L'Offrande Liturgique : Notes sur la Liturgie

Un Moine de l’Église d’Orient
(Père Lev Gillet)

Fresque de la Sainte Communion Fresque de la Sainte Communion

Fresque de la Sainte Communion
Chapelle de la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu,
Atelier d'Iconographie Saint-Jean-Damascène

 

PRÉFACE

Ces pages ne sont pas une traduction nouvelle de la liturgie de saint Jean Chrysostome, ni un commentaire suivi de cette liturgie. Elles ne contiennent ni explications historiques ni développements théologiques. Ce sont de simples " notes ", c’est-à-dire de brèves remarques, mettant en relief certains passages du texte de la liturgie, certains thèmes principaux de cette longue et très riche prière que saint Jean Chrysostome apporta d’Antioche à Constantinople au IVe siècle et qui, dans ses grandes lignes, se trouve fixée dans des manuscrits grecs du VIIIe siècle. Nous avons voulu " orienter " l’attention et la réflexion des fidèles vers quelques sommets spirituels de ce texte. Nous n’avons pas écrit pour les doctes, mais pour des laïcs, hommes et femmes, et même pour des écoliers, pour les âmes les moins familières avec les discussions dogmatiques et cependant désireuses de notions élémentaires précises.

Quelques mots sur la structure générale de la liturgie de saint Jean Chrysostome ne seront peut-être pas inutiles. Comme toutes les anciennes liturgies chrétiennes, celle que nous avons maintenant en vue juxtapose deux types d’assemblée liturgique : la liturgie de la Parole et la liturgie de l’Eucharistie. D’abord vient la liturgie de la Parole, centrée sur la double " parole " de l’homme s’adressant à Dieu et de Dieu s’adressant à l’homme. L’homme s’adresse à Dieu à travers les " litanies ", séries de demandes exprimées par le prêtre ou le diacre au nom de l’assemblée et entrecoupées de chants et de fragments bibliques (surtout de psaumes) et aussi par les prières dites " secrètes " que fait le prêtre. La " petite entrée " du prêtre avec le livre des Évangiles indique déjà que cette partie de la liturgie converge vers la Parole divine écrite. De fait, après la prière de glorification de Dieu (" trisagion ", répété trois fois) l’Épître et l’Évangile du jour sont lus et suivis ou non par une homélie. Puis commence la liturgie eucharistique. Le pain et le vin sont apportés à la sainte Table. C’est la " grande entrée ", suivie de la récitation du symbole de foi. Après cela le prêtre lit la grande prière eucharistique qui inclut l’action de grâces pour tous les dons divins, le rappel évangélique de l’institution du sacrement de la Cène du Seigneur, l’invocation du Saint-Esprit sur nous-mêmes et sur les éléments offerts ; cette longue prière, coupée par quelques intercessions et commémorations, culmine avec l’oraison dominicale (" Notre Père... "). La communion est alors distribuée aux fidèles. La liturgie s’achève sur des intercessions et des bénédictions assez courtes.

Telles sont les grandes lignes de la liturgie de saint Jean Chrysostome dont le présent opuscule va isoler quelques éléments pour les mieux proposer à l’attention et à la piété des lecteurs.

Beaucoup ont fait ce que nous avons ici essayé de faire. Ils l’ont fait beaucoup mieux que nous. Les seuls mérites de ce petit ouvrage, s’il en a, sont sa simplicité et sa concision. Dieu veuille que notre écrit, si pauvre soit-il, puisse aider quelques âmes à adorer en esprit et en vérité !

Un moine de l’Église d’Orient
Beyrouth, Noël 1971 


1. DANS LA PAIX

La grande supplication par laquelle commence la sainte liturgie s’ouvre sur une demande instante afin que la paix nous soit accordée.

En effet, cette demande est si importante, si fondamentale, qu’elle revient trois fois, sous des formes un peu différentes. Ce ne sont pas là des répétitions superflues, mais ces trois demandes sont chargées chacune d’une profonde signification spéciale.

" En paix prions le Seigneur. " Il s’agit, en premier lieu, de s’établir dans un état de paix intérieure. Celui qui va prendre part à la sainte liturgie doit bannir de son esprit tout tumulte, toute ouverture aux tentations charnelles et terrestres, toute obsession des " affaires " de ce monde, tout sentiment hostile envers qui que ce soit, toute angoisse personnelle. Il doit se mettre devant Dieu dans un état de calme, d’attention confiante, de concentration sur l’" unique nécessaire ".

Et voici, aussitôt, une seconde demande : " Pour la paix d’en haut et le salut de nos âmes, prions le Seigneur. " La paix que nous avions déjà demandée est autre chose qu’un état d’âme, une situation psychologique produite par notre effort. C’est une paix qui vient d’" en haut ". Nous devons reconnaître humblement qu’elle est un don de Dieu, nous ouvrir à ce don, et tendre nos bras vers lui. D’autre part, nous reconnaissons que la paix divine et le " salut " de notre âme sont intimement liés. La paix est un signe de la présence et de l’action du " Sauveur " en nous.

Voici enfin une troisième demande de paix. " Pour la paix du monde entier, la stabilité des saintes Églises de Dieu et l’union de tous, prions le Seigneur. " La paix que nous demandons dépasse nos personnes isolées et elle revêt des applications pratiques. Nous prions pour la paix de l’univers, non seulement pour les hommes, mais pour toutes les créatures, pour les animaux, pour les végétaux, pour les astres et toute la nature. Nous entrons ainsi dans une piété cosmique, nous sympathisons avec tout ce à quoi Dieu a donné l’être. Nous prions pour tous les disciples du Christ et afin que, par tous, Dieu soit adoré " en esprit et en vérité ". Nous prions que soient abolies les guerres, les luttes entre les races, les nations et les classes. Nous prions pour que tous les hommes s’unissent dans un même amour.

Tout temple du Seigneur est une maison de Présence et une maison de prière. Tout temple est aussi une maison de la paix. Que l’âme de tous ceux qui entrent dans ce temple et vont prendre part à l’assemblée de Dieu devienne elle-même une maison de la paix !

2. L’ENTRÉE DES SAINTS ANGES

Un cortège s’est formé. Une procession se dirige vers le sanctuaire. C’est le rite dit de la " petite entrée ". Que signifie cette petite entrée ? Son sens est exprimé par la prière que le prêtre prononce alors : " Fais que notre entrée soit aussi l’entrée des saints anges qui servent et glorifient avec nous ta bonté. "

Les anges vont être présents à notre assemblée. Ils vont prier avec nous et pour chacun de nous. Car nous sommes entourés par la multitude des anges. Ils nous protègent, ils nous aident, ils nous aiment. Nous devons nous efforcer d’entrer avec eux dans une relation confiante et affectueuse.

Remarquons que le texte de la liturgie dit que les anges et nous servons la " bonté " de Dieu. Il n’est pas dit ici que nous servons la gloire de Dieu ou sa puissance. L’accent est mis sur la " bonté " du Seigneur. Certes la gloire de Dieu est le rayonnement de sa bonté et la puissance de Dieu met en œuvre cette bonté. Mais c’est vers la bonté que la liturgie tourne d’abord notre regard. Le rite de la petite entrée est une entrée dans cette bonté de Dieu que les anges connaissent tellement mieux que nous, dans cette bonté à laquelle s’adresse l’imploration constamment répétée de la liturgie : " Seigneur, aie pitié ! "

3. L’ENTRÉE DU LIVRE

Dans la procession de la petite entrée, le livre des saints Évangiles est porté par le diacre ou par le prêtre. Le cortège s’arrête devant les portes de l’iconostase. Celui qui tient le livre l’élève, le présentant ainsi aux fidèles, et il dit : " Sagesse ! Tenons-nous debout ! " Puis il entre dans le sanctuaire et le livre est déposé sur la table sainte.

La petite entrée n’est pas seulement l’entrée des anges. Elle est aussi l’entrée de l’Évangile du Seigneur Jésus-Christ dans le cœur de chacun de nous. La proclamation " Sagesse ! " signifie que l’Évangile est la Sagesse suprême, la Sagesse divine et révélée, qui dépasse infiniment toute connaissance humaine. La recommandation " Tenons-nous debout ! " indique avec quel respect nous devons recevoir la Parole du Seigneur. Cette présentation de l’Évangile aux fidèles est un appel à écouter et à suivre la Parole du Maître.

Le livre des Évangiles demeurera sur la table sainte pendant toute la liturgie. Les " saints dons " qui serviront à la Cène du Seigneur y seront aussi posés. Ainsi est affirmée l’inséparabilité de la nourriture céleste et invisible, la Parole de Dieu, et de la participation au Corps et au Sang de notre Sauveur. Sur la table sainte, le livre des Évangiles reste dressé, debout en quelque sorte, comme quelqu’un qui se lève et qui appelle. Dans cette petite entrée, l’Évangile de Jésus est-il entré en notre cœur ?

4. L’APPROCHE REPENTANTE

Notre liturgie de saint Jean Chrysostome ne débute pas, comme certaines autres liturgies chrétiennes, par une prière spéciale de confession des péchés et une déclaration du pardon divin. Ces éléments se trouvent pourtant dans notre liturgie, quoique sous un aspect moins formel qu’ailleurs. Ils ressortent avec évidence de la prière, malheureusement peu connue des fidèles, que le prêtre prononce avant la lecture de l’Épître.

Cette prière, en effet, contient les paroles suivantes : " Toi qui ne méprises pas le pécheur, mais as posé la pénitence comme voie de salut... Toi-même, ô Maître, reçois de nos lèvres de pécheurs l’hymne trois fois sainte et visite-nous dans ta bonté. Pardonne-nous toute faute, volontaire et involontaire, sanctifie nos âmes et nos corps... "

Tout ce qu’il fallait dire est dit ici. Il n’y a pas une énumération des fautes, mais une humble reconnaissance de notre état de pécheurs et un recours confiant à la miséricorde infinie.

Dans cette même prière, le prêtre dit à Dieu :

" Tu nous as rendus dignes, nous tes humbles et indignes serviteurs, à cette heure encore... " Dignes de nous tenir devant ta table du Seigneur. Voyons bien la calme, filiale assurance de cette prière. Nous ne disons pas : " Rends-nous dignes. " Mais : " Tu nous as rendus dignes. " Nous ne doutons pas que, à notre aspiration vers la grâce du pardon, notre miséricordieux Seigneur ait déjà répondu en nous restaurant dans notre état de fils réconciliés et aimés.

5. PAIX À TOUS

Cette phrase est celle que le prêtre, se tournant vers les fidèles avec un geste de bénédiction, répète le plus souvent au cours de la liturgie. Au début de ces réflexions, nous avons vu la signification et l’importance de la demande de la paix, demande si souvent répétée par le prêtre ou le diacre.

Les paroles " Paix à tous " sont en quelque sorte la réponse que Dieu fait à cette demande. Mais nous sommes devenus si habitués à la formule " Paix à tous " que la plupart d’entre nous ne sont plus capables de sentir la valeur et le poids de ce qu’elle apporte.

Quand le prêtre étend sa main sur les fidèles, disant " Paix à tous ", il transmet une réalité. Il confère de la part de Dieu un don, une grâce. La paix, non pas notre paix, mais la paix qui nous vient de Dieu, descend sur nous, entre en nous.

Sentons-nous cette paix dans notre cœur ? Avons-nous vraiment conscience que le Sauveur nous donne sa paix ? Avons-nous la foi que la paix ainsi donnée, et plusieurs fois donnée, a en elle de quoi calmer nos inquiétudes, nos souffrances ?

Peut-être avons-nous entendu, des centaines de fois, ce " Paix à tous " dans la liturgie sans lui avoir jamais accordé une sérieuse attention. L’heure propice est maintenant venue où nous essaierons enfin, avec un cœur nouveau, d’accueillir et de maintenir en nous cette paix de Jésus qui nous est offerte.

6. AMEN

C’est là le mot qui est prononcé le plus souvent par les fidèles au cours de la liturgie. Il est la réponse du peuple aux prières que le prêtre ou le diacre font à voix haute.

Que vaut notre " Amen " ? Le mot, en hébreu, signifie que la chose dont on parle est certaine, fermement établie. Prononcer ce mot est une sorte d’engagement. Le mot concerne personnellement chacun de ceux qui le disent.

En fait, nous avons si souvent entendu cet " Amen ", nous avons si souvent dit " Amen ", que le terme a beaucoup perdu de son nerf et de sa force. Nous en avons fait une sorte de réaction automatique à certaines paroles de la liturgie. Au lieu de ce " Il en est fermement ainsi " qui est le sens originel de " Amen ", nous mettons un consentement tiède, une adhésion molle : " Oui, je veux bien. Qu’il en soit ainsi ! " Nous ne sentons pas que notre vie entière, notre être entier sont impliqués dans un acte de foi et de confiance ardentes.

Commençons, aujourd’hui même, dans cette liturgie à laquelle nous participons maintenant, commençons à donner à notre " Amen " le sens qu’il devrait avoir pour nous. Faisons de chaque " Amen " un élan enthousiaste vers Dieu, un cri qui nous unisse à sa parole et à sa volonté.

7. LA PURE LUMIÈRE

L’Épître a été lue. Maintenant l’Évangile va être lu. Le prêtre prélude à cette lecture par une prière qui commence ainsi " Fais luire dans nos cœurs, ô Maître ami les hommes, la pure lumière de la connaissance de ta divinité. "

La liturgie, nous l’avons déjà dit, n’est pas seulement un rassemblement des fidèles autour du Souper du Seigneur. Elle est aussi un rassemblement autour de sa Parole. Elle est un rassemblement autour du Livre comme elle est un rassemblement autour de la Coupe. Dans la proclamation de l’Évangile, dans la réception authentique de ce message, nous allons nous trouver en contact vivant avec celui qui est la " Lumière du Monde ".

Cette Lumière " luit dans les ténèbres ". Cela signifie qu’elle est environnée de ténèbres et de forces hostiles, mais que, néanmoins elle ne peut être vaincue par la nuit. Cette affirmation est vraie de tout le vaste monde qui nous entoure. Elle est vraie aussi pour chacun de nous. Car chacun porte en soi, au même moment, une puissance de ténèbres et une Lumière qui jamais ne sera éteinte.

Préparons-nous à l’audition de l’Évangile en nous ouvrant à la Lumière. Que cette Lumière, cette connaissance qui vient de Dieu et non de nos efforts, cette Lumière intérieure qui est la même que celle qui émanait du Seigneur Jésus et qui rayonnait autour de lui, guide chacun de nos pas sur la route ! Oui, chacun de nos pas, car il n’est pas de petites choses dans la vie de l’Esprit ; et la lettre que j’écrirai, la conversation que j’aurai, l’emploi que je ferai du temps peuvent être guidés par Dieu tout autant que les grandes décisions qui me semblent engager ma vie. Et que cette Lumière éclaire pour moi non seulement ma marche sur la route voulue par Dieu, mais le paysage spirituel tout entier, mettant chaque homme et chaque chose à la place que leur assigne la pensée divine ! Ô Lumière du Monde, fais-moi avancer de clarté en clarté !

8. LES ÂMES ET LES CORPS

Le prêtre continue la prière d’avant l’Évangile. Et il lit ces paroles : " Car tu es l’illumination de nos âmes et de nos corps, ô Christ notre Dieu... "

Illumination de nos corps ? Nous concevons bien que la Lumière du Monde illumine nos âmes. Mais comment, dans quelle mesure illumine-t-elle nos corps ?

Quelques lignes plus haut, la même prière dit " ... ayant foulé aux pieds tous désirs charnels. " La même chair peut-elle être foulée aux pieds et illuminée ?

La chair, en elle-même, est chose bonne, créée par Dieu, bénie par Dieu. Blessée et affaiblie par le péché de nos premiers parents, elle devient souvent origine de tentations diverses ; elle peut être mur de séparation, fermeture égoïste, organe de lutte contre l’Esprit. Mais ce sont là des déviations. La chair, telle que Dieu l’a pensée et voulue, est un instrument de salut. C’est ainsi que Dieu est principe de l’amour de l’homme et de la femme et a fait de l’union conjugale un sacrement. C’est ainsi encore que Dieu nous fait un devoir de conserver notre corps, de préserver notre santé, de prier pour les malades. Et c’est ainsi qu’il a élevé notre chair à une telle dignité qu’il a voulu lui-même prendre chair en la personne de notre Seigneur Jésus-Christ. Voilà pourquoi la liturgie peut, dans la même prière, avant la lecture de l’Évangile, nous exhorter à " fouler aux pieds " les désirs de la chair (ceux de ces désirs qui sont mauvais et nous séparent de Dieu et de nos frères) et parler de l’" illumination de nos corps " aussi bien que de celle de nos âmes.

Puisque nous allons entendre la lecture de la Parole de Dieu, demandons, avec le prologue de l’Évangile selon saint Jean, que cette Parole " se fasse chair " en nous, " habite en nous ", et nous pénètre à tel point que notre corps devienne son enveloppe transparente.

9. ÉCOUTONS LE SAINT ÉVANGILE

" Sagesse. Tenons-nous droit. Écoutons le saint Évangile ", dit maintenant le diacre ou le prêtre. Et lecture est faite de l’Évangile du jour. Remarquons qu’il ne s’agit pas simplement d’entendre l’Évangile. Il s’agit de l’ " écouter ", de nous rendre attentifs à la Parole divine, de lui ouvrir non seulement nos oreilles, mais notre cœur.

Le mot " Évangile " signifie " bonne nouvelle ". La phrase rituelle " Écoutons le saint Évangile " revient donc à dire : " Écoutons la sainte, la bonne nouvelle. " Car tout passage de l’Évangile contient une bonne nouvelle, un joyeux message, l’annonciation de quelque chose de très grand et qui concerne chacun de nous. Peut-être l’Évangile, au premier abord, ne nous apparaîtra pas en ce moment comme la " bonne nouvelle ". Peut-être, en entendant le passage qui va être lu, nous dirons-nous : " J’ai entendu cela tant de fois ! Cela ne contient rien qui me touche. " Mais toute portion de l’Évangile, quelle qu’elle soit, même si nous l’avons déjà entendue très souvent, a toujours quelque chose à nous dire. Si nous écoutons cet Évangile avec humilité et ferveur, nous y découvrirons chaque fois une phrase, un mot, que nous n’avions pas observés jusqu’ici et qui nous frapperont comme si nous les entendions pour la première fois. Et ce message n’est pas adressé à l’auditoire en général. Il est adressé à chaque auditeur personnellement. Il m’est adressé à moi. En écoutant la lecture de l’Évangile, je dois penser : " Voilà la parole que notre Seigneur tenait en réserve pour moi jusqu’à aujourd’hui. Voilà ce qu’aujourd’hui il voulait me dire. Voilà ce qu’il vient de me dire. Je garderai précieusement cette parole dans mon cœur. "

10. LA GRANDE ENTRÉE

On va maintenant apporter à la table sainte le pain et le vin qui ont été préparés et déposés sur une autre table, située sur l’un des côtés du sanctuaire. La procession solennelle de transport du pain et du vin est appelée " grande entrée ". Elle se distingue ainsi de la " petite entrée " qui a déjà été décrite et dans laquelle c’est le livre des Évangiles qui était transporté.

Pendant cette procession, le chœur chante :

" Nous qui, dans ce mystère, représentons les chérubins et chantons l’hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité, déposons maintenant tous les soucis de ce monde. " Les paroles de la petite entrée saluaient l’entrée des anges unie à la nôtre. Dans la grande entrée, nous faisons plus. Nous déclarons que, mystérieusement, par une grâce divine, nous sommes devenus les figures, les représentants des anges. Nous nous identifions en quelque sorte à eux. C’est pourquoi, en cette minute transformante, nous devons écarter tout souci mondain, nous dépouiller de tout ce qui ne regarde pas vers Dieu.

Et cependant nous ne devons pas, nous ne pouvons pas oublier ou négliger les besoins de nos frères et sœurs. Aussi, avant de franchir la porte principale de l’iconostase et d’aller vers la table sainte, les ministres de la liturgie font mémoire des pasteurs de l’Église, de la nation et de la ville auxquelles nous appartenons et de toute autre intention particulière qui semble s’imposer. Puis le pain et le vin sont placés sur la table sainte et encensés, et le chœur chante : " Afin de recevoir le roi de toutes choses, invisiblement escorté par les armées angéliques. "

11. COMMUNAUTÉ D’AMOUR ET COMMUNAUTÉ DE FOI

La grande entrée est suivie par une assez longue liste de pétitions. La liturgie progresse maintenant vers l’acte solennel de la confession de notre foi. Comme prélude à cette confession, le prêtre ou le diacre adresse aux fidèles une suprême exhortation à l’amour : " Aimons-nous les uns les autres, afin que, dans un même esprit, nous confessions... " Le chœur continue : " ... Le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Trinité consubstantielle et indivisible. "

Ce moment a une très importante signification. Car les paroles qui viennent d’être prononcées expriment la nature même de l’Église. C’est dans un commun amour et par un commun amour que l’Église proclame sa foi dans la suprême communauté d’amour, celle que forment le Père, le Fils et l’Esprit. L’Église est une communauté d’amour. Cette communauté d’amour se déclare communauté de foi. Ceux qui ne veulent pas s’aimer ne peuvent pas confesser dignement l’amour des Trois Personnes divines. Je ne puis pas dire : " Je crois en l’Amour " si, au même moment, je n’inclus pas dans cet amour divin, dans mon amour, tous les hommes et toutes les femmes.

12. LES PORTES

Le symbole de foi va être prononcé bientôt. Mais auparavant le prêtre ou le diacre dit ces mots : " Les portes ! les portes ! Avec sagesse, soyons attentifs ! " Que signifie cette formule ?

Dans les premiers siècles chrétiens, on ne permettait pas aux catéchumènes candidats au baptême ni aux pécheurs repentants soumis à la pénitence publique de prendre part à la seconde moitié de la liturgie, c’est-à-dire à l’Eucharistie proprement dite. Ils étaient invités à se retirer. On fermait alors les portes du temple. Seuls y demeuraient les fidèles dont le statut personnel était régulier et complet par rapport à l’Église locale.

Aujourd’hui on ne ferme pas matériellement les portes de l’édifice. On permet aux catéchumènes, aux pécheurs, et même aux incroyants d’être présents à la liturgie entière. Est-ce à dire que la proclamation de la fermeture des portes est aujourd’hui dénuée de tout sens ?

Il n’en est pas ainsi. Il y a dans notre cœur des portes invisibles qu’il faut, spirituellement, sinon matériellement, fermer lorsque sont célébrés les saints mystères. Il faut, à ce moment, bannir de nous-mêmes les distractions, les préoccupations, les pensées, les désirs contraires ou simplement étrangers à Dieu.

Et, inversement, il y a des portes qu’il faut, d’une manière invisible, ouvrir dans notre cœur. " Soyons attentifs ! " dit le texte de la sainte liturgie. Devenons ouverts et attentifs aux paroles et aux inspirations qui viennent de Dieu. Le Seigneur adresse à chacun de nous la phrase qu’il prononça sur un malade : " Ephpheta ! Ouvre-toi  ! "

13. SOUS LE SOUFFLE DE L’ESPRIT

Le lecteur ou toute l’assemblée des fidèles commence maintenant la récitation du symbole de foi. Tant que dure cette récitation, le prêtre agite sur le pain et le vin de la communion le plus grand des voiles qui recouvraient la coupe.

Ce rite, à première vue étrange, a, comme plusieurs autres rites, une origine liée à des causes matérielles. Il s’agissait, dans des pays chauds, d’éloigner des " saints dons " les mouches. Plus tard, on donna à ce geste un sens spirituel profond. Le balancement du voile au-dessus du pain et du vin est considéré comme le symbole du souffle du Saint-Esprit, du vent qui emplit la maison lors de la Pentecôte. On est en train de prononcer le paroles de la confession de foi. Or on ne peut confesser comme il le faut la foi chrétienne si, au même moment, le Saint-Esprit ne souffle pas sur nous. Si son inspiration fait défaut, nous pourrons bien lire des formules correctes, mais le rite sera un rite mort, stérile. Que le Saint-Esprit vienne donc animer et vivifier les paroles que nous disons !

14. CROIS-TU CELA ?

La confession de foi chrétienne, telle qu’elle fut établie par les conciles de Nicée et de Constantinople, est donc chantée ou lue maintenant.

Elle débute par ce mot : " Je crois. " Qu’est-ce que croire ? Il ne s’agit pas d’une adhésion purement intellectuelle à certaines doctrines. Il s’agit de l’acte de foi authentique, accompli sous l’influence de la grâce divine, portant sur des vérités révélées et inaccessibles à la seule raison humaine, et émis par nous dans des dispositions intimes de confiance et d’obéissance absolues. On peut avoir des croyances correctes et manquer cependant de cette attitude intérieure qui constitue la foi qui sauve.

En quoi croyons-nous ? Nous répétons les " articles de foi " et les vieux mots du IVe siècle, et, à ces sources anciennes, nous pouvons encore puiser des forces nouvelles. Mais il faut que notre croyance, loin d’être une liste sèche de " notions " abstraites, soit, en chacun de ses articles, un mouvement de l’âme, un élan vers Dieu, un appel.

Nous croyons dans le Dieu créateur. Nous adorons ses intentions par rapport à l’univers créé, à tous les éléments de cet univers, et à la future restauration en Christ d’un monde qu’une chute a rendu captif ; et nous n’attribuons à notre Dieu aucun des maux qu’il combat avec nous et qui sont dus à la révolte d’une puissance devenue puissance des ténèbres.

Nous croyons en Jésus-Christ, Fils unique et éternel du Père, de même nature que le Père. En lui et par lui, nous voulons devenir fils adoptifs du Père. Nous voulons l’adorer et l’aimer non seulement dans sa nature divine, mais dans la nature humaine qu’il a assumée du Saint-Esprit et de la Vierge Marie. Nous voulons devenir participants de la Rédemption achevée sur la croix, de la Résurrection et de l’Ascension de notre Seigneur et Sauveur Jésus. Nous aspirons avec ferveur à son retour et à son règne.

Nous croyons en l’Esprit Saint et vivificateur, procédant du Père. Nous voulons chercher la lumière dans la Révélation écrite et orale qu’il a inspirée et dans son action toujours présente parmi nous.

Nous croyons en l’Église universelle, issue des saints apôtres. Nous nous unissons à tous ses membres, non seulement à ses membres visibles, mais à ses membres invisibles, à toutes les âmes de bonne volonté qui, sans savoir le nommer, demandent implicitement au Christ et reçoivent de lui, tout ce qui en elles est vrai, bon et beau, et par lui secrètement baptisé.

15. ACTION DE GRÂCE

Nous entrons maintenant dans la prière centrale de la liturgie, dans le grand acte de remerciement et d’offrande dont la consécration du pain et du vin fait partie. C’est là l’" eucharistie " proprement dite, car " eucharistie " signifie " action de grâce ".

" Il est digne et juste de te chanter, de te bénir, de te louer... " Celui qui, d’un cœur sincère, chante, bénit et loue, se met dans une disposition intérieure de remerciement. Il est dans un état d’âme que nous pourrions appeler " eucharistique ". Il avance dans la vie en chantant, avec joie et confiance. Il s’est fixé dans un bonheur qui l’enveloppe et le dépasse.

De quoi remercions-nous Dieu dans la grande prière d’action de grâce ? Nous lui exprimons notre reconnaissance " pour tout ". Nous nous souvenons devant lui de tout ce qu’il a fait à notre égard. " Du néant tu nous a appelés à l’être. " Il a relevé les hommes après la chute. Il ne cesse d’agir pour nous porter jusqu’au royaume à venir. Nous rendons grâce " pour tous les bienfaits connus et ceux qui nous sont inconnus ", pour toute cette bonté répandue sur nous chaque jour sous une infinité de formes.

Mais notre action de grâce se précise, devient plus immédiate et plus concrète : " Nous te rendons grâce aussi pour cette liturgie que tu as daigné recevoir de nos mains, bien tu aies pour te servir des543 milliers d’archanges... " Une adoration plus digne que la nôtre pourrait être offerte à Dieu par les puissances célestes seules. Mais Dieu accepte ce que nous lui présentons de nos mains pécheresses. Les anges, en ce moment, s’unissent à nous pour chanter l’hymne triomphale : " Saint, saint, saint est le Seigneur ", le Seigneur des armées angéliques (sabaoth). " Hosanna ! Béni est celui qui vient au nom de Seigneur ! "

Celui qui vient au nom du Seigneur... Il s’agit de celui qui s’approche de nous à cette minute solennelle, de celui qui est le Don suprême que le Père fait aux hommes. " Tu as tant aimé le monde que tu as donné ton Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais ait la vie éternelle... " Le mot clef de la liturgie et de toute la relation de Dieu aux hommes est prononcé ici : " Tu as tant aimé le monde... " Toute l’existence de Dieu, toute l’existence humaine sont un mystère d’amour. Nous voici en ce moment même devant l’Amour qui se donne.

La liturgie précise maintenant, par la bouche du prêtre, la forme visible sous laquelle le Don d’Amour a été manifesté. Les paroles du Sauveur vont être répétées, celles qu’il prononça " dans la nuit où il fut livré ou se livra lui-même pour la vie du monde ". Écoutons de nouveau ces paroles : " Prenez, mangez, ceci est mon Corps, qui est rompu pour vous en rémission des péchés... Buvez-en tous, ceci est mon Sang, le Sang de la nouvelle alliance, qui est répandu pour vous et pour un grand nombre en rémission des péchés. "

Chacun de ces mots doit être pesé dans notre cœur. " Prenez " : c’est autre chose que " recevez ". Il s’agit de cette audace sacrée qui s’approche et qui, avec des mains pécheresses, " prend ". Que prenons-nous ? " Mon corps... mon sang. " Ces paroles sont esprit et vie. Nous ne les entendrons pas dans le sens d’une sorte de matérialisme sacramentel. Nous n’y verrons pas non plus une expression purement symbolique, une métaphore, un simple signe. Nous les accueillerons comme la déclaration efficace d’une Présence invisible, mais pleinement réelle, vivante et agissante, du Corps et du Sang du Sauveur. Ce pain est un Corps " rompu " ; ce vin est un Sang " répandu ". Notre liturgie, comme la première Cène, est une invitation à participer, selon notre mesure, à l’immolation du Corps du Seigneur et à l’effusion de son Sang. Nous sommes appelés à nous donner, à nous laisser rompre, à nous laisser répandre. Car l’Eucharistie, nous l’avons dit, est un mystère d’amour, et nous savons par l’Évangile qu’il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

" Pour vous... " Le Corps du Seigneur est rompu pour moi. Le Sang du Seigneur est répandu pour moi. Il convient que, afin de ne pas noyer en quelque sorte la déclaration du Christ dans une affirmation générale, nous sachions voir combien elle est personnelle, combien elle concerne chacun de nous en particulier. En ce moment même, le Sauveur me dit qu’il est mort pour moi, qu’il est le véritable Agneau pascal prenant sur lui tous mes péchés. Est-ce que je sens la force et les dimensions du pardon divin, est-ce que je me sens purifié et couvert par le Sang du Rédempteur ?

16. OFFRANDE

Le Seigneur nous offre son Corps et son Sang. En retour, que pouvons-nous lui offrir ? Nous pouvons lui offrir tout ce dont nous disposons, tout ce qui est à notre portée, et nous-mêmes en premier lieu. Nous pouvons lui " rendre " tout ce qu’il a fait pour nous, c’est-à-dire reconnaître ses bienfaits, adorer en chacun d’eux sa bonté. C’est pourquoi le prêtre, ayant rapidement évoqué toute l’histoire du salut des hommes, la Croix et le Tombeau, la Résurrection et l’Ascension, et le glorieux Avènement futur, élève vers Dieu le pain et le vin, disant " Ce qui est à toi, le tenant de toi, nous te l’offrons en tout et pour tous. "

Attardons-nous un peu sur ces paroles. " Ce qui est à toi, le tenant de toi... " Il n’est rien qui nous appartienne. Il n’est rien que nous n’ayons reçu de Dieu. Nous ne pouvons lui offrir que ce qu’il nous a donné. Nous le prions de prendre de nouveau, de consacrer pour lui-même et pour nous tout ce qu’il avait fait nôtre. Et tout d’abord ce pain et ce vin, ces éléments représentatifs de toute la création et qui vont devenir les instruments visibles de notre communion avec lui... Puis nous devons nous souvenir ici de tous ceux dont le labeur a produit le pain et le vin, le semeur du blé, le laboureur, le boulanger, le vigneron, l’ouvrier auquel sont dus les récipients de verre ou de métal. Tout l’univers et tout le travail humain se résument en ces humbles éléments matériels à travers lesquels Dieu lui-même vient à nous. En ce moment l’œuvre divine de la création atteint son but et son point culminant. Et en ce moment nous prions pour toute la création, nous consacrons à Dieu tous les hommes et le monde entier, nous accomplissons l’office de prêtre, que notre sacerdoce soit le sacerdoce ministériel délégué par l’Église ou le " sacerdoce royal " que l’Écriture attribue à tous les croyants. Dans une suppliante intercession, nous élevons vers Dieu toutes les choses et tous les hommes, tous les besoins humains, toutes les détresses humaines. Et mon âme et mon corps, qui sont à toi, qui viennent de toi, Seigneur, je te les offre, je te les retourne devenus encore plus tiens par la grâce et la prière : " Ce qui est à toi, le tenant de toi... "

17. PENTECÔTE

Le prêtre appelle maintenant sur les " saints dons " l’Esprit de Dieu : " ... Nous t’invoquons, nous te prions, nous te supplions : Envoie ton Esprit-Saint sur nous et sur les dons posés ici. Et fais de ce pain, Corps précieux de ton Christ ; et de ce qui est dans cette coupe, Sang précieux de ton Christ ; les changeant par ton Esprit-Saint… afin qu’ils deviennent pour ceux qui les reçoivent purification de l’âme, rémission des péchés, communion de ton Saint-Esprit, plénitude du royaume des cieux... "

Nous atteignons ici un autre aspect de la sainte liturgie. La liturgie n’est pas seulement une assemblée des croyants autour de la Parole de Dieu. Elle n’est pas seulement une assemblée des croyants autour de la Cène du Seigneur. Elle est une assemblée de Pentecôte, elle est une Pentecôte. Elle est une venue, une descente du Saint-Esprit parmi nous et sur nous.

Ce caractère pentecostal de la liturgie est indiqué par plusieurs phrases du texte liturgique. Avant de commencer la liturgie, le prêtre a appelé la présence de l’Esprit : " Roi du ciel, Consolateur, Esprit de vérité, toi qui es partout présent et qui remplis tout, Trésor des grâces et Donateur de vie, viens et demeure en nous... " L’Esprit-Saint, " bon et vivifiant ", a été invoqué à plusieurs reprises, avec le Père et le Fils. Après la grande entrée, le prêtre a demandé : " ... Que l’Esprit de ta grâce descende, en sa bonté, sur ces dons et sur tout ton peuple. " Le prêtre a aussi demandé que, avec la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ et l’amour de Dieu le Père, la " communion du Saint-Esprit " soit avec nous tous. Au diacre il a déclaré que l’Esprit lui-même " concélébrera avec nous ". Cet appel de l’Esprit se fait maintenant plus pressant : " Nous t’invoquons, nous te prions, nous te supplions, envoie ton Esprit-Saint... "

Où l’Esprit va-t-il être envoyé ? " ... Sur les dons qui sont présentés ici. " La transformation du pain et du vin en Corps et Sang du Christ n’est pas une œuvre de magie sacerdotale. Le texte de la liturgie dit : " ... les changeant par ton Saint-Esprit ". Ce changement, réponse de Dieu à notre prière, n’est pas un but en lui-même. Il est opéré " afin qu’ils deviennent pour ceux qui les reçoivent purification de l’âme, rémission des péchés ", et aussi " communion de ton Saint-Esprit ". Tout se fait par l’Esprit et dans l’Esprit.

Et voici une remarque très importante. Le prêtre a dit : " Envoie ton Esprit-Saint sur nous et sur les dons... " Il n’a pas demandé que l’Esprit vienne d’abord sur les dons, mais qu’il vienne premièrement sur nous. C’est là le moment de Pentecôte dans la liturgie eucharistique. L’Esprit vient dans nos cœurs avant de venir sur les éléments matériels, pain et vin, objets d’offrande et de consécration. Sentons-nous toute la valeur de cette Pentecôte intérieure, immatérielle ? Sentons-nous qu’à cette minute la présence et la puissance de l’Esprit nous sont données ? Ceux-là même qui ne vont pas communier sacramentellement peuvent, s’ils se tournent vers Dieu de tout leur cœur, recevoir alors le don du Saint-Esprit. Certaines barrières, certaines frontières peuvent barrer l’accès au sacrement, mais l’Esprit souffle où il veut et nulle contrainte ne peut limiter l’Amour sans limites.

L’Esprit, même au cours de la liturgie eucharistique, n’est pas donné en vue de la seule Eucharistie. Il s’agit d’une introduction à la vie pentecostale, à la vie de l’Esprit. Avons-nous jamais pris au sérieux les promesses que le Seigneur Jésus, après la Résurrection, fit non seulement à ses apôtres, mais à tous les croyants ? Avons-nous jamais cru que, au nom de Jésus, nous pourrions chasser les démons et guérir les malades ? Le Seigneur Jésus l’a affirmé. C’est un triste manque de confiance que de ne pas oser essayer d’exercer (avec foi, humilité, et subordination à la volonté divine) les pouvoirs dont le Christ a investi les siens. Sans doute cette sainte audace implique de notre part un effort de renouvellement total, l’entrée dans une existence transfigurée de renonciation, de joie et d’amour. Mais quand l’Église appelle la descente de l’Esprit sur nous, l’Esprit est-il donné en vain ? Les promesses évangéliques ont-elles été faites en vain par le Sauveur ?

18. BÉNIE ENTRE TOUTES LES FEMMES

Le prêtre va maintenant mentionner ceux et celles en qui la Pentecôte s’est visiblement manifestée, c’est-à-dire les saints qui composent l’Église glorifiée, l’Église céleste. Les icônes nous rappellent qu’ils sont présents avec nous et prennent part à notre adoration. Au moment de la " petite entrée ", nous avons demandé que les anges et les saints entrent avec nous dans le sanctuaire. Cette commémoration des saints se précise. Le prêtre fait mémoire des patriarches et prophètes de l’Ancien Testament, des apôtres, évangélistes, martyrs, des persécutés pour la foi, des ascètes et des justes pieusement décédés, et " en premier lieu pour la toute pure, toute sainte, toute bénie et glorieuse Souveraine, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ".

Le chœur répond en chantant celle qui est " bienheureuse et très pure, plus vénérable que les Chérubins et plus glorieuse incomparablement que les Séraphins ", elle qui " sans tache enfantas Dieu le Verbe ".

Nous avons, pour glorifier Marie, encore d’autres raisons que le privilège unique qui lui a été accordé. Elle a été l’humble servante du Seigneur, demandant simplement qu’il lui soit fait selon la parole de l’ange de l’Annonciation, écoutant et préservant dans son cœur les paroles de son Fils. Et elle nous entoure d’une tendresse silencieuse, attentive, compatissante, intercédante. Une intimité confiante et affectueuse avec elle introduit dans notre vie le rafraîchissement, le calme, l’espoir.

19. ET DE TOUS ET DE TOUTES

" Et souviens-toi, Seigneur... " continue le prêtre. Il mentionne de nouveau ceux qui se sont endormis dans l’espérance de la résurrection. Puis il prie pour ceux auxquels Dieu a confié une autorité sur les nations. Il prie pour ceux qui sont des pasteurs d’âmes et des conducteurs de l’Eglise. Il mentionne spécialement l’évêque de l’Église locale, afin que celui-ci " soit fidèle dispensateur de ta parole de vérité ". On remarquera ces mots, car c’est bien là ce que, en premier lieu, nous demanderons pour les évêques et les prêtres. Enfin le prêtre recommande au Seigneur les voyageurs, les malades, les prisonniers. Pensons ici à la somme de la souffrance humaine et aux détresses individuelles. Le prêtre recommande à Dieu " ceux qui apportent des dons " et " ceux qui pensent aux pauvres ". C’est le moment de nous rappeler que nous ne possédons rien, que nous sommes seulement les intendants des biens du Seigneur, que nous devons faire part de ceux-ci à ceux qui sont dans le besoin, et qu’une offrande qui ne coûte rien est sans valeur. Que donnerai-je à la collecte qui a lieu maintenant ?

Le prêtre conclut : " Et souviens-toi de tous ceux à qui chacun de nous pense, et souviens-toi de tous et de toutes. " Le chœur répète : " Et de tous et de toutes. " Voyons bien tout ce qu’implique cette phrase. Elle exprime l’universalité de la prière de l’Église et de notre prière personnelle. Nous n’excluons personne de notre prière. Nous ouvrons nos bras, nous les tendons vers tous les besoins, vers toutes les détresses. À vous tous, à vous toutes, nous appartenons, nous nous unissons.

20. LA PRIÈRE DU SEIGNEUR

La grande prière d’intercession se poursuit. Parmi les demandes faites à Dieu, remarquons celle où nous implorons la présence d’un ange " guide fidèle, gardien de nos âmes et de nos corps ". Avons-nous exploré toutes les richesses de cette présence d’un ange gardien auquel nous sommes spécialement confiés ? Notre ange est-il vraiment devenu pour nous un ami intime, un cher compagnon de route ? Quelle place lui faisons-nous dans notre vie ?

Et voici que la longue prière s’achève sur la prière par excellence, sur celle que nous ne tenons pas d’une autorité purement humaine, mais que le Seigneur Jésus lui-même nous a enseignée et qui, à ce titre, doit occuper dans nos invocations une place centrale. Un commentaire détaillé de cette prière serait ici hors de place (voir, à ce sujet, un autre livre de l’auteur, Notre Père), mais quelques mots sur ce texte nous aideront peut-être à le dire comme il doit être dit, en esprit et en vérité.

" Notre Père... " À ce Père, nous pouvons dire " Père... " Le Seigneur Jésus est, par nature, le Fils du Père, dans un sens unique et exceptionnel. Nous-mêmes nous pouvons devenir fils du Père par adoption, par grâce.

" Mon Père ", mais il faut dire aussi " notre Père ", car il est le Père aimant de tous les hommes.

" Qui es aux cieux ". Nous ne sommes pas obligés de croire à un ciel matériel, physiquement localisé. Le ciel est essentiellement un état d’âme, un état de vision, d’amour et d’union. Le mot " cieux " nous rappelle quelle distance existe entre le Créateur et ses créatures. Cette distance est, de sa nature, infranchissable, mais notre Dieu, par grâce, s’est fait homme et a habité parmi nous, et en lui nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes.

" Que ton nom soit sanctifié ". II ne s’agit pas de chanter sans fin les louanges de Dieu, mais de " mettre à part " le nom divin comme étant au-dessus de tous les noms, comme étant porteur d’une réalité qui est au-dessus de toutes les réalités, et d’agir de telle sorte que nos actions rendent témoignage à l’excellence de notre Père.

" Que ton règne vienne ". Le royaume de Dieu peut se manifester par certaines choses extérieures, certaines structures, certaines institutions, certains préceptes, certains rites. Mais ce royaume, dit l’Évangile, est premièrement au-dedans de nous-mêmes. Il est un événement intérieur. Il est don total de notre âme à Dieu.

" Que ta volonté soit faite... " La venue du royaume se précise en notre accomplissement de la volonté de Dieu dans les grandes choses et dans les prétendues petites choses. Mais, devant Dieu, il n’y a pas de petites choses. Les moindres détails de la vie quotidienne deviennent grands par notre obéissance aux volontés divines.

" Sur la terre comme elle l’est dans le ciel. " La parfaite obéissance des anges est le modèle de notre obéissance. Celle-ci doit être un amour sans limites, envers Dieu, envers les hommes.

" Donne-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour. " Cette demande a revêtu diverses formes un peu différentes entre elles. Mais toutes sont justes. Le pain que nous demandons est à la fois, la nourriture terrestre nécessaire à notre vie quotidienne, la nourriture intérieure et invisible de la Parole de Dieu dans notre âme, la participation au Corps et Sang du Seigneur Jésus offerts et sacrifiés, le banquet du royaume céleste dont le pain d’aujourd’hui est l’anticipation.

" Remets-nous nos dettes comme nous remettons à ceux qui nous doivent. " Il n’y a pas là une sorte de mise en demeure adressée à Dieu, une comparaison, comme sur pied d’égalité, entre pardon divin et ceux que nous accordons : " Pardonne-nous, puisque, nous, nous pardonnons. La phrase exprime plutôt cette idée que nous avons réalisé, une condition nécessaire du pardon de nos péchés, car nous avons pardonné à nos débiteurs. Nous avons enlevé un obstacle qui empêchait que nous fussions pardonnés c’est-à-dire notre refus de pardonner aux autres. Dès lors le pardon divin peut passer librement et abolir nos fautes.

" Et ne nous soumets pas à l’épreuve ". Ces mots traduisent le texte original des Évangiles mieux que : " Ne nous induis pas en tentation " ou : " Ne nous laisse pas succomber à la tentation. " Il ne faut pas nous glorifier de nos résistances aux tentations. Il ne faut même pas prier Dieu qu’il se glorifie en nous à cause de nos victoires sur ces tentations. Il faut plutôt demander à Dieu humblement d’écarter de nous les tentations et de ne pas mettre à l’épreuve notre grande faiblesse.

" Mais délivre-nous du mal. " Cette traduction semble plus exacte que : " Délivre-nous du Mauvais. " Dieu ne veut le mal de personne, ni le mal physique ni le mal moral. Il est un Dieu Sauveur, un Dieu Rédempteur, un Dieu d’Amour. Il lutte avec nous contre le mal introduit dans le monde par une révolte d’anges et par le péché. Il doit permettre ce mal pour laisser à ses créatures la liberté de lui dire " non " comme de lui dire " oui ". Dans sa lutte contre notre commun adversaire, il arrive à ce Dieu (qu’on pourrait, dans une certaine mesure, appeler un Dieu souffrant) d’être en apparence blessé et même tué en certaines âmes, mais nous croyons fermement que l’amour et la résurrection seront plus forts que la mort.

21. LE SOUPER DU SEIGNEUR

Nous entrons maintenant dans la partie de la liturgie qui a un rapport direct avec le repas eucharistique. Le prêtre appelle tout d’abord la venue sanctifiante du Christ : " Viens nous sanctifier, toi qui sièges avec le Père et es invisiblement présent ici avec nous. Daigne nous distribuer de ta main puissante ton Corps immaculé et ton Sang précieux, et, par nous, à tout le peuple.

Ces paroles appellent notre attention sur deux aspects importants de la liturgie. Nous demandons au Christ que son Corps et son Sang nous soient donnés " de sa main ". Nous croyons que, par la communion, nous recevons le Christ. Mais il nous faut devenir capables, par les yeux de la foi et de l’amour, de voir le Seigneur Jésus lui-même venir vers chacun de nous et, comme il le fit avec ses disciples, nous présenter les " saints Dons " à travers lesquels il se donne. Ce n’est pas le prêtre qui nous donne la communion ; c’est, au-delà du prêtre, le Seigneur qui, à la fois, offre et est offert et qui s’approche personnellement de nous. Le voyons-nous venir vers nous ? Le voyons-nous tendre vers nous le Pain et le Vin devenus lui-même ? Entendons-nous la parole secrète, individuelle, qu’il va peut-être prononcer pour nous à ce moment et qui devrait orienter notre propre vie ?

Nous prions que, " par nous ", le Corps et le Sang précieux soient distribués " à tout le peuple ". Ce n’est pas seulement le prêtre qui, accomplissant son ministère, va rendre d’autres hommes participants du Souper du Seigneur. Tous ceux qui communient aujourd’hui doivent " distribuer ", donner autour d’eux ce qu’ils ont reçu. Cela signifie que, par leur comportement, par leur parole non point prêchante, mais aimante et discrètement témoignante, ils doivent faire rayonner la grâce qui est venue sur eux. Et il ne s’agit pas seulement ici de ceux qui ont, d’une manière visible, pris part au sacrement. Ceux-là même qui, sans communier physiquement, se sont spirituellement unis à l’Eucharistie, se sont, en intention, nourris du Corps et du Sang du Christ, et se sont ouverts à l’Esprit-Saint, ceux-là aussi doivent communiquer aux autres, dans leur vie pratique, par leur exemple, le Don du Sauveur. Tous nous sommes chargés de transmettre ce Don " à tout le peuple ", en une transmission sans limites.

Le prêtre va maintenant rompre le saint Pain, disant " L’Agneau de Dieu est rompu et partagé, lui qui est rompu sans être divisé, lui qui est toujours nourriture et jamais consommé... " Arrêtons-nous un instant sur ces paroles. Ce à quoi nous allons communier est un pain rompu, le Corps du Sauveur brisé dans sa Passion. Ce que nous allons boire est un vin versé, le Sang du Seigneur répandu sur la croix. Nous ne renouvelons pas physiquement le sacrifice du Golgotha, mais nous participons spirituellement à ce sacrifice. Toute communion eucharistique est une immolation de celui qui communie. Le communiant se laisse pénétrer par un glaive de feu. Il meurt à lui-même et naît de nouveau comme un homme changé. Cet aspect sacrificiel du Souper du Seigneur doit trouver une expression pratique que vais-je sacrifier aujourd’hui au Sauveur pour m’unir à son sacrifice ? Comment vais-je tuer pour lui, en moi, ce qui doit être tué ? Sous quelle forme accomplirai-je ce très saint suicide spirituel qu’est la communion ?

Comme l’Agneau de Dieu, avec l’Agneau de Dieu, je dois être " rompu " et " toujours mangé ", me donnant aux autres, me sacrifiant aux autres, devenant l’homme pour les autres. Seigneur Jésus, je m’abandonne entre tes mains pour être, par tes mains, brisé, partagé, distribué.

Le prêtre verse un peu d’eau chaude dans la coupe, signifiant ainsi la " ferveur de la foi, pleine de l’Esprit-Saint ". Une fois encore, la Pentecôte est associée à la Pâque. Puis, il communie et invite le peuple à venir recevoir les saints Dons. Diverses prières pleines de dévotion ont été peu à peu insérées ici dans la liturgie. Mais, pour prendre une pleine conscience de l’acte qui s’accomplit, il suffit d’être attentif aux paroles que le prêtre prononce sur chaque communiant : " Le serviteur (la servante) de Dieu, N., communie aux précieux Corps et Sang de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ en rémission de ses péchés et pour la vie éternelle. "

Cette formule contient cinq affirmations fondamentales. C’est un serviteur ou une servante de Dieu, appelés par leur nom propre, qui s’approchent. Suis-je vraiment ce serviteur, cette servante ? Entends-je vraiment cet appel par mon nom, appel si personnel ? Je vais " recevoir " les saints Dons. Ce sont des Dons, des manifestations de pure grâce auxquelles je n’ai aucun droit et que l’Amour m’offre en son inépuisable générosité. Ce qui m’est donné est le Corps et le Sang du Seigneur Jésus. Sous les signes physiques, il y a la réalité, la présence de mon Sauveur et de son action rédemptrice. Je participe à l’offrande et au sacrifice du Golgotha. Les saints Dons que je reçois sont l’expression du pardon de mes péchés, que l’Agneau immolé a ôtés de moi et pris sur lui-même. Je suis rendu pur par son Sang, lavé et plongé dans son Sang, comme les parcelles de pain que le prêtre verse dans la coupe. Et ce Don m’est un gage de vie éternelle, car l’Agneau immolé auquel je participe est aussi l’Agneau ressuscité le troisième jour. Pâques inclut la Résurrection tout autant que la crucifixion du Sauveur. Je communie à la Résurrection.

22. NOUS AVONS VU LA VRAIE LUMIÈRE

La liturgie s’achève dans une atmosphère de remerciement, de joie et, si l’on peut dire, d’exaltation de Dieu. Examinons notre conscience et voyons si ces hautes paroles expriment pour nous-mêmes une expérience personnelle, vivante, authentique, ou si elles demeurent seulement des formules rituelles.

" Nous qui avons reçu les divins mystères du Christ... ", dit le prêtre. Les avons-nous vraiment reçus ? Comment les avons-nous reçus ? Nous avons peut-être communié. Avons-nous participé vraiment, en esprit et en vérité, au mystère du Christ ? Et, si nous n’avons pas communié, cela signifie-t-il que nous puissions et devrions partir les mains vides, sans avoir cherché à " recevoir " une réalité divine ? Même celui qui n’a pas communié doit avoir, au cours de la liturgie, été atteint par le souffle de l’Esprit, par une touche de grâce émanant du Sauveur, par une certaine inspiration purifiante et transformante. Que nous ayons, ou non, communié aux saints Dons eucharistiques, nous devons quitter le temple autres que nous y sommes entrés.

Le chœur a chanté : " Nous avons vu la vraie lumière, nous avons reçu l’Esprit céleste, nous avons trouvé la foi véritable. " Et le prêtre a dit : " Témoins de la Résurrection du Christ... " Cette liturgie a-t-elle été pour nous un contact avec le Christ non seulement immolé, mais ressuscité ? Avons-nous obtenu dans cette liturgie la vision de celui qui est la Lumière du monde ? Cette liturgie a-t-elle été pour nous une Pentecôte où non seulement la personne du Sauveur, mais son Esprit puissant et agissant nous ont été donnés ? Avons-nous, dans cette liturgie, découvert la vraie foi, la foi en un Amour divin, tel qu’il a sacrifié sa vie pour la vie du monde, pour moi, pour ceux que le Dieu-Amour a aimés ? Si tout cela n’est pas, cette liturgie aura été, en ce qui nous concerne, un geste et une parole vides, au lieu d’être un événement intérieur décisif.

Dans une dernière prière, prononcée devant l’image du Christ, le prêtre parle de ceux qui " se confient en toi ". Confiance, quelle que soit notre faiblesse, quels que soient les dangers qui nous environnent. La liturgie doit nous avoir établis dans un état de confiance. " Ne nous abandonne pas, nous qui espérons en toi... "

Le prêtre dit encore : " Garde la plénitude de ton Église ; sanctifie ceux qui aiment la beauté de ta maison et glorifie-les en retour... " Ici, faisons attention. Plénitude de l’Église, beauté de la maison divine, glorification des amateurs de cette beauté. Ce sont là de grandes et belles paroles, mais nous nous tromperions gravement si nous pensions à une Église terrestre, humainement triomphante, belle, puissante, prospère. Saint Jean Chrysostome parle de ceux qui apportent à l’autel de pierre des offrandes précieuses, mais demeurent insensibles à l’autel vivant dressé dans chaque rue, c’est-à-dire le pauvre. Pouvons-nous parler de la beauté de la maison de Dieu tant qu’il sera possible à un homme de participer à l’Eucharistie et, une fois sorti du temple, de mourir de faim ? Pouvons-nous parler de la plénitude de l’Église tant qu’il sera possible à un homme de fréquenter l’assemblée des fidèles sans que personne fasse attention à lui, cherche à entrer en contact avec lui ? De quelle beauté s’agit-il donc ? De quelle plénitude ?

Le dernier mot du texte de la liturgie manifeste merveilleusement la réalité divine que les signes liturgiques expriment comme sous un voile. Le prêtre demande au Christ notre Dieu d’avoir pitié de nous et de nous sauver, et il conclut ainsi " ... car il est bon et ami les hommes ". La sainte liturgie fait passer devant nous, sur nous, la Bonté suprême, l’Amour sans limites.

Première publication
aux Éditions An-Nour (Liban).
Repris dans L’offrande liturgique,
Foi Vivante, Éditions du Cerf, 1988.


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Divine Liturgie de Saint Jean Chrysostome - 1

Dernière mise à jour le 31-12-00.