Prière de Jésus - Prière du Coeur

Icône de la Sainte Face

La Sainte Face
(Atelier Saint-Jean-Damascène)

Goûtez et voyez : La pratique de la prière de Jésus

par Rachel Goettmann

EN CHEMIN VERS LA PRIÈRE
(Troisième partie)

3. GOÛTEZ ET VOYEZ : PRATIQUE DE LA PRIÈRE DE JÉSUS

Nous avoirs tenté, au cours des deux derniers articles de la revue, de nous approcher de la Prière de Jésus comme d’un vivant, du Vivant : " Seigneur, Jésus Christ, Fils de Dieu ", dans les larmes du repentir et la joie du fils prodigue : " Aie pitié de moi pécheur ". Découvrons maintenant la pratique de Prière de Jésus, un trésor de l’Église orthodoxe. La encore nous n’entrerons pas dans l’historique de la transmission depuis les siècles, tant de bons livres nous l’apprennent, mais comme de petits enfants, nous avancerons lentement sur le chemin en priant l’Esprit-Saint de nous guider.

LA PRIÈRE AU FIL DES JOURS

Les fondements de notre foi chrétienne étant posés, nous pouvons tous dire la Prière de Jésus, où que nous soyons, quoi que nous fassions, en toutes circonstances. Certes, il ne s’agit pas d’accumuler les invocations, mais de mettre dans chaque parole notre attention et notre coeur. Le Christ est la Lumière véritable, ainsi nos gestes les plus banals, nos moments vides, nos douleurs, nos angoisses, seront auréolés de sa lumière et petit à petit nous demeurerons dans le souvenir de Dieu, tout au long de nos journées : les mains au travail et l’intellect dans le coeur, nous pourrons prier sans cesse (1 Th 5,17).

Pour certains parmi nous la prière prendra la forme d’un "rappel " : toutes les heures par exemple, ou à un moment précis, on décide de dire la formule, une ou plusieurs fois. Il est bon d’être fidèle aux nombres des invocations et aux heures de rappel ; il ne s’agit pas du tout d’une observance extérieure, mais d’une fidèle à soi qui nous creuse de l’intérieur et permet à la Prière de s’enraciner profondément, comme ce fut le cas pour le Pèlerin russe.

Lorsqu’on prend le temps de s’arrêter pour prier ou durant les voyages, un chapelet nous sera d’une grande aide, simplement pour nous concentrer plus facilement et graduer le nombre de nos invocations.

Les prosternations, par leur mouvement, nous placent dans la condition du fils prodigue qui se reconnaît pécheur et se prosterne aux pieds du Père qui le relève en le comblant de joie. Ainsi, debout, nous invoquons le saint Nom : " Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, " et en nous prosternant front contre terre nous implorons la miséricorde divine : " aie pitié de moi, pécheur. "

La Prière peut aussi illuminer nos nuits sans sommeil : elle aura l’effet d’un baume sur nos blessures et nos douleurs. Nous pouvons aussi choisir de nous lever pour un temps de veille. Ce temps sans sommeil ne nous manquera pas, bien au contraire, car la Prière illuminera nos ténèbres intérieures. En pleine nuit je me lève pour te célébrer à cause de tes justes décisions (Ps 119,62).

Dans le monastère fondé par Père Sophrony en Angleterre, la Prière est récitée en communauté. Tous ceux qui ont fait la même expérience dans les groupes de prière peuvent témoigner de son efficacité à souder les relations fraternelles. De même qu’elle réchauffe les coeurs, elle augmente l’ardeur à la prière tout en gardant ceux qui prient dans la sobriété et la simplicité.

Seul, ou en groupe, lorsqu’on dit la Prière à haute voix, on la laisse couler au rythme de la phrase sans lui imposer les mouvements de notre sensibilité ou de notre volonté propre. Lorsque la Prière est dite en commun, les mots " aie pitié de moi pécheur, " qui concernent notre propre conversion, deviennent " aie pitié de nous " ; ainsi nous nous reconnaissons pécheurs au sein d’une humanité pécheresse et nous reconnaissons en même temps le Christ Sauveur en chacun de nos frères. À force de demeurer fidèles dans la Prière, elle finira par s’établir en nous et se répétera d’elle-même. " Il y aura alors en vous comme le murmure d’un petit ruisseau " (Starets Panthène de Kiev).

Nous savons maintenant que la Prière de Jésus peut remplir tous les instants de notre vie ; au sein même de notre quotidien, nous expérimentons le Royaume des Cieux.

" La première chose à faire est l’habitude de répéter sans cesse la Prière de Jésus. Commencez, et puis répétez-là, encore et encore, mais gardez toujours devant les yeux la pensée de notre Seigneur. Tout est là... Lorsque vous vous établissez dans l’homme intérieur par le souvenir de Dieu, le Christ Seigneur vient en vous et y fait sa demeure... " (saint Théophane le Reclus).

Mais il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur...(cf. Mt 7,21-27). Il est important de vivre un temps fort au cours de nos journées, afin que tout notre être apprenne à prier : corps, âme, esprit. C’est alors, seulement, que notre prière deviendra prière du coeur. Nous ne reviendrons pas sur les conseils donnés à propos des préparatifs, ni sur les différentes postures (cf. Le Chemin no. 16, 18, 19) ; rappelons cependant que la Prière de Jésus s’adresse au Dieu fait homme. C’est pourquoi notre corps ne peut faire obstacle à la prière : grâce à nos cinq sens, notre corps connaît son Créateur et le Christ nous a montré que notre corps aussi était appelé à la Résurrection et à la Vie. Combien le Christ a pris soin des corps malades durant son séjour sur la terre ! Il a de même ressuscité les morts pour donner au corps sa juste place, et lorsque lui-même est ressuscité d’entre les morts, il n’a pas abandonné son corps dans le tombeau... La posture corporelle influence notre attention, si nécessaire à la prière, elle permet aussi au corps tout entier de s’imprégner de la grâce de la prière.

" Ses mains elles-mêmes, ses pieds, ses doigts participent de manière ineffable, mais avec évidence et perceptiblement à la prière " (Évêque Briantchaninoff, à propos de l’homme enveloppé dans la prière).

LE SOUFFLE DU TOUT-PUISSANT M’ANIME (Jb 33,4)

Notre respiration aussi doit permettre à prière de prendre possession de notre être. Il nous faut aller au-delà de la conception rationnelle de la respiration et la considérer en tant que souffle. Si nous existons c’est parce que nous sommes animés par le souffle de Dieu qui souffle dans notre souffle à chaque inspir. Nous sommes souvent inconscients de la dimension sacrée de notre respiration, nous oublions que notre vie est liée a la grâce insufflée par Dieu en nous à chaque inspir, c’est une véritable insufflation de la vie. Nous avons reçu à l’inspiration le pneuma, l’esprit, ainsi nous participons de l’Esprit de Dieu.

" Dieu a donne à la terre le souffle qui la nourrit. C’est son haleine qui donne la vie à toutes créatures. Et s il retenait son souffle, tout s’anéantirait Ce sou file vibre dans le tien dans ta voix. C’est le souffle de Dieu que tu respires et tu ne le sais pas " (Théophile d’Antioche).

Notre respiration influence toujours notre comportement superficielle, elle nous entraîne dans une vie végétative psychologique, qui nous affaiblit et fait de nous des demi-morts. À l’inverse, si notre respiration se fait souffle, donc accueil du souffle divin alors nous entrons dans un comportement de vivant crée à chaque instant par le souffle de Dieu, un comportement inspiré par Dieu, en synergie avec la volonté divine pour conduire l’histoire humaine vers son accomplissement. Ainsi il s’établit un véritable dialogue entre l’homme et Dieu au sein de la respiration consciente dans notre souffle qui se reçoit du Souffle divin. Mais ce dialogue peut tourner à l’illusion ou à la confusion, alors que la Prière de Jésus greffée au souffle empêche la créature de se confondre avec son Créateur. " Que le souvenir de Jésus soit uni à ta respiration dit saint Jean Climaque et encore : La Prière de Jésus doit être continuellement respirée car elle purifie et approfondit l’homme intérieur. "

Dans la pratique à l’inspir nous disons . " Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu, " et accueillons ainsi le Seigneur qui devient notre maître intérieur et sur l’expir, nous nous reconnaissons pécheurs et disons : " aie pitre de moi pécheur, " pour abandonner nos pensées passionnées qui nous divisent et nous détournent de Dieu. Nous avons trop peu conscience de l’impact destructeur de nos pensées qui nous empêchent de vivre dans l’instant présent à l’écoute de la volonté divine et permettent au Malin de nous éparpiller donc de nous égarer. La respiration consciente nous ancre dans l’instant présent, c’est dans l’ici et maintenant que nous rencontrons Dieu que nous nous abreuvons au Souffle divin qui est la source de vie. Si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi, et qu’il boive (Jn 7,37).

Si nous voulons prier le Père en esprit et en vérité ainsi que nous le demande le Christ (Jn 4,23), il nous faut nous appuyer sur le verbe et le souffle qui sont en nous à l’image du Christ et de l’Esprit-Saint. Si nous laissons le Christ et l’Esprit agir conjointement en nous, alors nous passons de l’extériorité des choses vers notre intériorité et nous nous acheminons lentement vers le coeur, notre intériorité la plus profonde, et en même temps le lieu de Dieu, la chambre nuptiale.

MON COEUR EST PRÉPARÉ, Ô DIEU, MON COEUR EST PRÉPARÉ

Le coeur tient une importance toute particulière dans la spiritualité orthodoxe : il est une réalité à la fois physique, psychique et spirituelle. Comme dans la Bible, il exprime l’homme intérieur tendu vers la rencontre avec son Seigneur.

" Rassemblez-vous en vous-mêmes et tâchez de ne pas quitter le coeur, car le Seigneur s’y trouve. Essayez d’y arriver, travaillez-y " (saint Théophane le Reclus). Comment faire pour demeurer dans le coeur ? Demandons à saint Théophane de nous éclairer :

Vous devez descendre de votre tête dans votre coeur. Pour le moment vos pensées sont dans votre tête. Et Dieu, lui semble être en dehors de vous. Tant que vous serez dans votre tête, vous ne pourrez maîtriser vos pensées qui continueront à tourbillonner comme la neige sous le vent d’hiver ou les moustiques pendant la chaleur de l’été...

La Prière de Jésus favorise la concentration de l’intellect sur un seul point, un seul Être, sur l’Unique, et la respiration consciente nous permet de ne pas nous en éloigner. Lorsque nous rythmons la Prière de Jésus sur notre souffle, il s’adapte lentement aux paroles de la Prière. Alors à l’inspir, nous nous ouvrons, corps, âme esprit, nous devenons une coupe qui accueille le Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu, et sur l’expir nous nous abandonnons, nous lâchons nos tensions qui nous durcissent et nous ferment. Ainsi, nous pouvons concentrer notre intellect sur la Prière qui, portée par le souffle, se fraye lentement un chemin vers le coeur, l’habitacle de Dieu.

Selon nos Pères, l’intellect signifie notre esprit, notre intelligence. Il faut dépasser le sens rationnel de l’intelligence qui est du domaine de l’âme pour entrer dans la compréhension de "  sa faculté contemplative par laquelle l’homme tend vers Dieu. Partie la plus personnelle de l’homme, principe de sa conscience et de sa liberté (Vladimir Lossky, Théologie mystique de lÉglise d’Orient, p. 198).

Pourquoi cette insistance de nos Pères à ce que l’intellect descende vers le coeur ? Par l’intellect seul nous savons des choses sur Dieu mais nous ne pouvons faire expérience de Dieu, de même notre coeur, privé de la lumière de l’intelligence, demeure un lieu d’ombre envahi par les vices et les passions. Seul celui qui aime connaît Dieu (1 Jn 37) et cet amour-là ne peut surgir que du coeur qui en union avec l’intelligence rencontre Dieu dans une conscience éclairée. À partir de ce moment le coeur devient le coeur-esprit. Il est dangereux de placer son espoir dans les seules techniques afin d’unir l’intellect au coeur. Les techniques ne sont que des béquilles, des moyens qui nous permettent de nous mettre humblement en chemin. Nous franchirons lentement des étapes que nos Pères décrivent.

ÉVOLUTION SPIRITUELLE DE LA PRIÈRE

Dans les premiers temps, la Prière de Jésus est vocale comme toute prière, c’est-à-dire formulée à voix haute ou basse. Nos lèvres, notre langue participent l’effort de notre volonté. Cette première étape est ardue, fatigante. Bien souvent on est tenté de renoncer car nos efforts, nos peines ne semblent porter aucun fruit. " Je ne sens rien, " ou bien : " J’ai l’impression d’être un moulin à paroles. " Celui qui se revêt de patience et de gratuité entre alors dans la seconde étape.

La Prière s’intériorise, devient mentale, l’intellect se laisse saisir et la répète sans le mouvement des lèvres ; l’attention est plus aisée, plus spontanée, parfois la prière monte sans que nous ayons décidé de la dire. Nous nous détendons et goûtons des moments de paix et de joie.

Ce sont les prémices de la troisième étape : lourd du saint Nom, l’intellect cherche à s’unir au coeur dans lequel nous avons fait un travail de désencombrement et de purification afin d’accueillir le saint Nom. C’est l’étape que les Pères appellent la " descente de l’intellect dans le coeur " :

" Quand cet ordre s’établit en nous, il s’accompagne d’une sensation de chaleur dans le coeur, et il chasse toutes les pensées ordinaires, inoffensives, aussi bien que les passionnées. Lorsque la flamme du désir commence à brûler sans interruption dans le coeur, on éprouve un sentiment de paix intérieure dans l’âme, tandis que l’intellect s’approche de Dieu avec humilité et contrition " (saint Théophane le Reclus).

Un jour, peut-être, sous l’action du Saint-Esprit, la Prière deviendra perpétuelle, elle coulera d’elle-même, spontanément à l’intérieur de notre coeur. Ce ne sera plus ma prière mais la prière du Christ en moi, et nous marcherons sans cesse en présence de Dieu :

Les justes confesseront ton Nom,
les coeurs purs habiteront devant ta Face ! (Ps 139,14)

APPRENDRE À AIMER

Quel est l’impact de la Prière de Jésus sur la vie de ceux qui la prient ? Pas à pas, nous allons vers la restauration de notre être intérieur, donc notre guérison. Si le Nom que nous invoquons est vivant, alors il nous vivifie, nous naissons à la Vie, car le Christ s’est incarné et il est ressuscité pour que nous renaissions à la Vie même de Dieu. Cette renaissance qui nous transforme, c’est pour aujourd’hui même, à l’instant même, quand notre coeur invoque le saint Nom. Ainsi le Christ vivant en nous est aussi actif en nous. Il vivifie nos pensées, nos actes, nos décisions. En sa présence, nous devenons des êtres libres, porteurs de paix car il nous laisse sa Paix (Jn 14,27). Le Nom allume aussi en nous le feu de l’amour, ce feu qui réchauffe le coeur des disciples sur la route d’Emmaüs (Lc 24,32).

Je suis venu jeter le feu sur la terre
et combien je voudrais qu’il fût déjà allumé !
(Lc 12,19)

Quand notre coeur devient brûlant d’amour pour Dieu sous l’effet de la Prière, alors il se tourne avec le Christ vers le prochain, le plus proche et le plus lointain.

" Le disciple du Christ doit vivre uniquement par le Christ. Quand il aimera à ce point-là le Christ, il aimera forcément aussi, toutes les créatures de Dieu " (Archimandrite Spiridon).

QU’EST-CE QU’AIMER ?

Offrir des sentiments ? des cadeaux ? faire des bonnes oeuvres ? accomplir des actes héroïques ? Nous avons souvent reçu par transmission une image de l’amour, un idéal d’amour qui passe par le faire et l’effort, et nous pouvons nous évertuer, nous user sur des oeuvres de l’amour et découvrir un jour que nous n’aimons pas, que nous donnons pour être aimés. Sans la prière qui nous unit à Dieu, nous ne pouvons connaître l’amour ni le mettre en pratique : aimer c’est d’abord se laisser aimer par Dieu. L’amour divin que j’implore : " aie pitié de moi pécheur " (de moi qui ne sais pas aimer) se répand dans mon coeur, alors seulement, je peux le partager avec mon prochain, cet amour qui est miséricorde et pardon et qui culmine dans le pardon des ennemis.

" Laisse-toi persécuter mais toi ne persécutes pas. Laisse-toi offenser mais toi n’offense pas. Réjouis-toi avec ceux qui se réjouissent, pleure avec ceux qui pleurent, c’est le signe de la pureté. Avec ceux qui souffrent, sois en peine, verse des larmes avec les pécheurs. Sois dans la joie avec ceux qui se repentent Sois l’ami de tous mais dans ton coeur reste seul " (saint Isaac le Syrien).

Seul pour Jésus seul, afin que la Prière puisse éveiller mon coeur à la tendresse de Dieu.

LES EMBÛCHES SUR LE CHEMIN

Si la Prière de Jésus est simple dans sa formulation, si ses effets nous font pénétrer dans la voie de notre transformation et de notre divinisation, rappelons qu’elle peut être très dangereuse pour ceux qui s’en serviraient à des fins de pouvoir. Les Pères hésychastes sont unanimes pour affirmer avec saint Jean Chrysostome que " la mention du Nom de Jésus excite l’ennemi au combat. " Notre coeur n’est pas seulement la maison de Dieu, les esprits malins s’y tapissent et s’y cachent. Le Nom de Jésus met nos passions et nos vices en lumière afin de les expulser, mais le Nom n’est pas un pouvoir magique, il nous faudra participer au combat, armé revêtus du saint Nom. Nous pouvons ainsi traverser des moments pénibles, car le Malin a horreur de nous entendre invoquer le Seigneur Jésus. Il cherchera à nous troubler au maximum en nous plongeant dans l’angoisse et la peur, en nous secouant de colère voire de haine. Il peut aussi nous attaquer dans notre corps en nous conduisant à nous bloquer dans notre colonne vertébrale, ou à nous congestionner dans notre foie ou notre pancréas... Il tentera de nous décourager ou de nous inquiéter. Il est malin et connaît nos failles parfois mieux que nous ne les connaissons ou acceptons ; si nous ne sommes pas avertis, nous cesserons de dire la Prière, alors ce sera pire qu’avant car il sera le maître de notre coeur.

Voici pourquoi on ne s’aventure pas seul sur le chemin, il est bien illusoire aussi de penser que seul un livre puisse nous servir de guide. Dans la Prière de Jésus s’exprime la confession de notre foi, elle nous rend participants de la communauté ecclésiale et monastique d’où elle est issue. Au travers des siècles, la Prière demeure une transmission aux baptisés qui se nourrissent de la vie sacramentelle. car les sacrements nous font participer à la nature divino-humaine du Seigneur Jésus que nous invoquons dans la Prière. Quant aux techniques psychosomatiques, il est impensable de les pratiquer sans se vérifier auprès de ceux qui en ont longuement fait l’expérience.

Aujourd’hui, bien des gens découvrent la Prière sans appartenance à l’Église. Ils sont souvent séduits par les Récits d’un pèlerin russe ou d’autres livres sur la Prière de Jésus ; chez d’autres, la Prière s’impose spontanément, nous en rencontrons de plus en plus souvent. Si leur démarche est sincère, si leur soif est la rencontre avec le Christ, alors l’Esprit-Saint les guidera et les éclairera. Prions les uns pour les autres, totalement confiants en la Divine Providence.

Il est bien certain que nous n’avons pas tout dit dans cet article au sujet de la "méthode " et des étapes de la Prière. Nous sommes volontairement restés discret, en soulevant pudiquement un voile sur une expérience qui est à l’image du Buisson Ardent. Nous avons cependant rappelé avec force, que c’est l’homme total, jusque dans ses rythmes corporels, qui est appelé par Dieu à s’unir à lui dans une synergie amoureuse où l’effort humain rencontre la grâce divine, l’amour gratuit de Dieu, et cette rencontre culmine un jour dans le silence, silence de la Présence. Sur le chemin où nous conduit la Prière, mettons nos pas dans ceux de Marie, la première de cordée. La Très Sainte Mère de Dieu a porté le Nom dans son coeur, ses entrailles et elle a entièrement réalisé la Prière. Marie est de notre race. Elle connaît toutes embûches du chemin, Elle les a toutes assumées. Si nous la prions, elle nous accompagnera, nous protégera et le Nom que nous invoquons dans l’Esprit-Saint viendra habiter en nous, comme il est venu dans les entrailles de Marie.

Terminons cet article en nous inclinant devant Marie avec l’archange Gabriel :

Salut Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec toi,
tu es bénie parmi toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de tes entrailles est béni.

Article paru dans la revue Le Chemin, no. 21, 1993.
Reproduit avec l’autorisation de

Rachel Goettmann et de la revue Le Chemin.

Prière de Jésus - Prière du Coeur
    EN CHEMIN VERS LA PRIÈRE :
1. Prière de Jésus - Prière du Coeur

2. Un Dieu de tendresse

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