L'Icône de la Trinité de Roublev

LES LIGNES DE COMPOSITION

L'Icône de la Trinité : Les Lignes de Composition

 

« Le cercle est encore utilisé comme schéma de composition pour la Transfiguration, le Baptême du Christ et surtout dans la célèbre icône de Roublev de la Sainte-Trinité (1411 ? Galerie Tretiakov). Ici, le sens théologique, le mouvement des couleurs et les graphismes trouvent par le cercle leur plus pure expression.

« L'higoumène du monastère [de la Trinité] avait demandé de représenter la Trinité comme source et exemple de toute unité. Selon la tradition, les trois personnes célestes venues dans la tente d’Abraham pour lui annoncer la naissance d’un fils étaient les trois personnes de la Trinité. Roublev reste dans cette tradition, mais, faisant abstraction de l’aspect historique, il représente seulement les trois personnes dans leurs échanges. Et, pour exprimer leur unité, il les compose dans un cercle.

« La planche a la proportion de 4:5. Le maître fixe d’abord l’axe vertical. Puis il forme le carré en traçant un arc de cercle de centre A avec un rayon égal à la base AB, vers G, puis un arc centre B vers H. À l’intersection des diagonales de ce carré, il avait ce centre à partir duquel il put inscrire le cercle, structure principale de la composition. Par ce centre passe également l’axe horizontal. Puis il traça du milieu de la base, P, les deux diagonale vers C et D. Dans les deux segments ainsi obtenus, il dessina plus tard les deux anges des côtés. Les deux lignes verticales élevées aux points d’intersection des diagonales avec l'axe horizontale délimitant l’espace pour l’ange du milieu.

« Les auréoles des anges latéraux s’inscrivent dans les rectangles et touchent les bords du carré. Le centre de l’auréole de l’ange central se trouve sur le cercle.

« Malgré cette structure symétrique, le dessin de Roublev a beaucoup de souplesse et les figures dépassent souvent leurs limites géométriques. Ainsi la tête de l’ange de gauche est un peu relevée car l’ange central se penche vers lui. Les gestes des mains sont différents aussi, car ils font partie de chaque personnage, de sa fonction dans l’ensemble. Même abstraction faite de toute interprétation théologique, l’ange de droite a une attitude d’humble acceptation et l’attitude des deux autres est plus active. Pour Roublev, la structure n’était qu’une aide pour équilibrer le sujet. Elle perdait son importance dès que le mouvement ou le sens théologique le demandait. »

Egon Sendler, L’icône, image de l’Invisible (Desclée de Brouwer, 1981), pages 101-102.


 

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