox.cn/ Courriel : infochina@orthodox.cn
Le prêtre russe Dionisy Pozdniaev semble être le plus actif en ce qui concerne la Chine, tel que suggéré par cet extrait dun article :
The head of the Hong Kong Orthodox parish of the Apostles Peter and Paul Fr Dionisy Pozdnyayev, who works with Chinese Orthodox believers under the auspices of the Moscow Patriarchate, told Forum 18 of his overall optimism regarding the future of Orthodoxy in China. "It is possible to find a common language with the Chinese authorities," he told Forum 18 from Hong Kong on 6 September. "The main thing is not to break the laws of the country and to make requests directly to the republic's authorities."
He admitted that there is just one Orthodox priest and one deacon in China at present, but believed it is possible to resolve this issue. "If a request is made, the Chinese authorities will very likely give permission for Chinese citizens to study in Russia's Orthodox seminaries. Fifteen Chinese citizens are already studying in Russian seminaries," Fr Pozdnyayev declared. "The main thing is not to demonstrate independence and to respect Chinese law."
China's national authorities have so far prevented the Chinese Autonomous Orthodox Church destroyed in the Cultural Revolution of 1966-76 from reviving. Beijing's last surviving Orthodox priest died last December, while the city authorities have repeatedly denied requests to allow a parish to be reopened in the city (see F18News 18 December 2003 http://www.forum18.org/Archive.php?article_id=216 ).
Voir aussi : 28 June, 2004 CHINA The Russian Orthodox Church Seeks Beijings Official Recognition : http://www.asianews.it/view.php?l=en&art=1052
Bien que le père Dionisy Pozdniaev semble être situé à Hong Kong, il paraît appartenir au Patriarcat de Moscou.
En conclusion, je vous suggère décrire (en anglais) aux deux adresses de courrier électronique : china@orthodoxy.ru et infochina@orthodox.cn (cest possible que le père Dionisy Pozdniaev est derrière les deux sites !). Vous pouvez expliquer votre situation et demander sil y a une " présence " orthodoxe à Pékin ce qui ne semble pas être le cas, daprès ce que jai trouvé. Est-ce quil un prêtre assigné à lAmbassade de Russie à Pékin ? Je pense quil y aurait mention quelque part.
CITATIONS DES PAGES ORTHODOXES
Sil sagit de simples citations dinformations ou de courts extraits dinformations sur le site, il nest pas nécessaire de demander une autorisation spéciale, mais une référence à la source suffit. Pour reproduire de longs extraits ou une page complète sur un autre site ou pour le publier, prière de communiquer avec nous. Notez que les droits de beaucoup des textes figurant sur le site nappartiennent pas aux Pages Orthodoxes ; les ayants-droits sont normalement indiqués à la fin des textes.
Je crois que vous vous référez aux " Commun des jours de semaine ", où sont commémorés :
Lundi les anges
Mardi le Précurseur
Mercredi La Croix et la Mère de Dieu
Jeudi Les Apôtres et Saint Nicolas
Vendredi La Croix
Samedi Les saints et les défuntsPour les textes de chaque jours, ainsi que le commun des dimanches, le commun des fêtes et des saints, ainsi les rubriques et les prières et les épîtres de tous les jours, on peut consulter le livre liturgique l" Apôtre " (P. Denis Guillaume, Diaconie Apostolique, 1994, distribution Abbaye de Chevetogne).
COMMUNION VOIR AUSSI EUCHARISTIE
Merci pour votre question. La règle générale pour la communion dans lÉglise orthodoxe est que seuls les orthodoxes ayant observés les dispositions canoniques (par exemple, le jeûne eucharistique) peuvent communier. Les pratiques varient beaucoup dune juridiction à une autre en ce qui concerne la confession avant la communion, la fréquence de la communion, la participation aux vêpres ou aux vigiles avant la communion etc. . Souvent un prêtre qui ne connaît pas une personne qui sapproche pour la communion lui demandera si elle est orthodoxe et si elle a accompli les préparatifs à la communion. Par contre toutes les personnes, orthodoxes et non-orthodoxes, ayant assistées à la liturgie sont invitées à prendre un morceau de pain béni (mais pas consacré), lantidore, après avoir embrassé la croix du prêtre à la fin de la liturgie.
Cest une grande déception et une grande souffrance, que nous, orthodoxes et catholiques, qui sont si proche en matière de foi, ne peuvent pas communier ensemble. Cest une souffrance et un des prix que nous payons pour la faiblesse humaine à lintérieur même de lÉglise la séparation de lÉglise orthodoxe et de lÉglise catholique depuis un millénaire. Dans la perspective de lÉglise orthodoxe, ceux qui communient ensemble à la même coupe partagent la même foi et cest justement cette communion ensemble qui forment la communauté chrétienne locale, lÉglise locale, si vous voulez. Le rétablissement de lintercommunion sera donc le résultat et le signe du rétablissement dune vraie unité entre les Églises.
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Je me réjouis dapprendre que vous avez eu une connaissance directe de lOrthodoxie pendant votre séjour en Syrie. Le fait que vous, étant catholique, avez pu communier là-bas, ne change pas la règle général de lÉglise orthodoxe que seuls les orthodoxes peuvent communier à une Liturgie orthodoxe. Dans lOrthodoxie, il y toujours des " exceptions ", des dérogations à une règle générale (quon dit être faites " par économie "), décisions prises en fonction des circonstances particulières. Ces exceptions ou dérogations faites par économie ne changent pas pour autant la règle générale, mais sont faites en vue du bien des personnes concernées, le but de lÉglise étant de fournir les moyens de salut aux fidèles et non pas de mettre des barrières indues.
Je ne peux que spéculer pourquoi on vous a permis de communier en Syrie. Voici quelques raisons possibles : peut-être que vous naviez pas accès facilement ou du tout à des offices et la messe de lÉglise catholique ce qui constitue, à linverse, pour un orthodoxe, une motivation suffisante de demander la permission de communier à la messe catholique (ce qui aussi nest pas normalement permis). Ou peut-être cétait dans un souci local doecuménisime, surtout que vous étiez une étrangère, alors que peut-être on naurait pas accorder la permission de communier à un indigène non orthodoxe. Aussi, au Liban et en Syrie, il y a de nos jours un rapprochement important des Églises orthodoxe et catholique, qui sont de loin en avance sur les autres branches de leurs Églises respectives. Une décision de cette nature doit normalement être prise par lévêque responsable, à qui incombe la direction pastorale des membres de lÉglise locale.
Alors il ne faut pas sattendre que ce qui était permis en Syrie le soit nécessairement à Montréal. Comme vous le savez, la communion dans lÉglise orthodoxe est toujours nominale, le prêtre dit le nom de la personne et sil ne connaît pas une personne qui se présente pour la communion, il doit non seulement demander son nom, mais sassurer que la personne est orthodoxe.
Oui, cest une grande déception et une grande souffrance, que nous, catholiques et orthodoxes, qui sont quand même si proche en matière de foi, ne peuvent pas communier ensemble. Cest un des prix que nous payons pour la faiblesse humaine à lintérieur même de lÉglise. Comme je vous ai dit, pour moi lintercommunion sera le résultat et le signe du rétablissement dune vraie unité entre nos Églises.
Il est vrai que lÉglise catholique admet les orthodoxes la communion. Mais il sagit dune décision prise sans consultation avec lÉglise orthodoxe et qui ne change pas la règle générale pour les orthodoxes, quils doivent communier seulement dans une Église orthodoxe mais, comme jai dit, il peut toujours avoir des exceptions, pour cause d " économie ".
LOrient et lOccident nont pas la même vision sur lévénement qui constitue le " huitième concile cuménique : pour lÉglise orthodoxe, il sagit du Concile de Constantinople de 879 ; pour lÉglise catholique, du Concile de Constantinople de 869-70. Tout dépend de linterprétation du soi-disant " schisme de Photius ". Voici le résumé de Mgr Kallistos Ware dune situation fort complexe :
" En 869, un nouveau concile, connu sous le nom de concile anti-photien, fut tenu à Constantinople. Il condamna et anathémisa Photius, réaffirmant les décisions de 867 [déposition de Photius comme Patriarche de Constantinople et nomination dIgnace à sa place]. Ce concile, reconnu plus tard en Occident comme VIIIe Concile cuménique, souvrit en présence de douze évêques seulement ; par la suite cependant, certaines séances en comptèrent jusquà 103. [ ] À Constantinople, Ignace et Photius se réconcilièrent et, à la mort dIgnace, en 877, Photius lui succéda de nouveau au siège patriarcal. En 879, un autre concile se tint à Constantinople, réunissant 383 évêques Le concile de 869 fut anathématisé ; toutes les condamnations contre Photius furent annulées et ces décisions furent acceptées par Rome sans protestation ". LOrthodoxie, LÉglise des sept Conciles, Cerf/Le sel de la terre, 2002, p. 77.
Mgr Kallistos ne mentionne pas que le concile de 879 avait réaffirmé le Symbole de Nicée-Constantinople sans altération, indirectement condamnant le Filioque. Cest sans doute pour cette raison que le concile a été répudié par Rome. Pour une raison que jignore, pas tous les Orthodoxes acceptent le concile de 879 comme " VIIIe " Concile cuménique comme latteste le titre de la version française du livre de Mgr Kallistos Ware (le titre de loriginal anglais est simplement : The Orthodox Church).
Je crois que le texte suivant résume bien la situation :
Eighth Ecumenical Council From OrthodoxWiki
http://www.orthodoxwiki.org/Eighth_Ecumenical_Council
The Eighth Ecumenical Council was a reunion council held at Constantinople in 879-880. This council was originally accepted and fully endorsed by the papacy in Rome (whose legates were present at the behest of Pope John VIII), but later repudiated by Rome in the 11th century, retroactively regarding the robber council of 869-870 to be ecumenical. The council of 879-880 affirmed the restoration of St. Photius the Great to his see and anathematized any who altered the Nicene-Constantinopolitan Creed, thus condemning the Filioque.
[edit]Ecumenical?
This council is not regarded as ecumenical by all Orthodox Christians, but some major voices in the Orthodox world do so, including 20th century theologians Fr. John S. Romanides and Fr. George Metallinos (both of whom refer repeatedly to the "Eighth and Ninth Ecumenical Councils"), Fr. George Dragas, Metropolitan Hierotheos (Vlachos) of Nafpaktos.
Further, the Encyclical of the Eastern Patriarchs [1848] refers explicitly to the "Eighth Ecumenical Council" regarding the synod of 879-880 and was signed by the patriarchs of Constantinople, Jerusalem, Antioch, and Alexandria as well as the Holy Synods of the first three.
Those who regard these councils as ecumenical often characterize the limitation of Ecumenical Councils to only seven to be the result of Jesuit influence in Russia, part of the so-called "Western Captivity of Orthodoxy."
Pour plus dinformations, je vous réfère à larticle suivant: Fr. George Dion. Dragas, "The Eighth Ecumenical Council: Constantinople IV (879/880) and the Condemnation of the Filioque Addition and Doctrine", Greek Orthodox Theological Review, Vol. 44, Nos. 1-4, 1999, en ligne à : http://www.geocities.com/trvalentine/orthodox/dragas_eighth.html. Père Dragas est bien respecté parmi les historiens orthodoxes contemporains.
Sur le même site, un point de vue plus "conservateur" de la situation : http://www.geocities.com/trvalentine/orthodox/8-9synods.html
Malheureusement je ne suis pas en mesure de vous envoyer une Concordance, mais il existe un logiciel biblique disponible gratuitement sur internet qui contient une Concordance. Il sagit du " BibleOnLine " et vous pouvez télécharger la version française, avec la traduction de la Bible de Louis Segond, à partir de ladresse suivante : http://www.geocities.com/Athens/Delphi/5909/index.htm. Jespère que vous pourriez le télécharger et vous en servir. Dans mon expérience, cest un outil très puissant et utile pour trouvez des références bibliques.
La confession est à la fois lacte de reconnaître son état de pécheur, davouer ses fautes avec contrition et de se remettre sur la voie de la conversion, et aussi de " confesser " le Seigneur qui est bon, de reconnaître sa miséricorde infinie. Par la confession, les péchés commis après le baptême sont pardonnés et le pécheur est réconcilié avec lÉglise.
Dans la pratique orthodoxe, il ny a pas de " confessionnal ", mais le prêtre et le pénitent restent debout, souvent devant une table ou un lutrin sur lequel sont placées une croix et lÉvangéliaire. Après avoir reconnu ses péchés, le pénitent sagenouille ou sincline la tête et le prêtre place létole sur sa tête pendant quil prononce la formule de labsolution, faisant le signe de croix sur la tête du pénitent à la fin. Limposition dune pénitence nest pas obligatoire, mais il arrive que le prêtre propose des conseils spirituels aux fidèles.
Labsolution est toujours individuelle et personnelle ; il ny a pas, au moins à ma connaissance, d " absolution collective ". Il peut avoir une préparation collective à la confession cest ce qui se fait, par exemple, une fois par mois, le samedi soir aux vêpres, à la paroisse orthodoxe Signe de la Théotokos à Montréal, mais labsolution est individuelle.
Vous trouverez le rituel du sacrement de la pénitence à la section " Liturgie " des Pages Orthodoxes La Transfiguration .
CONFESSION TEXTES LITURGIQUES EN ANGLAIS
Vous trouverez les textes liturgiques en anglais ici :
http://www.biserica.org/Publicatii/ServiceBook/ (anglais moderne)
http://www.geocities.com/athens/rhodes/5168/sjcli.html (anglais " élisabéthain ")
Confession : http://www.orthodox.net/confess/index.html et http://www.fatheralexander.org/booklets/english/penance.htm (texte de loffice).
CONFESSION FORMULES DU PÉNITENT
Loffice complet de la confession dans lÉglise orthodoxe prévoit deux " formules " récitées par le pénitent avant la confession des péchés : " Jai péché, Seigneur, pardonne-moi ; mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis." Et puis après une prière du prêtre : " Père, Seigneur du ciel et de la terre, je te confesse tous les secrets de mon âme et de mon cur et toutes les fautes visibles que jai commises jusquà présent. Et je ten demande pardon, à toi le Juge juste et miséricordieux, ainsi que la grâce de ne plus pécher ". En pratique, loffice complet nest pas suivi souvent, mais on utilise plutôt loffice abrégé qui ne prévoit pas de formule de la part du pénitent, seulement la confession des péchés. Plus important quune formule est la préparation du pénitent pour la confession : lexamen de conscience, la récitation privée du Psaume 50 (51)
Dès le début de lÉglise, il y a eu des conflits entre ceux qui la dirigent. Le plus souvent ces conflits sont occasionnés par la faiblesse humaine : nous sommes tous des pécheurs, dans un état dexil et de chute par rapport au Paradis, lunion de lhomme avec Dieu, et cette faiblesse touche même linstitution que Dieu, par le Christ et lEsprit Saint, nous a confiée comme instrument de notre salut. On ne peut pas éviter dêtre conscient des conflits dans lÉglise, mais en même temps il est important, je crois, dêtre constamment conscient que lÉglise est plus que tel ou tel fidèle, prêtre ou évêque en conflit avec ses frères, que cest le Christ lui-même qui est la tête de lÉglise, et que lÉglise ne connaître sa perfection que dans le royaume de Dieu. Dans la mesure du possible, il me semble que le fidèle doit éviter de prendre part aux conflits, de ne pas " entrer en jugement " de lun ou lautre partie des conflits, mais plutôt de rester dans la prière sincère et ardente pour les antagonistes qui peuvent être les deux aussi sincères lun de lautre dans la recherche de Dieu et de la Vérité, sans se rendre compte de leurs propres faiblesses humaines.
CANONS ANGE GARDIEN ET PÉNITENTIEL
Merci de votre courriel concernant les canons à l'ange gardien et le " canon pénitentiel ".
Je ne suis pas certain si le premier a été édité en français, mais il existe une traduction de l'Acathiste à l'ange gardien, d'origine slave également :
Hymne Acathiste au Saint Ange Gardien, © Editions Bénédictines, Rue Emile Guinnepain, 36170 Saint-Benoît-du-Sault (France). (Voir des extraits ici-bas).
J'ai trouvé une traduction du Canon à l'ange guardian en anglais: http://pages.prodigy.net/frjohnwhiteford/angel.htm.
Pour ce qui est du " canon pénitentiel ", on appelle " canon pénitentiel " le Grand canon de saint André de Crète, mais j'imagine que ce n'est pas le Grand canon que vous cherchez. Il y a cependant un autre canon attribué à saint André de Crète et connu un Russie sous le nom de " Pokajanen ", qui a été mis en musique par Arvo Pärt. Je vous envoie ci-joint la traduction française de ce canon - est-ce bien celui-là ? L'enregistrement de cette composition est disponible sur le marché, si jamais cela vous intéresse.
Dans la tradition orthodoxe, la conversion, de même que la nouvelle naissance, le baptême deau et desprit, sont à la fois des événements uniques dans notre vie et un processus de devenir qui dure toute la vie. Selon les Pères, lhomme est créé " à limage " de Dieu et son devoir pendant sa vie est dacquérir la " ressemblance ", ce qui nécessite une collaboration entre Dieu et lhomme, caractérisé par le mot " synergie ". Nous croyons que nous ne devons dire " je suis sauvé " ou " il est sauvé ", car la grâce divine, linhabitation de lEsprit Saint en nous, est précaire ; nous sommes fragiles et pouvons, hélas, par trop facilement, perdre la grâce de notre initiation chrétienne. Donc la conversion doit être un attitude permanent de chaque chrétien. Personnellement, jaime beaucoup lattitude des Pères du désert (moines et moniales des 4e et 5e siècles) à ce sujet. Voici quelques " apophtegmes " qui montrent bien cette disposition de lâme vers la conversion permanente :
Une frère qui avait commis un péché fut chassé de léglise par le prêtre. Alors abba Bessarion se leva et sortit avec lui en disant : " Moi aussi, je suis un pécheur. "
On disait dabba Sisoès que, lorsquil fur près de mourir, les Pères étant assis auprès de lui, son visage brilla comme le soleil. Et il leur dit : " Voici quabba Antoine vient. " Et après un petit moment il dit : " Voici que le choeur des prophètes vient. " Et de nouveau son visage brilla avec plus déclat et il dit : " Voici que le choeur des apôtres vient. " Et son visage redoubla encore déclat et voici quil paraissait parler avec quelques interlocuteurs. Et les anciens lui demandèrent : " Avec qui parles-tu, Père ? " Il dit : " Voici que les anges viennent me prendre, et je supplie quon me laisse faire un peu pénitence. " Les anciens lui dirent : " Tu na pas besoin de faire pénitence, Père. " Mais il leur dit : " En vérité, je nai pas conscience davoir commencé. " Et tous reconnurent quil était parfait. Et à nouveau son visage redevint subitement comme le soleil, et tous furent saisis de crainte.
Abba Poemen a dit encore : Il y a une voix qui crie à lhomme jusquà son dernier souffle : " Aujourdhui, convertie-toi. "
Un frère dit à abba Théodore : " Dis-moi une sentence, car je suis perdu. " Avec effort lancien lui dit : " Je suis moi-même en péril, que pourrais-je te dire ? "
Pour mieux comprendre la conversion dans la spiritualité orthodoxe, vous pouvez consultez les " Pages Métanoïa " aux Pages Orthodoxes métanoïa étant justement le mot grec qui veut dire " retournement, conversion ". Il y des textes bibliques et liturgiques, ainsi que des écrits patristiques et modernes.
Pour lÉglise orthodoxe, le Grand Carême est la période liturgique où se manifeste spécialement la nécessité de conversion et de pénitence et il y plusieurs textes sur le Carême (le Grand Canon de Saint André, le jeûne, la Liturgie des Présanctifiés etc.). La meilleure façon dentrer dans lexpérience de lÉglise orthodoxe est dassister aux offices du Carême, dont certains sont de nature " pénitentiel " - notamment le Grand Canon de Saint André et la Liturgie des Présanctifiés. Le texte complet du Grand Canon figure aux Pages Orthodoxes, ainsi quun excellent commentaire sur la Liturgie des Présanctifiés. Le Grand Canon est habituellement célébré dans les paroisses la première semaine du Carême et la Liturgie des Présanctifiés les mercredis ou les vendredis en soirée pendant le Carême.
En fait, beaucoup dentre nous passent par des périodes de " perte de grâce ", souvent à cause de notre aveuglement spirituel, par manque dexpérience, comme vous dites, mais aussi par choix de valeurs mondaines plutôt que spirituelles. La vie spirituelle est une longue lutte contre les forces, en nous et à lextérieur, qui cherchent à nous faire descendre et à rester dans les ténèbres, alors que notre cur souhaite au plus profond de lui-même de chercher Dieu, de vivre selon la volonté divine et ainsi accomplir notre destin sur terre. Il est par trop facile de ségarer du bon chemin, et cest déjà une grande grâce que de reconnaître que nous nous sommes égarés et que cest le temps de revenir vers Dieu pensons au parabole du fils prodigue. Le Seigneur nous attend à bras ouverts, il envoie ses serviteurs à notre rencontre avec des présents, il cherche lui-même à nous faire reconnaître le bon chemin qui mène à lui. Ce qui est important nest pas le fait que nous nous sommes égarés, mais de reconnaître, daccepter et de répondre aux appels du Seigneur.
Bien que les couleurs des vêtements liturgiques ont une signification dans lÉglise orthodoxe, il y a peu de " règles " fixes en ce domaine cest ainsi que les prêtres co-célébrant une liturgie peuvent porter des couleurs différents. Typiquement, le blanc (ou encore le doré) est indiqué pour Pâques et le temps pascale, le bleu pour les fêtes de la Mère de Dieu, le noir ou le rouge sombre pour le Grand Carême et le vert pour la Pentecôte. À dautres occasions, lusage varie beaucoup. Voici ce quen écrit le père Denis Guillaume dans le " Spoutnik " :
" Couleurs liturgiques : L'Église orthodoxe n'impose aucune règle pour la couleur des ornements selon le temps de l'année liturgique. Il y a seulement, au niveau des Eglises locales, quelques usages communs: ainsi le rouge sombre et le noir sont utilisés pour les Présanctifiés et pour certains offices du Carême et de la Semaine Sainte. Les couleurs claires ou brillantes (blanc, or, turquoise, vert, azur, vermillon) accompagnent les autres circonstances. En Russie, au temps de Pierre le Grand, le noir fut de règle pour les funérailles, sous l'influence occidentale, et l'usage en subsista jusqu'à la Révolution de 1917, pour les enterrements et pannychides en dehors du temps pascal. L'emploi du blanc ou de l'or pour les funérailles convient mieux pour exprimer notre foi en la vie éternelle et la résurrection. Les Grecs utilisent ces couleurs dès le Vendredi Saint, car la Vie doit jaillir du tombeau. Pour Pâques, les Russes emploient maintenant le rouge, leur " belle couleur ". Pour les fêtes de la Mère de Dieu, ils emploient le bleu. Pour certaines fêtes comme l'Epiphanie et la Pentecôte, ils emploient le vert. Le Samedi Saint, dans les églises russes, il est d'usage pour les officiants de changer d'ornements entre l'épître et l'évangile afin de symboliser, par le passage d'une couleur sombre à une couleur claire ou brillante, le passage du deuil à la joie, à la suite des myrophores recevant l'annonce de la Résurrection ".
Lexpression " crainte de Dieu " revient souvent dans lAncien Testament (très peu dans le Nouveau Testament), chez les Pères, en particulier les Pères ascétiques, et dans certains offices liturgiques. Il est également présent dans linvitation aux fidèles de sapprocher pour recevoir la Sainte Communion à la Divine Liturgie : " Avec crainte de Dieu, foi et amour, approchez ", dit le prêtre en présentant le calice aux portes saintes de liconostase : la crainte de Dieu est tempérée par la foi et lamour. De nos jours, lexpression " crainte de Dieu " peut évoquer une image dun Dieu punisseur, vengeur, quon doit craindre à cause de nos péchés, image typique du christianisme du moyen-âge en Occident, qui tend à réduire Dieu et le christianisme à une moralité autoritaire. Comme vous le dites bien, cette image de Dieu ne semble pas se concorder avec lidée de Dieu comme " amour et tendresse ", que lon retrouve également dans lAncien Testament, par exemple dans le Psaume 102 (103) : " Le Seigneur est miséricordieux et compatissant, longanime et riche en bonté " (v. 8). Cest le Nouveau Testament qui affirme sans équivoque que " Dieu est Amour " (1 Jean 4, 8 et 16) et encore : " Il ny a pas de crainte dans lamour ; au contraire, le parfait amour bannit la crainte, car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint nest pas consommé en amour " (1 Jean 4, 18).
Comment donc comprendre la " crainte de Dieu " dans la vie spirituelle du chrétien ? Personnellement, je pense que plusieurs interprétations sont possibles, qui peuvent être valables à différents moments de la vie spirituelle. Premièrement, dans lesprit de saint Jean dans sa première épître, on peut simplement entendre (et substituer) " amour " à la place de " crainte ". Mais dautres compréhensions sont possibles : la crainte de perdre lamour de Dieu, la crainte de ne pas aimer Dieu comme on doit laimer (" de tout ton cur, de toute ton âme, de toute ta force, de tout ton esprit " (Luc 10,27), de ne pas sêtre repenti suffisamment de ses péchés. Aussi, il y a sentiment mystique qui est à fois la crainte et lémerveillement de lâme devant le mystère insondable de Dieu qui surpasse toute compréhension, un sentiment que lon retrouve reflété dans les récits des expériences des grands mystiques
Je vous envoie aussi une image qui comprend les deux types de croix les plus communs dans lÉglise orthodoxe, la croix " grecque " ou " byzantine " (à lextérieur, avec les extrémités arrondies), et la croix slave (à lintérieur). La forme de la croix grecque rappelle larchitecture des églises de style byzantin, alors que la croix slave évoque plus explicitement le mystère de la Crucifixion. La barre supérieure de la croix slave est celle de linscription, celle du milieu, là où étaient clouées les mains du Seigneur, et celle du bas, toujours inclinée vers la droite du Seigneur, nous rappelle le bon larron, qui sest repenti sur la croix et auquel Jésus a dit quil serait avec lui ce jour-même au paradis (Luc 23, 39-43).
DÉMONS PUISSANCES DES TÉNÉBRES MAGIE VAUDOU
Il ne faut croire que les puissances des ténèbres aient un pouvoir sur vous par les pratiques de la magie vaudou. Les démons nont aucun pouvoir sur ceux qui croient en Jésus Christ et qui linvoquent avec piété et amour. Vous pouvez, chaque fois que vous vous sentez assaillie par ces forces du mal, invoquer notre Seigneur Jésus Christ, par exemple, par une prière simple comme celle-ci :
Seigneur, Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi.
Vous pouvez aussi demander la protection de la Vierge Marie, la Très-Sainte Mère de Dieu, par exemple par une invocation comme celle-ci :
Très-Sainte Mère de Dieu, Vierge toute-pure, intercède pour nous.
Une très grande majorité des orthodoxes actuels de souche " occidentale " sont des " convertis ", des personnes qui faisant partie dune autre Église chrétienne, ou daucune. Beaucoup ont découvert lOrthodoxie pendant une recherche spirituelle personnelle ; attirées en premier lieu par un aspect en particulier de lOrthodoxie, par exemple, la Liturgie, ou les icônes, ou la Prière de Jésus, elles ont approfondi leur rencontre avec la Tradition de lÉglise orthodoxe pour découvrir toute la richesse spirituelle qui sy trouve. Non que lÉglise orthodoxe soit sans défaut, mais quil y a en dépit de certaines faiblesses une profondeur qui rejoint les aspirations spirituelles de beaucoup et certainement de beaucoup de personnes dans le désert spirituel du monde industrialisé occidental.
Il est normal de se sentir attiré la beauté des divers aspects de la Liturgie orthodoxe cest une autre façon dexprimer le " sens du sacré " qui se manifeste par les chants, les icônes, les vêtements liturgiques, les encensements, les bougies, les gestes du clergé et des fidèles. En apparence, les fidèles orthodoxes participent moins " activement " aux liturgies que ceux dautres Églises chrétiennes ; cest un reflet de laspect intériorisant du rituel orthodoxe : on peut participer pleinement sans dire un mot ou chanter une note.
LÉglise orthodoxe reçoit des personnes venant dautres Églises chrétiennes, dautres religions ou sans religion. Les personnes non-baptisées sont reçues par les sacrements de linitiation chrétienne : le baptême (avec les exorcismes), la chrismation (ou confirmation) et leucharistie. La chrismation sert souvent de rituel dadmission dans lÉglise orthodoxe pour ceux qui viennent dautres Églises chrétiennes mais la pratique varie dune juridiction à une autre ; certaines juridictions peuvent, par exemple, suggérer ou permettre un nouveau baptême si la personne le désire. Aussi la pratique normale veut quune personne qui souhaite devenir orthodoxe passe un certain temps comme catéchumène, participant à la vie liturgique de la communauté en tant que candidate et apprenant les éléments importants de la foi et de la vie liturgique et spirituelle orthodoxes. Il ny a pas de règle fixe quant à la durée du catéchuménat ; ceci est déterminé en fonction de la personne, en consultation avec le prêtre qui la suit dans son cheminement.
Ce qui est essentiel est dêtre associé à une communauté orthodoxe, normalement une paroisse. Cest donc la pratique de la communauté et de son chef spirituel qui détermine la procédure pour devenir plein membre de la communauté.
Je recommande vivement de faire son cheminement vers lOrthodoxie dans une Église " canonique ", cest-à-dire une Église en communion avec le Patriarcat cuménique de Constantinople. Vous savez sans doute maintenant quil existe dans lOrthodoxie des Églises ou juridictions qui ne sont pas canoniques, souvent des groupes en rupture avec lÉglise nationale principale. En France, il existe des paroisses dexpression française dans plusieurs juridictions canoniques, par exemple celles de Constantinople, de Roumanie et de Moscou.
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Je ne suis pas certain de votre statut en ce qui concerne lÉglise orthodoxe ; normalement un des époux doit être orthodoxe pour être marié dans lÉglise orthodoxe. En tout cas, père X a bien voulu célébrer votre mariage : vous pouvez lui demander de recevoir votre confession également (souvent cela se fait avant le mariage). Dans lÉglise orthodoxe, il y a une tradition (pas universelle il faut le reconnaître), selon laquelle une personne qui reçoit un sacrement dans lÉglise orthodoxe peut être considérée orthodoxe. Si vous navez pas été formellement reçue dans lÉglise orthodoxe, vous pouvez demander au père X quest-ce quil en est selon lui.
En ce qui concerne une offrande pour la Divine Liturgie (Messe), la pratique dans l'Église orthodoxe diffère de celle commune dans l'Église catholique : il n'est pas habituel pour les fidèles de demander spécifiquement la célébration d'une Liturgie pour une intention unique, car généralement le célébrant a toujours plusieurs intentions en vue. Les fidèles demandent que leurs intentions soient incluses parmi celles-ci, généralement en utilisant un " diptyque ", feuille(s) ou même petit livret comportant deux colonnes ou parties, l'une pour les vivants, l'autre pour les défunts. Les noms contenus sur le diptyque sont normalement lus par le célébrant à lautel de la Préparation avant le début de la Divine Liturgie (dans la tradition roumaine, pendant la Liturgie même). Dans la tradition slave, le diptyque est souvent accompagné de loffrande par les fidèles d'une " prosphore ", petit pain rond semblable à celui utilisé pour la Communion ; le prêtre en prélève une ou deux petites parcelles qui sont alors ajoutées aux parcelles de pain prévues pour la consécration et la communion. Le reste de la prosphore est alors retournée au fidèle en tant que pain béni (mais non consacré). Voir loffice de la Préparation de la Divine Liturgie ou Proscomédie (http://www.pagesorthodoxes.net/liturgie/chrysostome1.htm ).
Je suis moi-même laïc et jinscris les noms des personnes pour lesquelles on me demande de prier sur mon diptyque personnel, pour une période de quelques semaines.
Merci pour votre question concernant les " disciples dEmmaüs " (Luc 24, 13-35). En premier lieu, dans les apparitions du Christ après sa Résurrection, les disciples ne reconnaissent pas le Seigneur au premier abord, mais seulement sur une parole ou un signe voir lapparition à Marie Madeleine (Jean 20, 11-18) et au bord du lac de Tibériade (Jean 21, 1-13). Tout en restant identique à lui-même, le corps ressuscité du Christ est dans un état nouveau létat glorifié , qui modifie sa forme extérieure et laffranchit des conditions sensibles de ce monde.
On peut voir dans lexplication des disciples de ce qui sest passé à Jérusalem (Luc 24, 19-24), un manque de foi ou de compréhension en ce qui concerne et la Passion du Seigneur et sa Résurrection. Les premiers mots de Jésus sont justement une reproche de leur manque de foi (vv. 25-26). Puis suit lexplication des Écritures. Mais toujours les disciples ne reconnaissent pas le voyageur comme le Christ. Cest seulement aux repas, le partage dans lamour, quils le reconnaissent (v. 31).
Les pères ont vu dans cet événement un symbole de lEucharistie : la liturgie de la parole (explication de lÉcriture), suivi de la liturgie de loffrande (la bénédiction, la fraction du pain et la partage de loffrande). Le Christ se révèle dans la fraction du pain, la communion, mais pas dans la Parole : un avertissement que la connaissance de la Parole, quoique essentielle, ne suffit pas pour atteindre la vraie connaissance du Christ, qui se fait dans lEucharistie, laction de grâces dans lamour, supérieure à la Parole. Dans la Divine Liturgie, le Prêtre annonce et commente lÉcriture, mais il ne se substitue pas au pain eucharistique, qui prend son sens et son efficacité par laction de lEsprit Saint.
La divinisation de lhomme est un thème théologique et spirituel sur lequel se sont penchés les pères tardifs et aussi les théologiens orthodoxes modernes. Vous pouvez poursuivre la recherche de ce thème avec les livres suivants :
La Divinisation de l'homme selon saint Maxime le Confesseur Par Jean-Claude Larchet, Cerf, 1996.
Cette étude approfondie nous ouvre laccès à une compréhension de la pensée de Maxime le Confesseur, qualifié de " docteur de la divinisation ", en même temps quelle nous introduit au cur de la christologie et de la mystique orthodoxes.
Mystères, unification et divinisation de l'homme selon Denys l'aréopagite = Mysteries, Unification and Divinization of Man according to Dionysius the Areopagite par DE ANDIA Y., Orientalia christiana periodica (Orient. christ. period.) ISSN 0030-5375 1997, vol. 63, no2, pp. 273-332.
L'A. présente une synthèse de la spiritualité et de l'anthropologie religieuse développées par Denys l'aréopagite en se fondant sur ses écrits essentiels comme ici les Consécrations sacerdotales. Après avoir examiné les sacrements comme mystères, l'A. se tourne vers la question de l'unification spirituelle et de la divinisation de l'Homme. C'est pour lui l'occasion d'expliciter la notion d'illumination. Il examine enfin - et c'est la partie la plus longue - les sacrements un à un dans la perspective de cette problématique anthropologique.
L'Eucharistie et la divinisation des chrétiens selon les Pères de l'Eglise, par DESEILLE P. ; Etudie surtout Cyrille d'Alexandrie| explicite quelques présupposés théologiques, Messager Orthodoxe Paris, 1981, vol. 87, no1, pp. 40-56.
Le créé et l'incréé : Maxime le confesseur et Thomas d'Aquin - Aux sources de la querelle palamienne (Broché) de Antoine Lévy ,: 560 pages, Librairie Philosophique Vrin (9 mai 2007) Collection : Bibliothèque thomiste
La réception du christianisme byzantin par l'Église catholique présente une sorte d'anomalie. Invoquant l'autorité de Thomas d'Aquin, les théologiens occidentaux rejettent généralement l'idée d'une distinction réelle entre l'essence et les énergies divines, tout comme la notion de grâce incréée, laquelle joue un rôle essentiel dans la vision de Grégoire Palamas (XIVe siècle). D'un autre côté, ces mêmes théologiens ont été nombreux à redécouvrir, durant la période récente, la pensée de Maxime le Confesseur (VIIe siècle), voyant en celui-ci un génial précurseur de Thomas d'Aquin. Or que resterait-il de la doctrine de Grégoire Palamas sans le patronage de Maxime le Confesseur? Comment méconnaître l'un et reconnaître l'autre au nom du même Thomas d'Aquin? Ce qui vient ici au jour à travers l'étude des contextes et des enjeux doctrinaux, c'est la coexistence, jusqu'alors insoupçonnée, de deux représentations distinctes du rapport entre le créé et l'incréé. L'Occident latin et l'Orient byzantin n'en finissent pas de comprendre différemment cette foi qui leur est pourtant indiscutablement commune.
Pour être marié dans lÉglise orthodoxe, il faut quau moins un des partenaires soit orthodoxe. Un catholique divorcé ayant rejoint l' Église orthodoxe peut se marier dans lÉglise orthodoxe. Pour beaucoup de prêtes orthodoxes, un tel mariage serait considéré un premier mariage, pas un second, car on fait une distinction entre un mariage valide et un mariage sacramentel : un mariage civil ou un mariage religieux dans une Église ou confession non-orthodoxe serait vu comme valide mais non sacramentel ; seul un mariage dans lÉglise orthodoxe est considéré sacramentel. Cette distinction ne serait pas nécessairement acceptée par tous les prêtres orthodoxes.
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LÉglise orthodoxe accepte le fait de léchec dun mariage et permet aux fidèles ayant divorcés de se remarier à lÉglise, cependant avec un rituel quelque peu différent de celui dun premier mariage. Ce rituel souligne surtout la nécessité du repentir dailleurs toujours un élément essentiel de la vie spirituelle de tout chrétien plutôt que la joie du mariage, tel que représentée par les couples bénies de lAncien Testament en particulier.
Cest cette reconnaissance de léchec dun mariage et le souhait dassurer que le couple qui se divorce ait néanmoins accès aux moyens de sanctification dans le cadre de lÉglise, que lon appelle " léconomie " de lÉglise dans ce cas. Car la pastorale de lÉglise orthodoxe est dominée plus par la miséricorde, à lexemple de la miséricorde divine, que par un souci de légalisme favorisant le mariage unique, qui demeure bien sûr lidéal. Cest dans cet esprit quil nest pas permis aux prêtres de se remarier, en cas de divorce et même du décès de leur femme.
Voici un extrait sur le divorce de lEncyclique de lÉglise orthodoxe en Amérique sur le mariage (le texte complet de cet encyclique se trouve à la page http://www.pagesorthodoxes.net/mariage/mariage-encyclique.htm ) :
VI. DIVORCE ET REMARIAGE
A. Le Seigneur lui-même condamna expressément le divorce : " Je vous le dis : si quelquun répudie sa femme sauf en cas dunion illégale et en épouse une autre, il est adultère " (Matthieu 19, 9).
LÉglise et ses pasteurs doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour conseiller ses membres contre le divorce. LÉglise ne permet pas plus le divorce que le péché ; elle ne saurait permettre ce que le Seigneur a expressément condamné.
LÉglise peut montrer sa miséricorde et, le fait ; elle accorde son pardon et sympathise avec les couples qui doivent envisager la grave alternative du divorce afin de sauver leurs vies des tragiques circonstances dun mariage brisé. Dans de telles situations douloureuses, lÉglise offre le choix du repentir et du pardon avec la possibilité dun nouveau commencement, tout en laissant au Seigneur le soin dun jugement final. En de tels cas, les pasteurs doivent tendre à limiter les dommages causés à la vie spirituelle du couple et de leurs enfants.
B. La permission de se remarier selon loffice du second mariage peut éventuellement être accordée aux personnes divorcées.
Quand des personnes ayant obtenu un divorce civil demandent une clarification de leur statut dans lÉglise, le prêtre doit écrire un rapport de toute la question à lévêque diocésain du lieu. Il doit rédiger clairement son analyse de la situation et avancer des suggestions précises daction par lévêque. Dans son analyse, il doit non seulement tenir compte du statut formel des personnes impliquées, mais encore de leur condition spirituelle complète. La décision hiérarchique pouvant retenir, rejeter ou modifier les recommandations du pasteur, donnera les raisons qui la motivent. Une période de pénitence peut être imposée à lun comme aux deux partis dun mariage qui sest terminé en un divorce.
Vous trouverez dautres textes sur le mariage et la vie chrétienne dans le monde à partir de cette page : http://www.pagesorthodoxes.net/mariage/mariage-intro.htm
La Dormition de la Mère de Dieu est la même fête que lAssomption dans lÉglise romaine et elle est célébrée le même jour, le 15 août. Lappellation " Dormition " souligne en quelque sorte une attitude un peu différente entre lÉglise dOrient et lÉglise dOccident en ce qui concerne cette fête et la place quoccupe la Mère de Dieu dans la prière des Églises et la piété des fidèles.
Bien quil ny a aucun fondement biblique concernant lassomption de la Mère de Dieu au ciel, la mémoire de lÉglise a toujours accepté que le corps de la Sainte Vierge a été glorifié immédiatement après sa mort ou " dormition " et enlevé au ciel ; elle est au-delà de la mort et du jugement et vit déjà dans le siècle à venir. La Dormition de la Mère de Dieu, célébrée le 15 août, la dernière des grandes fêtes de la lannée liturgique, est fêtée par lÉglise orthodoxe comme une seconde Pâque, la résurrection de celle qui est déjà unie au Christ : la Mère de Dieu est licône de la glorification des saints de tous les temps.
LÉglise orthodoxe et les fidèles honorent et vénèrent la Mère de Dieu comme la plus parfaite des créatures de Dieu, " plus vénérable que les Chérubins et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins ", selon les mots de lHymne à la Mère de Dieu. Le titre complet de la Vierge utilisé dans les offices orthodoxes est " notre toute-sainte, immaculée, toute bénie et glorieuse Souveraine, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ", appellation reflétant bien la piété orthodoxe envers celle qui " a enfanté Dieu le Verbe " et qui a donc été linstrument nécessaire à lIncarnation et ainsi à salut de toute lhumanité.
Voici aussi un extrait du livre par Un moine de lÉglise dorient (Père Lev Gillet) : LAn de grâce du Seigneur - un commentaire de lannée liturgique byzantine (Les Éditions du Cerf, 1988) :
La Dormition de Notre-Dame la Très Sainte Mère de Dieu
La troisième des grandes fêtes d'été est la commémoration de la mort de la Bienheureuse Vierge Marie, appelée en langage liturgique la " Dormition " de Notre-Dame [64]. C'est, du point de vue liturgique, la plus importante des fêtes de la Vierge. Elle est précédée par un jeûne de deux semaines, le " Carême de la Mère de Dieu ", analogue à celui qui précède la fête de Saint Pierre et Saint Paul ; ce carême commence le 1er août et dure jusqu'au 14 août inclus. La fête elle-même a lieu le 15 août.
Beaucoup de traits de cette fête sont empruntés à d'autres fêtes de la Vierge. Ainsi l'évangile de matines est celui qui relate la visite de Marie à Élisabeth (Lc 1, 39-56). L'épître (Ph 2, 5-11) et l'évangile (Lc 10, 38-43 11, 27-28) de la liturgie sont ceux que nous lisons le 8 septembre, le jour de la Nativité de Marie ; nous prions nos lecteurs de se reporter à ce que nous avons déjà dit de ces textes [65]. On remarquera que les portions de l'Écriture lues le 15 août ne font aucune allusion à la mort de la Sainte Vierge. C'est dans les chants des vêpres et des matines qu'il faut chercher la signification particulière que l'Église attribue à la fête du 15 août.
Cette signification est double. Elle se trouve exactement exprimée dans cette phrase chantée aux vêpres : " La source de vie est mise au sépulcre et son tombeau devient l'échelle du ciel ". La première partie de la phrase " la source de vie est mise au sépulcre " indique que nous commémorons la mort de la très sainte Vierge. Si nous célébrons pieusement, chaque année, les anniversaires de la mort du Précurseur, des apôtres et des martyrs, à plus forte raison célébrons-nous la mort de la Mère de Dieu, qui est aussi notre mère, et qui dépasse en sainteté et en gloire tous les élus [66]. Mais la fête du 15 août est plus que la commémoraison de la mort de Marie. La deuxième partie de la phrase dit : " et son tombeau devient l'échelle du ciel ". La tombe de quiconque est mort dans le Christ est, d'une certaine manière, une échelle qui conduit au ciel. Cependant le cas de Marie est exceptionnel. Les textes liturgiques que nous chantons impliquent autre chose : " Ouvrez larges vos portes et accueillez la Mère de la lumière intarrissable Car, en ce jour, le ciel ouvre son sein pour la recevoir Les anges chantent ta très sainte Dormition que nous fêtons avec foi Que tout fils de la terre tressaille en esprit et célébre dans la joie la vénérable Assomption de la Mère de Dieu ". On le voit, il ne s'agit pas seulement de la réception de l'âme de Marie dans le ciel. Quoique la fête du 15 août ne porte pas, dans le calendrier liturgique byzantin, le nom de fête de l'Assomption (comme c'est le cas dans l'Église latine), nos textes expriment la croyance en l'assomption corporelle de Marie. Selon cette croyance, le corps de Marie n'a pas connu la corruption qui suit la mort ; il n'est pas resté dans le tombeau ; Marie ressuscitée a été transportée au ciel par les anges (l'Assomption diffère de l'Ascension en ce que le Christ s'est élevé lui-même au ciel).
L'Assomption de Marie est située en dehors et au-dessus de l'histoire. La croyance en l'Assomption ne s'appuie ni sur un récit biblique, ni sur des témoignages historiques scientifiquement recevables [67]. Elle n'a été l'objet d'aucune définition dogmatique. L'Église n'a, jusqu'ici, imposé à aucun fidèle d'affirmer le fait de l'Assomption corporelle de Marie. Mais, si l'affirmation (intérieure ou extérieure) n'est pas exigée par l'Église, on peut dire que la conscience orthodoxe considérerait la négation active de l'Assomption non seulement comme une témérité, mais comme un blasphème. D'ailleurs, comment nier un fait qui n'est susceptible d'aucune vérification historique ? La croyance en l'Assomption ne se fonde pas sur des preuves documentaires. La conscience catholique, éclairée par le Saint-Esprit, s'est peu-à-peu persuadée que, si " le salaire du péché, c'est la mort (Rm 6,23) ", Marie a dû remporter sur la mort une victoire spéciale [69]. Ainsi que Jésus (et toutes proportions gardées), elle a été glorifiée dans son corps. C'est cette glorification de la toute pure et toute sainte Mère de Dieu dans son âme et dans sa chair et non point tel ou tel symbolisme matériel et telles ou telles circonstances historiques qui constitue l'objet de la fête du 15 août.
L'Assomption est la fête, non seulement de Marie, mais de toute la nature humaine. Car, en Marie, la nature humaine a atteint sa fin. Une semaine après le début de l'année liturgique nous célébrons la naissance de la très Sainte Vierge. Deux semaines avant la fin de l'année liturgique, nous célébrons la mort et la glorification de Marie. Ainsi, associé et subordonné au cycle de la vie de Jésus, le cycle de la vie de Marie manifeste le destin et le développement d'une nature humaine entièrement fidèle à Dieu. Avec Marie, c'est le genre humain qui est emporté et reçu au ciel. Marie a des privilèges qui ne peuvent pas être les nôtres. Mais ce parfait épanouissement de la grâce en Marie, que nous admirons le 15 août, nous suggère quelle pourrait être la ligne de développement d'une âme qui s'appliquerait à faire fructifier en elle-même les grands dons reçus au cours de l'année liturgique, le don de Noël, le don de Pâques, le don de la Pentecôte.
NOTES :
[64] Les origines de cette fête sot assez obscures. Elle était, en Palestine, célébrée le 15 août dès avant lan 500. Les Égyptiens la célébraient aussi, mais le 18 janvier. Lobservance du 18 janvier passa dÉgypte en Gaule au IV e siècle. Parmi les Grecs, les uns suivaient lusage palestiniens, les autres lusage égyptien. Au VII e siècle, lempereur byzantin Maurice fixa définitivement la fête au 15 août.
[65] Voir chapitre I du tome I.
[66] Nous ne savons ni quand ni quand ni où Marie mourut. Il existait à cet égard deux traditions dans lantiquité : daprès lune, Marie serait morte à Jérusalem ; daprès lautre, elle serait morte à Éphèse.
[67] Certains écrits attribués à lapôtre Jean, à Meliton de Sardes et à Denys lAréopagite proclament lAssomption de Marie. Mais ces écrits sont apocryphes et datent au plus tôt du Ve siècle. Des sermons de Saint André de Crète et de Saint Jean Damascène parlent aussi de lAssomption. Mais ces productions du haut moyen âge byzantin, si intéressantes et édifiantes du point de vue spirituel, nont aucune autorité sur le plan historique. Nous navons pas, relativement à lAssomption de Marie, ce que nous avons par rapport à la Résurrection de Jésus ; à savoir, des témoignages contemporains, directs et concordant.
[68] Rm 6, 23.
[69] Marie était une créature unique, aussi rapprochée de Dieu quil est possible à un être créé. La chair de Jésus était entièrement et seulement la chair de Marie.
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Je vous suggère aussi de consulter le Ménée du mois daoût pour les textes liturgiques (Vêpres et Matines en particulier) de la fête de la Dormition (malheureusement, je nai pas ces textes informatisés).
LECOF a une histoire longue et tortueuse. Fondée dans les années 1930, inspirée surtout par le père Eugraph Kovalevsky (Mgr Jean de Saint-Denis), lECOF était une tentative détablir une " orthodoxie occidentale ", en puisant notamment dans lÉglise indivise du premier millénaire. Mais son ecclésiologie nétait pas bien fondée, puis il y a des manques de compréhension et des affrontements entre individus et juridictions, avec le résultat que lECOF sest " promené " dune juridiction à une autre, pour se retrouver, depuis 1993, sans attachement à une Église orthodoxe canonique (en communion avec lÉglise de Constantinople). Depuis 1993, beaucoup de prêtres et de communautés se sont dissociés de lECOF, qui demeure très marginale à lorthodoxie. Cest une Église " non-canonique " qui narrive pas à résoudre ses problèmes intérieurs.
LEglise des Gaules a été formée il y a environ trois ans par des communautés qui auparavant faisaient partie de lECOF, puis sétaient présentées à lAssociation des évêques orthodoxes de France, puis étaient rattachées au Patriarcat copte dAlexandrie, puis ont quitté celui-ci pour se retrouver, comme lECOF, sans attache à une autre juridiction. Ces communautés suivent le leadership du père Alphonse Goettmann, responsable de Centre de rencontres spirituels Béthanie en Lorraine. Après tous ces bouleversements, on a décidé de former sa propre Église (lEglise des Gaules ) et détablir une collaboration avec les deux autres petites Églises, aussi non-canoniques (lÉglise orthodoxe française et lEglise celtique). Béthanie et dautres communautés apparentées suivent généralement le " rite des Gaules ", reconstitution moderne de lancien rite des Gaules, avec des ajouts du rite latin et du rite byzantin.
Autrefois, le Service orthodoxe de presse (SOP) éditait un " Annuaire de lÉglise orthodoxe en France ", mais je pense que la dernière édition date de 1994 ! On trouvera des renseignements sur les différentes juridictions présentes en France sur leurs sites web et aussi sur le site www.orthodoxie.com . Aux Pages Orthodoxes La Transfiguration, on trouvera une liste des lieux de culte orthodoxe où les offices sont célébrés en français.
À ma connaissance, par lexpression les " Église orthodoxes orientales ", on ninclut pas cette Église par exemple cette Église ne participe pas au dialogue " orthodoxe orthodoxe orientale ". Il sagit cependant certainement dune Église " orientale " (même si sa présence en " Orient " est plutôt faible, comme vous le soulignez). Selon Ronald Roberson dans The Eastern Christian Churches, lÉglise assyrienne est actuellement divisée en trois branches : LÉglise assyrienne dOrient (qui inclut encore un petit nombre de fidèles en Inde), lÉglise catholique chaldéenne et lÉglise catholique syro-malabare.
Cest ceci qui est derrière la note 1 du Tableau dans le Bulletin :
" 1 Ce tableau ne tient pas compte de lÉglise assyrienne de lOrient, dorigine nestorienne, maintenant divisée en plusieurs branches, qui ne fait pas partie du groupe dÉglises aujourdhui appelées les " Églises orthodoxes orientales ".
Ne connaissant pas la situation théologique actuelle de cette Église, je pense que lexpression " dorigine nestorienne " est plutôt exacte. Il semble que de nos jours, la question nest pas si évidente.
ÉGLISES CANONIQUES ET NON-CANONIQUES
Vous soulevez des questions qui touchent un des points forts de lOrthodoxie, qui est en même une source de faiblesse et de conflit : lorganisation même de lÉglise orthodoxe. Voici un petit texte qui explique les fondements de la structure de lOrthodoxie :
Le principe canonique fondamental de l'organisation de lÉglise orthodoxe est celui de l'église locale ou territoriale : un seul évêque en un même lieu, formant avec les prêtres et les fidèles un diocèse ; les diocèses vivent leur unité autour de centres d'accord ou de communion entre les églises locales. Il s'agit d'abord des métropoles, puis des Églises autocéphales (c'est-à-dire élisant leur propre primat) ou autonomes (l'élection du primat est confirmée par une Église autocéphale). Les Églises autocéphales correspondent soit à des communautés de civilisation, ayant été ou étant redevenus missionnaires (ainsi Alexandrie pour l'Afrique, Antioche pour le monde sémitique), soit à des communautés nationales. À l'échelle universelle enfin, depuis le schisme du XIe siècle, c'est lÉglise de Constantinople, ou le Patriarche cuménique, dont le siège est à Istanbul (Turquie), qui dispose d'une primauté d'honneur et d'un certain rôle d'initiative et de présidence dans l'ensemble de lÉglise orthodoxe.
Se fondant sur le concept de léglise locale, la Tradition orthodoxe a toujours favorisé lutilisation de la langue locale, la langue parlée par le peuple, comme langue liturgique. Les principales langues liturgiques dans le pays de tradition orthodoxe sont le grec, le slavon, larabe, le roumain et lukrainien. Le slavon est une langue liturgique utilisée par les lÉglises de Russie, de Serbie et de Bulgarie. Il a été élaboré par les saints Cyrille et Méthode au Xe siècle, au moment de la conversion des premiers peuples slaves au christianisme, et basée sur la langue parlée par le peuple slave autour de Salonique à cette époque. Les communautés orthodoxes occidentales utilisent les langues nationales de leurs pays et les communautés dimmigrés orthodoxes se servent de plus en plus des langues locales, parfois en alternance avec les langues dorigine pour les offices liturgiques.
LÉglise orthodoxe comprend aujourd'hui les quatre patriarcats anciens (Constantinople, Alexandrie, Antioche (siège à Damas) et Jérusalem), le patriarcat de Moscou (établi en 1589), les patriarcats de Serbie (1920), Roumanie (1925) et Bulgarie (1953), l'antique Église de Géorgie, dont les origines remontent au IVe siècle, ainsi que les Églises autocéphales ou autonomes dont le primat porte soit le titre d'archevêque (Églises de Chypre, Grèce, Finlande et Albanie), soit celui de métropolite (Église de Pologne, République tchèque et Slovaquie, Amérique et Japon).
Cette organisation canonique en évêchés territoriaux et autocéphales est celle des quatre patriarcats anciens qui avant la séparation de lOrient et de lOccident, formaient avec Rome la " Pentarchie ", ainsi que des Églises de constitution plus récente, en Europe de l'Est, généralement situées dans des terres traditionnellement orthodoxes. Cependant, il n'en va pas encore ainsi partout ailleurs. En Europe occidentale, en Amérique du Nord et en Australie, continents où les communautés orthodoxes se sont implantées à plus grande échelle au XXe siècle, l'application du principe territorial ne se trouve qu'à peine ébauchée. Ainsi en 1970 une Église autocéphale a été proclamée en Amérique où lÉglise orthodoxe est présente depuis la fin du XVIIIe siècle, mais cette Église, lÉglise orthodoxe en Amérique, ne réunit qu'une minorité, importante il est vrai, des fidèles du continent américain. Si des organismes de coordination s'établissent peu à peu au niveau des épiscopats de différents pays, les diocèses restent encore fondés sur des critères ethniques et ils dépendent généralement de leurs Églises autocéphales d'origine.
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Le critère principal de la " canonicité " dune Église (ou dun évêque) est quelle (il) soit en communion avec le Patriarcat de Constantinople. Cette communion est plus quun symbole, car par " être en communion " nous entendons que nous célébrons ensemble la Divine Liturgie et que nous communions à la même coupe. Si nous ne sommes pas ou plus " en communion ", alors nous ne communions plus à la même coupe nous ne partageons plus les mêmes sacrements, ni, avec des nuances importantes, la même foi.
En dehors des Églises " canoniques ", il existe beaucoup dÉglises " orthodoxes " qui, pour une raison ou une autre, se sont éloignées de la " communion orthodoxe ". Souvent il sagit dÉglises ou de groupes schismatiques, avec lesquels il na y pas vraiment de différence de foi, sauf en matière decclésiologie.
Ce que vous avez bien repéré en parcourant les sites web orthodoxes, les sites reflètent cette distinction entre les Églises orthodoxes " canoniques " et les " non-canoniques ". Prenons comme exemple lÉglise orthodoxe de France (Écof, le " catholique " du nom étant disparu, mais on conserve le sigle Écof, qui se prononce bien !). Lhistoire de cette Église, fondée dans les années 30, est assez mouvementée, mais disons simplement quà divers moments elle a été sous la juridiction de différentes Églises-mères, notamment celles de Moscou, de lÉglise russe Hors-frontières et de la Roumanie. Le lien avec le Patriarcat de la Roumanie a été rompu en 1993 et depuis ce moment lÉcof est une Église " indépendante " non-canonique.
Venons aux cas précis que vous mentionnez :
- Les paroisses : Les Pages orthodoxes mentionnent seulement les paroisses dexpression française appartenant aux Églises (ou " juridictions ") canoniques, alors que la liste du site de lÉcof donne, en plus, les paroisses de lÉcof (on sest servi de la liste des paroisses qui figurent aux Pages orthodoxes pour construire leur liste !)
- Les centres détudes et de prière (Béthanie et Sainte-Croix) : Ces deux centres faisaient partie de lÉcof jusquen novembre 1994, quand ils ont quitté lÉcof, ne pouvant plus tolérer la situation de " non-canonicité " de lÉcof. Ils se sont présentés à la Conférence des Évêques orthodoxes (cest-à-dire, les évêques des juridictions canoniques) afin de se joindre à lOrthodoxie canonique. En 2000, les deux centres ont pris des chemins différents : Sainte-Croix est dans la juridiction du Patriarcat de Roumanie, alors que Béthanie, pour des raisons assez complexes, sest joint au Patriarcat orthodoxe copte dAlexandrie (une des Églises quon appelle " non-calcédoniennes ", autrefois et inexactement " monophysites "), quil a quitté en 2006. Il nest donc pas surprenant que le site de lÉcof ne fait aucune mention des deux centres
- Annick de Souzenelle : Elle était dans lÉcof et a quitté lÉcof en même temps que le Centres et quelques prêtres de paroisse, notamment ceux de Bruxelles et de Lyon. Elle intervient régulièrement à Sainte-Croix.
- Jean-Yves Leloup : Personnalité charismatique et bien connue comme conférencier et écrivain, il ne fait pas partie dune juridiction canonique je crois quil fait partie du soi-disant " Patriarcat de Kiev ", groupe ukrainien schismatique. Sans doute quil a été ordonné prêtre par un évêque " non-canonique " et que cest la raison pour laquelle son ordination nest pas reconnue par les Églises canoniques. Il nintervient plus à Sainte-Croix.
Je ne comprend pas pourquoi il ny a pas de " lien " vers les Pages Orthodoxes depuis le site de lÉcof : peut-être quon ne veut pas faire trop de publicité pour les sites de sources " canoniques " ?
Il existe dautres juridictions orthodoxes non-canoniques, chacune avec son histoire et ses personnalités par exemple, les " Vieux-croyants " de la Russie, les " Anciens calendristes " de la Grèce, et lÉglise russe Hors-frontières. Moi-même jappartiens à lÉglise orthodoxe en Amérique, qui jouit dun statut quelque peu ambiguë dans lOrthodoxie. Issue du Patriarcat de Moscou, qui a accordé lautocéphalie (" qui se dirige delle-même ") à ses diocèses dAmérique du Nord en 1970, lÉglise orthodoxe en Amérique (ÉOA) est donc de descendance russe, mais avec beaucoup de paroisses anglophones et un petit noyau de francophones au Québec. Bien que nous sommes " en communion " avec les autres Églises canoniques, le Patriarcat de Constantinople ne reconnaît pas lautocéphalie de lÉOA alors que les Églises des pays slaves le reconnaissent !
Il est vrai quil est souvent difficile daccepter que lÉglise est dinstitution divine, ayant le Christ a sa tête, quand nous regardons les souffrances, même les atrocités, qui ont été perpétues au nom de lÉglise à travers les âges, et quand nous voyons la division des chrétiens entre multiples groupes, dont presque tous se proclament être " la seule Église du Christ ". Même à lintérieur de lÉglise orthodoxe, nous voyons des actions qui sont loin dêtre compatibles, nous semble-t-il, avec une recherche sincère de Dieu, avec les préceptes du Christ.
Il ne faut pas oublier, cependant, que lÉglise est une institution " divino-humaine ", et que sa partie humaine nas pas encore atteint la plénitude de la perfection qui est sa vocation. Nous vivons dans un monde en chute, et tous, y compris le clergé, sont sujet aux faiblesses de la nature humain déchue. Ce qui est important, cest de se rappeler quen fait lÉglise est plus que ce prêtre, cet évêque, ce patriarche, même ce concile, qui semblent à nos yeux, commettre des erreurs, et il nest pas possible, comme vous le suggérer, de mettre " Dieu dans un carcan ", de le restreindre. Comme a dit le Christ lui-même, " lEsprit souffle où il veut ; tu entends sa voix, mais tu ne sais ni doù il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de lEsprit " (Jean 3, 8).
Dieu peut donc agir à lextérieur de lÉglise visible, de même quil peut tirer du bon de ce qui semble être le mal, et faire accéder les fidèles à sa Grâce par les actions de personnes qui peuvent être loin dêtre parfaits elles-mêmes ; Dieu agit à travers et même en dépit des faiblesses de tel ou tel membre de lÉglise. Que le prêtre qui célèbre la Divine Liturgie soit un saint, tel un Jean de Kronstadt ou un Nectaire dÉgine, ou un homme ordinaire, avec ses points forts et ses faiblesses, ce sont le Christ et lEsprit Saint qui agissent à travers lui, et qui apportent la possibilité de la sanctification aux fidèles qui sapprochent " avec crainte de Dieu, foi et amour ", comme dit le prêtre en invitant les fidèles à la communion.
Les saints sont une manifestation de la présence divine dans lÉglise, une " preuve " existentielle qui lÉglise accomplit son but, qui est de mener les fidèles à la sanctification. Il est en fait très illuminant de lire les vies et les enseignements des saints pour comprendre la vraie nature de lÉglise. Les saints modernes qui sont mis en évidence aux Pages Orthodoxes La Transfiguration Séraphim de Sarov, Nectaire dÉgine, Silouane de lAthos et Mère Marie (pas encore canonisée) sont là justement pour nous rappeler que la sainteté nest pas une chose du passée, mais que la sainteté est toujours présente dans la vie de lÉglise du Christ. Sinon, si lÉglise ne produit pas de saints, alors lÉglise serait morte, séparée du Christ.
Dans la tradition orthodoxe, lentité fondamentale de lÉglise est lÉglise locale : les chrétiens dun endroit défini, regroupés autour de leur évêque, assisté par les prêtres et les diacres. Sous linspiration de lEsprit Saint, cest lévêque, en tant que successeur des Apôtres, qui assure lunité de lÉglise locale, et cest la conciliarité des évêques qui assure lunité de lÉglise entière. Un Concile est une expression de la nature trinitaire de lÉglise, car de même que les personnes de la Trinité agissent en unité, lÉglise agit en unité lorsque les évêques décident dun commun accord. Cest pour cette raison que les orthodoxes attachent beaucoup dimportance aux sept Conciles cuméniques et considèrent quaucun Concile tenu depuis 787 ne mérite dêtre appelé " cuménique ", c'est-à-dire dont les décisions sont valables pour lÉglise entière.
Lexpression concrète de lÉglise locale se vit de plusieurs façons, par exemple, par les litanies où sont demandées des bénédictions pour lévêque et le clergé, par le contact personnel avec lévêque et le respect dû à sa personne, et par la conscience que la Sainte Communion est à la fois une communion intime avec le Christ et aussi avec tous ceux qui partagent la même coupe, dabord la communauté locale, puis tous ceux qui sont en communion avec lévêque et par lui, tous ceux qui sont en communion avec les évêques qui sont en communion avec lui. Dans le cadre de lÉglise orthodoxe, ceci veut dire en fait toutes les Églises qui sont en communion avec le Patriarche de Constantinople.
La " question nationale " des Églises orthodoxes est certainement un problème très important, mais je crois que la croissance de lOrthodoxie en milieux occidentaux, que ce soit parmi les communautés dimmigrés ou des occidentaux " de souche ", influence le monde de tradition orthodoxe en faveur dune plus grande ouverture, dune reconnaissance dune vraie " catholicité " de la foi orthodoxe. Le courant " intégriste " orthodoxe est peut-être le plus fort de nos jours dans lÉglise russe. Il faut reconnaître quil sagit dune Église qui a souffert horriblement pendant la période communiste et qui cherche encore à se rétablir. Beaucoup dorthodoxes russes se sentent " envahis " par les " nouveaux-arrivés " depuis une dizaine dannées, des nouveaux-arrivés qui ont beaucoup plus de ressources queux notamment les nouveaux sectes de toutes sortes, chrétiens et non chrétiens, les Églises évangélistes occidentaux, même lÉglise catholique. Une réaction à cette " assaut " en territoire russe est celle dintégrisme, avec toutes ses conséquences néfastes même pour dautres orthodoxes. Je pense que lÉglise russe est très divisée sur cette question, mais je crois quavec le temps elle verra plus clair son rôle dans la société russe et dans le monde orthodoxe et le monde chrétien en général.
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La " question ethnique " est certainement un des grands problèmes de lÉglise orthodoxe, même en dehors des pays dorigine. LÉglise " ethnique " peut devenir un centre socio-culturel des immigrants, ceci même pendant plusieurs générations, ce qui a certainement une certaine utilité. Un des aspects négatifs cest quavec le temps les jeunes générations perdent lidentification ethnique et ont tendance à rejeter lÉglise avec cette identification ethnique. Une autre cest ce que vous avez ressenti chez les ukrainiens : il est très difficile, presque impossible pour un " étranger" " de pénétrer dans ce milieu, même sil souhait sy rejoindre pour des motifs spirituels
Au-delà de lidentification " ethnique " de la plupart des paroisses orthodoxes en Europe occidental et lAmérique du Nord, il ne faut pas oublier que lÉglise orthodoxe est plus que toutes les Églises nationales qui la composent, quil existe une vision de lÉglise autre que celle étroitement identifiée aux ethnies. LÉglise, que ce soit lÉglise orthodoxe, Catholique romaine ou autre, est une institution humaine, affaiblie et ternie par notre état de chute, mais en même temps il faut se souvenir que cest le Christ lui-même qui en est la Tête et que par laction de lEsprit Saint dans lÉglise, lÉglise a accès et rend disponible les moyens de sanctification des fidèles. Alors même si je ne suis pas à laise parce que laspect " communauté fermée " semble dominer dans telle ou telle paroisse, " cest le même Christ qui opère tout en tout ".
Oui, comme vous le disiez, nous sommes tous destinés à vivre notre relation à Dieu dans la solitude, et ce même lorsquon est enraciné dans une communauté. Mais ce n'est pas une solitude absolue, car les saints et les anges nous accompagnent dans notre démarche, et la communauté sur terre peut être une source de soutien très important. Seul, il est beaucoup plus facile de ségarer quen communauté, où les exemples et les conseils de ceux qui font le même chemin que nous peuvent nous guider et nous aider à traverser les passages difficiles, si nous avons la sagesse et lhumilité de les accepter et les intégrer à notre vie.
LÉglise arménienne fait partie des Églises quon appelle les Églises " non-chalcédoniennes ", " pré-chalcédoniennes " ou encore les " Églises orthodoxes orientales " ; autrefois, on les appelait " monophysites ", mais cette désignation ne semble pas exacte, selon les dialogues modernes entre ces Églises et les Églises orthodoxes " chalcédoniennes " ou " byzantines ". Ce groupe comprend les Églises copte (Égypte), arménienne, éthiopienne, syrienne et une Église en Inde. Chacune de ces Églises a sa propre langue liturgique et ses propres rites, différents de rites de lÉglise orthodoxe " byzantine ".
La séparation des deux groupes dÉglises remonte aux Ve siècle, après le Concile de Chalcédoine en 451. Ce quatrième Concile cuménique a été réuni dans le contexte des discussions théologiques concernant la nature du Christ, en particulier lenseignement nommé le monophysisme, qui ne reconnaissait pas les deux natures - divine et humaine - en la Personne du Christ. Cette théorie affirmait que la nature humaine est absorbée par la nature divine dans le Verbe incarné. Le Concile a déclaré que le Christ, de même nature que le Père, engendré par le Père avant tous les siècles, est pleinement Dieu ; né dans le temps, de même nature que sa Mère, il est pleinement homme. Le Christ a donc deux volontés - divine et humaine - et deux énergies - incréées et créées -, coexistant sans mélange ni transformation, division, ou séparation entre elles et qui sont unies en et par la seule Personne de Jésus Christ.
Ce concile fut une méprise tragique car tous les évêques présents avaient l'ambition d'être fidèles à la doctrine orthodoxe traditionnelle exprimée par Saint Cyrille d'Alexandrie. Hélas, ils ne se comprirent pas et s'accusèrent qui de nestorianisme par la séparation entre la nature humaine et divine du Christ, qui de monophysisme par l'absorption de la nature humaine dans la divinité. Aucun des deux partis confessait de cur ce dont l'autre l'accusait, même si les définitions verbales n'étaient pas parfaitement claires. Une rupture entre les Églises " byzantines " et les Églises " orientales " se mit en place peu à peu.
Cest seulement à lépoque moderne que les discussions entre les deux familles dÉglises ont révélé quil ne semble pas avoir de réelles différences doctrinales entre elles, même si les deux groupes dÉglises utilisent un vocabulaire théologique quelque peu différent. Cependant, la communion na pas été rétablie et la séparation formelle existe toujours.
Pour aller plus loin, je vous réfère au numéro spécial de la revue orthodoxe " Contacts ", no. 187 (3e trimestre 1999), consacré aux Église pré-chalcédoniennes. Il y a plusieurs articles sur la situation en général, dont un dOlivier Clément, et un article sur chaque Église orthodoxe orientale.
Pour résumer, les Églises " non-chalcédoniennes " sont considérées comme des Églises orthodoxes, mais elles ne sont pas en communion avec les Églises orthodoxes " byzantines ".
ÉGLISE ORTHODOXE RUSSE CONCEPTION SOCIALE
Une version française du document sur la conception sociale de l'Église orthodoxe russe est disponible à ladresse suivante : http://www.orthodoxeurope.org/page/3/6.aspx
Puisque ce document semble avoir deux titres différents en français ( " Bases " - " Fondements " ), il sagit peut-être de deux traductions différentes, ou dune traduction révisée. La référence suivante donne comme titre " Fondements " : http://www.unifr.ch/iso/hilarion/PresseF.pdf
Pour aller plus loin, je vous recommande dexplorer le site : http://www.orthodoxeurope.org
Les pages anglaises et allemandes de ce site pourraient fournir des informations non disponibles aux pages françaises. Vous pouvez aussi écrire à lévêque Hilarion Alfeyev par lintermédiaire de ce site.
L'encens est d'abord la reconnaissance de la présence de Dieu. Même dans l'antiquité païenne, l'encens était offert aux dieux. Les Mages viennent offrir l'encens pour affirmer la foi en la divinité du Christ. Nous encensons l'autel, l'église, les icônes et même les fidèles pour signifier que nous reconnaissons la présence de Dieu qui habite le lieu saint et les baptisés dans la sainteté ou sur la terre. A nous ensuite de nous en rendre digne par notre vie.
Pendant la Divine liturgie, l'encensement est dans la fonction du diacre comme service de l'autel, à défaut de diacre, le prêtre le fera. On encense avant le début de la Liturgie pour attirer l'attention sur la présence de Dieu en ce lieu. Puis avant chaque geste important comme la lecture de l'Évangile, la grande Entrée comme la colonne de fumée qui précédait le Peuple hébreux pendant l'Exode. Alors le lieu saint est embaumé pour montrer que c'est Dieu lui-même qui se manifeste dans ces gestes symboliques. On encense aussi les saints Dons pendant l'hymne à la Mère de Dieu. Elle est alors reconnue comme Signe de l'Église qui présente l'offrande comme Abel le juste et la fumée de son sacrifice montait vers Dieu et lui était agréable.
On encense léglise et les fidèles aussi pendant presque tous les offices du rite byzantin. Par exemple, aux vêpres, on encense pendant le chant ou la récitation des psaumes du Lucernaire, se rappelant les mots du psaume 140 :
Que ma prière sélève comme lencens devant toi,
et lélévation de mes mains comme le sacrifice vespéral !De façon générale, la notion de " lénergie " dans la théologie orthodoxe na rien à voir avec lidée dénergie dans les " nouvelles spiritualités ". Et pourtant
Par " énergie ", la théologie orthodoxe, surtout depuis saint Grégoire Palamas, entend les énergies divines, par lesquelles Dieu se manifeste dans la création et qui sont accessibles à lhomme et " participables " ; cest en cela le fondement de la vie spirituelle, la déification, le but de la vie chrétienne. Les énergies divines sont Dieu, donc incréées, et cest pour cela que la théologie orthodoxe nadmet pas la notion de la " grâce créée ", quelque chose qui nest pas Dieu.
On distingue l" essence divine " des énergies divines ; lessence divine demeure inconnaissable, insaisissable par lhomme et toute créature. Cette distinction correspond de près à celle entre la " théologie apophatique " et la " théologie cataphatique " et on peut faire des parallèles, avec des nuances importantes, avec la distinction entre " immanence " et " transcendance ".
Peut-être a-t-on déjà essayé de faire un rapprochement entre cette théologie des énergies divines et la notion de lénergie dans les nouvelles spiritualités ? Je nen sais pas, mais à mon avis il faudrait être très prudent pour ne pas tomber dans le piège du panthéisme dans lequel se trouvent justement beaucoup de ces spiritualités. Il faudrait surtout, me semble-t-il, insister sans faille que lénergie " mystique " qui se trouve dans la création est dorigine divine, née de la volonté expresse dun Dieu personnel qui veut établir des ponts avec sa propre créature en lui permettant de participer ainsi à ses propres énergies.
Comme références, je vous suggère surtout saint Grégoire Palamas (dont la théologie na jamais été agréée en Occident, mais qui influence néanmoins certains théologiens catholiques) ; un bon point de départ est le livre très accessible de Jean Meyendorff, Saint Grégoire Palamas et la mystique orthodoxe (Seuil, Points Sagesses Sa 168). La distinction énergie-essence figure aussi largement dans luvre de Vladimir Lossky ; voir en particulier son livre classique, Essai sur la théologie mystique de lÉglise dOrient (Cerf), en particulier le chapitre IV, " Énergies incréées ".
Je comprends que le Seigneur vous appelle à vivre une grande épreuve mais comme vous le savez bien, tout en vous accordant les moyens nécessaires non seulement pour y passer à travers, mais aussi pour grandir dans la foi et lamour. Cest sans doute dautant plus difficile que lépreuve semble être imposer de la part de ses surs dans la foi et de son Église. Quand je vois moi-même des bêtises dans ma chère Église orthodoxe (oui, il y en a !), je me dis toujours que lÉglise aussi, bien quayant le Christ lui-même comme tête, souffre de la situation de chute et dexil du paradis où nous nous trouvons tous ; les membres de lÉglise, les dirigeants de lÉglise, sont aussi en chemin vers la perfection dans le Christ, mais ny sont pas encore parvenus. Il peut donc se produire des erreurs de jugement, des manquements dans les comportements, de la part des membres de lÉglise, sans pour autant atteindre à la sainteté de lÉglise toute entière. Et cest ceci quil faut garder à lesprit : lÉglise est beaucoup plus grande que la totalité des ses membres, parce quelle est la Corps du Christ. Le Christ sanctifie lÉglise, mais elle natteindra la plénitude de cette sanctification que dans le siècle à venir (voir lApocalypse, ch. 21).
Je crois quil est important daccepter des situations dinjustice dans un esprit dhumilité et même de reconnaissance et dactions de grâce, car cest par ce moyen que Dieu nous met à lépreuve et nous demande de venir à lui. Ceci ne veut pas dire que nous ne devons pas tenter de redresser une situation injuste, mais nous devons le faire tout en reconnaissant que lEsprit agit " par tout " en " en tout " pour nous mener au bien. Dans la traduction " orthodoxe " du Notre Père, nous demandons : " Ne nous soumettez pas à lépreuve ". Il est entendu, à lépreuve au-delà de nos capacités, mais en même temps nous savons que Dieu nous offre toujours les grâces nécessaires pour surmonter toute épreuve, quelles nous arrivent de lextérieur ou de lintérieur.
Les épreuves de lextérieur sont aussi loccasion de mettre en pratique, dans un esprit dhumilité, le commandement du Christ daimer ses ennemis (je vous recommande le texte de Saint Silouane sur lamour des ennemis aux Pages Orthodoxes La Transfiguration, si vous nen avez pas déjà pris connaissance.) Mais même ici, il faut être vigilant, car le Malin peut se servir de lamour des ennemis pour nous faire chuter ailleurs, notamment dans lorgueil, en nous faisant penser que nous sommes en quelques sorte " supérieurs " à ceux qui nous ont blessés parce que nous avons pardonné et nous disons que nous les aimons. LEnnemi est très rusé, surtout à légard de ceux qui cherchent Dieu de tout leur cur.
En premier lieu, pour lÉglise orthodoxe, certaines des vérités concernant les fins derniers de lhomme nous sont affirmées de façon claire, dautres nous restent encore voilées de mystère. LÉglise orthodoxe na jamais cherché à donner une doctrine précise sur lau-délà. Il y quatre aspects principaux : la résurrection, le jugement, la vie nouvelle et la Communion des saints : les trois premiers sont mentionnés au Symbole de Nicée-Constantinople.
Avec cette petite introduction, je peux vous indiquer quelques références, en commençant par le Vocabulaire théologique orthodoxe (Cerf, 1985), sous la rubrique " Eschatologie " (pp. 66-71). Aussi : Timothy Ware, LOrthodoxie, lÉglise des sept Conciles (DDB, 1968 et 1996), pp. 340 ff. Et : Paul Evdokimov, LOrthodoxie (DDB, 1990), pp. 303-333. (" LÉglise dans le monde et les choses dernières " et " Leschatologie "). Ainsi que : Catéchèse orthodoxe : Dieu est Vivant (Cerf, 1991) (surtout pp. 401-408 " La résurrection des morts ", et 412-436 " La vie dans la mort " ; " Le jugement " ; " Une approche de leschatologie orthodoxe " ; " La prière pour les morts et la Communion des saints ".
Depuis les premiers temps lÉglise a prié pour les défunts et les orthodoxes pensent que cest même le devoir des vivants de prier pour les morts et que ces prières leurs sont utiles. Comment, nous ne savons pas comment ces prières sont utiles et il y une grande diversité dopinion parmi les théologiens orthodoxes, anciens et contemporains, sur cette question, dont la réponse dépend de la condition dans laquelle se trouvent les défunts. Ce qui importe est lidée de la continuité de lÉglise, les vivants et les morts et lunité dintention devant Dieu.
Les prières pour les défunts célébrées un certain nombre de jours après le décès remonte de très loin : elles sont mentionnées dans les Constitutions apostoliques (fin 4e début 5e siècles). Je nai pas trouvé de références précises en ce qui concerne les jours particuliers ; ils sont peut-être dorigine juive. Le nombre quarante est évidemment un nombre consacré dans le judaïsme et le christianisme.
En ce qui concerne lenfer et le " purgatoire ", je vous réfère aux sources indiquées. Dieu est infiniment miséricordieux et parfaitement juste ; comment Dieu manifeste parfaitement ces deux qualités, qui nous paraissent souvent en conflit, reste un mystère. Nous pouvons peut-être trouver des éléments de compréhension dans la volonté, de Dieu et de lhomme, dont le prototype est la " chute " dAdam et lexil du Paradis. Une certaine lecture du récit dans la Genèse peut suggérer que Dieu " punit " Adam et Ève en les faisant chasser du Paradis et leur faisant subir la mort. Mais ceci nest lenseignement des Pères, qui va plutôt dans le sens que la mort est la conséquence inévitable du péché, car pécher cest se séparer de Dieu, qui seul est la Vie. C'est tout le sens de la doctrine du péché originel chez les Pères : nous nhéritons pas la culpabilité du péché dAdam, mais les conséquences de son péché, c'est-à-dire la mort. Nous sommes nés de parents mortels et nous héritons la mort. C'est un thème qui revient constamment dans la liturgie byzantine, surtout pendant la Grand Carême et la Semaine Sainte. Comme les anges déchus, est-ce que ceux qui sont séparés de Dieu (lenfer) le sont par leur propre choix, et non par une " punition " divine ?
Dans lÉglise orthodoxe, lEsprit Saint est presque toujours associé aux autres personnes de la Sainte Trinité, par exemple dans les fréquentes doxologies qui terminent beaucoup des prières des offices et la Divine Liturgie. Dans lannée liturgique, la Pentecôte est la fête par excellence de lEsprit Saint, ainsi que le lundi qui suit la Pentecôte. Les offices de ces jours (vêpres, matines et liturgie) contiennent beaucoup de prières à lEsprit Saint. Cest là par exemple, que lon trouve linvocation à lEsprit Saint avec laquelle débute tout office orthodoxe :
Roi du ciel, Consolateur, Esprit de vérité,
toi qui es partout présent et qui remplis tout,
Trésor de bons et Donateur de vie, viens et demeure en nous,
purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, toi qui es bonté.Les offices de Pentecôte se trouvent dans le livre liturgique le " Pentecostaire " (Diaconie apostolique, 1994). Il contient aussi, en appendice, un " Office au Saint-Esprit pour les Complies du lundi de Pentecôte ", ainsi que des acathistes et prières à la Sainte Trinité. Ces dernières sont reprises dans le " Spoutnik, nouveau Synecdimos " (Diaconie apostolique, 1997), ainsi quune bonne partie des offices de Pentecôte (mais pas lOffice au Saint-Esprit). Aussi, je viens de recevoir le catalogue des Éditions du Désert (La Planette, F-07460 Banne, tél. 04 75 39 06 29), qui inclut un " Acathiste à lEsprit Saint, Donateur de Vie ", mais je ne connais pas cet acathiste.
Pour répondre à vos questions précises, lÉglise orthodoxe nimpose pas de contraintes en ce qui concerne lutilisation de médicaments, la transfusion sanguine, les greffes dorganes et les examens médicaux, pourvue, bien entendu, que le but de ces interventions soit la prévention de la maladie, le dépistage des maladies, la guérison ou le soulagement de la douleur.
En ce qui concerne linterruption de la grossesse, lÉglise orthodoxe voit lavortement comme le meurtre dun enfant non-né.
Pour ce qui est du clonage, la position de lÉglise orthodoxe est en évolution. De façon générale, lÉglise est très réfractaire à ce genre dintervention, mais beaucoup peut dépendre du but. Par exemple, le clonage de cellules en vue de moyens de guérison pourrait être acceptable, mais pas le " clonage " dune personne humaine.
Dune façon générale, lÉglise orthodoxe na pas de réponses vraiment très précises concernant ce genre de question, et en cas de doute, les fidèles orthodoxes sont tenus de se confier à leur père spirituel pour recevoir ses conseils. La tradition orthodoxe attache beaucoup dimportance à ce que lon appelle l" économie " - la prise en considération des conditions particulières dans lapplication de règles ou de consignes générales. La miséricorde et les besoins de la personne en vue de son salut priment sur la " loi ", pas en vue dabolir la loi, mais pour laccomplir comme le dit le Christ lui-même (Matthieu 5, 17) , lapporter à sa perfection, qui se trouve dans lamour et la miséricorde divins.
À ma connaissance, lOrthodoxie est très peu présente en Espagne, beaucoup moins quen dautres pays Européens, par exemple la France et la Belgique. En plus de la paroisse à Madrid à laquelle vous faites allusion, il y une paroisse à Barcelone :
Església ortodoxa Proteccio de la Mare de Déu
C. Arago, 181
08011 Barcelone
Tlf. 93-459-22-27
Fax 93-459-07-10
Prêtre : Joan Garcia ( ?)
Diacre : Josep Lluis Moya.MADRID
(Grec) Saints André et Démètre - Parroquia Ortodoxa de los SS. Andrés y Demetrio. Nicaragua 12, Madrid 16, Espagne. Recteur : Archiprêtre Dimitrios Tsiamparlis Tél. : 34-91-345.40.85 , Fax : 34-91-350.93.74
BARCELONE
(Grec) Chapelle de Saint Nectaire Recteur : Père Dionysios Stafylakis Tél. : 34-93-533.12.80 Mr N. Kastanos. General Mitre 126, 08021 Barcelona . Tél : 34-3-589.00.89 , Fax 34-93-589.37.41
(Roumain) Sfanta Maria Pr. Teofil Moldovan
Calle Bustamante 2
28045 Madrid
tel : (34) 91 / 530 15 60Barcelona
Pr. Aurel Bunda , blv. Gran Via 406 , Barcelona - Espana
tel. (34) 93 423 97 46 fax. (34) 93 443 18 43 fax. (34) 93 423 73 47Madrid
Sfânta Fecioara Maria Pr. Teofil Moldovan ,Calle Bustamante 2 ,28045 Madrid - Espana
tel : (34) 91 / 530 15 60------------------------------------
My impression is that Orthodoxy is not well represented in Spain there seem to be few immigrants from countries of Orthodox Tradition in Spain and few Spanish Orthodox. The jurisdictions represented appear to be mostly dependent on jurisdictions in France, particularly the Greek and Rumanian archdioceses and also the Eglise orthodoxe de France (ÉCOF - non-canonical).
I know of no Orthodox Churches in San Sebastian. You might check out the web sites of the Greek, Rumanian and ÉCOF jurisdictions in France for more information at the following addresses :
ÉCOF - http://www.a2points.com/homepage/orthodoxie/
Greek http://perso.wanadoo.fr/eglise.orthodoxe.grecque/
Rumanian - http://archevecheroumain.free.fr/index_fr.html
Être orthodoxe ou chrétien tout court ne dépend pas exclusivement de pouvoir assister régulièrement aux offices, en particulier la Divine Liturgie. Il sagit dabord dun esprit intérieur, dune fidelité à la foi là où nous sommes, qui doit nous porter à travers toutes les circonstances de notre vie. Si donc vous navez pas accès à une communauté orthodoxe vivante là où vous habitez, vous êtes vous-même en quelque sorte la communauté orthodoxe et en tant que membre le lÉglise, le Corps du Christ, vous êtes toujours en communion réelle avec vos frères et surs orthodoxes partout dans le monde. Au niveau pratique il est évident que le contact régulier avec dautres orthodoxes est une aide précieuse pour soutenir la foi ; le combat spirituel est plus difficile seul. Mais si on na pas de choix
Daprès ce que vous avez écrit, il semble que vous nêtes plus à laise à communier dans lÉglise catholique. Ceci étant, il vaut mieux, nous semble-t-il, de suivre cette intuition et ne pas communier chez les catholiques. Beaucoup de grands saints, en particulier les Pères du désert et des ermites de tous les temps nassistaient pas régulièrement à la Liturgie et ne communiaient que rarement. Leur communion avec notre Seigneur était en fait " en Esprit et en Vérité " et je crois que vous pouvez vous inspirer de leur exemple.
Nous avons quelques suggestions pratiques à vous offrir, afin que vous puissiez rester véritablement dans lesprit de lÉglise orthodoxe et participer à votre façon avec vos frères et surs
- Vous pouvez suivre le temps liturgique en faisant des prières et des lectures spirituelles en rapport avec lannée liturgique. Les publications suivantes seraient dune aide précieuse :
- 1. Le " Spoutnik " est un livre (1270 pages) qui contient lessentiel des offices (Vêpres, Matines et Liturgie) du dimanche, du temps pascal (Grand Carême jusquà la Pentecôte) et des grandes fêtes. Ce livre est disponible au Monastère bénédictin de Chevetogne en Belgique (e-mail : editions@monasterechevetogne.com) vous pouvez aussi visiter le site du Monastère : http://www.monasterechevetogne.com/fr/indexfr.htm
- Pour des commentaires sur lannée liturgique : Catéchèse orthodoxe : Les fêtes et la vie de Jésus-Christ I. L'Incarnation. II. La Résurrection. Cerf, 1985. Livres d'accompagnement de l'année liturgique orthodoxe, avec présentation de textes et de commentaires de l'Ancien Testament, du Nouveau Testament, des hymnes et des prières des Offices et de la Divine Liturgie.
Un Moine de l'Église d'Orient (P. Lev Gillet), L'An de grâce du Seigneur : Un commentaire de l'année liturgique orthodoxe. Cerf (Catéchèse orthodoxe), 1988. Explications et méditations sur les dimanches et les grandes fêtes pour nourrir l'esprit et accompagner le fidèle pendant l'année liturgique.
- Vous devez quitter la Réunion de temps en temps, jimagine est-ce que vous vous rendez en France régulièrement ? Ceci pourrait certainement être une occasion de ressourcement spirituel : confession, participer à la Liturgie, rencontrer un prêtre orthodoxe, passer quelques jours dans un monastère ou centre de prière (je recommande le Monastère Saint-Silouane près du Mans et le Centre Sainte-Croix en Dordogne voir les informations aux Pages Orthodoxes La Transfiguration).
- Pour ce qui est du jour à jour, des temps de prière et de lecture spirituelle sont essentiels les " Offices orthodoxes " aux Pages Orthodoxes sont une approche à des temps structurés de prière, dautres sont possibles.
EUCHARISTIE PRÉSENCE RÉELLE / ADORATION
En ce qui concerne les différences entre lÉglise catholique et lÉglise orthodoxe au sujet de lEucharistie (la Divine Liturgie), les théologies respectives sont en fait très proches, même en dépit des grandes différences de rituels. Cependant, lÉglise orthodoxe retient beaucoup plus le sens du mystère en ce concerne lEucharistie : par exemple, la théologie orthodoxe ne se prononce pas sur le moment précis du changement des offrandes en Corps et Sang du Christ (les paroles de lInstitution et lÉpiclèse sont dimportance égale à cet égard) ; ni sur le mode de transformation (lexpression " transsubstantiation ", qui vient de la philosophie aristotélicienne, nest pas utilisée dans la théologie byzantine). Comme lÉglise catholique, mais contrairement à beaucoup de communautés issues de la Réforme protestante, lÉglise orthodoxe tient que les saints dons deviennent réellement en non figurativement, le Corps et le Sang du Christ.
LÉglise orthodoxe ne pratique pas ladoration du Saints Espèces en dehors de la Divine Liturgie. Cette pratique est dailleurs relativement récente dans lÉglise catholique, datant de la contre-réforme, je crois, afin de combattre justement les doutes émises par les Protestants sur la " Présence réelle " du Christ dans les Saints Espèces. Pour lÉglise orthodoxe, le Corps et le Sang du Christ sont une nourriture spirituelle pour les fidèles et sont reçus et consumés pendant le repas eucharistique. Ladoration a lieu pendant la Divine Liturgie bien que les dimanches on ne doit pas se prosterner (certains le font), mais cest une pratique commune pendant les Liturgies sur semaine. À la fin de la Divine Liturgie, les Saints Espèces sont consumés entièrement, soit par le diacre, soit par le prêtre en absence dun diacre. Les seuls exceptions sont en cas de la nécessité dapporter la Communion aux malades et, pendant le Grand Carême, un ou plusieurs Pains supplémentaires peuvent être consacrés en vue de la célébration de la Liturgie des Saints Dons Présanctifiés, liturgie de communion sans consécration, célébrée uniquement en semaine pendant le Carême.
Je ne connais pas la version de lÉvangile selon Thomas que vous citée. Je connais celles de Jean Doresse (Éditions Le Rocher) et de Jean-Yves Leloup (Albin Michel). Étant au Canada, je peux difficilement vous aider davantage.
Pour vous procurer une ou les deux versions de lÉvangile de Saint Thomas que jai mentionnées, vous aurez intérêt à les obtenir ou les commander dans une librairie près de chez vous ; les livres français sont très chers au Canada ! Une bonne librairie qui tient régulièrement la collection " Spiritualités Vivantes " des Éditions Albin Michel devrait avoir la version de Jean-Yves Leloup ; celle de Jean Doresse devrait être disponible sur commande.
Commençons avec les symboles : le buf ou le taureau, laigle, lhomme ou lange et le lion. Lorigine est biblique, dans lAncien Testament, dans les visions dÉzéchiel (cf. Éz 1, 4-12 aussi 10, 14) et dans le Nouveau Testament, dans la vision du trône céleste (Apocalypse 4, 6-8). Voici la note de la Bible de Jérusalem au verset de lApocalypse, qui éclaire un peu le sens des " vivants " : " Leurs formes (lion, taureau, homme, aigle) représentent ce quil y a de plus noble, de plus fort, de plus sage, de plus agile dans la création. Depuis saint Irénée, la tradition chrétienne a voulu y retrouver le symbole des quatre évangélistes. "
Les quatre évangélistes sont souvent représentés sur les portes saintes (ou " royales ") de liconostase dune église orthodoxe. On trouve aussi des icônes individuelles des évangélistes, surtout de saint Jean. Il faut donc chercher dans les livres de reproductions dicônes pour trouver des exemples. Voici quelques références :
LÉvangéliaire de nos jours est bien un livre qui contient les extraits des Évangiles (ou " péricopes ") lus aux offices orthodoxes, en particulier les célébrations de la Divine Liturgie. LÉvangéliaire est structuré selon lannée liturgique. Il est habituellement placé sur lautel de léglise et y est déplacé seulement pour les rituels, notamment la Petite Entrée et la lecture de lÉvangile. LÉvangéliaire le plus répandu en français est la très belle version de la Diaconie Apostolique, la traduction du Père Denis Guillaume, qui a traduit la plupart des livres liturgiques byzantins en français.
Voici quelques références sur le filioque qui pourraient vous être utiles :
Pour un traitement général du sujet, voir Kallistos (Timothy) Ware, LOrthodoxie, LÉglise des sept conciles, Le Sel de la Terre/Cerf, 2002 (auparavant aux Éditions Desclée de Brouwer). Lindex du livre contient les mentions et à la page 428, il y a une courte bibliographie commentée duvres sur le schisme entre lOrient et lOccident. Ce livre est une traduction de la version anglaise, The Orthodox Church, Penguin, 1993.
Bobrinskoy, Boris, " Le "Filioque" hier et aujourdhui ", Contacts, no. 117.
Bunnen, AlexIs van, " Un centenaire oublié : le Concile de 879-880 (1ère partie) ", Contacts, no. 113.
" Le Concile de 879-880 : la question du "Filioque" (2e partie) ", Contacts, no. 115.
Lampryllos, Cyriaque, La mystification fatale, étude sur le filioque, Éditions lÂge dhomme, collection " Lumière du Thabor ", 1987.
Lossky, Vladimir, " La Procession du Saint-Esprit dans la doctrine trinitaire orthodoxe ", dans A limage et à la ressemblance de Dieu, Aubier Montaigne, 1967, pp. 67-93.Je vous recommande en particulier ce dernier, qui contient des nombreuses références pertinentes aux écrits des Pères : Grégoire de Naziance, Grégoire de Nysse, Basile le Grand, Cyrille dAlexandrie, Photius, Jean Damascène, Maxime le Confesseur, Grégoire Palamas, Marc dÉphèse
En ce qui concerne la femme dans lOrthodoxie, vous avez soulevez surtout des questions dordre moral et de comportement. Il est certain quune femme, de même quun homme, est tenue de pratiquer la chasteté avant le mariage et le mariage même doit être " chaste ", pas dans le sens dun absence de relations sexuelles entre les époux, mais dans le sens que tous les aspects du mariage, y compris la sexualité, doivent contribuer au développement spirituelle et au salut des époux.
Pour ce qui est des questions de maquillage, de vêtements et de bijoux, il ny a pas de " règles " formelles dans lÉglise orthodoxe : on dit que ceux et celles qui entrent dans une église doivent être vêtus dune façon modeste et sobre, pour lesquels les critères varient selon les sociétés : ce qui pourraient être acceptable à Paris ne le serait pas nécessairement dans un village en Grèce ! Par exemple, une femme pourrait porter des pantalons dans certaines églises, mais ceci pourraient être inacceptable en dautres.
On trouve dans les Pères de lÉglise des vives critiques du maquillage, des vêtements et des bijoux, mais lobjet de leurs critiques nest pas ces pratiques en tant que telles que le fait que ces pratiques peuvent être le signe dun attachement excessif au corps et aux signes de richesse, au détriment des " choses spirituelles ". Quand nous lisons ces textes des Pères, nous réalisons que les temps nont pas changés beaucoup depuis 15 siècles !
Les grandes fêtes de lÉglise orthodoxe ne correspondent pas exactement avec celles de lÉglise catholique. Par exemple, en ce qui concerne celles que vous avez mentionnées :
- La Sainte Trinité Il ny a pas de fête de la Trinité dans la tradition orthodoxe, mais la Trinité est beaucoup plus " présente " aux offices de rite byzantin, notamment les Divines Liturgies, que dans ceux de rite latin. La Pentecôte et le lundi de la Pentecôte sont des fêtes de lEsprit Saint.
- L'Assomption Cette fête est connue dans lOrthodoxie comme la " Dormition de la Mère de Dieu ". Bien que ce soit la même fête que dans le rite latin, le cadre théologique et spirituel en est différent, reflétant des différences entre les deux traditions en ce qui concerne la vénération de Mère de Dieu.
- Les Saints Apôtres Ce qui est connu comme la fête des Saints Apôtres est la fête des saints Pierre et Paul, le 29 juin. Il est précédé dun carême (temps de jeûne), qui va du lundi après la fête de Tous les Saints (le dimanche suivant la Pentecôte) jusquau 29 juin.
- Le Temps de l'Avent LAvent nest pas un temps liturgique dans le rite byzantin, mais cest un carême, qui va du 15 novembre jusquau 25 décembre (40 jours). Les deux dimanches avant Noël sont reliés à Noël : le dimanche tombant entre le 11 et 17 décembre est le Dimanche des saints Ancêtres du Christ, et la période du 20 au 24 décembre constitue lavant-fête de Noël.
Les fols en Christ étaient connus dans lempire byzantin saint André de Constantinople (28 mai) étant un des plus connus mais cest en Russie que lexpérience des fols en Christ a pris toute son ampleur. Je peux vous suggérer quelques références bibliographiques qui pourraient vous être utile. Premièrement le Synaxaire, Vie des saints de lÉglise orthodoxe (6 volumes) fournit des biographies des saints, dont les fols en Christ commémorés dans les Synaxaires des différents pays. Le principal livre en français sur les fols en Christ est :
Irina Goraïnoff, Les fols en Christ dans la tradition orthodoxe, Desclée de Brouwer Collection : Théophanie, 1992. ISBN-10: 2220024539 ISBN-13: 978-2220024530 200 pages.
Je peux vous recommander aussi :
Vasili Novakshonoff - Lev Puhalo, La Vie des Fols-en-Christ, Folie du monde et sagesse de Dieu, Traduit de l'anglais par Claude Lopez-Ginisty, Éditions du Désert, 2002. 15,75 - Disponible - 192 pages.
Michel Evdokimov, Pèlerins russes et vagabonds mystiques, Paris, Éd. du Cerf, coll. " Patrimoines orthodoxie ", 2004.
Quelques articles :
CONTACTS N° 193 : " Saint Benoît Labre : Fol en Christ, le pèlerin russe de lOccident ", Lucie Dantoine-Lebreton, p. 325 ; " Quelques notes, quelques exemples, sur la "folie en Christ " de Syrie en Russie ", Olivier Clément, p. 358.
Élisabeth Behr-Sigel, " La folie en Christ dans la Russie ancienne " in : Dimitri Obolensky, Vladimir Vodoff, Jean-Paul Arrignon, Mille ans de christianisme russe 988-1988 , Paris : YMCA Press, 1989. pp. 141-152.
Aussi dÉlisabeth Behr-Sigel : " " Les Fols pour le Christ ", dans Prière et sainteté dans lÉglise russe, Bellefontaine, 1982. (Contient une bibliographie)
Voici une liste de Wikipédia avec des liens pour certains :
Les fols en Christ
a. Les saints ayant simulé la folie par ascèse
- Alexis l'Homme de Dieu, (17 mars)
- Syméon d'Émèse, (21 juillet)
- André de Constantinople, ou Salos (2 octobre)
- Thomas de Syrie, (24 avril)
- Isaac le Reclus (1090), (14 février)
b. Les fols en Christ de Russie
- Procope d'Oustioug, (8 juillet)
- Isidore de Rostov, (14 mai)
- Basile le Bienheureux, à Moscou (2 août)
- Nicolas de Novgorod (1392), (27 juillet)
- Nicolas de Pskov (1576), (28 février)
c. Les saintes ayant simulé la folie par ascèse
- Xénia de Saint-Pétersbourg, (24 septembre)
- Isidora d'Égypte, (10 mai)
Il semble de par vos questions que vous subissez une grave crise de foi, suscitée par le Malin, qui tente de vous détourner du Dieu vivant en faisant surgir en vous des questions qui sattaquent au fondement même de la foi. Les réponses à ces questions doivent venir de vous-même, éclairé par lEsprit-Saint qui habite en vous. Même si nous étions en mesure de répondre en détail à vos questions, nous pensons que ces réponses ne seraient nullement adéquates, car le problématique se pose à un tout autre niveau. Vos questions reflètent, en effet, une tentative de rationaliser certaines aspects de la foi, alors que la foi est justement un dépassement de la raison et la logique humaines, pour aboutir à une connaissance autre. Ceci ne veut pas dire que les questions elles-mêmes ne sont pas valables, mais quelles doivent être placées dans le contexte de lexpérience de la foi, du rapport personnel entre un croyant et Dieu. C'est de ce rapport, de cette communion avec Dieu, que jailliront les réponses dont certaines peuvent être simplement daccepter en toute humilité de ne pas savoir la réponse, mais de placer sa confiance dans lamour, la bonté et la sagesse divines, comme un enfant fait confiance à ses parents, sans savoir le " pourquoi " ou le " comment ". Jésus nous dit justement : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants (Matthieu 11, 25).
Nous vous suggérons trois pistes qui pourraient vous aider : la prière, les Saintes Écritures et le recours à un conseiller ou père spirituel.
La foi est une croix pour la pensée humaine mais cest une croix que nous ne portons pas seuls, car lEsprit Saint nous a été donné afin de nous permettre de la porter. La humble prière pour trouver la grâce nécessaire pour émerger victorieux de ce combat sera sûrement exaucée. La Mère de Dieu accorde sa protection à ceux qui linvoquent en moments de crise. Même face aux doutes, il est possible de prier. Et soyez assuré que nous sommes solidaires avec vous dans la prière.
La lecture attentive des Saintes Écritures apporte une sagesse qui nous aide à résoudre nos problèmes et difficultés. Les Évangiles et les Psaumes en particulier sont des sources inépuisables de sagesse. LEsprit Saint agit à travers la Sainte Écriture et il éclairera votre esprit et votre cur ouverts à le recevoir.
Nous ne sommes pas bien placés ici pour vous faire des suggestions en ce qui concerne le recours à un père spirituel, mais le face-à-face avec qui connaît bien le Chemin vers Dieu et les ruses de lEnnemi serait très important. Êtes-vous déjà en contact avec un conseiller spirituel ? Si vous voulez nous indiquer dans quelle partie de la France que vous êtes, nous aurons peut-être la possibilité de vous faire des suggestions.
Une petite remarque concernant certaines de vos questions précises. Beaucoup de vos questions, surtout les premières séries, concernent le salut. Or il nous semble que plusieurs questions reflètent ce quon appelle la " conception juridique " du salut, dont lorigine est en Occident au Moyen-Âge, alors que la tradition orthodoxe est plutôt fondée sur une conception " ontologique " du salut, relevant de notre essence même, qui ne peut être complète que par et en Dieu. Une lecture de certains textes théologiques orthodoxes pourraient vous aider à mieux comprendre lenseignement de Pères et la tradition orthodoxe sur ce sujet, comme pour dautres. Nous pouvons vous suggérer, par exemple, Vladimir Lossky, Essai sur la théologie mystique de lÉglise dOrient et Kallistos (Timothy) Ware, LOrthodoxie, lÉglise des sept conciles (plus facile à lire), ainsi que son livre Approches de Dieu dans la tradition orthodoxe.
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Oui, il y des moments de grande doute dans la vie spirituelle, doute semé par le Malin qui cherche à tout prix et par tout moyen de nous détourner de Dieu. Cest à ces moments-là quil faut se remettre tout simplement et entièrement au Seigneur miséricordieux, qui comprend notre doute, notre manque de foi, en lui disant : " Ô Dieu, viens à mon aide ! Seigneur, hâte-toi de me de secourir ! " (Psaume 70). Il est important de rester fidèle à la prière, aussi simple que nécessaire dans les circonstances : le Notre Père, la Prière de Jésus Il faut demander la foi, le courage de continuer la lutte. Le Seigneur entend nos appels, surtout ceux qui viennent de nos profondeurs, de notre désespoir même. Il est bien de retrouver un " îlot de silence ", en essayant de se tenir ainsi devant le Seigneur, comme le fils prodigue, non devant soi-même ou devant les choses du monde. Les " prières du matin et du soir " ont été conçues pour ceux qui sont se sentent tellement submergés par les activités de chaque jour quils ont de la difficulté à trouver le temps de prier. Je vous envoie ci-joint le fichier avec ces prières en format Word ; si vous le pouvez, essayez de dire ces prières, ou même une partie, dans un petit moment de recueillement devant le Seigneur matin et soir.
Une petite remarque concernant les francs-maçons : il sagit dune société " sécrète " de nature ésotérique, qui, sous une apparence chrétienne, ne lest pas. Un chrétien ne doit pas participer à ce genre dorganisation, qui est non seulement nuisible pour la foi, mais peut la détruire.
La cathédrale russe de Genève fait partie de lÉglise russe hors-frontières (le " Synode "). Voici ses coordonnées :
Eglise Orthodoxe Russe de Genève
rue de Beaumont 18
1206 Genève
Tel (022) 346 47 09
Il y a aussi une chapelle du Patriarcat de Moscou :
Eglise Orthodoxe Russe Patriarcat de Moscou
av. Jacques-Martin 11
1224 Chêne-Bougeries
Tel (022) 349 94 54
Une paroisse francophone :Paroisse Sainte-Trinité et Ste-Catherine
Révérend Père Renneteau Jean
ch. de Chambésy 37
1292 Chambésy
Tel (022) 758 19 52(Au sous-sol de la paroisse grecque).
Et une paroisse roumaine :
Paroisse Saint Jean Baptiste de Genève
Eglise de la Trinité
av. Eugène-Lance 2
1212 Grand-Lancy
Tel (022) 700 49 18Pour ce qui est de la spiritualité de la Philocalie, cest certainement une grande voie spirituelle qui traverse les âges depuis les Pères du désert du IVe siècle jusquà nos jours. Comme vous avez sans doute constaté, la Philocalie fait partie intégrante dune grande Tradition, celle de lhésychasme de lÉglise dOrient, et personnellement je crois que cette spiritualité doit être vécu à lintérieur de cette Tradition vivante. On peut certainement avoir une certaine connaissance de lhésychasme, mais pour la vivre, pour quil devienne partie intégrante de notre vie intérieure la plus profonde, exige un engagement dans la Tradition qui la transmet et la soutient.
Pour découvrir la tradition hésychaste dans son cadre propre, je recommande un stage au Centre Sainte-Croix (Dordogne). Le stages sur la Prière de Jésus (Ste-Croix) est une excellente introduction à la tradition hésychaste. Les stages sont généralement de 4 ou 5 jours.
Une bonne partie des écrits de Pères de lÉglise des premiers siècles, par exemple saint Jean Chrysostome, est sous forme dhomélies. Parmi les auteurs modernes, je peux suggérer les livres suivants :
Alexandre Men, Le Christianisme ne fait que commencer, Sel de la Terre/Cerf, 1999. 270p. Articles, sermons et conférences.
" Un moine de l'Église d'Orient " (père Lev Gillet), L'An de grâce du Seigneur, Éditions du Cerf, 1988. Commentaire de lannée liturgique, qui pourrait bien servir comme base pour homélies.
Alexandre Schmemann, Vous tous qui avez soif, Ymca Press/F.X. De Guibert (L'il) 2005. Émissions radiophoniques dirigées vers lUnion soviétique.
Monseigneur Stéphanos, évêque de Nazianze. Une saison en orthodoxie, Cerf, 1992. Choix d'homélies radiophoniques diffusées au cours de l'émission "Orthodoxie" (France-Culture).
Le sacrement de lhuile sainte est administré par un prêtre orthodoxe aux fidèles orthodoxes, soit en cas de maladie, soit à certaines occasions pendant lannée liturgique (par exemple, pendant la semaine Sainte ou juste avant). Dans la pratique roumaine, loffice de lhuile sainte peut être célébré à dautres moments, voire à chaque semaine.
Il y a aussi une onction et bénédiction avec lhuile sainte des fidèles participant aux vigiles dominicales ou à la veille dune grande fête liturgique, ou pendant loffice des matines. Dans ce cas, il sagit dune simple bénédiction et non de la célébration du sacrement. Typiquement, même les non-orthodoxes peuvent recevoir cette onction pendant les vigiles ou les matines, mais cela dépend de lusage local.
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Voici quelques éléments symboliques des huiles saintes :
L'huile des catéchumènes, celle utilisée pour le baptême, est l'huile de la joie, de la guérison, de la paix, du pouvoir spirituel et de la vie comme participation à la vie divine elle-même. Les athlètes dantiquité soignaient dhuile et lhuile des catéchumènes retient également ce sens symbolique, en vue du combat contre le Démon. Au Baptême, l'eau et le corps du catéchumène sont oints de cette huile, source naturelle de lumière et de joie. C'est un rappel aussi de la branche d'olivier que la colombe rapporte à Noé après le déluge pour montrer le pardon de Dieu. Cette huile est le rappel de la Genèse : " Et Dieu vit que cela était bon ".
Le saint chrême (ou myron, huile parfumée de plusieurs substances odoriférantes), utilisée pour la chrismation, est l'huile des onctions royales, prophétiques et sacerdotales. Elle est consacrée par l'évêque pour devenir don du Saint Esprit : " L'Esprit de vérité, le don d'adoption, la promesse de l'héritage à venir, les prémices des biens éternels, la force vivifiante, la source de sanctification... " (Liturgie de s. Basile). " Cette huile est l'empreinte sur nous de Celui à qui nous appartenons " (P. Alexandre Schmemann). La myron est également employé pour la consécration dun autel, dune église, de lantimension, du calice et de la patène.
HYMNE DES CHÉRUBINS - signification
Voici ce que dit le père Alexandre Schmemann dans son livre LEucharistie, Sacrement du Royaume (F.X. De Guibert/Ymca Press, nouvelle éd., 2005) concernant les chants qui accompagne la " Grande Entrée ", où les oblats sont solennellement transférés de la table de la prothèse (préparation) à lautel principal :
" Cette même reconnaissance anticipée, cette même affirmation joyeuse de la nature cosmique de loffertoire qui commence, nous les trouvons dans le "chant de loffrande", qui accompagne la procession des oblats vers lautel. Aujourdhui cest presque toujours le cantique appelé Chérubikon [Il mentionne les autres chants à certains moments de lannée liturgique.] Or leur sens ne tient pas tant à telles ou telles paroles quà la tonalité qui leur est commune : celle dune glorification royale. "Exaltons-le comme Roi de tous " ; "car le Roi de toutes choses et le seigneur des seigneurs vient pour être immolé " Loffrande des oblats est perçue là comme lentrée triomphale du Roi, comme la manifestation de la gloire et de la puissance du Royaume. " (p. 124).
Et Paul Evdokimov : " Dans le rite oriental ...les Anges sont plus souvent présents que dans le rite romain...Après le Trisagion... le Chérubikon est un autre moment solennel de la célébration eucharistique orientale : " Nous qui mystiquement représentons les Chérubins et chantons à la Trinité vivifiante l'hymne trois fois saint, déposons tous les soucis afin de recevoir le Roi de l'univers , invisiblement escorté des armées angéliques ". Ainsi en ce moment clé de l'action liturgique, la louange des fidèles s'identifie mystiquement d'une certaine manière à la louange des " anges aux yeux innombrables et aux ailes bruissantes , souffles puissants de purification exigée par ce moment redoutable " " Paul Evdokimov, La prière de l'Eglise D'Orient.
Pour ma part, jai toujours compris la référence aux Chérubins comme une affirmation de lassociation de lÉglise terrestre à lÉglise céleste (la Communion des Saints), en y voyant un parallèle entre la présence des Chérubins (ou Séraphins) devant le trône de Dieu (voir par exemple la vision dIsaïe dans Is 6) et celle des fidèles devant lautel terrestre : cest ainsi que les fidèles " représentent " les Chérubins et en même sassocient à eux dans une même liturgie éternelle. Cest ainsi que les fidèles doivent " déposer tout souci de ce monde ", afin de recevoir " le Roi de toutes choses ", en leur cur et dans la Sainte Communion.
Il sagit bien de lHymne des Chérubins, qui est chanté très solennellement juste avant la Grande Entrée de la Divine Liturgie. Voici une translittération (je me suis simplifié un peu la tâche, en utilisant les conventions suivantes :
tch = " "
chtch = " Ó ") (cf. Petit Larousse, " cyrillique ")
I-je hie-ru-vi-my tai-no o-bra-zu-iu-chtche,
I ji-vo-tvo-ria-chtchei Troi-tse tri-svia-tu-iu piesn pri-pie-vaiuchtche.
Vsia-ko-ie ny-nie ji-tiei-sko-ie ot-lo-jim popie-tch-ni-e.
Amin. Ia-ko da Tsa-ria vsieh pod-i-miem,
an-giel-ski-mi nie-vi-di-mo do-ri-no-si-ma . tch-mi.
Al-li-lu-ia (3 fois).
Les versets sont bien sûr généralement répétés au moins deux fois. Lhymne est chanté en deux temps, séparés par la Grande Entrée et les prières dintercession du prêtre, dont la conclusion est l" amen " au milieu de lhymne. La première partie est chantée très doucement et lentement, la deuxième plus rapidement.
Jai un enregistrement dun Chéribicon de Bortniansky (il a sans doute composé plusieurs versions de cet hymne), : Chorale " Philippopolis ", disque " Laudamus deum II " (mais on distingue à peine les mots).
Voici une traduction :
Nous qui dans ce mystère [ou : mystiquement] représentons les Chérubins,
et chantons lhymne trois fois sainte
à la vivifiante Trinité,
déposons maintenant tous les soucis de ce monde.
Amen. Pour recevoir le Roi de toutes choses,
invisiblement escorté par les armées des anges.
AlléluiaICÔNE DE LA MÈRE DE DIEU " AUX TROIS MAINS "
Merci de votre question concernant licône de " la Mère de Dieu aux Trois Mains ". En fait, la troisième main nest pas une main de la Mère de Dieu, mais de saint Jean Damascène (VIIIe siècle), grand défenseur des icônes pendant la crise iconoclaste (ceux qui voulaient abolir le culte des icônes). Voici en bref lhistoire : saint Jean Damascène était à lépoque fonctionnaire au service du calife de Damas en Syrie, alors sous domination arabe. Il a commencé à envoyer des lettres à lEmpereur Léon III de Constantinople dénonçant le soutien de lEmpereur des iconoclastes. LEmpereur, pour se débarrasser de Jean, qui vivait en dehors de lempire Byzantin, a envoyé une fausse lettre au calife, prétendant que cétait de Jean, invitant lEmpereur à semparer de Damas. Le calife, furieux, a ordonné que la main de Jean soit coupée. Après que ceci a été fait Jean a déposé le membre coupé devant licône de la Mère de Dieu et sest mis en prière. Le matin sa main lui était restaurée. Ceci était lorigine de cette icône.
Par la suite, Jean a quitté la vie du monde, a vendu ses biens et est devenu moine au monastère de saint Sabbas à Jérusalem. Il a écrit plusieurs traités sur les icônes et ses enseignements ont servi au septième Concile cuménique en 787, qui a définit la théologie des icônes (bien que la crise iconoclaste na été définitivement résolue quen 847). Saint Jean Damascène a aussi écrit des hymnes liturgiques, dont certains sont encore utilisés aux offices liturgiques de lÉglise orthodoxe. LÉglise célèbre sa mémoire le 4 décembre. Il est souvent représenté sur les icônes portant une sorte de turban. Il est considéré comme un des patrons des iconographes.
ICÔNE DE LA MÈRE DE DIEU DE KAZAN
Je vous envoie maintenant le texte que jai trouvé sur la Mère de Dieu de Kazan : cest en anglais, car le livre en question nexiste pas en français. Le texte accompagne une illustration et se réfère à elle ; cest possible que votre icône diffère en quelques détails de celle-ci. Il y a une icône de la Mère de Dieu de Kazan aux Pages Orthodoxes, à la page " Hymne acathiste à la Mère de Dieu ".
THE KAZAN MOTHER OF GOD
The icon of the Kazan Mother of God (celebrated July 8th and October 22nd) made its apparition in 1579. When one speaks of the "apparition" of an icon, this term, current in old Russian chronicles and hagiographies, means a miraculous event by which an icon, hitherto unknown, becomes notable as a new source of the manifestations of grace. The story of the apparition of the Mother of God at Kazan, the capital of a Tartar Khanat recently conquered by the Russians, may serve as a typical example. Having appeared several times in succession in the dreams of a young girl, the Mother of God commanded her to point out to the ecclesiastical and secular powers the place where Her miraculous icon was to be found, buried in the earth. The clergy and the dignitaries refused to believe the message of the visionary. Finally, the young girl and her mother none the less exhumed the icon. Carried with pomp to the cathedral, the newly appeared icon of the Mother of God became notable through several miracles. The Kazan icon accompanied the national troops who liberated Moscow from the Poles on October 22nd, 1612. Together with the icon of Smolensk, it gave courage to the Russian army in 1812. Its role in the destiny of Russia can be compared to that of the Blachernitissa at Byzantium.
Icons of the Kazan Mother of God are very numerous: it is perhaps the icon of the Mother of God that is most wide-spread in Russia. The icon that we reproduce here must have been made towards the end of the XVIth century, that is a short time after the apparition of the Kazan icon. Our icon reduces the image of the Mother of God to the shoulders: thus, the left hand which supports the Infant arid the right hand, with its gesture of prayer, do not appear. In the same way, the Christ-Emmanuel is represented only to the waist. His left hand, which habitually holds a scroll, is hidden under the himation. As on the icon of the Hodigitria of Smolensk, He is clothed with a himation woven of gold and remains standing quite upright, full-face to the faithful. His blessing hand, on our icon, has been damaged by a burn, but one can perceive that the gesture is less solemn than it was on the icon of Smolensk. Even more than on the icon of Tichvine, the Mother of God's head is inclined towards the Infant-Emmanuel. The face remains grave, but expresses at the same time feminine sweetness and a saddened tenderness: without looking directly at Her Son, the Mother of God seems to contemplate His mission of Saviour come into the world to suffer the Passion. It is no longer an official ceremony of presentation. The Byzantine theme of the Hodigitria is completely transformed in the Russian icon of the Kazan Mother of God.
Our icon has recently been cleaned in Paris. It has beautiful colours: the maphorion of fiery purple detaches itself against a background of golden ochre.
Extrait de : Leonid Ouspensky et Vladimir Lossky, The Meaning of Icons.St. Vladimirs Seminary Press, 1989, p. 88.
ICÔNE DE LA MÈRE DE DIEU " EN TOI SE RÉJOUIT " - SAINT SÉRAPHIM DE SAROV
Je ne sais exactement devant quelle icône de la Mère de Dieu saint Séraphim de Sarov aimait prier, mais il existe un type dicône de la Mère de Dieu qui sappelle " En toi se réjouit toute la création ". Lenseignement porté par cette icône est surtout que Marie la Mère de Dieu est la première personne à atteindre lunion avec Dieu, la théosis, et que cest par elle que lIncarnation du Fils de Dieu a eu lieu, ouvrant ainsi la porte au salut à toute lhumanité et même à toute la création. Il y a donc lieu que toute la création se réjouit en la Mère de Dieu.
Sur licône on voit typiquement la Mère de Dieu au centre, entouré danges, au-dessus desquels paraît la Jérusalem céleste, et le peuple de Dieu , en bas de licône, élève les mais en geste dhonneur et de supplication. La Mère de Dieu siège sur un trône et le Christ enfant est assis sur ses genoux, sa main droite élevée en geste de bénédiction. Sur une version de licône (École de Moscou, début 16e siècle), parmi le peuple on peut identifier certains personnages : ss. Jean Baptiste, Pierre, Paul, Jean Chrysostome, Basile le Grand, Jean Damascène, David et autres prophètes de lAncien Testament. Vous trouverez un exemple de cette icône (École de Novgorod) à la page " La beauté du culte " (section " Liturgie ") du site Pages Orthodoxes La Transfiguration .
Lhymne à la Mère de Dieu chanté à la Divine Liturgie de saint Basile le Grand (célébrée dix fois par an, est centrée sur ce même thème :
" En toi se réjouissent toute la création, ô Pleine de grâce,
la hiérarchie des anges et la race des hommes.
Ô Temple sanctifié, ô Jardin spirituel, ô Gloire virginale,
cest en toi que Dieu sest incarné,
en toi quest devenu petit enfant
celui qui est notre Dieu avant tous les siècles.
De ton sein il a fait un trône,
il la rendu plus vaste que les cieux.
Ô Pleine de grâce, toute la création se réjouit en toi.
Gloire à toi. "Il est possible que licône de saint Séraphim était une toute autre icône.
ICÔNES DE LA MÈRE DE DIEU ÉTOILES SUR SON MANTEAU
Sur les icônes de la Mère de Dieu, trois étoiles, habituellement dorées, figurent sur son manteau, une à chacun de ses épaules et une sur le capuchon de son manteau, au-dessus de son front (il se peut quune des étoiles soit cachée par la composition de licône, par exemple quand elle tient le Christ enfant sur un bras). Cet élément iconographique a son origine dans lempire byzantin, où les vierges portaient un tel signe de leur état. La signification dans liconographie orthodoxe est que la Mère de Dieu était vierge avant lenfantement du Christ, elle était vierge pendant lenfantement, et elle est restée vierge après lenfantement comme lexpriment expressément certains chants liturgiques. Lexpression " immaculée dans sa conception " est une interprétation catholique romaine de cette symbolique, car le dogme de limmaculée conception de la Vierge Marie, telle que définie par lÉglise catholique, nest pas acceptée par lÉglise orthodoxe.
ICÔNE DE LA MÈRE DE DIEU LA GRANDE PANAGIA
Licône quon appelle " La Grande Panagia " (du grec " Toute-Sainte ") est de lécole de Iaroslavl et on la date vers lan 1224. Cest une grande icône 120 x 194 cm. , dont loriginal se trouve à la Galérie Trétiakov à Moscou. On trouve des commentaires " techniques " sur cette icône dans V.N. Lazarev, Icônes russes IXe XVIe siècles (Desclée de Brouwer, 1995), pages 41-42 et 366. La reproduction de cette icône dans le livre (planche 21, 17 x 28 cm.) est excellente ; elle se reproduirait très bien même en photocopie si vous avez des difficultés à obtenir une diapositive de licône, vous pourriez peut-être en faire une à partir du livre.
ICÔNE DE LA VIERGE DE TENDRESSE
Après avoir consulté quelques amis grecs, je suis daccord que le mot " Kardiotissa ", seul, est difficile à traduire avec précision. La racine " kardia " (le cur) est évidente et la terminaison du mot indique quil sagit dun adjectif au féminin " celle qui agit avec le cur ", peut-être. Mais aussi, on trouve un autre mot souvent attribué à ce type dicône : " Glykophilousa ", qui veut dire " baiser tendrement ". Ce type dicône est généralement connu en français comme la " Mère de Dieu de Tendresse " ou la " Vierge de Tendresse ". Ce qui marque ces icônes cest que les joues de la Vierge Marie et de lEnfant Jésus se touchent. LEnfant a habituellement ses mains sur la nuque de la Vierge et souvent il a un bras autour de sa nuque, tel que lon voit sa main de lautre côté. Alors que lEnfant souvent regarde la Vierge, elle regarde vers le spectateur, ce qui normale sur les icônes. Mes interlocuteurs nont pas pu dire sil existe vraiment une distinction entre les icônes Kardiotissa et Glykophilousa je pense quil sagit de deux mots qui correspondent plus ou moins au même type dicône on les trouve même ensemble : la Vierge " Glykophilousa Kardiotissa " !
ICÔNE DE LA VIERGE DE VLADIMIR
Je crois quil sagit bien de licône quon appelle la " Vierge de Vladimir ", dont je peux vous fournir quelques détails. Loriginal de cette icône byzantine, dont il existe beaucoup dimitations et de copies, a été apporté de Constantinople à Kiev, alors capitale de la Rus (Russie) en 1131, et en 1151, de Kiev à la ville de Vladimir, doù son nom. Pendant deux siècles de nombreux miracles ont été attribués à la présence de licône, qui plusieurs fois séchappait aux incursions des Tatars. En 1395 elle a été transférée à Moscou, où elle a souvent été présente aux grands événements du pays. Elle est présentement, je crois, toujours à la Galerie Tretiakov, qui abrite la plus importante collection dicônes en Russie (et sans doute au monde).
Licône elle-même combine des éléments des deux principaux " types " dicônes de la Mère de Dieu : celle de la" Hodigitria " (celle qui montre le Chemin, en désignant le Christ de sa main) ; et " Elousia " (tendresse), qui typiquement montre lEnfant et la Mère de Dieu se touchant les joues et une main de lEnfant passant derrière son cou.
Un détail ne semble pas saccorder : la référence aux noms des archanges Michel et Gabriel. Ceux-ci ne figurent pas sur les reproductions de loriginal (qui dailleurs est assez abîmée à certains endroits), mais ce quon voit, en lettres rouges, est à gauche, la lettre " M ", et à droite, la lettre grecque " q " (theta). Il sagit dune partie de labréviation conventionnelle iconographique de la Mère de Dieu, en grec, formée de la première et la dernière lettre de chaque mot : mitir theon Mère de Dieu (ou theotokos, " celle qui enfante Dieu ").
Pour plus dinterprétations théologiques de licône, je vous réfère au livre de Paul Evdokimov, Lart de licône : Théologie de la beauté (Desclée de Brouwer), qui en consacre quelques pages.
ICÔNE DE LA VIERGE DU BUISSON ARDENT
Voici donc ce que nous avons trouvé concernant cette icône. Licône que nous avons en main provient du Monastère de Solovki, fin du 16e siècle, reproduit sur un calendrier de 1992 " Icons and Holiness " (Centro Studi Russia Cristiana). Limage est très belle ; elle diffère de celle que vous mavez envoyée principalement dans le rapport entre la Mère de Dieu et les anges : la Mère de Dieu domine licône, alors que les anges sont beaucoup moins visibles. Voici le texte descriptif :
Already in the 16th century artistic accomplishment (wood and bone carving, goldsmithing) was a feature of the monastery of the Solovki, the northern outpost of Russian Christianity It was, however, only in the beginning of the 17th century, in 1615, that an autonomous iconographic workshop came into being. Out of this there gradually evolved a precise pictorial style, as well as a choice of subjects linked with monastic life and particularly consonant with the local spirituality. The type of icon of the Virgin of the Burning Bush is a variation of Odigitria. What is effected here is a quite valuable and intricate link between the New testament and the prophecies of the Old Testament that announced the coming of salvation, in which Mary would have the key role.
The Mother of God stands out in the centre of the icon above an eight-pointed red and blue star which generally indicates the Presence of God, the Lord of hosts, the Ancient of Days ; here it alludes to the bush (the four blue rays) burning in the fire of divine energy (the red rays).
The clothes and symbols of the Virgin remind one of those of the Mother of God "A stone cut out of the mountain by no human hand." In this case the emphasis is placed on the royalty of the Virgin, the heavenly Queen surrounded by the angelic hosts and by the elements of nature that obey her will. In accordance with the visions of the Book of Revelation, the various hierarchies of angels are represented with their own attributes : stars, clouds, lightning and swords ; the closed ciborium symbolizes frost, the little naked figure the wind. This type of icon was particularly widespread among the Solovki, and it is here that a 14th century manuscript outlines the Virgins power. It was her prerogative to send down lightning, frost and earthquakes on the impious on earth unless the prayers of the faithful changed her anger into mercy.
On the mountain which is visible on the Virgins bosom there rises the structure of the heavenly Jerusalem and it is here that Christ appears robed as a King: "The God of heaven will set up a kingdom which shall never be destroyed" (Dn 2, 44).
In the four corners are portrayed the prophecies of the Incarnation: Moses in front of the burning bush; Ezekiel in front of the closed door of the sanctuary which "shall remain shut; it shall not be opened, and no one shall enter by it; for the Lord has entered by it" (Ez 44, 2); the apparitions of the Seraphim who cleanses the lips of Isaiah with a burning coal (Is 6, 6).
Il est important de chercher des explications dune telle icône dans les textes bibliques ainsi que dans la tradition de lÉglise qui sy rapportent. Donc, comme le texte suggère, dans les prophéties de lAncien Testament concernant lIncarnation, ainsi que dans lApocalypse. Un exemple de détail non insignifiant : la Mère de Dieu tient dans la main droite une échelle (échelle de Jacob, échelle de saint Jean Climaque), qui mène du Christ enfant dans sa main gauche au-delà de la muraille entourant le Christ-Roi dans la cité (la Jérusalem céleste) Sur licône que vous mavez envoyée, léchelle ne mène nul part
Daprès le texte ci-haut, les anges ne représentent donc pas des " forces de la nature " comme entités indépendantes, mais des éléments sous à la Mère de Dieu.
Aussi en ce qui concerne les anges, il y aura peut-être lieu de consulter le texte du " Pseudo-Denys ", lHiérarchie céleste : peut-être quil parle des objets ou symboles tenus par les différents anges.
Pour aller plus loin dans lhistorique de cette icône, il faudrait chercher linformation sur la fête à laquelle licône peut être associée, car il ny a pas de fête générale pour cette icône ; peut-être sagit-il dune fête locale ? Je vais essaye de me renseigner davantage.
ICÔNE DE LA RENCONTRE DE SS. JOACHIM ET ANNE
Dans lÉglise orthodoxe, on offre souvent licône de la " rencontre de saint Joachim et de sainte Anne " aux nouveaux mariés. Pour cette raison, licône est parfois appelée l" icône du mariage " ; elle reflète lamour et lunion entre un homme et une femme comme vocation bénie par Dieu déjà dans la Genèse, et dont le but principal nest dautre que la sanctification du couple, dans le cadre de son appartenance à lÉglise.
Licône dite de la " Sainte Famille ", avec Joseph, Marie et Jésus, est inconnue dans la tradition orthodoxe. Certains orthodoxes considèrent cette icône comme " hérétique ", car elle suggère et licône doit toujours être vue comme un enseignement quil sagit dune vraie famille, comme les familles humaines normales, et donc que Joseph est le père de Jésus. Certaines versions de cette icône montrent Joseph posant sa main sur lépaule de la Vierge Marie, geste daffection tout-à-fait humain, mais qui suggère un rapport de couple entre Joseph et la Vierge. Même si ces " lectures " ne sont pas voulues par les iconographes qui ont créé ces icônes, une " lecture " de licône ne peut pas sempêcher de les voir dans limage même.
Personnellement, je nai jamais vue une icône de Joachim, Anne et Marie en tant que " famille ", mais sur certaines icônes de la Mère de Dieu, il y a des scènes de sa vie, où on peut trouver Joachim et Anne avec Marie enfant une scène quon appelle parfois la " câlinerie de la Vierge ".
Dans la tradition orthodoxe, la " Sainte Famille " est celle de Joachim, Anne et la Vierge Marie, modèle des familles chrétiennes. Dans leur vieillesse, Joachim et Anne sont les véritables parents naturels de celle qui est devenue la Mère de Dieu. Licône de la rencontre de Joachim et Anne, fondée sur le récit du livre apocryphe Le protoévangile de Jacques, montre le saint couple sembrassant tendrement, chacun ayant reçu le message divin que leur union produira lenfant tant voulu depuis des années.
Pour venir à votre question précise, la référence P-104 renvoit à la plage 104 du livre : Mikhaïl Alpatov et Irina Rodnikova, Icônes - Pskov : XIIIe - XVIe siècles, Éditions dart Aurora, Leningrad, 1990 ; France, 1991 (les références aux sources des reproductions figurent au début de la page " Index de Reproductions dicônes Russes " des Pages Orthodoxes La Transfiguration). La plage 104 est une reproduction en noir et blanc dune icône de la Nativité de la Mère de Dieu. La plage 105 reproduit en couleurs une partie de cette icône qui représente justement la " câlinerie de la Vierge ".
Il existe plusieurs versions, anciennes et modernes, de licône de la rencontre de Joachim et dAnne devant les " portes dorées " de Jérusalem. La plus belle version de licône que je connais est celle de Novgorod, 15e siècle, dont loriginal se trouve au Musée dicônes à Recklinghausen en Allemagne. Jai une excellente reproduction de cette icône (la reproduction de licône mesure 30x43cms). Si je me souviens bien, jai lacheté en France, possiblement à La Procure à Paris. Vous pouvez peut-être la commander dans une librairie ou directement du Musée. Cest cette icône qui figurent aux " Pages du mariage et de la vie chrétienne dans le monde " aux Pages Orthodoxes La Transfiguration (http://www.pagesorthodoxes.net).
Il existe un rituel pour la bénédiction des icônes (voir fichier ci-joint, extrait de : Denis Guillaume, trad., Grand Euchologe et arkhiératikon, Diaconie Apostolique, Parma, 1992), mais la pratique varie beaucoup, selon sil agit dune icône originale (peinte à la main) ou dune copie encollée, et sil sagit dune icône pour léglise ou pour usage personnel. Le rituel complet sert notamment pour des icônes destinées à être vénérées à léglise même. Le rituel le plus simple, pratiqué souvent pour des reproductions destinées à usage personnel, consiste à placer licône sur lautel pendant la célébration de la Divine Liturgie et peut-être pendant une semaine complète, suivi dune simple prière de bénédiction.
Dans liconographie traditionnelle, on ne trouve pas dicône du Christ avec les disciples sur le chemin dEmmaüs : les seules icônes vraiment " classiques " de la Résurrection du Christ sont celles de la descente aux Enfers et des Femmes Myrophores (le tombeau vide). On trouverait peut-être des fresques des disciples dEmmaüs, car la gamme de sujets permis pour les fresques étaient plus larges que celle des icônes.
Il existe, cependant, des icônes modernes des disciples dEmmaüs, de provenance orthodoxe et catholique, dont en voici trois adresses :
http://www.comeandseeicons.com/inp48.htm
http://www.ofm-usa.com/assumption/Icons/PH6image.html
http://www.theikonstudio.com/triptychgallery.html
La première est dun iconographe orthodoxe, les deux autres catholiques. Même si le sujet nest pas traditionnelle, liconographe orthodoxe reste plus proche des canons iconographiques que les catholiques, par exemple en assurant que les deux disciples sont des hommes, alors quune des icônes catholiques a une homme et une femme, ce qui nest pas conforme à linterprétation habituelle du récit évangélique. Aussi, la composition de licône de lOrthodoxe rappelle un peu celle de la trinité de Roublev, avec laquelle il a y un certain lien liturgique
Lautre icône catholique mélange des éléments de plusieurs icônes, ce qui pourrait choquer les personnes qui connaissent les icônes : un sujet non-traditionnel, les disciples dEmmaüs, avec des éléments de la deisis, mais sans respecter les canons de la deisis : le Christ en gloire, assis sur un trône de chérubins (et non à table de dîner), la main droite en bénédiction et main gauche tenant un livre, entouré en premier lieu de la Mère de Dieu à sa droite (correcte sur le triptyque), et Saint Jean Baptiste à sa gauche (le saint patron de lÉglise viendrait plus loin, après les archanges Michel et Gabriel, et Saints Pierre et Paul). Aussi, la couleur de la robe de la Mère de Dieu nest pas canonique : elle doit être mauve ou pourpre foncé, pas bleue. Plus loin dans la page des icônes de cette église, on voit une autre atteinte aux canons iconographiques, le texte inscrit sur le livre tenu par le Christ en gloire. Dans les canons, le texte tenu par un personnage doit être un texte de la personne lui-même ; par extension, on peut argumenter quun texte dIsaïe est un texte du Christ, mais en pratique seule une parole du Christ dans les Évangiles est acceptable sur une icône du Christ.
Ceci montre, il me semble, quelque uns des problèmes de liconographie hors de lÉglise orthodoxe. Même si une personne maîtrise la " technique " iconographique, ceci ne veut pas dire que la personne crée des icônes, car liconographie est un art sacré au service de lÉglise et lÉglise a le devoir de vérifier normalement au moment de la bénédiction de licône si licône est conforme à lenseignement de lÉglise et aux canons iconographiques. Si lÉglise est parfois plus " libérale " en ce qui concerne les icônes pour usage personnel, ce nest pas le cas pour les icônes à léglise même, qui sont exposées pour la vénération des fidèles. Dans cette perspective, les " icônes " de léglise St. Luke's Catholic Church, McLean, Va, seraient considérées par les orthodoxes comme des peintures iconographiques (on en trouve même dans des églises orthodoxes !) et non pas comme des vraies icônes. Cest sans doute mieux que les images et peintures pieuses qui ont été pendant si longtemps habituelles, mais nous sommes encore loin des icônes au vrai sens du mot.
Pour lÉglise orthodoxe, les icônes sont de lart sacré et elle sont intégrées à la vie liturgique et spirituelle orthodoxes. Les icônes sont bénies par lÉglise et sont vénérées, suivant les canons du septième Concile cuménique en 787, selon lesquels la vénération accordée à une icône remontent à son " prototype ", la personne ou les personnes qui sont représentées sur licône. Vous trouverez au site web des Pages Orthodoxes La Transfiguration (www.top.ca/users/thabor , section " Icônes et iconographie ") un article de Léonide Ouspensky sur la théologie des icônes.
Les orthodoxes font souvent une distinction entre " art sacré " et " art religieux ", ce dernier comprenant les uvres dart à sujet religieux mais qui ne sont pas considérées comme " sacrées ". La plupart des uvres religieuses, depuis la Renaissance en Europe occidentale jusquà nos jours, tombent dans cette catégorie. Ainsi aussi les images pieuses. Les orthodoxes ont souvent des reproductions, de toutes dimensions, dicônes, mais il sagit quand même de reproductions dicônes.
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Le type dimage qui caractérise le mieux lOrthodoxie est sans doute licône, dont il est en existe beaucoup de reproductions dans les livres et à linternet, y compris aux Pages Orthodoxes La Transfiguration. Dans la section " icônes et iconographie " vous trouverez des essais sur la théologie de licône ainsi que des références bibliographiques et lindex des images vous aide à trouver des icônes particulières. Le " Pasteur " est le Christ lui-même, et le type dicône du Christ le plus répandu est celui du " Christ Pantocrator " (Tout-Puissant).
Le personnage avec les ailes sur licône en question est saint Jean Baptiste. Voici quelques exemples de ce type dicône sur internet :
http://www.rdrop.com/users/stmary/srp047.jpg
http://www.kuparas.lt/Galerijos/Icon1/3-13865/3-13865.html
Licône évoque la parole du Précurseur : Voici lAgneau de Dieu, et la coupe fait le lien avec lEucharistie. Le texte de la deuxième icône dit (je pense) justement Voici lAgneau de Dieu (en slavon).
Appart les anges, seul saint Jean Baptiste est figuré avec des ailes sur certaines icônes l" ange du désert ".
Les icônes peuvent certainement être un apport précieux dans notre foi et notre prière. Pour les personnes qui sont attirées par les icônes et qui aimeraient les comprendre davantage, je recommande le petit livre de Michel Quesnot, Licône : Fenêtre sur labsolu (Cerf, 1987). Pour une connaissance plus approfondie, il y Daniel Rousseau, Licône, splendeur de ton visage (Saint-Paul, 1994), ainsi que dautres uvres que vous trouverez à la bibliographie sur liconographie aux Pages Orthodoxes La Transfiguration (www.top.ca/users/thabor).
Pour voir des icônes au Québec, les meilleurs endroits sont quelques unes des églises orthodoxes de la région montréalaise, par exemple léglise Saints-Pierre-et-Paul, au coin de Champlain et de Maisonneuve.
Pour ce qui est des monastères, il y deux monastères orthodoxes au Québec :
Communauté monastique de Saint-Séraphim-de-Sarov (Lanaudière)
B.P. 1695, Rawdon QC, J0K 1S0.
Higoumène : Hiéromoine Irénée (Rochon)
Tél. : 450-834-2332. Fax : 450-834-8075.
Langue liturgique : FrançaisMonastère de la VIERGE-MARIE-LA-CONSOLATRICE (Laurentides)
827, chemin de la Carrière, Brownsburg QC, J8G 1E7.
Supérieure : Mère Thékla .Tél. : 450-533-4313.
Langue liturgique : GrecJhabite à Rawdon et je connais bien la Communauté monastique. Dans la chapelle, il y quelques belles icônes originales, notamment celles des grandes fêtes et de S. Séraphim-de-Sarov (que vous pouvez voir aux pages sur la paternité spirituelle aux Pages Orthodoxes La Transfiguration). Je ne connais pas les icônes du monastère à Brownsburg.
Par manque de moyens, des paroisses sont parfois obligées dutiliser des reproductions laminées dicônes. Aussi beaucoup dicônes quon trouve dans les églises ne sont pas dans des styles " classiques ", soit slave ou grec, mais peuvent être plus ou moins influencées par lart religieux occidental.
Il existe un Regroupement diconographes et diconophiles au Québec, qui se réunit deux fois par an, à lautomne à Montréal et au printemps à Québec. Il y a quelques informations sur cette association aux Pages Orthodoxes La Transfiguration.
Comme vous le savez sans doute, les icônes de saints occidentaux, même davant le schisme, sont difficiles à trouver. Heureusement les iconographes occidentaux souvent des catholiques travaillent à combler ce manquement.
La seule icône de Saint Hilaire que je connais à été écrite à Montréal il y a quelques années. Cest une très belle icône, qui montre S. Hilaire avec S. Athanase dAlexandrie et elle est connue comme licône des " deux Athanases ". Les deux saints évêques se sont en fait connus lors dun des exils de Saint Athanase en Occident. Licône a été écrite dans un cadre de prière et despoir de réunification des Églises dOrient et dOccident. Je nai pas de copie de cette icône, mais je peux me renseigner sil en existe, si ceci vous intéresse.
Dans la tradition iconographique slave, il existe quelques " cahiers " de dessins iconographiques qui servaient justement à linstruction de futurs iconographes. Certains ont été reproduits en anglais, avec les dessins dorigine. En voici une référence (de la Bibliothèque de lettres et des sciences humaines de luniversité de Montréal) :
An Iconographer's sketchbook : drawings & patterns / translated & edited by Gregory Melnick. Torrance, CA : Oakwood Publications, 1997-1998. 2 v. : ill. Autre(s) titre(s) Tracings from antique icons in the collection of A.M. Postnikov. Patterns of old Russian iconography. Materials for the history of Russian iconography. Note(s) "The sketches were published originally as: Tracings from antique icons in the collection of A.M. Postnikov. V[asili]. I[vanovich]. Uspensky, published by the St. Petersburg Archaeological Institute, St. Petersburg, 1898. And Antique icons in the collection of A.M. Postnikov. M[ichael] I[vanovich] and V[asili]. I[vanovich]. Uspensky, published by the St. Petersburg Archaeological Institute, St. Petersburg, 1898." -- Verso de la p. de t. du v. 1.
Localisation Cote Statut UdeM L.S.H. N 8189 R8 I36514 1997
Aussi, il y a un cahier de liconographe russe Galia Bitty, qui est venue au Québec plusieurs fois pour donner des cours. Finalement, il y a le livre suivant (mais je ne me souviens pas de son contenu) : Ramos-Poqui, Guillem, La peinture des icônes sur bois. Le Temps Apprivoisé, 1990.
Merci pour votre question concernant la signification des lettres IC XC qui figurent sur les icônes du Christ. En fait, ce ne sont pas des lettres latines, mais grecques : le " C " est plutôt le " S " (sigma) grec. Les deux lettres sont unies par un signe, comme un ~. Il sagit de labbréviation grecque de IESOS CHRISTOS Jésus Christ, formée par la première et la dernière lettre de chaque mot. Par convention iconographique (et canon), toutes les icônes où est représenté le Christ, labbréviation grecque doit y figurer. De la même manière, la Mère de Dieu est identifiée sur les icônes par les lettres M R Q N (mhter yeon miter theon, Mère de Dieu). Généralement, même les icônes peintes (ou plutôt " écrites ") en dehors de la Grèce portent les inscriptions du Christ et de la Mère de Dieu en grec. Les noms des autres personnages et des événements (Nativité du Christ etc.) peuvent être dans la langue locale.
Oui, il est possible denregistrer des images de pages web, y compris les icônes des Pages Orthodoxes La Transfiguration !
La procédure habituelle, sous Internet Explorer, par exemple, est de placer le pointeur de la souris sur limage à lécran, puis cliquer le bouton droit de la souris. Apparaîtra alors un menu, puis choisir " Enregistrer limage sous ". Vous pouvez alors changer le nom du fichier et sélectionner lemplacement où le fichier sera enregistrée souvent lemplacement par défaut est le classeur " Mes documents ", mais vous pouvez lenregistrer dans un autre classeur spécial.
Pour visionner et imprimer limage, cliquer sur le fichier dans Windows Explorer (ou utilitaire semblable). Windows devrait alors lancer le logiciel approprié (par défaut, souvent Internet Explorer) et afficher limage. Vous pouvez alors limprimer.
La plupart des fichiers-image sur internet sont de type .jpg ou .gif. Si vous avez un logiciel de traitement dimage (par exemple, Adobe Photoshop ou même MS Paint), vous pouvez ouvrir les fichiers dans ces logiciels et modifier les images (dimensions, balance des couleurs, contraste etc.).
L'Église orthodoxe ne reconnaît pas le dogme de l'Immaculée Conception, selon lequel la Vierge Marie est née sans être entachée par le péché originel. Pour lÉglise orthodoxe, cette doctrine, fondée sur la notion augustienne de la transmission du péché originel à tous les descendants dAdam, est contraire au principe de la liberté dans le salut et constitue en effet un rejet de l'acte volontaire d'obéissance indispensable pour le salut. La Sainte Vierge serait ainsi séparée du reste de la descendance dAdam, lenlevant du destin commun de toute lhumanité, ce qui jette un doute sur la réalité de lIncarnation. Si en effet le Fils de Dieu avait assumé la nature humaine dune mère qui naurait pas hérité des conséquences du péché originel - notamment une tendance vers le mal et la mortalité -, il naurait pas assumé non plus la nature humaine déchue pour ensuite la transfigurer, la ressusciter, lexalter et la sauver.
Il ne sagit pas dune question relevant des Écritures saintes, mais plutôt de la tradition de lÉglise. LÉglise indivise du premier millénaire avait reconnu formellement la Sainte Vierge Marie comme " Théotokos ", la Mère de Dieu, dès le Concile dÉphèse (431), mais le dogme de lImmaculée Conception, telle que défini bien des siècles plus tard par lÉglise romaine, na jamais été acceptée par les sept conciles cuméniques, les seuls reconnus par lÉglise orthodoxe.
Une question apparentée est celle de lAssomption de la Vierge Marie. En ce qui concerne le dogme de lAssomption de la Mère de Dieu, lÉglise orthodoxe ne considère pas que ceci doive figurer parmi les dogmes essentiels de lÉglise. Il ny a aucun fondement biblique concernant lassomption de la Mère de Dieu au ciel, mais la mémoire de lÉglise a toujours accepté que le corps de la Sainte Vierge a été glorifié immédiatement après sa mort ou " dormition " et enlevé au ciel ; elle est au-delà de la mort et du jugement et vit déjà dans le siècle à venir. La Dormition de la Mère de Dieu, célébrée le 15 août, la dernière des grandes fêtes de la lannée liturgique, est fêtée par lÉglise orthodoxe comme une seconde Pâque, la résurrection de celle qui est déjà unie au Christ : la Mère de Dieu est licône de la glorification des saints de tous les temps.
LÉglise orthodoxe et les fidèles honorent et vénèrent la Mère de Dieu comme la plus parfaite des créatures de Dieu, " plus vénérable que les Chérubins et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins ", selon les mots de lHymne à la Mère de Dieu. Le titre complet de la Vierge utilisé dans les offices orthodoxes est " notre toute-sainte, immaculée, toute bénie et glorieuse Souveraine, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ", appellation reflétant bien la piété orthodoxe envers celle qui " a enfanté Dieu le Verbe " et qui a donc été linstrument nécessaire à lIncarnation et ainsi à salut de toute lhumanité.
Dans la conception orthodoxe, cest lÉglise tout entière qui est infaillible, parce quelle est le Corps du Christ ; cette infaillibilité ne repose pas sur une personne, ni même sur une collectivité, tels que les Conciles dévêques. Lexpression de cette infaillibilité est peut-être la plus évidente lorsque les évêques, réunis en Concile universel, prennent une décision librement. Cependant, une décision en matière de foi ou de dogme doit être en quelque sorte entérinée par lÉglise tout entière. Cest ainsi que les décisions de certains Conciles auxquels ont participé des évêques orthodoxes, notamment les Conciles dunification de lÉglise dOrient et de lÉglise romaine, en 1274 et en 1438-39, ont été rejetées par le peuple orthodoxe et sont considérées comme invalides. Il va de même de certains conciles historiques qui ont été dominés par les hérétiques, par exemple, le fameux " concile des brigands ", tenu à Éphèse en 449 et dominé par les hérétiques monophysites dEutychès.
Cest une des raisons pour lesquelles lÉglise orthodoxe ne peut accepter le dogme romain de linfaillibilité du pape, qui est contraire également à lexpérience vécue de lÉglise pendant les dix premier siècles.
INTERCESSION
Je vous suggère de lire quelques textes sur la prière dintercession, si vous ne les connaissez pas déjà, par exemple :
" La prière pour les autres " par le père Matta El-Maskine : http://www.pagesorthodoxes.net/pages-choisies/matta-autrui.htm.
Les textes dans la section des Pages Orthodoxes sur la prière : http://www.pagesorthodoxes.net/priere/priere-intro.htm.
Par exemple, cette page sur la prière de saint Silouane lAthonite : http://www.pagesorthodoxes.net/saints/silouane/silouane-priere.htm
Je vous envoie ici-bas un beau texte par le père Dumitru Staniloae : LES PRIÈRES POUR AUTRUI ET LA CATHOLICITÉ DE L'ÉGLISE.
Je recommande aussi le livre dOrigène sur la prière, ainsi que les commentaires des Pères sur les textes évangéliques portant sur la prière, par exemple :
Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez. (Matthieu 21, 22)
Moi je vous dis : Aimez vos ennemis, priez pour vos persécuteurs ; ainsi serez-vous fils de votre Père qui est aux cieux.
(Matthieu 5, 44)
Je recommande donc, avant tout, qu'on fasse des demandes, des prières, des supplications,des actions de grâces pour tous les hommes.
(1 Timothée 2, 1)
Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les presbytres de l'Église et qu'ils prient sur lui après l'avoir oint d'huile
au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera... La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance. (Jacques 4, 14-16)
La guérison du paralytique notamment le commentaire de lÉvangéliste : " Jésus, voyant leur foi " (Matthieu 9, 1-8).
Je ne suis pas en mesure de fournir des conseils sur le fonctionnement dun groupe dintercession, nayant pas dexpérience. Dans la pratique liturgique de l'Église orthodoxe, je crois que lutilisation du " Diptyque " pendant la Divine Liturgie est importante, pratique qui doit être encouragée, par exemple en ayant à disposition des fidèles une simple feuille imprimée et crayons.
La règle générale pour la communion dans lÉglise orthodoxe est que seuls les orthodoxes ayant observés les dispositions canoniques (par exemple, le jeûne eucharistique) peuvent communier. Les pratiques varient beaucoup dune juridiction à une autre en ce qui concerne la confession avant la communion, la fréquence de la communion, la participation aux vêpres ou aux vigiles avant la communion etc.
Cest une grande déception et une grande souffrance, que nous, Orthodoxes et Catholiques, qui sont si proche en matière de foi, ne peuvent pas communier ensemble. Cest une souffrance et un des prix que nous payons pour la faiblesse humaine à lintérieur même de lÉglise la séparation de lÉglise orthodoxe et de lÉglise catholique depuis un millénaire. Dans la perspective de lÉglise orthodoxe, ceux qui communient ensemble à la même coupe partagent la même foi et cest justement cette communion ensemble qui forment la communauté chrétienne locale, lÉglise locale, si vous voulez. Le rétablissement de lintercommunion sera donc le résultat et le signe du rétablissement dune vraie unité entre les Églises.
La question de l " intercommunion " est certainement une des plus difficiles et délicates entre lÉglise orthodoxe et lÉglise catholique et il ny a pas de solution facile La rétablissement de la " communion " entre les deux Églises est un but cher à beaucoup dans les deux Églises dont au pape Jean-Paul II mais plusieurs obstacles importants restent à être surmontés. Je comprends bien votre tristesse à ne pas pouvoir communier aux liturgies de lÉglise orthodoxe ; il y a dautres formes de bénédiction où la question de la séparation des Églises ne se posent pas, par exemple, lorsque le prêtre reçoit les fidèles après la liturgie et leur donne un morceau de pain béni (lantidore) et lonction des fidèles aux vigiles ou aux matines. Aussi, on peut dapprocher pour la communion et demander le prêtre de toucher sa tête avec le calice en disant une bénédiction (il serait souhaitable de sentendre avec le prêtre au préalable). Labsence de lintercommunion est sans doute la plus grande souffrance pour les chrétiens désunis et le rétablissement de la communion sera la plus grande joie.
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Merci de votre message. La question de lintercommunion entre les Églises est une de plus difficile pour les personnes qui recherchent lunité chrétienne. Cest une grande source de souffrance, non seulement pour les catholiques qui souhaiteraient communier dans une Église orthodoxe, mais aussi pour les orthodoxes qui aimeraient être en union avec tous ceux qui recherchent sincèrement le Seigneur et lunité des chrétiens. Malheureusement, la division des chrétiens est une réalité quon ne peut ignorer.
LÉglise orthodoxe admet à la Sainte Communion seulement les orthodoxes ayant rencontrés les conditions canoniques pour la communion. Le refus dadmettre à la Communion les chrétiens dautres confessions découle de la conception orthodoxe à la fois de la Communion et de lÉglise. Pour lÉglise orthodoxe, la Sainte Communion est à la base de lÉglise locale, qui est composée de ceux qui communie ensemble. Car en partageant la même coupe, nous sommes en communion non seulement avec notre Seigneur Jésus Christ, mais aussi avec tous ceux qui boivent à la même coupe : nous partageons la même foi. Si nous navons pas lunité de la foi, comment alors pouvons-nous être entièrement en communion les uns avec les autres en communiant à la même coupe ? Pour les orthodoxes, lintercommunion doit être le résultat dune nouvelle unité chrétienne, de lcuménisme, et non pas le moyen. Lorsque nous aurons retrouver lunité de la foi tant souhaitée, nous pourrons alors communier ensemble en toute joie. Labsence dintercommunion est le signe visible de la souffrance causé par le manque dunité des chrétiens.
Pour faire suite concernant lattitude de lOrthodoxie envers lIslam, je peux vous suggérer quelques articles qui sont parus dans la revue orthodoxe Contacts (Paris) :
Astrérios Argyrious, " Possibilité dun dialogue entre lIslam et la Christianisme à partir de leur conception de lhistoire ", Contacts, t. XXXII (1981).
Georges Khodre (Métropolite du Mont Liban), " Pour un dialogue avec lIslam ", Contacts, XXI (1969).
Georges Khodre (Métropolite du Mont Liban), " Le Christianisme, lIslam et lArabité ", Contacts, XXXII (1981).
Les rapports entre lIslam et le Christianisme ont été caractérisés historiquement par de longs siècles de conflits, dont le résultat était la disparition du Christianisme, grec, latin et oriental, de vastes zones de son implantation originale apostolique : totale en ce qui concerne lAsie mineure, la Perse et lAfrique (du Nord), partiel en ce qui concerne la Palestine (Liban et Syrie) et lÉgypte. Trois des quatre Patriarcats orthodoxes actuels sont situés dans des pays musulmans (Constantinople, Alexandrie et Antioche). Mais il y bien sûr des chrétiens arabes, surtout au Liban, mais aussi en Syrie et en Israël, et cest ainsi quil y a un intérêt pour le dialogue entre les deux religions.
Je nai pas consulté moi-même les articles en question, mais vous trouverez peut-être des indications concernant une appréciation théologique de lIslam, ainsi que des pistes à suivre vers dautres références. (Jai consulté une table des articles de Contacts pour les années 1959 à 1983 ; il est donc possible que dautres articles sont parus depuis 1983, mais il faudrait consulter les numéros individuels ou les index annuels.)
Sans doute quil y plus de documentation sur lorthodoxie disponible en français quen italien, mais il y des communautés orthodoxes en Italie qui sont mieux placées que moi pour vous conseiller en cette matière. Je vous suggère de les contacter pour obtenir ces informations. Voici trois adresses internet que vous pouvez consulter :
Monastero Ortodosso di San Serafino di Sarov - Presenta la descrizione e le foto del monastero e informazioni sul cristianesimo ortodosso.
Ortodossia Cristiana - Presenta un'introduzione all'ortodossia, dottrina, storia, liturgia e sezioni dedicate a musica, architettura e articoli vari.
Ortodossia in Italia - Fornisce informazioni generali sulla fede cristiano-ortodossa ed è il riferimento ufficiale dell'Arcidiocesi Ortodossa d'Italia.
Ce que nous savons du jugement dernier est vraiment très limité et même le texte biblique le plus explicite (la séparation des brebis et des boucs dans Matthieu 25,31-46 ; cest lÉvangile du " Dimanche du Jugement Dernier ", qui précède le Grand Carême) peut être interprété dune façon symbolique plutôt que réaliste. Voici le commentaire de père Lev Gillet :
" L'évangile de la liturgie (Matthieu 25:31-46) décrit le jugement dernier. "Quand le Fils de l'Homme viendra dans sa gloire", avec les anges, toutes les nations seront assemblées devant son trône. Il séparera les brebis d'avec les boucs, plaçant les justes à sa droite, les pécheurs à sa gauche. Il invitera à entrer dans le royaume du Père ceux qui l'auront nourri, vêtu, visité, sous la forme humaine des pauvres, des prisonniers, des malades. Il exclura du royaume ceux qui auront agi autrement. Cette description du jugement contient évidemment une part de symbolisme. Nous prononcerons nous-mêmes notre propre jugement selon que, volontairement, nous aurons adhéré à Dieu ou que nous l'aurons rejeté. C'est notre amour ou notre manque d'amour qui nous situera parmi les "bénis" ou parmi ceux qui sont écartés (ou peut-être ajournés). Si nous ne sommes pas forcés de donner une interprétation littérale des détails du jugement, tels que l'évangéliste les décrit, nous devons, par contre, entendre d'une manière très réaliste ce que le Sauveur dit de sa présence dans ceux qui souffrent, car c'est en eux seulement que nous pouvons venir en aide au Seigneur Jésus.
" Les prières des vêpres de ce samedi soir et des matines de ce dimanche donnent une impression générale de terreur devant le jugement de Dieu. Il y est question de livres ouverts, d'anges effrayés, de rivières de feu, de tremblement devant l'autel. Tout ceci est juste, et de nombreuses paroles de l'Evangile nous pressent de nous convertir avant qu'il ne soit trop tard. Mais le côté d'ombre, les ténèbres où le pécheur obstiné peut choisir de se jeter, ne doivent pas faire oublier le côté de lumière et d'espérance. Voici une phrase d'un chant des vêpres où ces deux aspects se trouvent unis comme il convient
"O mon âme, l'heure approche. Hâte-toi dans la foi avant qu'il ne soit trop tard et crie : J'ai péché contre toi, Seigneur, J'ai péché mais je connais ta compassion, ô toi, le Bon Pasteur, l'Ami du genre humain..." (LAn de grâce du Seigneur, pp. 144-145).
Et voici un autre commentaire moderne, de Mgr Hilarion Alfeyev :
" Au moment de la mort l'âme sort du corps et accède à une autre modalité d'être, toutefois elle ne perd ni la mémoire, ni l'aptitude à réfléchir et à sentir. En outre, elle se rend dans un autre monde accablée par le poids de sa responsabilité pour la vie qu'elle a menée, et dont elle garde le souvenir.
" L'enseignement chrétien sur le Jugement dernier, auquel personne ne peut échapper, est fondé sur l'idée que toutes les actions bonnes et mauvaises accomplies par l'homme laissent une trace dans l'âme, et qu'il faudra rendre des comptes pour tout devant le Bien absolu auprès duquel ne peuvent subsister aucun mal ni aucun péché. Le Royaume de Dieu est incompatible avec le péché: " Il n'entrera chez elle (la ville) rien de souillé, ni personne qui se livre à l'abomination et au mensonge; il n'entrera que ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l'Agneau " (Ap 21,27). Toute action mauvaise dont l'homme ne s'est pas repenti en confession avec une totale sincérité, tout péché resté caché, toute impureté de l'âme, toutes ces choses seront manifestées au grand jour lors du Jugement dernier: " Car il n'est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être mis au jour ", dit le Christ (Mc 4,22).
" La parabole du Christ sur le Jugement dernier montre que ce Jugement sera pour beaucoup le moment où les voiles tomberont de leurs yeux: ceux qui étaient convaincus d'être sauvés se trouveront brutalement sous le coup d'une réprobation, et ceux qui, peut-être, n'avaient pas rencontré le Christ dans leur vie terrestre (" Quand T'avons-nous vu? "), mais avaient témoigné de la compassion envers leur prochain, obtiendront le salut. Dans la parabole du Jugement dernier, le roi ne demande pas aux hommes s'ils avaient été assidus à l'église, s'ils avaient observé les jeûnes, s'ils avaient prié des heures durant, mais il demande comment ils se comportaient envers leurs prochains, les " plus petits de Ses frères ". Les uvres de miséricorde qui auront été accomplies, ou ne l'auront pas été durant la vie serviront de principal critère lors du Jugement. Le Jugement dernier s'appliquera à tous, croyants ou incroyants, chrétiens ou païens. Mais si les chrétiens seront jugés selon l'Evangile, les païens, eux, le seront selon " la loi de leur conscience inscrite dans leur cur " (Rm 2,15).
" On trouve d'ailleurs dans le Nouveau Testament des indications d'après lesquelles tous les hommes comparaîtront au Jugement en entendant la bonne nouvelle du Christ, même ceux qui n'auraient pas connu le Christ dans la vie terrestre. L'apôtre Pierre dit que le Christ, après Sa résurrection, est descendu aux enfers pour y prêcher auprès des pécheurs qui aux jours de Noé avaient péri dans les eaux du déluge:
" Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, Lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu; Il a été mis à mort quant à la chair, et rendu vivant quant à l'Esprit, dans lequel aussi Il est allé prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l'arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c'est-à-dire huit, furent sauvées de (mot à mot "par le moyen de", "à travers") l'eau. Cette eau était une figure du baptême [...] qui maintenant vous sauve par la résurrection de Jésus-Christ " (I P 3,18-21).
" Si le Christ a prêché aux enfers, sa prédication s'adressait-elle à tous ceux qui gisaient là-bas, ou seulement aux élus? D'après Tertullien et quelques autres commentateurs, le Christ n'a prêché qu'aux hommes pieux et justes de l'Ancien Testament, qui languissaient en enfer dans l'attente de leur libération. Selon une autre interprétation la prédication du Christ s'étendait à tous ceux qui étaient en enfer, et parmi eux, à ceux qui avaient vécu dans le monde païen en dehors de la vraie foi. Telle est l'opinion de Clément d'Alexandrie.
" N'y a-t-il pas dans ces paroles une réponse à la question de savoir si le salut peut être accordé aux non-baptisés et aux incroyants? L'Eglise croit fermement que en dehors du Christ, en dehors du baptême et de l'Eglise, le salut est impossible. Néanmoins tous ceux qui sur terre n'ont pas connu le Christ ne perdent pas toute possibilité de se libérer de l'enfer, puisque même en enfer résonne la prédication de l'Evangile. En créant l'homme libre, Dieu a pris sur Lui la responsabilité de son salut, et ce salut a déjà été accompli par le Christ. Celui qui repousse consciemment le Christ et Sa prédication fait un choix en faveur du diable et devient l'instrument de sa propre condamnation: " Celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu " (Jn 3,18). Comment pourrait être condamné celui qui, d'une façon générale, n'a pas entendu l'Evangile? " Supposez, dit Clément d'Alexandrie, qu'avant la venue du Christ l'Evangile n'ait point été prêché aux morts: il en résulterait alors qu'aussi bien le salut que la condamnation seraient d'une criante injustice ". De même à ceux qui sont morts après la venue du Christ et n'ont pas reçu la prédication de l'Evangile on ne peut imputer ni la foi, ni l'incroyance. Voilà pourquoi le Christ annonce la Bonne Nouvelle en enfer afin que chaque être humain créé par Lui puisse faire un choix en faveur du bien ou du mal et, conformément à ce choix se sauver ou être condamné au châtiment " (Le mystère de la foi, pp. 241-243).
Pour le reste, il y a eu beaucoup de spéculation de la part de théologiens au fil des siècles, mais lÉglise orthodoxe na jamais fixé de " dogme " en cette matière, à lexception de larticle XII du Credo : " Je crois en la résurrection des morts et la vie du siècle à venir ".
Le jeûne de Noël commence bien le 15 novembre mais Ancien ou Nouveau Calendrier ? Ça dépend du calendrier que lon suit. Pour les occidentaux, cest très difficile denvisager de continuer le jeûne jusquau 7 janvier. Même ici à Rawdon, où la communauté monastique en principe suit lAncien Calendrier, les francophones célébreront Noël le 25 décembre, donc nous commençons le jeune demain (lundi) et non le 28 novembre.
Comment suivre les recommandations de lÉglise en matière de jeûne ? Je me souviens du conseil dun prêtre orthodoxe, la première fois quon me parlait du jeûne : il conseillait simplement, " on fait ce quon peut faire ". Les conseils de lÉglise sont là, mais il ne faut pas oublier que les " règles " de jeûne sont conçus en premier lieu pour les monastères. Si notre travail exige des efforts physiques considérables, les recommandations peuvent être allégées. Ce qui est le plus important cest " lesprit de Carême ", la conscience dun temps de préparation personnelle " par la prière et le jeûne " pour la célébration de la fête à venir.
Si tu as la possibilité de consulter linternet, il y quelques pages sur le jeûne aux Pages Orthodoxes La Transfiguration, dans la section " Métanoïa ".
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En fait, le jeûne est très important comme pratique spirituelle dans l'Église orthodoxe, surtout pendant le Grand Carême. Je vous recommande de lire ou re-lire le texte " Jeûner°: Avoir faim de Dieu " aux Pages Orthodoxes La Transfiguration, qui répond à quelques unes de vos questions. Les coquillages sont à tout fin pratique assimilés au poisson, donc ne sont permis que le jour de l'Annonciation et le dimanche des Rameaux pendant le Grand Carême.
En fait, plus important que le jeûne lui-même est l'esprit du Carême et vous trouverez de bons textes du père Alexandre Schmemann à ce sujet dans la section " Métanoïa " des Pages Orthodoxes. À noter en particulier la distinction importante entre " jeûne ascétique " et " jeûne eucharistique ", qui est un jeûne total. le jeûne total comme jeûne ascétique nest indiqué par lÉglise orthodoxe que quelques jours par année.
Le jeûne doit être accompagné par un effort supplémentaire de prière et si possible, je vous recommande d'assister à la célébration de la Liturgie des Saints Dons Présanctifiés (Liturgy of the Presanctified Gifts).
Le "pourquoi" de la proscription de certains aliments est moins évidente. Dans toutes les grandes traditions spirituelles, la viande et les produits dérivés sont les premiers à être indiqués pour le jeûne. Personnellement je pense que ceci est dû au fait qu'il s'agit de nourriture produite d'animaux tués et qu'il n'est pas naturel que nous devons tuer des êtres qui nous ressemblent afin de nous nourrir. Alors que les plantes sont d'un ordre biologique moins élevés que nous. Aussi dans la tradition judéo-chrétienne, il y la l'injonction de Dieu à l'homme le sixième jour de la création°: Je vous donne toutes les herbes portant semence, qui sont sur toute la surface de la terre°: ce sera votre nourriture. À toutes les bêtes sauvages, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui rampe sur la terre et qui est animé de vie, je donne pour nourriture toute la verdure des plantes (Genèse 1, 29-30). On peut conclure de ceci que le fait que l'homme mangent de la viande et que beaucoup d'animaux se nourrissent d'autres animaux est un produit de la chute et non pas l'état naturel à la création. Donc le fait de s'abstenir de viande, de la volaille et du poisson est un retour à la condition première de l'homme.
Le jeûne et la prière font partie de la vie chrétienne, comme nous le souligne à plusieurs reprises le Seigneur, notamment dans le sermon sur la montagne (Matthieu 5-7). À ces pratiques personnelles on doit ajouter dautres, par exemple, la participation aux sacrements, en particulier à lEucharistie, et la lecture de lÉcriture sainte, qui sont tous des moyens pour la vie de vertu et cest ainsi, selon la parole de saint Séraphim de Sarov, que nous pouvons " acquérir lEsprit-Saint ". Dans le cheminement spirituel, il est essentiel non seulement davoir des pratiques spirituelles personnelles, mais aussi de faire partie dune communauté orthodoxe vivante, normalement une paroisse, afin de pouvoir participer efficacement aux sacrements et de recevoir et donner le soutien avec nos frères et nos surs qui partagent la même foi.
Je vous remercie pour votre message. Je ne connais pas lutilisation du mot " kénose " dans lÉglise catholique : se peut-il que ce mot est plus utilisé dans les milieux orthodoxes ?
Voici une courte définition (de la version révisée du " Lexique orthodoxe ", pas encore disponible aux " Pages Orthodoxes " :
Kénose (n.f.) : (du grec " se vider, sanéantir ") Labaissement volontaire du Verbe de Dieu en prenant la condition humaine, afin deffectuer le plan du salut de lhomme ; aussi, le dépouillement du chrétien en acceptant de porter sa croix avec le Christ.
Voici la notice tirée du Vocabulaire théologique orthodoxe :
Kénose : Ce mot grec, qui signifie " se vider ", " sanéantir ", a trouvé son sens chrétien dans le texte de lÉpître de saint Paul au Philippiens (2, 5-11) :
Mais il sanéantit lui-même, prenant condition desclave, et devenant semblable aux hommes. Sétant comporté comme un homme, il shumilia plus encore, obéissant jusquà la mort, et la mort sur une croix.
Ainsi le Christ, en assumant la condition dhomme, sest dépouillé volontairement de ses prérogatives. Il sest abaissé, sest appauvri, mais et cest le grand mystère de la foi chrétienne cela, il la fait tout en restant Dieu. Il est descendu dans la mort pour la vaincre.
Dieu se " vide ", devient vulnérable dabord dans lacte de la création, puis dans lIncarnation, et la mort et la descente aux enfers. Il sagit donc dune kénose vivifiante, car le Christ, en ressuscitant, nous fait participer à la vie divine.
De là lexigence de lÉvangile : nous serons un avec le Christ dans la mesure où nous nous " perdons " nous-mêmes pour lui, cest là notre propre kénose par la Croix (Mc 8,34-36).
Cette idée de la kénose nécessaire du chrétien revient assez fréquemment dans les écrits spirituels et ascétiques ; il est souvent lié à la métanoïa, la conversion ou retournement de la personne vers Dieu. LArchimandrite Sophrony utilisait le mot kénose assez souvent dans ses écrits voir par exemple le chapitre " De la kénose et de labandon de Dieu " dans son livre Voir Dieu tel quil est (Labor et Fides, 1984).
Lutilisation du mot " kénose " par Bertrand Vergely sort des définitions habituelles de labaissement du Verbe de Dieu en se faisant homme et du chrétien qui suit le Christ ; il sagit dune " extension " des ces utilisations, extension qui est peut-être suggérée dans la notice du Vocabulaire théologique orthodoxe lorsquil dit : " Dieu se " vide ", devient vulnérable dabord dans lacte de la création "
On peut se demander si Dieu " se retire " vraiment de sa création. Dans un certain sens, oui : la création n'est pas Dieu, autrement nous nous trouvons dans le panthéisme. En fait, nous disons dans notre prière dinvocation de lEsprit Saint : " Toi qui es partout présent et qui remplis tout " - Dieu est présent dans sa création, mais la création nest pas Dieu la distinction classique entre limmanence et la transcendance divine. Dieu est le " Tout-Autre " qui néanmoins se manifeste à nous dans sa création (" Les cieux et la terre sont remplis de ta gloire ", nous chante Isaïe (6,3), chant qui nous reprenons dans la Divine Liturgie), puis par son Incarnation. Le théologie orthodoxe attache beaucoup dimportance à l" apophatisme " de Dieu (la théologique apophatique, dont le principal représentant est le Pseudo-Denys), ainsi quà la distinction entre lessence de Dieu et les énergies de Dieu, distinction mise au point par saint Grégoire Palamas au 14e siècle (voir par exemple Essai sur la théologie mystique de lÉglise dOrient de Vladimir Lossky).
Je pense que la " kénose " de Dieu dans la création de lhomme repose avant tout sur la notion de la liberté. En créant lhomme, Dieu lui a accordé la liberté de choisir entre le bien et le mal et Dieu respect cette liberté, depuis Adam jusquà nous-mêmes, avec toutes les conséquences que nous connaissons. Lhomme peut se " détourner " de Dieu, alors il se dirige vers la mort, le néant, là où Dieu nest plus manifesté. Cest le vrai sens du péché, rompre la communion davec Dieu, qui est la vocation de lhomme lhomme est appelé à transformer la simple " image " de Dieu à la " ressemblance ", thème-clé de lanthropologie byzantine.
Un ou une " laïque " (ou " laïc ") est simplement dune personne qui nest pas ordonnée dans lÉglise. Je suis moi-même laïc, nayant aucune fonction déterminée dans lÉglise. Dans la tradition de lÉglise orthodoxe, il ny a pas de vie ou de pratique spirituelles qui distinguent le clergé et les moines des laïcs tous sont appelés à vivre le même appel du Christ et les mêmes exigences évangéliques. Certains vivent lÉvangile plus intensément que dautres, mais les fondements de la vie spirituelle restent les mêmes pour. À cet égard, jai beaucoup les notions de la " sacerdoce royale " de tous les fidèles et du " monachisme intériorisé ", dont parle Paul Evdokimov en particulier. Je vous envoie ci-joint copie dun article où il développe ce thème.
LUC 16, 1-13 : LINTENDANT MALHONNÊTE
Je suis daccord avec vous quà première vue la louange du intendant malhonnête paraît étonnante. Il faut cependant entendre cette parabole avec discernement. Par lentremise du " maître " de la parabole, le Seigneur ne nous recommande pas dimiter la malhonnêteté de lintendant, mais plutôt son zèle et son souci de son avenir. Le Seigneur nous dit en effet que les " enfants de la lumière " doivent être aussi rusés et dévoués en ce qui concerne la vie spirituelle et le Royaume de Dieu que le sont les " enfants de ce monde " pour les biens de ce monde.
Cest un peu dans ce sens que Saint Séraphim de Sarov, dans son entretien avec Motovilov, parle du " commerce spirituel " :
" Saint Séraphim : C'est donc dans l'acquisition de cet Esprit de Dieu que consiste le vrai but de notre vie chrétienne, tandis que la prière, les veilles, le jeûne, l'aumône et les autres actions vertueuses faites au Nom du Christ ne sont que des moyens pour l'acquérir.
- Comment l'acquisition ? demandai-je au Père Séraphim. Je ne comprends pas très bien.
- L'acquisition, c'est la même chose que l'obtention. Vous savez ce que c'est que d'acquérir de l'argent? Pour le Saint-Esprit, c'est pareil. Pour les gens du commun, le but de la vie consiste en l'acquisition d'argent - le gain. Les nobles, en plus, désirent obtenir des honneurs, des marques de distinction et autres récompenses accordées pour des services rendus à l'État. L'acquisition du Saint-Esprit est aussi un capital, mais un capital éternel, dispensateur de grâces ; très semblable aux capitaux temporels, et qui s'obtient par les mêmes procédés. Notre Seigneur Jésus Christ, Dieu-Homme, compare notre vie à un marché et notre activité sur terre à un commerce. Il nous recommande à tous " Négociez jusqu'à ce que je vienne, en économisant le temps, car les jours sont incertains " (Lc 19,12-13 ; Ép 5,15-16), autrement dit : Dépêchez-vous d'obtenir des biens célestes en négociant des marchandises terrestres. Ces marchandises terrestres ne sont autres que les actions vertueuses faites au Nom du Christ et qui nous apportent la grâce du Saint-Esprit. "
Les Pères, en commentant ce passage de lÉvangile de Luc et les commentaires sur largent qui le suit, insistent sur lobligation du bon usage des richesses et aussi quil ne pas permis de prendre le bien dautrui afin de lutiliser pour faire des actions bonnes en soi comme laumône.
Je vous envoie ici-bas deux commentaires de sources protestantes sur ce texte, ainsi que les " catenae " (" chaînes ") de saint Thomas dAquin sur le texte de Luc il sagit dextraits décrits de plusieurs Pères à ce sujet. Vous trouverez peut-être dautres clés pour comprendre le sens de la parabole et du texte sur largent qui le suit.
Voici la notice sur " kondak " du Lexique orthodoxe :
Kondak ou Kondakion (pl. Kondakia) (n.m.) : Hymne qui se place après la sixième ode du canon des matines, repris pendant la Divine Liturgie. À lorigine, première forme accomplie de composition poétique liturgique de l'ancienne Byzance, créée par saint Romain le Mélode (VIe siècle).
Le Tropaire et le Kondak sont les hymnes ou chants les plus importants dune fête, soit du Christ, de la Mère de Dieu, ou dun saint. Ce sont des compositions relativement courtes, qui résument en quelques mots lessentiel du sens spirituel de la fête. Le tropaire est chanté aux vêpres, aux matines et la liturgie ; le kondak, aux matines et à la liturgie. Typiquement, plusieurs tropaires et kondakia sont chantés à la liturgie, par exemple, du dimanche ou de la fête, de lavant-fête ou laprès-fête, sil y a lieu, du saint du jour, du saint patron ou de la fête de léglise etc.
LÉglise orthodoxe a toujours favoriser lutilisation de la langue locale comme langue liturgique, afin que tous les fidèles puissent comprendre et assimiler la parole de Dieu et les offices liturgiques, surtout la Divine Liturgie. Ainsi, au débout le lévangélisation des peuples slaves, au Xe siècle, les missionnaires byzantins ont traduit la Bible et les textes liturgiques dans une langue slave. Le slavon était basé sur la langue parlée par les peuples slaves autour de Constantinople et Thessalonique, mais elle est disparue comme langue vivante depuis longtemps. Le slavon est en effet une langue liturgique établie par saints Cyrille et Méthode, qui ont créé un alphabet (le cyrillique, basé sur lalphabet grec). Le slavon est toujours utilisée par les Églises de Russie, de Bulgarie et de Serbie et par la plupart des autres peuples slaves. Le slavon était aussi la langue liturgique de lÉglise de lUkraine, mais récemment cette Église a favorisé lutilisation de lukrainien. Le slavon était utilisé également en Roumanie, mais lÉglise de la Roumanie la abandonné en faveur du roumain. Il existe donc une Bible slave, qui est très ancienne, et aussi bien sûr des traductions dans les langues slaves modernes, mais celles-ci ne sont pas utilisées dans les offices liturgiques.
Il va de même dans les autres pays de tradition orthodoxes : les arabes orthodoxes utilisent larabe, les géorgiens, le géorgien etc.
Des traductions de la Bible en russe, arabe, ukrainien et roumain sont accessibles " en ligne " au site Online Bible : http://www.onlinebible.simplenet.com/downlwin.htm.
Je vous envoie ci-joint lindex de la revue " le Chemin ", en format Excel. Certains articles figurent aux Pages Orthodoxes La Transfiguration vous pouvez les identifier en faisant une recherche avec le moteur de recherche du site en utilisant les mots " revue le chemin ". La plupart des articles reproduits du Chemin sont du père Alphonse Goettmann, de son épouse Rachel et du père Philippe Dautais. Il y a quelques autres articles sur le site de lÉglise orthodoxe copte de France, à ladresse : http://eocf.free.fr/
Pour un numéro de découverte de la revue, vous pouvez vous adresser directement au Chemin : lechemin@wanadoo.fr. Vous pouvez recevoir un exemplaire du Chemin gratuit en vous adressant au Chemin.
Je nai jamais vu de texte qui mentionne les rôles et la position de concélébrants de la liturgie. Typiquement, cest le célébrant principal (évêque ou prêtre) qui donne des " rôles " (ecténies, bénédictions etc.) aux autres célébrants, souvent pendant la liturgie même. Les concélébrants se placent à gauche et à droite de lautel, selon leur précédence. Dans la tradition orthodoxe, seul le célébrant principal prononce les mots de la consécration et de lépiclèse.
Le texte de la célébration " pontificale " (épiscopale) de la Divine Liturgie, ainsi que dautres sacrements présidés par un évêque, se trouve dans le Grand Euchologe et Arkhiératicon (Diaconie apostolique Chevetogne, 1992).
La Divine Liturgie est parfois qualifiée de " ciel sur terre " et en fait le moyen le plus sûr de parvenir au cur de lOrthodoxie est dentrer dans la célébration liturgique de lÉglise orthodoxe : Viens et vois, nous invite le Seigneur (Jn 1,39). Source de vie et de joie, la liturgie, dès lors que le Christ est descendu sur terre pour être célébré parmi les siens, nous donne un avant-goût du banquet messianique, un gage de la gloire céleste. Elle rétablit dans sa pureté la pleine relation entre lhomme et Dieu, elle permet de se tourner vers lui et doser avec confiance lappeler " Père ", tout comme elle rétablit la relation entre la personne et la communauté, le membre et le corps tout entier, le chrétien et tous les hommes : Aime ton prochain comme toi-même (Mc 12,31). On ne peut dissocier le Christ et lhumanité, lÉglise et le monde. Le sacrement de lautel est indissociable du sacrement du frère. La grande prière transmise par le Christ nous enseigne que Dieu pardonne nos offenses dans la mesure où nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Avant de présenter ton offrande à lautel, va dabord te réconcilier avec ton frère (Mt 5,24).
LÉglise a été fondée le Jeudi Saint, lorsque, dans la chambre haute, le Christ, entouré des Douze, a célébré la Pâque juive en lui donnant un contenu radicalement nouveau. Toute liturgie sordonne autour de ce repas qui lie le ciel et la terre, doù se dégagent deux éléments constants, lécoute de la Parole vivante et présente parmi nous, et loffrande et le partage du pain et du vin, acte matériel et vital par lequel sexprime notre intime communion avec Dieu.
Dans la liturgie, la compassion de lÉglise sétend sur tout lunivers et englobe lhumanité tout entière. Si lÉglise nest pas de ce monde, cest pour le monde quelle offre le sacrifice, " en tout et pour tout ", en conformité au dessein de Dieu qui na pas envoyé son Fils dans le monde pour le juger, mais pour que le monde soit sauvé par lui (Jn 3,17). Alors toute liturgie pourra être vécue dans la joie et lexaltation qui " nous transportent dans la vie du siècle à venir, dans la joie nouvelle, la joie des joies, la joie sans soir " (Père Serge Boulgakov).
La liturgie habituelle célébrée dans lÉglise orthodoxe est la Liturgie de saint Jean Chrysostome, qui a pris sa forme sous linfluence du grand théologien, orateur, écrivain et patriarche de Constantinople au IVe siècle. La liturgie orthodoxe est toujours chantée a capella (sans instruments de musique) et se présente comme un échange continuel entre le clergé, la chorale et les fidèles.
La Divine Liturgie est composée de trois parties :
1. PROSCOMÉDIE OU PRÉPARATION : La préparation personnelle du clergé et des saints dons - le pain et le vin - en vue de la célébration eucharistique se fait par le clergé seul, dabord devant les portes saintes de liconostase, puis à la table de la Proscomédie, située à la gauche du sanctuaire.
2. LITURGIE DE LA PAROLE OU DES CATÉCHUMÈNES : Lectures de la Parole - lAncien Testament représenté par des Psaumes, et le Nouveau Testament, par lÉpître et lÉvangile du jour, ainsi que les prières propres à la fête, au dimanche ou au jour. La " Petite Entrée ", procession du clergé avec lÉvangéliaire, marque le don de la révélation du Christ.
3. LITURGIE DE LOFFRANDE OU DES FIDÈLES : Cette partie de la liturgie est centrée sur le mystère central de la foi chrétienne, la célébration eucharistique, avec la consécration des saints dons en Corps et Sang du Christ, linvocation de lEsprit Saint sur les saints dons (l" épiclèse "), loffrande, la communion du clergé et des fidèles, et les actions de grâces.
Outre la Liturgie de saint Jean Chrysostome, plusieurs autres liturgies sont utilisées dans lÉglise orthodoxe. Les prières eucharistiques de la Liturgie de saint Basile, célébrée environ dix fois par an, notamment les dimanches du Grand Carême, le Jeudi Saint et le Samedi Saint, sont dune grande beauté et profondeur théologiques. La Liturgie des Saints Dons présanctifiés, célébrée en semaine pendant le Grand Carême, est une liturgie eucharistique sans consécration ; on utilise le pain et le vin consacrés à la liturgie du dimanche précédant. Cest la seule occasion, à part la communion pour les malades, où les Saints Dons sont " réservés " après une liturgie, la pratique de ladoration eucharistique en dehors de la liturgie étant inconnue dans lÉglise orthodoxe. La Liturgie de saint Jacques, dont les origines remontent à lÉglise de Jérusalem, peut être célébrée le jour de la fête de saint Jacques (23 octobre) et le dimanche entre Noël et le jour de lan.
LITURGIE COMMENTAIRES ET RÉFÉRENCES
Le commentaire " classique " de la Divine Liturgie est celui de saint Nicholas Cabasilas (XIVe siècle) :
Explication de la Divine Liturgie. Trad. S. Salaville. Cerf (Sources Chrétiennes 4bis), 1967.
On trouvera ce livre surtout dans des bibliothèques de facultés de théologie etc. ayant la collection des Sources chrétiennes.
Voici quelques autres commentaires de la Divine liturgie dautres modernes (sauf Nicolas Gogol, écrivain russe du XIXe siècle) :
Andronikof, Constantin, Le sens de la liturgie. Cerf, 1988.
Dieu est vivant : Catéchisme pour les familles par une équipe de chrétiens orthodoxes. Cerf, 1991. Pages 312-332.
La Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome par l'équipe de Catéchèse Orthodoxe. Cerf, 1986.
Evdokimov, Paul, La prière de l'Église d'Orient : La liturgie byzantine de Saint Jean Chrysostome. Éditions Salvator, 1966.
Gogol, Nicolas, Méditations sur la Divine Liturgie. Desclée de Brouwer, 1952.
Schmemann, Alexandre, L'Eucharistie : Sacrement du Royaume. YMCA Press/OEIL, 1985; rééedition YMCA Press/F.X. De Guibert, 2005.
Vous trouverez plusieurs textes sur la Divine liturgie aux Pages Orthodoxes La Transfiguration, y compris des extraits des livres de Gogol et du père Alexandre Schmemann :
- La Manne de la Tendresse de saint Nicolas Cabasilas, théologien laïc du 14e siècle.
- L'Action de la Divine Liturgie du romancier et poète russe Nicolas Gogol.
- Conditions Générales de la Communion Eucharistique par Mgr Jean Kovalevsky
- Avec Crainte de Dieu, Foi et Amour : Petit Livre de la Sainte Communion, qui réunit les principaux textes du Nouveau Testament concernant l'Eucharisitie, les prières et le canon préparatoires à la Communion et les prières d'action de grâces après la Communion (disponible en format Word sur simple demande).
- L'Offrande Liturgique : Notes sur la Divine Liturgie du Moine de l'Église d'Orient (Père Lev Gillet)
- L'Eucharistie : Le Sacrement de la Joie par le père Alexandre Schmemann
- Les Bienfaits de la Liturgie Eucharistique et La prière dans la Divine Liturgie " par Paul Ladouceur
- Un texte sur La Beauté du Culte.
Vous avez bien cité les canons de lÉglise orthodoxe concernant la célébration de la Divine Liturgie : seulement une Liturgie peut être célébrée par jour sur le même autel et un prêtre ne peut célébrer quune seule Liturgie par jour. Pour le moment, je ne puis vous fournir une réponse quant au " pourquoi ". Cétait sans doute pour éviter des abus et excès, peut-être en réaction contre la pratique occidentale de célébrer plusieurs messes sur le même autel, par le même prêtre.
Pour ce qui est de la communion, ni un laïc, ni un prêtre ne peut communier plus quune fois par jour " jour " étant entendu ici comme commençant au coucher du soleil. Il peut donc avoir deux communions dans une période de 24 heures, par exemple le Samedi Saint : il y une Liturgie normalement le matin, puis la Liturgie pascale en soirée, donc après le coucher du soleil.
LITURGIE DE SAINT BASILE LE GRAND
À ma connaissance, la liturgie de saint Basile remonte au temps de saint Basile le Grand, donc au IVe siècle, mais il a certainement connu des modifications au cours des siècles. On attribue les principales prières de lanaphore à saint Basile lui-même. Cette liturgie est célébrée dans les Églises de rite byzantin normalement dix fois par an : aux vigiles de Noël et de la Théophanie, sauf si elles tombent un samedi ou un dimanche ; les jours de Noël et de la Théophanie, si ces fêtes tombent un dimanche ou un lundi ; le 1er janvier, fête de saint Basile ; les dimanches du Grand Carême, sauf celui des Rameaux ; et le Jeudi Saint et le Samedi Saint. Aux vigiles de Noël et de la Théophanie, le Jeudi Saint et le Samedi Saint, cette Liturgie se greffe sur les vêpres, dont on célèbre le début jusquaux lectures, après lesquelles on enchaîne avec une petite litanie, lecphonèse " Car tu es saint, ô notre Dieu ", le Trisagion, le Prokimenon, lÉpître, lAlléluia, lÉvangile, et le reste de la Liturgie eucharistique.
Je nai pas le texte grec de cette liturgie, mais vous la trouverez peut-être sur un site en Grèce. Vous la trouverez peut-être sur le site de léglise de Grèce : http://www.ecclesia.gr/ ou celui du Patriarcat de Constantinople : http://www.ec-patr.gr/ ou : www.ec-patr.org ou www.ec-patr.eu.
LITURGIE VERSION " CONCERT "
La " version concert " de la Divine Liturgie est composée des chants les plus importants de la liturgie comme les " messes " des grands compositeurs occidentaux. Le choix des chants, en particulier des litanies et des parties variables de la liturgie peuvent varier dun compositeur à un autre. La " Divine Liturgie de Saint Jean Chrysostome " (op. 31) de Sergei Rachmaninov, par exemple, comprend vingt chants, y compris la plupart des grandes litanies, mais excluant les parties variables de la liturgie (prokimenon, tropaires et kondakia, alléluia).
Je ne connais pas vraiment de textes de la " défense " de la liturgie dans lÉglise orthodoxe. La liturgie, en particulier la Divine Liturgie, na pas besoin de " défense " à lintérieur de lOrthodoxie, car elle nest pas remise en question même si dans certaines paroisses, tel ou tel prêtre prend certains " raccourcis ". Ce qui existe plutôt sont des " explications " de la Liturgie, par exemple le grand classique de saint Nicolas Cabasilas " Explication de la Divine Liturgie ".
Vous savez aussi sans doute que lÉglise orthodoxe pratique plusieurs versions de la Divine Liturgie, celles de saint Jean Chrysostome, de saint Basile le Grand, de saint Grégoire le Grand (pape de Rome), la " Liturgie des saints Dons présanctifiés ". La Liturgie de Saint Jacques, peu connue, est aussi pratiquée à certaines occasions.
Si lon quitte les Églises orthodoxes " chalcédonniennes " pour considérer aussi les Églises orthodoxes orientales, chacune de celles-ci a sa ses propres liturgies : les coptes, les arméniens, les syriens, les éthiopiens
La multiplicité de rites est admise dans la tradition orthodoxe. Dailleurs, la plupart des rites actuels ont des origines vénérables et anciennes, qui ont très peu changé depuis bien longtemps. La Liturgie de saint Jean Chrysostome de nos jours, par exemple, a changé très peu depuis 15 siècles.
J'ai en main La prière des églises de rite byzantin, tome 1 : La prière des Heures " (Chevetogne, 1975). Ce nest pas le Typikon, mais plutôt lHorologion (la page de titre a même le mot en grec), qui comprend le commun des offices : Minuit, Orthros, Heures, Vêpres et Complies. Il semble être basé sur lusage grec, à partir déditions romaines (1873-1901) des textes liturgiques, plutôt que des Typica et livres liturgiques des Églises grecques et slaves. Il sagit dune " refonte totale de la première section de lancienne édition " - cest-à-dire lédition signée par Dom P.E. MERCENIER. Dans la version révisée, les introductions des offices sont très bonnes. Cest intéressant, mais je pense que ce nest plus très utilisé, étant remplacé par le Grand livre dheures de Denis Guillaume et le Livre des heures de la Fraternité orthodoxe.
Le tome 2 contient les offices des grandes fêtes et du cycle pascal :
La prière des Eglises de rite byzantin. II, 1 : les fêtes fixes ; II, 2 : les fêtes mobiles, P.E. MERCENIER (trad.), Chevetogne 1949 et 1953.
Si je me souviens bien, la révision du tome 2 nest jamais parue. Le tome 3 contient loffice des huit tons pour le dimanche ; il est toujours disponible à Chevetogne :
LA PRIERE DES ÉGLISES DE RITE BYZANTIN, tome 3 : DIMANCHE (Octoèque)
1 vol. in-12, 620 p. 744 FB. Textes des Vêpres, Matines, Liturgies des huit dimanches ordinaires de lannée selon les huit modes musicaux. Introduction par Dom N. Egender, O.S.B. et C. Hannick.Tomes 2 et 3 ont en effet été remplacés par les Menées, le Triode, le Pentecostaire et lOctoèque (Paraclytique) de Denis Guillaume (Diaconie Apostolique/Chevetogne).
Tous les livres liturgiques du rite byzantin (Livre des heures, Euchologe, Triode, Pentecostaire, Octoèque, Ménées, Évangéliaire, Apôtre ) existent en français, notamment dans les traductions de Père Denis Guillaume (responsable de la paroisse orthodoxe de Nîmes), édités par le Diaconie Apostolique et distribué par le Monastère de Chevetogne en Belgique. Certains textes existent en français en dautres éditions (surtout les Liturgies et le Livre dheures), mais la version de Père Denis est la seule pour la plupart des livres liturgiques. Il y a aussi le Synaxaire français, édité en Grèce, qui est très bien. Étant donné le nombre de livres liturgiques, pour les fidèles une solution pratique est le " Spoutnik ", qui contient des extraits des livres liturgiques permettant de suivre les principaux offices (Vêpres, Matines et Liturgie) des dimanches, de la Semaine sainte et des grandes fêtes.
Il y a peut-être une petite confusion en ce qui concerne les numéros du Bulletin électronique " Lumière du Thabor ", qui na jamais eu darticle sur la question du filioque. En fait, il existe aussi une collection de livres du même nom, ainsi quune revue je ne crois pas quelle existe encore publiés par la Fraternité orthodoxe Saint-Grégoire-Palamas (30, boul. de Sébastopol, 75004 Paris), qui relève de lÉglise orthodoxe russe hors-frontières. Il est possible que les numéros 1 et 2 de cette revue traitaient du filioque, mais je ne connais pas cette revue.
Je ne peux pas répondre directement à votre question, à savoir quand les frères Maccabées ont-ils été mis au Martyrologe. Selon le Synaxaire : Vies des saints de lÉglise orthodoxe les frère Maccabées sont fêtés le 1er août. Les informations du Synaxaire semble venir surtout des livres des Maccabées, mais aussi dune source patristique quil serait peut-être intéressant de poursuivre : on mentionne un écrit de saint Grégoire le Théologien, " Éloge des saints Maccabées ", avec la référence PG 35, 913 et 924 (donc Patrologie grecque de Migne, vol. 35, cols. 913 et 924). Il est possible que ce texte nexiste pas en traduction française, mais on le trouverez peut-être en dautres langues.
Les offrandes des rois mages à Jésus : Or pour un roi, donc en reconnaissance de sa royauté ; encens offrande à la divinité ; myrrhe pour un souffrant ou pour lensevelissement dun défunt, donc en reconnaissance de la Passion et mort du Jésus.
La maladie, comme la mort, est considérée comme une conséquence de la chute de lhomme suite à la faute dAdam : Adam est devenu mortel suite à sa désobéissance et cette mortalité est héritée par toute la race humaine. La maladie se situe donc dans le cadre dune vision de la nature de lhomme (" anthropologie "). Je vous envoie en annexe un texte de Mgr Kallistos Ware à ce sujet.
La maladie, tout comme la mort, nest pas une " punition divine " de lhomme, mais cest plutôt lhomme, à linstar dAdam, qui rejette Dieu et choisi le mal, donc la négation de Dieu, avec tout ce qui ceci entraîne. On peut dire, dans un certain sens, que cest la nature, le cosmos, qui exerce une certaine " revanche " à légard de lhomme, en lui infligeant la maladie, car la chute de lhomme a aussi entraîné toute la création dans un état de chute.
Je vous rappelle aussi la parole de Jésus à la question concernant lhomme né aveugle : " Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour quil soit né aveugle ? " (Ni lui ni ses parents nont péché, répondit Jésus, mais cest pour quen lui se manifestent les uvres de Dieu " (Jean 9, 1-3). Les miracles de guérison dans le Nouveau Testament doivent être vus non seulement comme autant de guérisons de maladies physiques, mais comme des signes de guérison spirituelle. Ce thématique sous-tend beaucoup des propos des textes dans la section " Pages de la Guérison " des Pages Orthodoxes.
La maladie peut être un chemin de purification personnelle, tout dépend de laccueil et de la disposition du malade par rapport à sa maladie.
Pour plus de renseignements sur la théologie orthodoxe de la maladie, je vous réfère aux livres suivants :
Dominique Beaufils Ta foi t'a sauvé 180 F
Jean-Claude Larche Théologie de la maladie 90 F
Jean-Claude Larchet Thérapeutiques des maladies mentales 98 F
Le mariage est considéré par lÉglise orthodoxe comme une voie de sanctification du couple établie et bénie par le Christ lui-même ; le Christ a notamment béni le mariage par sa présence aux noces de Cana et par le miracle du vin (Jn 2, 1-11). Dans le mariage, ce sont lhomme et la femme qui deviennent, chacun pour lautre, le principal moyen de sanctification.
Le mariage dans lÉglise orthodoxe comprend deux rites, qui sont normalement administrés lun après lautre : loffice des fiançailles, au cours duquel les époux échangent les anneaux en vue dune union librement consentie ; et loffice du couronnement des époux, qui est le sacrement proprement dit. Les couronnes placées sur les têtes des époux sont les signes extérieurs du sacrement, symbolisant la réception de la grâce de lEsprit Saint. Elles sont à la fois des couronnes de joie et de martyre, car le vrai mariage implique le sacrifice de soi-même pour le bien du couple. Par le mariage, laccord entre les époux est sanctifié dans le mystère de lÉglise, par lamour qui les unit, tout comme lamour unit le Christ à lÉglise. Dans la théologie orthodoxe, cest le prêtre et non le couple qui est le ministre du sacrement du mariage. Un mariage contracté hors de lÉglise orthodoxe est considéré comme valide, mais non sacramentel.
LÉglise orthodoxe admet le divorce et un deuxième mariage, voire même un troisième, avec une réticence qui est reflétée dans le rituel, lorsque le premier sest avéré un échec. Le divorce est considéré comme une concession exceptionnelle, regrettable mais inévitable, à cause de la faiblesse de notre nature ternie par la chute. LÉglise orthodoxe est plus soucieuse de porter secours et réconfort aux personnes concernées, que de préserver à tout prix une union qui na plus de sens. Pour être marié dans lÉglise orthodoxe, au moins un des deux époux doit être orthodoxe.
Pour plus de renseignements, je vous réfère aux pages sur le mariage et la vie chrétienne dans le monde au site Pages Orthodoxes La Transfiguration ; la page dintroduction se trouve à ladresse suivante :
http://www.pagesorthodoxes.net/mariage/mariage-intro.htm
Je recommande aussi livres :
Evdokimov, Paul, Sacrement de lamour : Le mystère conjugal à la lumière de la tradition orthodoxe. Desclée de Brouwer, 1980.
Jean Meyendorff, Le mariage dans la perspective orthodoxe. il/LÉchelle de Jacob, 1986.
Ces deux livres contiennent le texte du rituel du mariage orthodoxe, qui est très beau.
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En ce qui concerne une question comme lhabillement de la mariée, je pense quil faudrait revoir celle-ci avec le prêtre qui célébrera éventuellement le mariage surtout sil sagit dun deuxième mariage, car loffice de mariage pour un deuxième mariage est très différent dun premier mariage beaucoup plus sobre, presque " pénitentiel ". Notez quun mariage conclu hors de lÉglise orthodoxe nest pas nécessairement reconnu comme sacramental ; lÉglise orthodoxe fait une distinction entre un mariage sacramental, qui doit être célébré dans lÉglise orthodoxe, et un mariage juridique, en dehors de lÉglise, même sil sagit dun mariage célébré dans une autre confession chrétienne. Mais il est difficile de généraliser, car la pratique peut varier selon les juridictions, et en fonction des circonstances particulières des personnes.
MARIAGE CLERGÉ (MATOUSHKA PRESBYTERA)
En ce qui concerne la femme dun prêtre, habituellement on ne traduit pas le terme : matoushka en russe/slavon, presbytera en grec. Dans la tradition orthodoxe, les diacres et les prêtres peuvent être mariés pourvu que le mariage précède leur ordination. Les prêtres non mariés professent normalement les vux monastiques, car les prêtres ne peuvent pas se marier après leur ordination. Les évêques, qui sont habituellement choisis parmi les moines, ne peuvent pas être mariés. Un prêtre veuf ne peut se remarier, mais par contre il peut devenir évêque.
Voici les informations concernant les jours où on ne célèbre pas de mariage religieux dans lÉglise orthodoxe : Tous les jours de jeûne, à partir de leurs vigiles : les mercredis et vendredis, jour de la Décollation de Jean le Précurseur (29 août), de lExaltation de la sainte Croix (14 septembre), pendant le Grand Carême, la Semaine saint et la semaine qui suit Pâques (à partir du dimanche du Carnaval jusquau dimanche de Thomas), pendant les carême des saints Apôtres (du lundi après la Toussaint au 29 juin), de la Mère de Dieu (du 1er au 15 août), et de la Nativité du Christ et de la Théophanie (du 15 novembre au 7 janvier).
En ce qui concerne la question de la communion et le rituel du mariage, la célébration du mariage étant normalement séparée de la Divine Liturgie dans lÉglise orthodoxe, la question de la communion de lépoux non-orthodoxe ne se pose pas. Le rituel du mariage prévoit que les deux époux boivent du vin de la même coup, mais il ne sagit pas de la communion.
Vous trouverez des textes et dautres indications sur le mariage dans lÉglise orthodoxe à la section " Mariage et vie chrétienne dans le monde " des Pages Orthodoxes La Transfiguration :
Introduction aux Pages du Mariage
et de la Vie Chrétienne dans le Monde
Le mariage dans le Nouveau Testament
Saint Jean Chrysostome sur le mariage
La vocation sacrée du laïc par Paul Evdokimov NOUVEAU !
Lamour et le sacrement de lamour par Paul Evdokimov
Le monachisme intériorisé par Paul Evdokimov
Le mariage, chemin de sainteté par le Père Alphonse Goettmann
Éros et mystique par le Père Alphonse Goettmann
L'Église orthodoxe et la sexualité - articles d'Olivier Clément et de père Jean Chryssavgis NOUVEAU !
Mariage, célibat et vie monastique par le Père Jean Meyendorff
Le mystère du mariage dans lÉglise dOrient par Horia Roscanu
Offices de Mariage de lÉglise Orthodoxe
et les deux ne feront quune seule chair
(Encyclique de lÉglise orthodoxe en Amérique sur le mariage)
Le Cantique des Cantiques
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La question que vous avez posée concernant le mariage dun orthodoxe à un non-chrétien (en loccurrence une bouddhiste) soulève des problèmes complexes auxquels il nest pas possible de donner un réponse définitive, mais seulement des indications générales.
Normalement, lÉglise orthodoxe peut sanctionner le mariage entre un orthodoxe et un chrétien dune autre Église, mais pas nécessairement entre un orthodoxe et non-chrétien. Beaucoup dépendrait du prêtre qui serait appelé à célébrer un tel mariage et éventuellement de son évêque quil vaudrait sans doute consulter. Le fait que vous avez été baptisée dans lÉglise catholique peut être un facteur favorable qui influencerait la décision concernant un mariage dans lÉglise orthodoxe. Aussi, le fait que, à ma connaissance, le bouddhisme ne demande pas explicitement à ses adhérents, même ceux qui ont formellement " pris refuge " dans le Bouddha, de " renoncer le Christ ". Le fait que votre partenaire ne soit pas pratiquant, si jinterprète bien votre message, et peut-être même pas associé à une paroisse orthodoxe, peut compliquer la situation.
Il est important de noter la distinction que lÉglise orthodoxe fait entre un mariage valide et un mariage sacramental. De fait, tout mariage reconnu civilement est considéré comme un mariage valide, mais seul un mariage célébré par un prêtre orthodoxe selon les canons de lÉglise orthodoxe est sacramentel. Un des mariés peut être non-orthodoxe. Dans votre cas, vous pouvez toujours vous marier civilement ; ce mariage serait alors reconnu par lÉglise orthodoxe comme valide mais non sacramental, mais il se peut que lÉglise locale considère que lépoux orthodoxe soit en rupture avec lÉglise voir le texte ici-bas de lÉglise orthodoxe en Amérique (ce document ne sapplique pas de fait aux autres Églises orthodoxes, qui peuvent avoir une approche différente).
Pour avoir des indications plus précises en ce qui concerne votre situation, vous devez consulter un prêtre orthodoxe là où vous êtes. Normalement celui-ce serait le prêtre de la paroisse à laquelle appartient lépoux orthodoxe. Je pense que dans un tel cas, un prêtre, et éventuellement son évêque, serait guidé par ce quon appelle l" économie ", cest-à-dire un esprit qui permet dagir en fonction des circonstances particulières dune situation en vue du salut des personnes concernées, étant guidé plus par la compassion du Christ que par un rigorisme légaliste.
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Le livre dEvdokimov (Sacrement de lamour : Le mystère conjugal à la lumière de la tradition orthodoxe. Desclée de Brouwer, 1980) dit un petit mot sur le mariage mixte :
" En cas de mariage avec un fidèle dune autre confession, ce dernier prend lengagement de respecter la religion orthodoxe du conjoint. Les enfants doivent être élevés selon lesprit de lÉglise orthodoxe. La formule est large et ne comporte pas de précision. Les canons tolèrent que le mariage soit célébré également devant le ministre du culte de lautre conjoint. " (pp. 256-57).
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Voici quelques informations que je peux vous fournir maintenant concernant les conditions de mariage. Il faut, bien sûr, qu'au moins un des époux soit orthodoxe afin que le mariage soit célébré dans l'Église orthodoxe ; il n'y a pas donc d'interdiction de "mariages mixtes" où l'un des époux n'est pas orthodoxe, mais celui-ci doit normalement être chrétien. Dans l'Église primitive, c'était souvent le cas que l'un des époux devenait chrétien, alors que lautre restait non-chrétien ou païen. Saint Paul a écrit quelques mots a ce sujet, essentiellement encourageant lépoux chrétien de rester avec lépoux non chrétien (voir 1 Corinthiens 7, 13-16). En ce qui concerne la nécessité que lépoux orthodoxe soit pratiquant, ceci relève surtout du prêtre qui célébrera le mariage. Il est certain que la plupart des prêtres n'aiment pas être appelés à célébrer le mariage d'orthodoxes qui ne pratiquent pas leur foi... mais je crois que la plupart des prêtres ne refuseraient pas de bénir le mariage même dans une telle situation.
Ce qui l'Église demande, en ce qui concerne les mariages mixtes, est que les enfants issus du mariage soient élevés dans la foi orthodoxe - en fait, l'Église dit : "Nous bénissons votre mariage et nous vous demandons de vous engager à élever vos enfants selon notre foi."
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LÉglise orthodoxe tolère le mariage mixte orthodoxe-musulman. Cependant, dans la pratique beaucoup de prêtres orthodoxes hésitent à sanctionner un tel mariage, car cest généralement le conjoint orthodoxe qui se trouve obligé à faire des concessions, par exemple en ce qui concerne la célébration du mariage et la foi des enfants nés de lunion : les musulmans nacceptent généralement pas dêtre mariés à léglise ou de permettre à leurs enfants dêtre chrétiens. Aussi, souvent le conjoint orthodoxe subit des pressions, ouvertes ou subtiles, de se convertir à lislam. Le conjoint orthodoxe doit donc bien prendre en considération toutes les implications dun tel mariage et consulter son pasteur ou père spirituel. Un mariage célébré hors de lÉglise orthodoxe est considéré comme valide mais non sacramentel.
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LÉglise orthodoxe distingue entre un mariage valide et un mariage sacramental. De fait, tout mariage reconnu civilement est considéré comme un mariage valide, mais seul un mariage célébré par un prêtre orthodoxe selon les canons de lÉglise orthodoxe est sacramentel. Un des mariés peut être non-orthodoxe.
La théologie sacramentelle de lÉglise orthodoxe diffère de celle de lÉglise catholique en ce qui concerne le mariage. Si je ne me trompes pas, selon la théologie catholique, ce sont les époux qui se confèrent le sacrement lun à lautre, alors que pour lÉglise orthodoxe, cest lÉglise, par le prêtre qui célèbre le mariage, qui confère le sacrement comme pour tout autre sacrement.
Si un orthodoxe marié en dehors de lÉglise vient à se divorcer et que par la suite il souhaite se marier dans lÉglise orthodoxe, son mariage serait alors considéré comme un premier mariage, puisquil ny a pas eu de mariage sacramentel précédant. (Comme vous le savez peut-être, lÉglise orthodoxe reconnaît un second et même un troisième mariage, mais lOffice est sensiblement différent que celui dun premier mariage.)
Vous trouverez dautres informations sur le mariage dans lÉglise orthodoxe à la section "Mariage et vie chrétienne dans le monde" aux Pages Orthodoxes La Transfiguration . Voir en particulier lEncyclique du Saint synode des Évêques de lÉglise orthodoxe en Amérique concernant le mariage et le Guide pastoral du mariage, ainsi que le texte des offices de mariage.
Vous trouverez peut-être utile les homélies reproduits ici-bas de saint Jean Chrysostome. La première est tirée du livre Le mariage dans l'Église ancienne, Paris, 1969, et réimprimé dans Jean Meyendorff, Le mariage dans la perspective orthodoxe, YMCA Press/IL, Paris, 1986. Si vous avez la possibilité de consulter lun ou lautre de ces livres, vous trouverez certainement dautres références. La deuxième est une homélie spécifiquement sur le mariage ; vous trouverez les autres homélies dans M. Jeannin, trad., Saint Jean Chrysostome : uvres complètes, t. IV, Paris, 1864. Cette édition des uvres complètes de saint Jean Chrysostome est disponible en ligne sur le site de lAbbaye St Benoît de Port Valais à ladresse : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/ .
Une façon de chercher des références dans les écrits des Pères est de chercher les références à certains passages de la Bible, en particulier du Nouveau Testament, qui touchent le sujet en question. Les principaux écrits des Pères sont généralement indexés selon les références bibliques.
Le Seigneur nous donne avant tout une mise en garde contre lorgueil et la vaine-gloire dans la vie spirituelle ; la vie spirituelle nest pas par rapport aux hommes, mais par rapport à Dieu. Faire notre devoir, accomplir notre vie spirituelle, non pas en vue de lapprobation des hommes, mais devant Dieu, pour le salut de nos âmes. Je crois que ce passage est lié à plusieurs autres paroles et paraboles de Jésus, par exemple ceux dans le sermon sur la montagne (e.g. Mt 6, 1-6 ; faire laumône et prier en secret), ou concernant la " première place " dans le Royaume des Cieux.
Pour ce qui est de la recommandation de ne pas appeler personne " Père " sur la terre, car nous navons quun, notre Père céleste (Mt 23, 9), je crois que le Christ nous appelle au discernement . Nous avons évidemment un père biologique, mais aussi des " Pères " dans la foi, ceux qui nous ont précédés et qui peuvent nous guider et nous aider sur le chemin. Jésus nous demande de ne pas confondre ces " pères " terrestres avec Dieu, notre Créateur et Source, le " Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre " (Symbole de foi).
Pour le chrétien, le " médiateur " par excellence est le Christ, Dieu fait homme, Dieu-Homme, qui incorpore en lui la plénitude de la divinité et la plénitude de lhumanité, en une seule personne, le Logos de Dieu, la deuxième personne de la Sainte Trinité. Cest cette idée qui sous-tend lÉpître aux Hébreux, où lauteur (certainement pas saint Paul) réfère au Christ comme le " Grand Prêtre " de lhumanité, par analogie au rôle du Grand Prêtre pour les juifs. Cependant, la notion de " médiation ", qui dans lusage courant, comprend lélément de " négociation ", nest pas tout-à-fait appropriée dans le contexte des rapports entre lhomme et Dieu : comment lhomme peut-il " négocier " avec Dieu ? Comme le dit saint Paul, quavons-nous qui ne nous a pas été donné, gratuitement, sans aucun " mérite " de notre part ? Cest donc lidée dintercession que lon trouve plus facilement dans lÉcriture et dans la Tradition : les prêtres de lAncien Testament " intercèdent " en faveur du peuple juif, de même que dans la tradition chrétienne, la Mère de Dieu et les saints de tous les temps intercèdent auprès de Dieu pour nous. Cest ainsi que nous leur adressons nos prières et que nous offrons nous-mêmes des prières dintercession en faveur des vivants et des défunts.
Vous pouvez peut-être relire lépître aux Hébreux sous cette optique de " médiation " et dintercession.
Dans la Bible, il y de nombreux exemples dintercession, par exemple Moïse à plusieurs reprises en faveur du peuple juif qui nétait pas resté fidèle à lAlliance, les parents denfants malades ou défunts auprès du Christ dans les Évangiles etc. Vous trouverez ici-bas les références aux mots " médiateur " (toutes dans des épîtres, qui se référent au Christ), et " intercéder ", dans la traduction de la Bible de Louis Segond.
Pour ce qui est de la méditation, voici sur la page jointe justement les versets ayant les mots méditer, méditation ou médite. La plupart des références se trouvent à lAncien Testament, surtout dans les Psaumes et les Proverbes. En examinant de plus près ces références, on voit quil ne sagit pas toujours de situations qui correspondent à notre entendement moderne de " méditation ", mais plutôt de " penser " ou de " réfléchir ".
Voici aussi des notes sur le mot hébreu siyach (see' -akh), racine souvent traduit par " méditation " :
une racine primaire; TWOT-2255; v
LSG-chanter, parler (de ses merveilles), se plaindre, soupirer,
méditer, raconter, réflexions, réfléchir, dire, croire;20
1) méditer, communier avec, converser intimement, parler, se
plaindre, réfléchir, chanter
1a) (Qal)
1a1) se plaindre
1a2) méditer, étudier, réfléchir
1a3) parler, chanter, dire
1b) (Polel) méditer, considérer, être dans ses pensées
Pour des situations de méditation dans la Bible, on peut penser par exemple, à Marie, " qui conservait avec soin tous ces souvenirs et les méditait en son cur " (Luc 2, 19 et 2, 51). Avec les versets des Psaumes et des Proverbes, surtout le Psaume 119, ce sont certainement parmi les références les plus explicites sur le recueillement intérieur devant les mystères de Dieu. On pense aussi à Élie au torrent de Kerit ( 1 Rois 17, 2-0) : licône de cet événement généralement montre Élie dans une attitude de " méditation ", mais le texte biblique ny en fait pas dallusion directe. On peut penser aussi à saint Jean Baptiste au désert : " Il demeura dans les solitudes jusquau jour où il se manifesta devant Israël " (Luc 1, 80).
Il faut chercher, je pense, des situations de retrait des personnages bibliques de la vie active pour une période de solitude et de prière, souvent au désert comme le Christ lui-même. Mais on ne trouvera pas, je crois, des références très explicites qui reflètent ce que nous comprenons par " méditation ", surtout les modes de méditation " orientales ".
De façon générale, les chrétiens quon appelle " orthodoxes catholiques " sont des catholiques romains de rite byzantin, qui acceptent donc la Pape de Rome comme le chef suprême de toute lÉglise, ce qui nest pas le cas pour les orthodoxes. On appelle aussi les catholiques de rite byzantin utilisant le grec les " melkites ". Les catholiques de rite byzantin suivent, avec quelques modifications, les rituels et le calendrier liturgique de lÉglise orthodoxe, mais il ne sont pas en communion avec lÉglise orthodoxe. Il y a des catholiques de rite byzantin en Grèce (très peu), en Roumanie, en Ukraine (très nombreux), en Russie et en Orient (parmi les chrétiens arabes). Au Liban en particulier, il y un dialogue très avancé entre les orthodoxes et les melkites en vue de rétablir une communion entre les deux confessions.
L'Église orthodoxe ne reconnaît pas le dogme de l'Immaculée Conception, selon lequel la Vierge Marie est née sans être entachée par le péché originel. Pour lÉglise orthodoxe, cette doctrine, fondée sur la notion augustinienne de la transmission du péché originel à tous les descendants dAdam, est contraire au principe de la liberté dans le salut et constitue en effet un rejet de l'acte volontaire d'obéissance indispensable pour le salut. La Sainte Vierge serait ainsi séparée du reste de la descendance dAdam, lenlevant du destin commun de toute lhumanité, ce qui jette un doute sur la réalité de lIncarnation. Si en effet le Fils de Dieu avait assumé la nature humaine dune mère qui naurait pas hérité des conséquences du péché originel - notamment une tendance vers le mal et la mortalité -, il naurait pas assumé non plus la nature humaine déchue pour ensuite la transfigurer, la ressusciter, lexalter et la sauver.
HYMNE À LA MÈRE DE DIEU
Il est digne en vérité de te célébrer, ô Mère de Dieu,
bienheureuse à jamais et très pure
et Mère de notre Dieu.
Toi plus vénérable que les Chérubins,
et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins,
qui sans tache enfantas Dieu le Verbe,
toi véritablement Mère de Dieu, nous t'exaltons.
Depuis le Concile dÉphèse (431), qui a attribué le titre de " Mère de Dieu " (Théotokos) à Marie, Mère du Seigneur, la Sainte Vierge est vénérée par les orthodoxes comme la plus glorieuse de toutes les créatures de Dieu. La vénération mariale est un élément majeur de la piété orthodoxe et dans ce magnifique hymne de louange, cest justement la qualité de Mère de Dieu qui est célébrée. Cette hymne occupe une place privilégiée dans la Divine Liturgie, après la consécration des Saints Dons et au début des litanies de commémorations avant la communion, et il revient souvent dans les offices byzantins.
En ce qui concerne le dogme de lAssomption de la Mère de Dieu, lÉglise orthodoxe ne considère pas que ceci doive figurer parmi les dogmes essentiels de lÉglise. Il ny a aucun fondement biblique concernant lassomption de la Mère de Dieu au ciel, mais la mémoire de lÉglise a toujours accepté que le corps de la Sainte Vierge a été glorifié immédiatement après sa mort ou " dormition " et enlevé au ciel ; elle est au-delà de la mort et du jugement et vit déjà dans le siècle à venir. La Dormition de la Mère de Dieu, célébrée le 15 août, la dernière des grandes fêtes de la lannée liturgique, est fêtée par lÉglise orthodoxe comme une seconde Pâque, la résurrection de celle qui est déjà unie au Christ : la Mère de Dieu est licône de la glorification des saints de tous les temps.
LÉglise orthodoxe et les fidèles honorent et vénèrent la Mère de Dieu comme la plus parfaite des créatures de Dieu, " plus vénérable que les Chérubins et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins ", selon les mots de lHymne à la Mère de Dieu. Le titre complet de la Vierge utilisé dans les offices orthodoxes est " notre toute-sainte, immaculée, toute bénie et glorieuse Souveraine, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ", appellation reflétant bien la piété orthodoxe envers celle qui " a enfanté Dieu le Verbe " et qui a donc été linstrument nécessaire à lIncarnation et ainsi à salut de toute lhumanité.
MÈRE DE DIEU HYMNE " DEVANT LA GRÂCE INCOMPARABLE DE TA VIRGINITÉ "
Il sagit du théotokion du premier cathisme des matines du ton 3 dans lOctoèque. Voici :
Devant la grâce incomparable de ta virginité, *
devant le charme et le divin éclat rayonnant de ta sainteté,*
frappé de crainte, Gabriel s'écria, ô Mère de Dieu: *
Quel éloge digne de ta sainteté pourrai-je te présenter, *
de quel nom sublime te nommerai-je ? *
Je ne sais et demeure interdit. *
Aussi, me conformant à l'ordre reçu, *
je te chante: Réjouis-toi, ô Pleine de grâce.En anglais :
At the beauty of thy virginity
and at the exceeding splendor
of thy purity
Gabriel stood amazed and cried out unto thee
"O Theotokos, what hymn of praise
is meet for me to sing to thee? What shall i call thee?
I hesitate and I stand in wonder
Wherefore as i was commanded
I cried unto thee
HAIL! Thou that are full of grace".Je lai trouvé grâce à ce document, qui cite son origine liturgique : www.synaxis.info/psalom/hymnography/4_canonarchal/f_prosomoia_troparia/sw_rus/3_Awed_by_the_beauty.pdf
MÈRE DE DIEU ICÔNES ET FÊTES
Voici les principaux " types " dicônes de la Mère de Dieu (entre parenthèses, la référence de la page des Pages Orthodoxes où se trouve un exemple de licône) :
- Mère de Dieu de la Déisis (en supplication)
- " En toi se réjouit toute la création " - lÉglise qui fête la Mère de Dieu correspond à un chant liturgique (Page " La beauté du culte ")
- Protection de la Mère de Dieu (Pokrov)
- Tendresse - avec lEnfant Jésus qui a son bras autour de sa nuque et souvent sa joue contre la sienne (Page " Chemin spirituel de S. Séraphim ")
- Signe avec un médaillon du Christ enfant dans son sein (Page " Éros et mystique ")
- En Gloire siégeant sur un trône, entourée danges et de saints (Page " Fresques du Monastère Saint-Antoine ")
- Hodigitria " Celle-qui-montre-le-Chemin ", avec lenfant Jésus sur son bras gauche
- Panaghia la " Toute-sainte "
Il y a aussi une grande variété dicônes nommées pour des villes ou régions russes Vladimir, Kazan (Page " Hymne acathiste à la Mère de Dieu ") etc.
Dans la tradition orthodoxe, la " Sainte Famille " nest pas Marie, Joseph et Jésus, mais Anne, Joachim et Marie voir la page " Le mystère du mariage ".
Les principales fêtes liturgiques de la Mère de Dieu sont :
ª Nativité de la Mère de Dieu (8 septembre)
ª Entrée de la Vierge au Temple (21 novembre)
ª Annonciation (25 mars) (Page " Annonciation ")
ª Dormition de la Mère de Dieu (15 août)
La Mère de Dieu figure aussi sur les icônes des fêtes
ª Nativité du Christ (25 décembre) (Page " La Nativité du Christ ")
ª Présentation du Christ au Temple (2 février) (Page " La sainte rencontre ")
Pour ce qui est des chants à la Mère de Dieu, voici le résumé du CD dont je vous ai parlé :
Chorale de la Communauté de la Théophanie
1. Nativité de la Mère de Dieu 2:23
2. Entrée au Temple 2:08
3. Acathiste à la Mère de Dieu 9:20
4. Annonciation 2:18
5. Cantique et Mégalinaire 5:19
6. Théotokia et Homélie 6:06
7. psAUME 44 6:05
8. NATIVITÉ DU CHRIST 2:08
9. SAINTES THÉOPHANIES 1:39
10. Mégalyinaire de pâques 2:28
11. DORMITION DE LA MÈRE DE DIEU 3:21
12. EXALTATION DE LA CROIX 3:46
13. TROPAIRE DES VÊPRES DE CARÊME 3:35
Ensemble CHORAL SAINT-IRÉNÉE
14. L'ANGE CHANTA À LA PLEINE DE GRÂCE 1:08
15. EN TOI SE RÉJOUIT 1:32
16. RÉJOUIS-TOI, MARIE 0:49
17. MAGNIFICAT 3:22
18. CHANTONS MARIE LA VIERGE 1:48
19. SALUT, PLEINE DE GRÂCE 0:59
20. HYMNE À LA MÈRE DE DIEU (LITURGIE) 1:27
TEMPS TOTAL : 61:41
Le texte grec sur licône (i psycho sostria) dit " Le Sauveur de lâme " - est-ce que cela semble sappliquer à la Mère de Dieu ou au Christ sur licône ? Si linscription sapplique à la Mère de Dieu, je pense quil faut considérer cela dans le sens de son intercession en faveur des fidèles et non littéralement. Linscription aurait dans ce cas la même portée pieuse que lexpression " Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous " chantée comme interjection de la chorale ou des fidèles dans certaines traditions pendant que le prêtre ou le diacre récite la clause finale de la plupart des ecténies ou litanies : " Invoquant notre très sainte, immaculée, toute bénie et glorieuse Souveraine, la Mère de Dieu et toujours Vierge, Marie, et tous les Saints, confions-nous nous-mêmes, les uns les autres et toute notre vie, au Christ, notre Dieu. " Il sagit dune expression pieuse de la part des fidèles envers la Mère de Dieu et non pas une reconnaissance théologique de son rôle dans le salut il ny a pas de doctrine de " co-rédemption ".
Pour des renseignements sur les icônes de la Mère de Dieu, je recommande le livre du père Égon Sendler, Les icônes byzantines de la Mère de Dieu ; il discute en détail un grand nombre dicônes et à la fin du livre il y a un " catalogue " qui identifie presque toutes les icônes de la Mère de Dieu.
Pour ce qui est des miracles, il y en a beaucoup, même de nos jours, mais la présence de miracles nest pas un facteur essentiel pour la reconnaissance de la sainteté dune personne. Pour prendre des exemples du 20e siècle, Saint Nectaire dÉgine (+ 1920) a été connu pour ses interventions miraculeuses de son vivant, ainsi quaprès sa mort, surtout près de son tombeau à lIle dÉgine en Grèce. Par contre, je ne connais pas de miracles attribués à Saint Silouane dAthos (+ 1938) il y en a peut-être, mais je nen connais pas. Vous trouverez les biographies spirituelles et des écrits de ses deux saints très populaires aux Pages Orthodoxes La Transfiguration. Vous pouvez consulter également la biographie de Saint Séraphim de Sarov et aussi le récit de la " rencontre avec Motovilov ", qui décrit la transfiguration de Saint Séraphim en présence dun visiteur.
Dans lÉglise orthodoxe, le moine " rasophore " est celui qui peut porter le rason, manteau à larges manches porté par-dessus la soutane. Le " rasophorat " est le premier des trois dégrés de la vie monastique ; certains moines demeurent rasophores toute la durée de leur vie monastique. On devient moine rasophore dans un monastère orthodoxe après une période de noviciat plus ou moins long, selon la pratique du monastère et le jugement de lhigoumène sur à la période nécessaire pour confirmer la vocation du candidat. Quant à la question de responsabilité parentale pour des enfants non-majorités, cest une question qui serait décidée par lhigoumène en fonction de toutes les circonstances de la situation concrète. Pour aller plus loin, il faudrait vous adresser au higoumène dun monastère, en manifestant votre intérêt à devenir moine. Vous trouverez les coordonnées des monastères orthodoxes en France, en Belgique, en Suisse et au Québec, à la page : Lieux de Culte Orthodoxe (http://www.pagesorthodoxes.net/ressources/lieux.htm ) (Europe et Québec).
Jajoute que la profession monastique est souvent considérée comme un sacrement, bien que ne figurant pas parmi les sept sacrements traditionnels, dont le nombre suit lusage occidental, mais qui nest pas vue comme limitatif. Les monastères et les moines et les moniales sont sous la juridiction de lévêque local, car dans la tradition orthodoxe, il ny a pas de communautés religieuses globales, telles que dans lÉglise catholique romaine. Depuis le 10e siècle, le centre orthodoxe monastique le plus important est le Mont Athos, dans le nord de la Grèce, où sont situés vingt monastères. Un autre monastère qui a joué un rôle très important dans le développement de la spiritualité orthodoxe est le Monastère Sainte-Catherine, situé au Mont Sinaï en Égypte.
MONASTÈRE SAINT-JEAN-LE-BAPTISTE (ANGLETERRE)
Le Père Sophrony a fondé le Monastère de Saint-Jean-le-Baptiste en Essex (au nord-est de Londres). Comme vous le savez sans doute, le Père Sophrony est décédé en 1993. A part la Divine Liturgie, loffice habituel du Monastère est la récitation de la Prière de Jésus, ceci en plusieurs langues.
Voici donc les coordonnées : Monastery of Saint John the Baptist, The Old Rectory, Tolleshunt Knights, Maldon, Essex CM9 8EZ. Tél. : 44-1621-816471. Le départ de Londres se fait depuis la gare de Liverpool Street, ligne de Colchester, avec correspondance à Witham. Il faudrait écrire ou téléphoner à lavance, car le monastère est fermé pour les visiteurs à certaines périodes. (Je nai pas visité moi-même, mais jai linformation )
Merci de votre question concernant la signification de la mort dans l'Église orthodoxe. Ce n'est pas un sujet concernant lequel je suis très familier, alors je ne peux que vous donner quelques pistes de réflexion. Je regrette aussi que je n'ai pas de documentation informatisée à vous envoyer.
En premier lieu, la théologie de l'Église orthodoxe, suivant les Pères de l'Église, enseigne que la conséquence principal du péché original, le péché d'Adam, est l'introduction de la mort, et tout ce qui l'entoure (maladie, souffrance etc...) dans le monde. La mort ne figurait pas dans le plan de Dieu pour l'homme, mais c'est la conséquence du détournement de l'homme de la "Source de la Vie", Dieu, qui a livré Adam à la mort, et par lui, tous les hommes. La mort est donc ce qui est transmise à toute la race humaine, et non pas le péché d'Adam, le péché étant toujours conçu comme un acte personnel (l'Orthodoxie ne connaît pas la notion occidentale du "péché originel" qui est transmis aux descendants d'Adam). C'est pour cette raison que le thème que le Christ "a vaincu la mort par la mort" (Tropaire de la Résurrection) revient très souvent dans l'hymnographie orthodoxe.
Cette perspective théologique n'enlève pas l'élément tragique de la mort d'une personne. L'interprétation orthodoxe des larmes de Jésus devant le tombeau de Lazare est que le Christ pleurait non seulement pour son ami décédé - qu'il ressuscitera - mais devant la tragédie de l'introduction de la mort dans le monde, donc la mort de toute personne. C'est pour cette raison aussi que l'icône de la Résurrection n'est pas un Christ sortant du tombeau - image inconnue dans l'orthodoxie - mais le Christ aux Enfers, libérant ceux qui étaient jusqu'alors emprisonnés par la mort, y compris Adam et Ève, ainsi que les justes de l'Ancien Testament, dont nous voyons certains sur l'icône.
Pour explorer ce thème davantage, je vous recommande des lectures de théologie orthodoxe concernant la création de l'homme, la chute et la signification de Pâques. Je mentionne en particulier Lossky (Théologie mystique, chapitres V et VI), P. Evdokimov (L'Orthodoxie, "Les origines et les fins", et "L'eschatologie"), J. Meyendorff (Initiation à la théologie byzantine, "Guérison et mort" et "L'eschatologie").
L'Église orthodoxe attache beaucoup d'importance à la prière pour les défunts. Il y plusieurs offices ("pannychide") pour les défunts, qui sont spécialement commémorés les 3e, 7e et 40e jour après le décès (qui est souvent appelé la "naissance au ciel").
La "Catéchèse Orthodoxe : Dieu est vivant" contient aussi beaucoup d'informations qui pourraient vous être utiles, en particulier dans la Septième Partie, "Le Deuxième avènement et la vie du siècle à venir". Je vous donne les titres de quelques chapitres : "La résurrection des morts" ; "La vie dans la mort" ; "Une approche de l'eschatologie orthodoxe", "La prière pour les morts et la communion des saints", "La Dormition de la Mère de Dieu". Ce dernier peu sembler une peu étrange, mais la fête de la Dormition de la Mère de Dieu - la dernière grande fête de l'année liturgique orthodoxe (le 15 août, L'Assomption dans l'Église catholique) est vue essentiellement dans une perspective eschatologique.
NATIVITÉ DU CHRIST ICÔNE/CRÈCHE
LOrthodoxie ne connaît pas la " crèche " de Noël si répandue en Occident. La piété orthodoxe est concentrée surtout autour des icônes, dont vous avez certainement pu prendre connaissance. Licône dune grande fête est toujours placée au centre dune église orthodoxe pour la vénération des fidèles lors des célébrations liturgiques de la fête et de laprès-fête.
Licône de la Nativité du Christ récapitule en quelque sorte tous les principaux éléments de la fête : la naissance du Christ dans une grotte, le rôle central de la Vierge Marie, la Mère de Dieu, les anges dans les cieux, les bergers, les rois mages Ce qui est très différent de la crèche occidentale est le rôle de Saint Joseph. Le plus souvent il est placé assis en bas et du coté gauche de licône, dans une attitude fortement pensive. Souvent il y a personnage un peu bizarre qui sapproche de lui : cest le dieu Pan de la mythologie, qui représente les forces diaboliques. Joseph est pensif parce quil doit répondre à la question : Qui penses-tu quil est, lenfant qui est né de la Vierge ? Il nous représente, car nous devons tous répondre à cette question. Du coté droit de licône, souvent il y a deux sages-femmes qui lavent le bébé Jésus, comme tout nouveau-né : cest pour affirmer la pleine humanité du Christ.
Licône est une uvre dart spirituelle qui transmet lenseignement de lÉglise ; hautement symbolique, elle nest ni une image pieuse ni un document qui illustre simplement un événement historique.
Pour ce qui est de lOrthodoxie en général, Noël est précédé dune période de jeûne de quarante jours, commençant le 15 novembre ; cest la période de jeûne le plus important après de grand Carême précédant la Semaine sainte. Pour plus dinformations sur le jeûne dans lÉglise orthodoxe, consultez la Page : www.top.ca/users/thabor/ metanoia\jeuner.htm
La période davant-Noël nest pas une période liturgique comme telle, mais les deux dimanches davant Noël qui nous rappellent lapproche de la fête de lIncarnation du Christ ; ils sont consacrés à la mémoire des saints Ancêtres du Seigneur et des saints Patriarches et Prophètes. Noël est généralement célébré par la Divine Liturgie le matin du 24, un office le veille du 25 décembre et la Divine Liturgie et matin même. (La Messe de minuit est une coutume plutôt Occidentale.) Pour plus dinformations sur les aspects liturgiques et théologiques de Noël, vous pouvez consulter :
Catéchèse orthodoxe : Les fêtes et la vie de Jésus-Christ I. L'Incarnation. Cerf, 1985.
Licône de la Nativité du Christ est dune très grande densité théologique. Il y a un commentaire dans le livre cité. Je vous envoie ci-joint un fichier .jpg avec licône de Noël (vous pouvez la visionnez dans Internet Explorer ou Netscape).
Je recommande aussi la réflexion sur Noël dans :
Un Moine de l'Église d'Orient (P. Lev Gillet), LAn de grâce du Seigneur : Un commentaire de lannée liturgique byzantine. Cerf, 1988.
Je ne comprends pas tout-à-fait votre allusion aux " néocalendristes ". Dans lusage orthodoxe, on entend par ce terme des groupes qui nont pas accepté le changement fait par plusieurs Églises orthodoxes de passer du calendrier julien au calendrier grégorien en ce qui concerne les fêtes liturgiques " fixes ", par exemple la Nativité du Christ. Ce changement naffecte pas le calcul de la date de Pâques (et donc tout le cycle pascal, en fait tous les dimanches), qui reste le même pour tous les orthodoxes (sauf la petite Église de Finlande, qui est passée au calcul occidental en ce qui concerne la date de Pâques). Les " néocalendristes " sont présents notamment en Grèce, mais aussi en dautres pays, tels que la Roumanie, qui sont au " Nouveau calendrier ". Ces groupes schismatiques sont nettement minoritaires. LÉglise de Russie et celles des autres pays slaves sont toujours à lAncien calendrier, pour des raisons historiques et internes assez complexes.
Dans la tradition cycle qui commence le 15 novembre par les quarante jours de jeûne de lAvent, pendant lesquels nous cherchons orthodoxe, la fête de Noël est le deuxième temps fort de lannée liturgique, après Pâques. Noël est au coeur dun Bethléem avec les prophètes et à Noël nous trouvons la grotte avec les bergers et les Mages. Nous contemplons avec Isaïe la Vierge qui enfante lÉmmanuël. Dans lÉglise orthodoxe la Théophanie, ou Baptême du Christ, est étoilement liée à la Nativité du Seigneur. Dans lÉglise ancienne ils étaient fêtés le même jour. Cest au Baptême que se révèle pleinement et se manifeste au monde le Messie : celui sur qui repose le Saint Esprit, celui sur qui il demeure éternellement. Par Jésus Christ le Saint Esprit remplit lunivers. Maintenant, par le Christ et lEsprit, Dieu habite le monde. Nous pouvons désormais adorer la Trinité sainte et dire en toute vérité : " Dieu est avec nous ! "
Cest à cette rencontre entre Dieu et son peuple, rencontre entre le ciel et la terre, que lAncien Testament nous a préparés depuis des siècles. Le calendrier liturgique nous le rappelle en réservant les deux derniers dimanches avant Noël aux saints Ancêtres du Seigneur et aux Patriarches et Pères de lAncien Testament. À leur exemple, lÉglise entière, et chaque fidèle personnellement, sont invités à préparer la " Maison dÉphratha ", le temple intérieur où va naître le Sauveur :
Maison dÉphratha, Cité sanctifiée,
Ô gloire des Prophètes,
Prépare la maison où va naître notre Dieu.
Les prédications de tous les prophètes sont accomplies
Car le Christ est né en la ville de Bethléem
De la pure servante de Dieu.Toutes les Églises orthodoxes célèbrent Noël le 25 décembre. Certaines paroisses orthodoxes fêtent Noël le 7 janvier du calendrier grégorien (ou calendrier civil) parce que ces paroisses suivent l" ancien calendrier ", c'est-à-dire le calendrier julien, qui a treize jours de décalage par rapport au " nouveau calendrier ", le calendrier grégorien.
La célébration de Noël dans les paroisses orthodoxes comporte normalement deux temps liturgiques. Le premier, qui a lieu soit le matin ou en soirée du 24 décembre, est une Liturgie vespérale, composé des Vêpres de Noël et de la Liturgie de Saint Basile. Le deuxième office, célébré soit le 24 en soirée ou le matin du 25 décembre, comprend les Matines de Noël suivi de la Liturgie de Saint Jean Chrysostome.
Lessentiel de lenseignement de la fête de Noël est résumé dans un court chant appelé le kondakion :
En ce jour la Vierge enfante l'Être transcendant et la terre abrite en une grotte lInaccessible; Les bergers, avec les anges, chantent sa gloire ; lastre indique aux Mages leur chemin vers Bethléem, car pour nous vient de naître un enfant nouveau-né, le Dieu davant les siècles.
La splendeur des églises, le rayonnant des icônes, la parfum de lencense, les processions du clergé et du peuple, la sublimité des chants, et la beauté des textes liturgiques, se rejoignent pour rappeler à tous le don que Dieu a fait à lhumanité, à chacun de nous, en nous envoyant son Fils unique pour la rédemption du monde.
Il faut comprendre lexpression biblique " au nom de Jésus " dabord dans le contexte sémitique de la puissance attachée à linvocation du nom, surtout le Nom de Dieu. Dans lAncien Testament, on rencontre souvent le Nom de Dieu ; pour les juifs anciens, comme pour dautres peuples, le nom est associé à lêtre même de la personne nommée ; connaître le nom dune personne est entrer dans une relation intime avec la personne ; il ny a de distinction entre la personne et son nom. Le Nom de Dieu était sacré, tellement sacré que le tétragramme de lAncien Testament, YHWH, nétait prononcé que par le Grand Prêtre une fois par an, dans le Saints des Saints du Temple de Jérusalem. Cest pour cette raison quil y avait dautres Noms de Dieu, notamment Adonaï, habituellement traduit par " Seigneur " dans nos Bibles.
Dans le Psaume 90/91, le Seigneur dit au verset 14 : " Puisqu'il m'aime, je le délivrerai; Je le protégerai, puisqu'il connaît mon nom. " - phrase qui sapplique, dans la lecture chrétienne, au Verbe de Dieu, le Christ, celui qui connaît le Nom, c'est-à-dire la personne de Dieu, que Dieu seul peut connaître.
Par extension, linvocation du Nom de Jésus dans le Nouveau Testament, par exemple dans les Actes des Apôtres, constitue une supplication que le Christ Jésus agit lui-même comme il est demandé par la prière de celui qui linvoque. Car cest en fait le Christ qui accomplit lacte ; la personne nest que lintermédiaire, le " serviteur inutile " qui accomplit son devoir. Il en est ainsi pour tous les sacrements chrétiens : dans la tradition orthodoxe, chaque sacrement comprend linvocation de lEsprit Saint (" lépiclèse "), qui accomplit le sacrement.
Cest ainsi quon peut parler " de la puissance du Nom " (titre de lexcellent article de Mgr Kallistos Ware sur la prière de Jésus, au Pages Orthodoxes La Transfiguration.
Cest dans ce sens quil nest pas léquivalant des expressions séculières " au nom du roi " ou " au nom de la loi ", car dans ces cas, la personne agit elle-même, étant investie du pouvoir du " roi " ou de la " loi " pour agir.
Malheureusement lÉglise orthodoxe est très peu présente en Normandie. Cependant, il y a dans cette région de France la " Fraternité orthodoxe de lOuest ", qui organisent des célébrations liturgiques et dautres manifestations orthodoxes. Voici quelques coordonnées (qui datent de 1992) :
Père Pierre Tchesnakoff
La Touche en Plumaudan
22350 Caulnes
Tél. 96 86 03 89.Père Jean Roberti
4, quai Émile Zola
35000 Rennes
Tél. : 99 79 36 93.Michèle Nikitine
8, rue Clos Margot
72000 Le Mans
Tél. 43 81 14 58.Dans le Sarthe, il y aussi le Monastère Saint-Silouane-lAthonite, que je connais bien et recommande vivement. Les visiteurs y sont les bienvenues : Route du Grand Lucé, 72440 Saint-Mars-de-Locquenay. Higoumène : Hiéromoine Syméon (Cossec). Tél : 02 43 35 95 12.
Je vous envoie ici-bas le texte du Notre Père en slavon dabord en cyrillique, puis translittéré en caractères latins. Le slavon est la langue liturgique de lÉglise russe (aussi des Églises serbe, bulgare, et en partie, ukrainienne), pas le russe moderne. Beaucoup de Russes ont de la difficulté à comprendre le slavon, une langue créée il y a environ onze siècles par saints Cyrille et Méthode pour lévangélisation des peuples slaves. Les Russes qui assistent régulièrement aux offices arrivent à comprendre les textes habituels, mais ont plus de difficulté avec des nouveaux textes. Le slavon nest pas une langue parlée.
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Otce na, íe jesí na nebesjéh, da svjatítsja ímja Tvoé, da priídet
Tsàrstvie Tvoé, da bùdet vólja Tvojà, jàko na nebesí, i na zemlí. Hljéb nà nasùcnyi dàd nàm dnés, i ostàvi nàm dólgi nàa, jàkoe i mý
ostavljàem dolnikóm nàym; i ne vvedí nàs vo iskuénie, no izbàvi nàs
ot lukàvago.
Jàko Tvoé jést tsàrstvo, i síla i slàva, Ottsà, i Sýna, i svjatàgo Dùha,
nýnje i prísno i vo vjéki vjekóv.
Amin.
Entre temps, je peux apporter quelques éléments de réponses à vos questions concernant les offices orthodoxes (ou plus exactement peut-être, les offices byzantins). Les Petits Offices sont en fait basés sur les offices byzantins, mais ils sont très simplifiés. LOffice du Soir suit dune façon générale, sauf en ce qui concerne les litanies, le déroulement de lOffice des Vêpres, qui prend habituellement environ 30 à 45 minutes le temps des offices varie beaucoup, selon si loffice est fait au complet, lesquelles parties sont chantées et à quel rythme etc.. LOffice du Matin des Petits Offices ne reprend que quelques éléments de lOffice des Matines, qui est très long (90 à 120 minutes) et élaboré. Dans les deux cas, les parties variables des offices byzantins ont été éliminées presque entièrement.
Vous trouverez le texte des Heures de Tierce et de Sexte aux Pages Orthodoxes.
Les grands offices liturgiques (Noël, Semaine Sainte) sont en fait les offices des heures un plus élaborés que dhabitude, mais qui conservent la même structure générale.
Les fidèles orthodoxes peuvent, bien sûr, se servir des offices dans leur prières personnelles dailleurs, les offices récités ou chantés en paroisse sont les mêmes que dans les monastères. La difficulté est que les offices sont longs et parfois compliqués et on a besoin de plusieurs livres liturgiques pour pouvoir les suivre intégralement. Il existe donc divers " Livres de prières orthodoxes ", basés, comme les Petits Offices, sur les offices byzantins, mais plus ou moins simplifiés. En voici un : Monastère Orthodoxe Saint-Nicolas de la Dalmerie, Livre de prières orthodoxes. Paix, La Dalmerie, F-34260 Le Bousquet d'Orb, 1996.
La plupart des livres liturgiques byzantins ont été éditée en français par la Diaconie Apostolique, dont le distributeur est le Monastère de Chevetogne en Belgique (vous trouverez un catalogue sur la page web de Chevetogne). Il existe aussi des extraits des plus importants offices de lannée liturgique : Guillaume, Denis, Le Spoutnik, nouveau Synecdimos [bréviaire byzantin]. Diaconie Apostolique, Parme, 1997.
La source la plus complète du commun des offices est le Grand Livre dHeures (Diaconie Apostolique, 1989).
En ce qui concerne les " heures liturgiques ", les principaux offices de lÉglise orthodoxe sont :
Vêpres (au couché du soleil, qui débute la journée liturgique)
Complies (seulement à certaines occasions)
Office de Minuit
Matines (ou Orthros, qui devrait débuter avant le lever du soleil)
Prime (Première heure, cest-à-dire vers 7h00 du matin)
Tierce (Troisième heure, vers 9h00)
Sexte (Sixième heure, vers midi)
None (Neuvième heure, vers 15h00)
Les " Laudes ", qui, dans lÉglise catholique, sont loffice du matin, sont intégrés aux Matines, sous la forme des Psaumes 148, 149 et 150, avec des versets propres à chaque fête.
Dautres offices peuvent figurer au calendrier liturgique à certains moments, par exemple " LOffice royale " et les " Typiques " pendant le Grand Carême.
Les " Vigiles " sont un office dusage slave qui fond ensemble les Vêpres et les Matines.
Les offices sont dorigine monastique et sont célébrés dans les paroisses dans la mesure du possible. Par exemple, avant la célébration de la Divine Liturgie le dimanche, dans lusage grec, on célèbre souvent lOrthros (Matines) et dans lusage slave, les heures de Tierce et de Sexte.
Les Vêpres sont le vrai " Office de nuit ", faisant le lien entre la lumière du jour, larrivée des ténèbres, et la vraie Lumière qui illumine tout homme venant dans le monde (Jean 1), le Christ.
Tous les offices des grandes fêtes liturgiques, notamment ceux de la Semaine sainte et de Pâques, sont basés sur le cycle quotidien des offices, en particulier les Vêpres et les Matines.
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En ce qui concerne un calendrier quotidien de prière, les offices de lÉglise orthodoxe suivent les heures monastiques : vêpres, complies, matines, prime, tierce, sexte, none. Vous trouverez des " Petits offices orthodoxes " pour les laïcs aux Pages Orthodoxes La Transfiguration. Ces offices sont composés dextraits des offices orthodoxes, dont les textes complets se trouvent dans les livres liturgiques, assez volumineux. Il existe aussi un " bréviaire " orthodoxe nommé le Spoutnik, qui contient les principaux offices orthodoxes, y compris les textes des Divines Liturgies, et qui permet de suivre en particulier les offices dominicales et des grandes fêtes. Le Spoutnik est édité par la " Diaconie Apostolique " et est distribué par le Monastère de Chevetogne en Belgique (site web : http://www.monasterechevetogne.com/fr/indexfr.htm).
Loffice de guérison dans lÉglise orthodoxe est habituellement loffice de lonction des malades. Le sacrement de l'onction des malades apporte non seulement la guérison du corps, mais aussi le pardon des péchés. Ce sacrement est destiné à n'importe quel malade, quelle que soit la gravité du cas. Il a donc deux aspects, un visant la guérison du malade, lautre sa préparation à la mort. Au sacrement des huiles se rattachent les autres actes d'onction : pendant le baptême, pour la consécration dune église, pendant loffice des vigiles et pour la bénédiction des icônes. Ce très beau office est souvent administré dans les paroisses le Mercredi saint, comme office de guérison pour tous, car nous sommes tous " malades desprit " et cest le Christ le médecin " des âmes et des corps " qui nous guérit. Loffice complet comprend sept onctions, chacun étant précédé par une lecture des Épîtres, une lecture des Évangiles et des prières. Le rituel de cet office se trouve dans le Grand Euchologe et Arkhiératikon, publié par la Diaconie apostolique (informations au site du Monastère de Chevetogne (http://www.monasterechevetogne.com/fr/indexfr.htm), le distributeur, mais je nai pas de version informatisée. Le texte du rituel se trouve en anglais au site Anastasis (http://web.ukonline.co.uk/ephrem/ - cliquer sur Euchologion, puis Anointing of the Sick pour lIntroduction, puis sur Euchelaion pour le texte du rituel). Il y a aussi un texte en anglais concernant ce sacrement à ladresse http://www.st-seraphim.com/unction.htm.
Lonction dhuile figure dans deux sacrements de lÉglise orthodoxe, la chrismation (ou confirmation) et lonction des malades, et également dans dautres bénédictions.
s CHRISMATION : La chrismation ou onction avec le saint chrême (du grec, chrisma, " onction ") suit normalement le baptême. Le saint chrême est consacré par les primats des Églises et est envoyé par eux aux évêques de leur juridiction. La chrismation est administrée par un prêtre, qui fait un signe de croix sur le front, les yeux, les narines, la bouche, les oreilles, la gorge, les mains et les pieds du candidat, disant chaque fois : " Le sceau du don de lEsprit Saint. " Car cest par la chrismation que le baptisé reçoit le don de lEsprit, devenant ainsi membre à part entière du peuple de Dieu ; il partage, dans le Christ, la royauté, la prophétie et la sacerdoce du " peuple royal ".
La chrismation sert souvent de rite dadmission dans lÉglise orthodoxe pour ceux qui viennent dautres confessions chrétiennes. Le saint chrême est le symbole de l'unité de l'Église.
s ONCTION DES MALADES : Le sacrement de l'onction des malades apporte non seulement la guérison du corps, mais aussi le pardon des péchés. Ce sacrement est destiné à n'importe quel malade, quelle que soit la gravité du cas. Il a donc deux aspects, un visant la guérison du malade, lautre sa préparation à la mort. Au sacrement des huiles se rattachent les autres actes d'onction : pendant le baptême, pour la consécration dune église, pendant loffice des vigiles et pour la bénédiction des icônes.
Pour les textes des offices en français, je vous réfère au livre de Denis Guillaume, trad., Grand euchologe et arkhiératikon. Diaconie apostolique, Parme, 1992. Une version anglaise de loffice des saintes huiles est disponible à ladresse : http://web.ukonline.co.uk/ephrem/euchelai.htm .
Vous avez raison en ce qui concerne lhuile donction dans lonction des malades : un peu de vin est ajouté à lhuile. Si ces deux éléments faisaient partie des rituels doffrandes de lAncien Testament (voir par exemple, Ex 29, 40, Le 23, 13, No 15, 9 etc.), le fondement biblique principal pour le mélange des deux semble être le parabole du bon Samaritain : " Il sapprocha (du blessé), banda ses plaies, y versant de lhuile et du vin " (Luc 10, 24).
Lhuile et le vin sont aussi utilisés pour la bénédiction des fruits de la terre (lArtoclasie) pendant loffice des Vigiles. Le célébrant bénit cinq pains, du vin, de lhuile et du froment. Le vin et lhuile sont versés sur les pains, qui sont consommés par les participants à loffice. Mais il ny pas de mélange du vin et de lhuile avant la bénédiction.
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En ce qui concerne lonction dhuile, il sagit sans doute de lonction pendant les matines, qui avec les vêpres constituent loffice des vigiles, pratiqué dans les Églises slaves. Si les matines sont célébrées tous les jours dans les monastères, par contre dans les paroisses, cest typiquement seulement le samedi soir et la veille des grandes fêtes quon célèbre les vigiles.
Je nai pas trouvé dorigine spécifique pour lonction des fidèles pendant les vigiles ; cest un rite rattaché à toutes les onctions pratiquées dans lÉglise orthodoxe : à la chrismation, lonction des malades, la bénédiction dun autel et dune icône etc. Vous demandez dans quel passage de lÉcriture trouve sa source cette onction dhuile. Dans les rituels de lÉglise orthodoxe, il ny a pas nécessairement un texte biblique pour chaque geste ; souvent, cest lusage reçu ou la " Tradition " qui en est le fondement, les origines précises en étant perdues au cours des siècles. Ainsi, lutilisation de lhuile pour les onctions trouve ses sources, dune façon générale plutôt que spécifique, sauf dans certains cas, dans les passages de lÉcriture que sans doute vous connaissez bien : lonction des rois et des prophètes dans lAncien Testament, des références telles que dans le Psaume 103 (" lhuile qui fait briller les visages "), lonction Christique dont parle lÉpître aux Hébreux (1,9), et bien sûr la parabole du Bon Samaritain (Luc 10, 37) et la recommandation dans lÉpître de saint Jacques (5, 14-15). Le P. Denis Guillaume, dans son lexique (Le Spoutnik, p. 1137), écrit : " Dans lantiquité.. les athlètes soignaient dhuile soit pour lélasticité ou le bien-être de leurs membres, soit pour échapper à la prise de ladversaire dans la lutte. Il est reste le sens symbolique de lonction des catéchumènes, en vue du combat contre le Diable, avec lathlétique nudité des candidats au baptême. " Je pense que cest dans ce sens symbolique quil faut voir cette onction : le chrétien porte sur son front le symbole même de sa foi, qui est aussi son arme pour le combat spirituel : la Croix, à la fois douloureuse et joyeuse, lhuile dallégresse.
Pour ce qui est du service à plein temps et lordination, je crois que ceci sera difficile en Ukraine, peut-être possible en France, mais il faudrait bien sûr faire partie dune Église locale. À quelques exceptions près, les Églises et les paroisses orthodoxes en Occident ont peu de ressources et souvent le clergé doit travailler pour gagner leur vie les principales exceptions sont certaines paroisses, dont les paroissiens sont assez nombreux et généreux pour prendre en charge un clergé à temps complet (par exemple, les grecs, les arabes et les roumains).
Pour accéder à la sacerdoce, normalement on doit avoir terminé une formation théologique, par exemple à lInstitut Saint-Serge. Mais une formation académique et même le souhait de la personne dêtre ordonné ne suffisent pas, car dans lÉglise orthodoxe, lordination se fait en réponse à un appel de lévêque ; cest un " ministère " plutôt quune " vocation ", car sont considérés comme vocations le mariage et le monachisme (les laïcs célibataires occupent une place un peu ambiguë dans ce cadre).
ORTHODOXE ISOLÉ
Que pouvez-vous faire pour maintenir le lien avec lÉglise, vivant loin dune communauté orthodoxe ? Je vous fais quelques suggestions :
- Oui, icônes et prière : vous pouvez aménager un petit " coin de prière " chez vous, avez quelques icônes, un lampade ou une bougie, pour le recueillement de la famille.
- La prière quotidienne est très importante, mais matines et vêpres, cest beaucoup ! Mieux, selon lenseignement de Pères, détablir une " règle de prière " modeste et de laccomplir sans faille, quune règles ambitieuse quon narrive pas à accomplir. Le matin des jours de travail, cest difficile pour les familles, mais même une courte prière est utile par exemple les " prières-exprès " du lever (voir fichier ci-joint), peut-être avec une courte lecture du Nouveau Testament. Le soir, on peut se permettre un peu plus, au minimum les " prières-exprès " du coucher, mais petit une prière plus longue. Je vous envoie ci-joint un petit livre de prières (matin, midi, soir) basé sur les offices orthodoxes, mais simplifié et adapter à lusage laïc.
- Les dimanches matins, en labsence de pouvoir assister à la Liturgie, peut-être un office plus structuré, avec prières, lecture de lÉpître et de lÉvangile du jour, chants, lecture dun texte spirituel (pour les adultes).
- Justement en ce qui concerne Thaïs, vous pouvez entreprendre un enseignement catéchétique systématique, qui pourrait avoir lieu les dimanches matins ; il faudrait prendre les matériaux nécessaires avec vous !
- Suivre, dans la mesure du possible, lannée liturgique : périodes de jeûne, y compris les mercredis et vendredis, lobservance des grandes fêtes par les lectures et les prières appropriées.
- Maintenir un lien avec votre paroisse actuelle, par exemple avec une ou deux personnes par courriel et avec le prêtre renseignements sur les activités de la paroisse, demandes de prières, demande de " communier pour vous " etc.
- En labsence de lieu de culte orthodoxe, vous pouvez peut-être assister de temps en temps à la messe catholique il y a sûrement une ou peut-être plusieurs paroisses catholiques à Pékin, peut-être même une avec la messe dans une langue occidentale. Même si lÉglise orthodoxe nest pas en communion avec lÉglise catholique, rien nempêche dassister aux offices ; cest une présence chrétienne dans un milieu largement athée ou simplement non-chrétien. On trouvera sans doute sur internet des indications sur lÉglise catholique à Pékin.
- En terme de livres à prendre avec vous, je suggère surtout le " Spoutnik ", qui contient lessentiel des offices et des liturgies de tous les dimanches de lannée, des grandes fêtes et de la Semaine sainte. Je vous envoie ci-joint quelques consignes dutilisation du Spoutnik. En ce qui concerne lannée liturgique, le livre du père Lev Gillet (" une moine de lÉglise dOrient "), LAn de grâce du Seigneur, est le plus utile.
LOrthodoxie est la communion dans la foi et les sacrements, notamment lEucharistie, des chrétiens faisant partie des Églises fondées par les Apôtres et restées fidèles aux doctrines des sept Conciles cuméniques et aux enseignements des Pères des premiers siècles. Le mot " orthodoxe " vient de deux mots grecs, orthos, " vraie " et doxa, " gloire, louange, culte, foi ". Pendant le conflit iconoclaste des VIIIe et IXe siècles, lappellation " orthodoxe " désignait ceux qui favorisaient le culte des icônes, donc qui professaient " la foi véritable ". Lautre sens du mot doxa, " gloire, louange, culte ", sapplique aussi aux orthodoxes, car ceux qui confessent la vraie foi rendent la gloire véritable et le vrai culte à Dieu.
LOrthodoxie constitue lexpression authentique du christianisme. Dans la fidélité à la foi apostolique, les Églises orthodoxes locales, appelées à sanctifier les fidèles, sont unies dans la confession d'une foi commune qui se manifeste dans lunité des doctrines et des sacrements, ainsi que dans la nature conciliaire de lorganisation même de lÉglise. Cette unité sexprime notamment dans la liturgie byzantine, cette vaste synthèse de la théologie des Pères et des Conciles cuméniques qui témoigne de la continuité historique et spirituelle de lOrthodoxie.
Avec les grandes migrations du XIXe et surtout du XXe siècle, sous la pression de la misère économique ou bien de la guerre et de la persécution, le christianisme orthodoxe a perdu son caractère géographique oriental. L'Église orthodoxe est présente aujourd'hui sur tous les continents et la rencontre de l'Orthodoxie et de l'Occident, grâce à la diaspora orthodoxe, constitue un des grands événements spirituels de notre époque.
LOrthodoxie est donc une confession chrétienne, de même que le Catholicisme, et non pas une " religion " distincte du christianisme. Il y beaucoup des différences entre lÉglise orthodoxe et lÉglise catholique, qui représentent respectivement la tradition gréco-orientale et la tradition latino-occidentale de lÉglise. Ces différences touchent la théologie, la liturgie, les sacrements, lecclésiologie, les arts sacrés, ainsi que la vie spirituelle en général.
En ce qui concerne les dogmes, les deux Églises partagent généralement la même foi, sauf sur quelques points en particulier : la procession de lEsprit Saint (la question du filioque), lautorité dans lÉglise et particulier lautorité du Pape, et les dogmes " modernes " concernant la Mère de Dieu.
Bien que les différences entre les deux " poumons " de lÉglise sont importantes, il faut tenir à lesprit que ce qui les unit est plus important que ce qui les divise. Par ailleurs, beaucoup de ces différences existaient à lintérieur de l" Église indivise " du premier millénaire. Et les Églises orthodoxes et catholiques romaines sont beaucoup plus proches que lÉglise romaine lest à la plupart des communautés issues de la Réforme en Europe occidentale au 16e siècle.
Historiquement, depuis la conversion au christianisme par lEmpereur Constantin au 4e siècle jusquau déclin de lEmpire byzantin et la chute de Constantinople en 1454, lÉglise orthodoxe était avant tout lÉglise de cet empire. De nos jours, les pays de tradition orthodoxe sont notamment la Russie, la Grèce, la Roumanie, la Bulgarie, la Serbie, la Macédoine, et il y des communautés orthodoxes importantes dans certains pays arabes, par exemple le Liban, la Syrie et lÉgypte. En lEurope occidentale et lAmérique du Nord, lOrthodoxie est représentée surtout dans les communautés dimmigrés des pays de tradition orthodoxe, mais il y aussi des orthodoxes " de souche occidentale " dans tous les pays occidentaux où lÉglise orthodoxe est installée.
Voici un résumé des différences doctrinales entre lÉglise orthodoxe et lÉglise catholique romaine :
Malgré des différences culturelles et rituelles importantes, les Églises dOrient et dOccident partageaient essentiellement la même foi pendant le premier millénaire après Jésus Christ. Ce nest quavec la controverse du " filioque " au IXe siècle que la séparation entre lOrient et lOccident a été consommée. Cette controverse touchait, et touche encore, un élément important de foi, la procession du Saint Esprit. À partir du Ve siècle en Occident on a commencé à affirmer que le Saint Esprit procède du Père " et du Fils " (filioque), interpolation qui ne se trouve ni dans le Credo de Nicée-Constantinople, ni dans les enseignements des Pères grecs ; son origine se trouve plutôt dans les enseignements de saint Augustin concernant le Saint Esprit. Pour lÉglise orthodoxe, le filioque accorde une importance indue à la nature divine, au dépens des Personnes divines, remettant en cause la conception patristique de Dieu en tant que communion de trois Personnes divines. Pendant plusieurs siècles, lÉglise de Rome a résisté à cette modification du Credo, qui était avancée par lempereur et les théologiens de lEmpire franc, grand rival de lEmpire byzantin à lépoque, pour des raisons autant politiques que théologiques. À partir du début du Xe siècle le filioque a été introduit à Rome même, unilatéralement et en violation du principe de conciliarité du gouvernement de lÉglise. Cette différence dogmatique reste toujours une pierre dachoppement entre lOrient et lOccident.
Lautre cause principale de la rupture entre lOrient et lOccident concernait la nature de lautorité dans lÉglise, et en particulier lautorité et le rôle du pape. LÉglise orthodoxe nadmet pas lautorité de lévêque de Rome sur lÉglise universelle, ni son infaillibilité. Plus quune simple différence de discipline, la question du rôle du pape dans lÉglise englobe des conceptions différentes de lorganisation de lÉglise visible, reflet de conceptions divergeantes de la Sainte Trinité. Pour lÉglise orthodoxe, la base de lÉglise demeure lÉglise locale, qui à lorigine était la communauté eucharistique rassemblée autour de son évêque en un lieu donné. Dans un sens plus large, lÉglise locale est lensemble des Églises dune région donnée, rassemblées autour des évêques de cette région. Les Églises locales sont surs et parmi elles, celle de Rome avait reçu mission, nous précise saint Ignace dAntioche (fin du Ier siècle), de " présider dans lhonneur " les Églises surs. Cette primauté dhonneur de lÉglise de Rome est devenue, pour des raisons historiques et politiques au cours des siècles, une affirmation unilatérale de la primauté dautorité des papes ou patriarches de Rome sur les autres patriarches et Églises. Acceptée en Occident, la doctrine de lautorité absolue du pape sur les autres évêques sest heurtée à la ferme volonté des Églises dOrient de vouloir sauvegarder la tradition de lÉglise primitive de légalité des Églises locales.
Dautres différences doctrinales entre lÉglise dOrient et lÉglise dOccident sont venues sajouter à celles du filioque et de lautorité dans lÉglise. L'Église orthodoxe ne reconnaît pas le dogme de l'Immaculée Conception, selon lequel la Vierge Marie est née sans être entachée par le péché originel. Pour lÉglise orthodoxe, cette doctrine, fondée sur la notion augustienne de la transmission du péché originel à tous les descendants dAdam, est contraire au principe de la liberté dans le salut et constitue en effet un rejet de l'acte volontaire d'obéissance indispensable pour le salut. La Sainte Vierge serait ainsi séparée du reste de la descendance dAdam, lenlevant du destin commun de toute lhumanité, ce qui jette un doute sur la réalité de lIncarnation. Si en effet le Fils de Dieu avait assumé la nature humaine dune mère qui naurait pas hérité des conséquences du péché originel - notamment une tendance vers le mal et la mortalité -, il naurait pas assumé non plus la nature humaine déchue pour ensuite la transfigurer, la ressusciter, lexalter et la sauver.
En ce qui concerne le dogme de lAssomption de la Mère de Dieu, lÉglise orthodoxe ne considère pas que ceci doive figurer parmi les dogmes essentiels de lÉglise. Il ny a aucun fondement biblique concernant lassomption de la Mère de Dieu au ciel, mais la mémoire de lÉglise a toujours accepté que le corps de la Sainte Vierge a été glorifié immédiatement après sa mort ou " dormition " et enlevé au ciel ; elle est au-delà de la mort et du jugement et vit déjà dans le siècle à venir. La Dormition de la Mère de Dieu, célébrée le 15 août, la dernière des grandes fêtes de la lannée liturgique, est fêtée par lÉglise orthodoxe comme une seconde Pâque, la résurrection de celle qui est déjà unie au Christ : la Mère de Dieu est licône de la glorification des saints de tous les temps.
LÉglise orthodoxe et les fidèles honorent et vénèrent la Mère de Dieu comme la plus parfaite des créatures de Dieu, " plus vénérable que les Chérubins et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins ", selon les mots de lHymne à la Mère de Dieu. Le titre complet de la Vierge utilisé dans les offices orthodoxes est " notre toute-sainte, immaculée, toute bénie et glorieuse Souveraine, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ", appellation reflétant bien la piété orthodoxe envers celle qui " a enfanté Dieu le Verbe " et qui a donc été linstrument nécessaire à lIncarnation et ainsi à salut de toute lhumanité.
L'Église orthodoxe ou l'Orthodoxie comprend cette partie du christianisme qui est restée fidèle aux enseignements et décisions des sept conciles oecuméniques qui ont eu lieu entre le IVe et le VIIIe siècles. La séparation tragique entre le christianisme orientale et le christianisme occidentale a eu lieu entre 1054 et 1204 et c'est le christianisme occidental qui est devenu l'Église catholique romaine, alors que les Églises dOrient sont appelées l'Église orthodoxe.
En ce qui concerne les doctrines, il y très peu qui sépare les deux " poumons de l'Église ". Les principales différences doctrinales sont :
1. Le Filoque du Credo : Dans le Credo de lÉglise catholique, il est dit que l'Esprit Saint " procède du Père et du Fils " (Filioque en latin), alors que l'Église Orthodoxe a toujours utilisé la formule du Credo de Nicée-Constantinople du IVe siècle, selon laquelle l'Esprit Saint " procède du Père ". Le Filioque a été ajouté au Credo en Occident vers le IXe siècle.
2. La place du Pape dans l'Église : L'Église orthodoxe reconnaît le Pape comme ayant une primauté d'honneur parmi les évêques, mais pas une autorité absolue sur toute l'Église. Le principe de gestion de l'Église orthodoxe est la collégialité, l'égalité des évêques entre eux. En particulier, l'Église orthodoxe ne reconnaît pas l'infaillibilité du Pape, une doctrine de lÉglise catholique énoncée au Concile Vatican I en 1870. L'Église Orthodoxe n'a pas d'autorité centrale, mais est composée d'un certain nombre d'Églises autonomes qui sont en communion entre elles, partageant la même foi et les mêmes sacrements. LÉglise de Constantinople est reconnue comme ayant une primauté dhonneur parmi les Églises orthodoxes, mais le Patriarche de Constantinople na pas de pouvoir juridique sur les autres Églises orthodoxes.
3. Les doctrines catholiques concernant Marie, la Mère du Dieu : L'Église orthodoxe accorde une très grande dévotion à la Mère de Dieu mais n'accepte pas les doctrines Catholiques " modernes " concernant la Mère de Dieu, notamment l'Immaculée conception et l'Assomption au ciel de son vivant. Pour plus dinformations sur la doctrine et le piété orthodoxes envers la Mère de Dieu, voir les Pages de la Mère de Dieu au site Pages Orthodoxes La Transfiguration .Il y aussi beaucoup d'autres différences, de nature non dogmatique, entre l'Église orthodoxe et l'Église catholique, au niveau de la théologie, la vie spirituelle, la Liturgie (Messe), l'ecclésiologie etc. C'est une autre mentalité, un autre esprit, qui anime l'Église d'Orient, un esprit qui accorde beaucoup d'importance, par exemple, à la Miséricorde, alors que l'Église romaine est souvent plus " légaliste " dans ses approches aux problèmes concrètes, par exemple les questions morales. Plusieurs de ces différences sont évoquées dans les témoignages de personnes venues à lorthodoxie dautres Églises ou confessions sur le site de la Transfiguration (voir la section La foi orthodoxe), ainsi que dans les commentaires sur le Credo (Introduction à la foi orthodoxe par père Lev Gillet et Commentaire du Symbole de la Liturgie par Vladimir Lossky et Pierre L'Huillier).
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Vos commentaires sur lhistoire de lÉglise reflète un point de vue qui nest plus celui même de la plupart des historiens catholiques romains de nos jours. Pour commenter quelques points :
- La distinction entre " catholiques " et " orthodoxes " nexistaient certainement pas avant le XIe siècle : tous les chrétiens étaient à la fois catholiques et orthodoxes.
- LÉglise de Rome nest pas l " Église-mère et fondatrice " : cette honneur revient à lÉglise de Jérusalem, comme cest clair dans les Actes des Apôtres. Saint Pierre nétait pas le chef de cette Église, cétait saint Jacques.
- Ni saint Pierre ni saint Paul nont " fondé " lÉglise de Rome : lÉglise de Rome existait déjà au moment de leur arrivée dans la capitale impériale.
- LÉglise de Rome na jamais exercé une autorité sur les autres Églises de lempire. Ce nest quau Xe siècle que le Pape de Rome a tenté, avec lappui de lempire franc, dexercer une autorité sur les Églises de lOrient chrétien, tentative qui a été fermement rejetée au fils des siècles par les Églises dOrient.
- Jusquau Xe siècle, la chrétienté était composée de cinq grandes Églises principales (la " Pentarchie ") : Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem (en ordre de préséance). Chaque Église était autonome, mais toutes reconnaissaient une primauté dhonneur (mais pas dautorité) à lÉglise de Rome.
- Ce qui a rompu cette unité dans la diversité était avant tout la décision unilatérale de lÉglise de Rome au début du XIe siècle de modifier le Credo de Nicée-Constantinople en y ajoutant le fameux