Pages de la Mère de Dieu

Fêtes et icônes de la Mère de Dieu

 

Mère de Dieu de la Déisis

Mère de Dieu de la Déisis
(Novgorod, XVIe siècle)

FÊTES MAJEURES
DE LA MÈRE DE DIEU

8 septembre Nativité de la Vierge Marie
21 novembre Entrée au Temple de la Vierge Marie
2 février Sainte Rencontre (aussi fête du Christ)
25 mars Annonciation
15 août Dormition de la Mère de Dieu

AUTRES FÊTES 

1/28 octobre Protection de la Mère de Dieu (icône) (fresque)
mobile Acathiste de la Mère de Dieu (samedi de la 5e semaine du Grand Carême)
mobile Mère de Dieu, Source vivifiante (vendredi après Pâques)
9 décembre Conception de la Vierge Marie par sainte Anne
26 décembre Synaxe de la Mère de Dieu
11 mai Dédicace de la ville de Constantinople
2 juillet Déposition aux Blachernes du précieux vêtement
31 juillet Déposition à Chalocopratée de la précieuse ceinture
Mère de Dieu de Vladimir

Mère de Dieu de Vladimir

FÊTES DES ICÔNES
DE LA MÈRE DE DIEU
 

1 septembre Mère de Dieu des Miasènes
13 octobre Mère de Dieu des Ibères
22 octobre Mère de Dieu de Kazan (icône)
24 octobre Mère de Dieu Joie de Tous les Affligés
27 novembre Mère de Dieu du Signe (icône) (broderie)
25 janvier « Dissipe ma peine »
21 mai Mère de Dieu de Vladimir (aussi les 23 juin et 26 août)
26 juin Mère de Dieu de Tichvine
23 juillet Mère de Dieu de Potchaïev
28 juillet Mère de Dieu de Smolensk

 


AUTRES ICÔNES DE LA MÈRE DE DIEU AUX PAGES ORTHODOXES

En toi se réjouit toute la création

Mère de Dieu de Ravensbrück (Mère Marie Skobstov)

Mère de Dieu en Gloire (fresque)


SOURCES

Les extraits du Synaxaire ici-bas sont du Synaxaire, Vies des saints de l'Église orthodoxe (adaptation par le hiéromoine Macaire de Simonos-Petras, éditions To Perivoli tis Panaghias, Thessalonique), à l'exception de ceux de l'Acathiste et de la Source vivifiante, qui sont de Nicéphore Calliste Xanthopoulos dans le Triode et le Pentecostaire (Diaconie Apostolique).


PROTECTION DE LA MÈRE DE DIEU (POKROV) - 1er octobre

Tropaire, t. 4 : En ce jour nous célébrons ta lumineuse fête, ô Mère de Dieu, * nous les fidèles protégés par ta venue * et, contemplant ta vénérable icône, avec tendresse nous disons: * couvre-nous de ta sainte protection * et délivre-nous de tout mal, * priant ton Fils, le Christ notre Dieu, * d'accorder à nos âmes le salut.

Kondak, t. 3 : La Vierge en ce jour se tient dans l'église invisiblement * avec les choeurs des Saints priant pour nous notre Dieu; * les Anges et les Pontifes se prosternent, * les Apôtres et les Prophètes exultent de joie, * car la divine Mère pour nous * intercède auprès du Dieu d'avant les siècles.

SYNAXAIRE

La fête de la Sainte Protection de la Mère de Dieu (1) a été instituée à la suite d'une vision qu'eut notre Saint Père André le Fou pour le Christ (2) un jour où l'on célébrait une vigile dans l'église des Blachernes à Constantinople. A la quatrième heure de la nuit, le Saint plongé en prière éleva ses yeux vers le ciel et vit la Sainte Mère de Dieu se tenir au-dessus de l'assemblée et recouvrir ses fidèles de son voile (mamphorion). André s'assura de la réalité de sa vision auprès de son disciple Epiphane qui lui aussi avait été jugé digne de contempler ce spectacle. Le Saint se précipita alors dans le Sanctuaire, ouvrit le coffret qui contenait le précieux voile de la Reine du monde, et, debout devant les Portes-Saintes, il l'étendit au-dessus de la foule. Le voile était si grand qu'il recouvrit toute la nombreuse assemblée, mais restait suspendu en l'air, soutenu par une force mystérieuse. La Mère de Dieu s'éleva alors dans le ciel, entourée d'un violent éclat lumineux, et disparut, laissant au peuple Chrétien Son Saint Voile en garantie de sa protection bienveillante. Cette protection, la Mère de Dieu la montra à mainte reprise à l'égard de la ville impériale et, par analogie, envers toute la Sainte Eglise.

1. Cette fête est particulièrement solennisée dans les Eglises slaves. En Grèce, depuis 1960, elle a été transférée le 28 octobre en mémoire de la protection accordée par la Mère de Dieu aux troupes grecques résistant à l'invasion nazie sur le front albanais en 1940. (voir Synaxaire, tome VI, page 24).

2. Commémoré le 28 mai. Il y avait deux principaux Sanctuaires consacrés à la Mère de Dieu à Byzance: l'église des Blachernes, contenant la Relique du Saint Mamphorion, et l'église de Chalcorratela, où était vénéré la robe et la ceinture de la Vierge (cf. 2 juillet).


ACATHISTE DE LA MÈRE DE DIEU - samedi de la 5e semaine du Grand Carême

Tropaire, t. 8 : L’ordre mystérieux une fois connu de l’ange, il alla droit à l’huis de Joseph ; * à la Vierge il dit : Celui qui par sa descente a fait pencher les cieux sur la terre * tout entier demeure en toi sans subir de changement. * Le voyant dans ton sein prendre la forme d’un esclave, * stupéfait, je crie vers toi : Réjouis-toi, Épouse toujours-vierge.

Kondakion, t. 8 : Que retentissent nos accents en ton honneur, invincible Reine, * toi qui nous sauves des périls du combat, Mère de Dieu, Vierge souveraine ! * Vers toi montent nos louanges, nos chants d’action de grâce. * De ton bras puissant dresse autour de nous le plus solide des remparts, * sauve-nous de tout danger, hâte-toi de secourir * les fidèles qui te chantant : * Réjouis-toi, Épouse inépousée !

SYNAXAIRE

On lit d’abord le Synaxaire du Ménée, puis le suivant :

Ce même jour, samedi de la cinquième semaine de Carême, nous célébrons l’hymne Acathiste de notre très-sainte Dame la Mère de Dieu et toujours-vierge Marie.

Par des hymnes incessantes nous remercions celle qui nous offre en tout temps sa protection.

Héraclius gouvernant l’empire byzantin [610 à 641], le roi de Perse Khosroès, voyant que le pouvoir des Grecs avait été fortement amoindri par la tyrannie de l’empereur Phocas, envoya un de ses satrapes, du nom de Sarbar, avec des milliers de soldats d’élite, pour s’emparer de tout l’Orient. Cela fait, ils arrivèrent jusqu’à Chrysopolis, qu’on appelle maintenant Scutari. L’empereur Héraclius, arrêté par la défaillance du trésor public et ayant dû prendre les vases sacrés des églises pour battre monnaie, en vue d’une revanche plus grande et plus parfaite, employa des vaisseaux sur la mer Noire pour les rejeter du côté de la Perse : il détruisit leur puissance, et Khosroès fut vaincu, avec le reste de son armée.

Peu après, Siroès, fils de Khosroès, se rebella contre son père et s’empara du pouvoir : il fit tuer Khosroès et traita avec Héraclius. Mais le Kogan (ou khân) des Mésiens et des Scythes, ayant appris que l’empereur avait traversé la mer pour combattre les Perses, rompit ses traités avec Byzance et, à la tête de troupes innombrables, fit irruption par l’ouest jusqu’à Constantinople, en poussant des cris blasphématoires contre Dieu. En un instant, la mer fut couverte de navires, la terre ferme se remplit de fantassins et de cavaliers. Alors le patriarche Serge exhorta le peuple de Constantinople à ne pas se laisser abattre, mais à reporter de tout coeur toute son espérance sur Dieu et sur sa Mère, la divine Génitrice tout-immaculée. Or le patrice Bonus, qui gouvernait alors la cité, fit préparer le nécessaire pour repousser les ennemis : « Il nous faut, disait-il, en plus du secours qui vient d’en haut, faire nous aussi tout ce qui est en notre pouvoir. » Le patriarche, avec tout le peuple, porta en procession l’icône de la Mère de Dieu en haut des rempart, pour assurer leur résistance. Alors que Sarbar, depuis l’est, et le Kogan, depuis l’ouest, commençaient à incendier les alentours de la ville, le patriarche fit porter en outre l’icône du Christ non-peinte-de-main-d’homme, la précieuse et vivifiante Croix, ainsi que le Vêtement de la Mère de Dieu, dans la procession le long des remparts. Mais le Kogan des Scythes, à travers les remparts de terre ferme, pénétra dans la ville avec une immense multitude armée jusqu’aux dents. Ils étaient si nombreux que les Grecs durent combattre les Scythes à un contre dix. Mais l’invincible Stratège, la Mère de Dieu, avec le nombre infime des soldats qui se trouvaient près de son temple, celui de la Source, anéantit leur multitude. Alors les Grecs, reprenant courage et exultant de joie, sous la conduite de l’invincible Stratège, en triomphèrent puissamment et à jamais.

Ayant proposé l’armistice, ceux de Constantinople furent repoussés, et le Kogan leur dit : « Ne vous laissez pas tromper par le Dieu en qui vous croyez, car demain j’aurai l’entière possession de votre ville. » Les gens de la ville, entendant cela, tendirent leurs mains vers Dieu. D’un commun accord, le Kogan et Sarbar attaquèrent par terre et par mer, essayant de prendre la ville grâce aux machines de siège. Mais ils furent battus par les Grecs, à tel point que les survivants ne furent pas capables d’incinérer leurs morts. Des barques pleines de soldats, passant par le repli de la Corne, furent dirigées contre l’église Notre-Dame des Blachemes, mais une violente tempête secoua la mer à l’improviste, et cette flottille fut mise en pièces, détruite avec toutes les embarcations des ennemis. Et l’on put voir un prodige étonnant de la Mère de Dieu : de la rive des Blachemes, elle repoussa tous les assaillants. Alors le peuple se hâta d’ouvrir les portes et en fit un carnage, les femmes et les enfants s’enhardissant contre eux. Leurs chefs rétrogradèrent, pleurant et gémissant. Et le peuple reconnaissant de Constantinople, rendant grâces à la Mère de Dieu, lui chanta une hymne de toute la nuit, sans s’asseoir (Acathiste), puisqu’elle n’avait pas cessé elle-même de veiller sur eux et qu’avec une surnaturelle puissance elle avait remporté la victoire sur les ennemis.

Depuis lors, en souvenir de ce prodige si grand et surnaturel, l’Église a pris l’habitude de consacrer cette fête à la Mère de Dieu, en ce temps de l’année où elle donna la victoire. Et on l’appelle Acathiste, puisque c’est debout qu’elle fut alors célébrée par le clergé de la ville et par tout le peuple.

Trente-six ans plus tard, sous le règne de Constantin Pogonat, les Agaréniens réunirent une immense armée et s’attaquèrent de nouveau à Constantinople : ils l’assiégèrent pendant sept ans et, lorsqu’ils hivernaient du côté de Cyzique, ils firent périr beaucoup d’habitants. Puis, ayant renoncé et s’en étant retournés avec leur flotte, ils furent tous engloutis dans la mer, près de Syléos, grâce à la protection de la toute-sainte Mère de Dieu.

Une troisième fois, sous Léon l’Isaurien, les descendants d’Agar, au nombre de plusieurs myriades, ravagèrent tout d’abord le royaume des Perses, puis l’Égypte et la Libye, envahissant aussi l’Inde, l’Éthiopie et l’Espagne. Pour finir, ils s’avancèrent également contre la reine des cités, avec dix-huit cents navires. Ils l’encerclèrent donc, avec l’intention de la piller tout de suite. Mais le peuple consacré de la ville, portant la sainte relique de la précieuse et vivifiante Croix ainsi que la vénérable icône de l’Hodighitria, fit le tour des remparts, suppliant Dieu avec des larmes. Alors il sembla bon aux Agaréniens de se diviser en deux groupes : les uns firent campagne contre les Bulgares, et il en tomba plus de vingt mille ; les autres furent laissés autour de la ville pour la prendre. Comme ils étaient empêchés par la chaîne qui va de Galata aux remparts de la cité, ils gagnèrent le lieudit Sosthène, mais là le vent du nord se déchaîna, et la plupart des navires furent endommagés et perdus. Les survivants furent en proie à une grande famine, au point qu’ils durent se nourrir de chair humaine et d’excréments. Alors, prenant la fuite, ils gagnèrent la mer Égée, mais là, ils sombrèrent avec tous leurs navires, car des grêlons s’abattirent violemment sur eux depuis le ciel et mirent la mer en ébullition, au point de dissoudre la poix des navires, et c’est ainsi que périt cette immense armée, dont il ne resta que trois survivants pour en donner la nouvelle.

À cause de tous ces prodiges surnaturels de la toute-sainte Mère de Dieu, nous célébrons donc cette fête. Et on l’appelle Acathiste, parce que, cette nuit-là, tout le peuple resta levé pour chanter l’hymne à la Mère du Verbe ; et parce que, si l’on a coutume de s’asseoir pour toutes les autres stances, pour écouter celles de cette hymne à la Mère de Dieu nous nous tenons tous debout.

Par les prières de ton invincible Mère, ô Christ notre Dieu, délivre-nous de toute menace qui pèse sur nous et prends pitié de nous, toi qui es le seul ami des hommes.

(Nicéphore Calliste Xanthopoulos, dans le Triode de Carême, Diaconie Apostolique, 1993).


MÈRE DE DIEU, SOURCE VIVIFIANTE - vendredi après Pâques

Tropaire, t. 1 : Ton temple, ô Mère de Dieu, * est devenu le paradis, * faisant sourdre l’intarissable flot des guérisons, * et nous fidèles, comme à la Source vivifiante nous puisons * la santé et l’éternelle vie, * car tu intercèdes auprès de celui * qui est né de toi, le Christ notre Sauveur, * pour le salut de nos âmes.

Kondakion, t. 8 : De la source inépuisable accorde-moi, * Vierge comblée par la grâce de Dieu, * les flots sans cesse jaillissants * de ta grâce qui dépasse l’entendement : * comme à celle qui enfanta le Verbe ineffablement * je te demande de me rafraîchir afin que je crie : * Réjouis-toi, fontaine de salut.

SYNAXAIRE

Le Vendredi du Renouveau, nous fêtons la dédicace du Temple de notre Très-Sainte Dame, la Mère de Dieu, Source Vivifiante ; et nous faisons mémoire également des surnaturelles merveilles qu'y opéra la divine Mère.

En ta Source, ô Vierge, nous voyons
le Portique de Salomon ;
elle est Fontaine de Siloé
et de la Manne silo est.

Ce temple fut d'abord fondé par l'empereur Léon le Grand. C'était un homme affable et bienveillant, rempli de compassion : avant qu'il ne montât sur le trône impérial, alors qu'il était encore un simple particulier et qu'il se trouvait à cet endroit précisément, il rencontra un aveugle égaré et il le prit par la main pour le guider. Lorsqu'ils furent à proximité de ce lieu, l'aveugle fut pris d'une soif intense et demanda à Léon de le désaltérer. Celui-ci, entrant dans le bois, se mit à chercher. L'endroit était planté de toutes sortes d'arbres au feuillage abondant. Comme il n'y trouvait pas d'eau, il revint chagriné. Mais d'en haut il entendit une voix qui lui disait: «Léon, il ne faut pas t'inquiéter, car l'eau est proche ; reviens en arrière et tu la trouveras.» Léon revint en arrière et chercha beaucoup, mais ne trouva pas. Il entendit à nouveau la même voix lui dire : «Empereur Léon, entre au plus profond de ce bois, prends avec tes mains de l'eau bourbeuse et guéris la soif de l'aveugle ; enduis les yeux de cet aveugle, et tu sauras immédiatement qui je suis, moi qui depuis longtemps suis l'habitante de ce lieu.» Léon fit donc ce que la voix lui avait révélé, et l'aveugle recouvra la vue. Et, selon la prédiction de la divine Mère, Léon devint empereur peu après, et ses pieuses mains édifièrent au-dessus de la source un temple que l'on peut voir de nos jours.

Là, de nombreux miracles se succédèrent et, longtemps après, Justinien, ce très grand empereur byzantin, alors qu'il souffrait de dysurie, y trouva sa guérison. Par reconnaissance envers la Mère du Verbe, il reconstruisit l'église, qu'il fit plus grande et plus belle. Puis, comme elle avait été endommagée par divers tremblements de terre, finalement Basile le Macédonien la fit restaurer, de même qu'après lui son fils Léon le Sage. De leur temps, la source opéra beaucoup de miracles : elle guérit d'abcès, de dysurie, d'étisie et de nombreux autres maux, tels que tumeurs ou flux de sang, diverses impératrices, ainsi que d'autres femmes. Elle fit cesser bon nombre de fièvres, dont la tierce, et d'autres états grippaux. Elle porta remède également à la stérilité c'est ainsi qu'à l'impératrice Zoé la source accorda comme don la naissance de l'empereur Constantin Porphyrogénète. Elle a même ressuscité un mort: c'était un pèlerin de Thessalie qui, faisant route vers la source, mourut en chemin. Sur le point de mourir, alors qu'il rendait le dernier souffle, il recommanda aux marins de le porter à l'église de la Source et là, après avoir versé sur lui trois seaux de l'eau qui en jaillit, de l'ensevelir. Il en fut ainsi, et le mort, tandis qu'on lui versait de cette eau, ressuscita.

Longtemps après, alors que le grand temple menaçait de s'écrouler, la Mère de Dieu apparut et le souleva jusqu'à ce que fût sortie la foule qui le remplissait. Cette eau jadis a guéri divers possédés et libéré de leurs chaînes des prisonniers. Elle a guéri la pierre dont souffrait l'empereur Léon le Sage, calmé une violente fièvre de sa femme Théophanô et fait cesser l'étisie de son frère le Patriarche Etienne. Elle guérit aussi de sa surdité le Patriarche Jean de Jérusalem. Elle calma la violente fièvre du patrice Tarasios et de sa mère Magistrissa, ainsi que la dysurie de Stylianos, son fils. Une femme du nom de Skhizaina fut délivrée de la dysenterie. Avec cette eau, l'empereur Romain Lécapène, ainsi que sa femme, guérissait relâchements et occlusions. En Chaldée, l'invocation de la divine Mère guérit le moine Pépérine (grain de poivre) et un de ses disciples. De même elle sauva du châtiment les moines Matthieu et Mélétios, accusés auprès de l'empereur. Et qui dira les miracles dont purent bénéficier patrices et protospathaires, et des milliers d'autres ? Quelle langue pourra décrire tout ce que cette eau a produit et tout ce qu'elle opère jusqu'à ce jour, car ils surpassent en nombre les gouttes de pluie, les astres du ciel ou les plantes de la terre, les miracles que nous avons observés de nos jours. Surnaturellement elle guérit les ulcères, la gangrène, les chancres et les autres tumeurs mortelles, les anthrax, la lèpre, les inflammations, les cancers féminins et nombre de maladies mentales ; et, pour les yeux, l'ophtalmie, l'albugine et le glaucome. Elle a guéri de l'hydropisie le Varègue Jean et d'une tumeur maligne un autre Varègue; d'un érysipèle l'Hiéromoine Marc; d'une maladie de la pierre ainsi que d'une dyspnée qui le faisait souffrir depuis quinze ans le moine Macaire. A cela s'ajoute une multitude incalculable de miracles que la source a produits et qu'elle opère encore, sans jamais s'arrêter.

(Nicéphore Calliste Xanthopoulos, dans le Pentecostaire, Diaconie Apostolique, 1994.)


CONCEPTION DE LA VIERGE MARIE PAR SAINTE ANNE - 9 décembre

Tropaire, t. 4 : En ce jour sont brisées les chaînes de la stérilité, * car Dieu exauce la prière d'Anne et Joachim : * il leur promet clairement la naissance inespérée * de la divine enfant qui doit à son tour * enfanter l'Infini dans la chair des mortels, * celui même qui ordonne à l'Ange de lui crier : * Réjouis-toi pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Kondakion, t. 4 : L'univers célèbre en ce jour * la conception d'Anne survenue par divine volonté: * elle conçoit en effet * celle qui à son tour concevra * de manière ineffable le Verbe de Dieu.

SYNAXAIRE

Selon le dessein éternel de Dieu, qui voulait se préparer une demeure très pure pour s'incarner et résider parmi les hommes, Joachim et Anne avaient été empêchés d'engendrer une progéniture. Parvenus tous deux à un âge avancé et restés stériles, comme la nature humaine courbée et desséchée sous le poids du péché et de la mort, ils ne cessaient cependant de supplier Dieu de les délivrer de leur opprobre. Or, le temps de la préparation voulue par le Seigneur étant accompli, Il envoya un Ange (Gabriel) à Joachim, retiré sur une montagne, et à Anne, pleurant son malheur dans son jardin, pour leur annoncer qu'allaient bientôt s'accomplir par eux les prophéties de jadis, et qu'une enfant leur naîtrait, destinée à devenir la véritable Arche de la nouvelle Alliance, l'Echelle divine, le Buisson non consumé, la Montagne non entaillée, le Temple vivant où allait habiter le Verbe de Dieu. En ce jour, par la conception de Sainte Anne, c'est la stérilité de toute la nature humaine, séparée de Dieu par la mort, qui prend fin, et par l'enfantement surnaturel de celle qui était restée stérile jusqu'à l'âge où les femmes ne peuvent plus porter de fruit, Dieu annonçait et confirmait le miracle plus étonnant de la conception sans semence et de l'enfantement immaculé du Christ dans le sein de la Très Sainte Vierge et Mère de Dieu.

Bien qu'elle fut née par une intervention miraculeuse de Dieu, la Sainte Vierge Marie fut cependant conçue par l'union de l'homme et de la femme, selon les lois de notre nature humaine déchue et soumise à la mort et à la corruption depuis le péché d'Adam (voir Genèse 3:16)1. Vase d'élection, Ecrin précieux préparé par Dieu depuis l'origine des siècles, elle est certes la représentante la plus pure et la plus parfaite de l'humanité, mais elle n'a pas été toutefois mise à part de notre héritage commun et des conséquences du péché de nos premiers parents2. Tout comme il convenait que le Christ, en son Incarnation, se rendît semblable aux hommes en tout hormis le péché, afin de les délivrer de la mort par sa mort volontaire (cf. Hébreux 2:14), de même il fallait que Sa Mère, dans le sein de laquelle le Verbe de Dieu allait s'unir à la nature humaine, fût en tout point semblable à nous, soumise à la mort et à la corruption, de peur que le Salut et la Rédemption ne nous concernent pas pleinement, nous tous fils d'Adam. La Mère de Dieu a été élue et choisie entre toutes les femmes, non pas de manière arbitraire, mais parce que Dieu vit à l'avance qu'elle saurait préserver et garder parfaitement sa pureté pour être digne de Le recevoir3. Conçue et née comme nous tous, elle a été digne de devenir la Mère du Fils de Dieu et notre mère à tous. Tendre et compatissante, elle peut ainsi intercéder pour nous devant son Fils, pour qu'Il nous prenne en pitié.

Tout comme le Seigneur Jésus-Christ fut le fruit de sa virginité, la Sainte Mère de Dieu fut quant à elle le fruit de la chasteté de Joachim et Anne. Et c'est en suivant cette voie de la pureté que nous aussi, moines et chastes couples chrétiens, feront naître et grandir en nous le Christ Sauveur.

1. Voir ce récit plus développé à la notice de la Nativité de la Mère de Dieu (8 septembre).
2. l'Eglise Orthodoxe rejette le dogme de l'«immaculée Conception», récemment proclamé par l'Eglise Catholique Romaine (en 1858), sans pour autant rabaisser la dignité de la Mère de Dieu. Pour les Pères, en effet, l'héritage d'Adam ne consiste pas en une responsabilité personnelle de tous les hommes à l'égard du péché originel, mais simplement dans l'héritage des conséquences de ce péché: la mort, la corruption et les passions (y compris la reproduction par l'union charnelle). C'est pourquoi les Orthodoxes n'ont aucune difficulté à reconnaître que la Mère de Dieu était héritière comme nous tous des conséquences de la faute d'Adam (seul le Christ en fut exempt), mais qu'elle était pourtant pure et sans péché (personnel), car elle s'est librement gardée de tout attrait pour le monde et pour les passions, et elle a volontairement coopéré au dessein de Dieu en obéissant avec docilité à Sa volonté (« Voici la servante du Seigneur- qu'il m'arrive selon ta parole», répondit-elle à l'Ange. Luc 1:38).
3. C'est le sens de la Fête du 21 novembre.


SYNAXE DE LA MÈRE DE DIEU - 26 décembre (1)

Tropaire, t. 4 : Par ta Nativité, ô Christ notre Dieu, * sur le monde s'est levée la lumière de la véritable science. * A sa clarté les savants adorateurs des astres * d'un astre ont appris à t'adorer, * Soleil de justice, * te découvrant comme l'Orient venu d'en haut; * Seigneur gloire à toi !

Kondakion, t. 3 : Aujourd'hui la Vierge met au monde l'Eternel * et la terre offre une grotte à l'Inaccessible. * Les anges et les pasteurs le louent, * et l'étoile avec les mages s'avance. * Car tu es né pour nous, * petit enfant, Dieu éternel.

SYNAXAIRE

Après avoir offert le 25 décembre avec les Anges, les Mages et les Bergers notre adoration au Dieu fait homme et né petit-enfant pour notre Salut, il convient de rendre hommage aujourd'hui à Sa Mère, la Toute Sainte Vierge Marie. L'Église nous la présente auprès de son enfant dans la grotte, à la fois comme l'instrument choisi et préparé par Dieu dans toutes les générations pour l'accomplissement du grand mystère de Son Incarnation, et aussi comme la «nouvelle Eve», la première et la plus éminente représentante du genre humain renouvelé.

Comment l'entendement humain pourrait-il saisir la manière inouïe que Dieu a choisie pour paraître parmi les hommes? Le Fils unique de Dieu, né du Père éternellement sans écoulement ni division, est conçu dans le sein de la Vierge, sans le concours d'un homme, par l'opération du Saint-Esprit, et se soumet volontairement aux lois de la naissance et de la croissance en les renouvelant. Sans sortir de Sa nature, sans cesser de demeurer dans le sein du Père, Il prend sur Lui la nature humaine et devient fils unique de la Vierge, tissant dans ses entrailles la tunique de pourpre de Son corps. Deux naissances: l'une divine et éternelle, l'autre humaine et soumise au temps; mais un seul Fils, le Verbe de Dieu fait homme. Une seule Personne naît d'elle, le Dieu-homme (Théanthropos): sans mère selon Sa nature divine et sans père selon sa nature humaine. Il unit si étroitement ce qui était séparé par un gouffre infranchissable que, sans se confondre, les propriétés de la nature divine et celles de la nature humaine s'échangent en Lui de manière ineffable. Tout comme lorsqu'on plonge dans le feu une pièce de fer, le feu reçoit du fer la solidité et le fer est recouvert de la chaleur et de la lumière du feu, de même ici, la Divinité souffre volontairement la faiblesse de la chair et l'humanité est revêtue de la gloire de Dieu; de sorte qu'on peut célébrer en toute vérité la Très Sainte comme vraiment MÈRE-DE-DIEU (Théotokos) (2). Le petit enfant couché dans la crèche n'est pas en effet un simple homme appelé à recevoir par la suite la grâce divine en récompense de ses vertus, comme les Saints, ou comme les Prophètes, un élu de Dieu, ou encore un homme divinisé (théophore); mais Il est véritablement le Verbe, la seconde Personne de la Sainte Trinité, qui a pris sur Lui l'humanité pour la renouveler, pour la recréer et restaurer en Lui-même l'image de Dieu ternie et déformée par le péché.

Paradis spirituel du «Second Adam», Temple de la Divinité, Pont qui relie la terre au Ciel, Echelle par laquelle Dieu descend sur la terre et l'homme remonte au Ciel, la Mère-de-Dieu est devenue plus vénérable que les Chérubins, les Séraphins et toutes les Puissances célestes; en abritant le Christ son sein est apparu «plus vaste que le ciel», car il est désormais le Trône de Dieu. Grâce à elle, l'homme est élevé plus haut que les Anges et la gloire de la Divinité resplendit dans le corps. Devant un tel mystère, l'esprit humain, pris de vertige, préfère se prosterner dans le silence et la foi, «car là où Dieu le veut l'ordre de la nature est vaincu» (3). Avec Joseph, le Silencieux, éclairé par l'étrange lumière qui brillait dans les ténèbres de la grotte, il contemple la Toute Sainte assise, paisible et radieuse auprès de l'Enfant qu'elle avait elle-même emmailloté et déposé dans la crèche. Aucune trace en elle des douleurs de l'enfantement et de l'abattement qui le suit chez les autres femmes: il convenait en effet que celle qui, vierge dans son âme et dans son corps, n'a pas conçu dans le plaisir, n'enfantât pas non plus dans la douleur. Vierge avant la conception, vierge dans l'enfantement et vierge à jamais après la naissance du Sauveur, elle annonçait ainsi aux femmes la joie et la délivrance de la malédiction portée sur Eve, la première mère, le jour de la transgression (Gen. 3:16). Un nouveau mode d'existence s'ouvre pour la nature humaine: car de même que Dieu a choisi la virginité pour naître corporellement en ce monde, de même c'est par la virginité qu'Il veut apparaître et grandir de manière spirituelle dans l'âme de chaque Chrétien qui suivra dans sa vie le modèle de la conduite de la Mère-de-Dieu.

1. La Synaxe de la Mère de Dieu est probablement la plus ancienne des fêtes mariales (Ve siècle). Elle est devenue par la suite le modèle des autres Synaxes (9 septembre: Sts Joachim et Anne; 7 janvier: St Jean Baptiste; 3 février: St Syméon etc.). On honore le lendemain de la fête le personnage qui a été choisi par Dieu pour servir d'instrument à l'accomplissement de Son dessein.
2. Il est probable que cette fête de la Mère de Dieu a été instaurée pour confondre les Nestoriens, qui lui refusaient le titre de Théotokos, en soutenant qu'elle avait enfanté un simple homme oint (christ) de la grâce de Dieu, comme les autres prophètes et hommes sanctifiés.
3. St Grégoire le Théologien: Discours 38 sur la Nativité.


DÉDICACE DE LA VILLE DE CONSTANTINOPLE - 11 mai

Tropaire, t. 4 : La cité de la divine Mère, comme il se doit, * lui consacre sa fondation, * car elle est affermie en elle pour demeurer * et par elle est gardée sauve en lui chantant : * Espérance de toute la terre, réjouis-toi.

Kondakion, t. 2 : Comme fief d'élection, ta cité * se place, ô Vierge, sous ta sainte protection ; * par ta force, garde-la *  pour qu'elle puisse regarder vers toi et s'écrier : * L'assurance de ton peuple, divine Mère, c'est toi.

SYNAXAIRE

Le 11 mai, mémoire de la DEDICACE ou INAUGURATION de la ville de CONSTANTINOPLE, gardée par Dieu et dédiée à la protection de notre souveraine la Très Sainte Mère de Dieu (1)

Lorsque Saint Constantin le Grand eut entouré de murailles et considérablement agrandi la ville de Byzance, qu'il avait choisie pour capitale de l'Empire chrétien, le 11 mai 330, après avoir solennellement dédié la cité à la Toute-Sainte Mère de Dieu, il prit, avec le Patriarche, la tête d'une grande procession, à laquelle se joignirent le Clergé et tout le peuple. Parvenu au Forum, on érigea au sommet d'une colonne de porphyre la statue de l'empereur, après avoir déposé dans sa tête les précieux Clous, avec lesquels le Christ avait été crucifié (cf. 6 mars), et à ses pieds les douze corbeilles qui avaient servi à recueillir les restes lors du miracle de la multiplication des pains. Dès lors cette fête fut célébrée chaque année avec faste, par une procession qui allait du Forum à Sainte-Sophie.

A de multiples reprises la Très-Sainte Mère de Dieu manifesta sa protection sur la ville impériale, qui était devenue, par ses magnifiques églises et ses innombrables Reliques de Saints, une anticipation de la Jérusalem céleste. En particulier, en 626, lors de l'attaque conjuguée des Avars et des Perses, l'icône de la Mère de Dieu repoussa miraculeusement les ennemis (2). Sous Léon l'Isaurien, elle renouvela un miracle semblable en chassant les Sarrasins qui assiégeaient la cité depuis trois ans. Et de même, en temps d'épidémies ou de calamités naturelles, elle ne cessa de montrer sa protection, jusqu'au jour où, conformément aux desseins insondables de la Providence, la Cité et l'Empire disparurent de la scène de l'histoire (1453), mais ils demeurent pour les Chrétiens des symboles du Royaume à venir qui n'aura pas de fin.

1). Bien que nous omettions dans ce synaxaire les mémoires locales, propres au Synaxaire de Constantinople, nous insérons celle-ci, qui a pris une signification universelle et à laquelle est consacrée une partie de l'Office de ce jour dans le Ménée.
2). C'est le miracle de l'Acathiste, que nous commémorons chaque année le cinquième samedi du Grand Carême.


DÉPOSITION AUX BLACHERNES DU PRÉCIEUX VÊTEMENT - 2 juillet

Tropaire, t. 8 : Mère de Dieu toujours-vierge, protection des mortels, * à ta ville tu donnas comme une enceinte fortifiée *  la robe et la ceinture de ton corps immaculé *  échappant à la corruption en vertu ton enfantement virginal, *  car en toi la nature et le temps sont renouvelés ; *  c'est pourquoi nous te prions et pacifier notre vie *  et d'accorder à nos âmes la grâce du salut.

Kondakion, t. 4 : Comme voile d'immortalité, *  Vierge comblée de grâce par Dieu, *  tu as donné aux croyants *  le Vêtement avec lequel *  tu couvrais ton corps sacré, *  divine protection des mortels ; *  avec amour nous célébrons comme fête sa déposition * et nous chantons avec foi : Réjouis-toi, ô Vierge, fierté des chrétiens.

SYNAXAIRE

Au temps de l'empereur Léon 1er et de son épouse Vérine (457-474), deux frères de haute noblesse, Galbios et Candide, qui venaient de renoncer à l'hérésie arienne, décidèrent d'entreprendre un pèlerinage en Terre Sainte. Parvenus en Galilée, ils firent halte dans la maison d'une vieille femme, nommée Anne, juive de naissance mais pieuse et vertueuse, qui passait nuit ajour en prière, à l'imitation d'Anne la fille de Phanuel (cf. Luc 2:36). Ayant remarqué que des Chrétiens apportaient cierges et encens dans la partie la plus intérieure de cette maison, et qu'un grand nombre de malades et d'infirmes y passaient la nuit, les nobles pèlerins demandèrent à leur hôtesse de leur en dévoiler la raison. Anne, témoignant que la grâce de Dieu accomplissait là d'innombrables miracles, prétexta d'abord qu'il s'agissait d'une ancienne coutume transmise par ses ancêtres. Comme ils la suppliaient de leur en dire plus, elle leur révéla finalement que la Robe de la Mère de Dieu se trouvait là, léguée par la Toute-Sainte, au moment de sa Dormition, à l'une de ses deux servantes juives, et qui avait été transmise de génération en génération, toujours secrètement gardée par une vierge. Versant des larmes d'émotion Galbios et Candide demandèrent à passer toute la nuit dans cette pièce pour y taire une vigile de prière. Profitant du sommeil des malades présents, ils prirent les mesures du coffret de bois qui contenait le Saint habit, et de là ils partirent pour Jérusalem, en promettant de revenir saluer leur hôtesse sur le chemin du retour.

Ayant vénéré les Sanctuaires de la Ville Sainte, ils firent confectionner une boîte semblable; et, de retour chez la pieuse juive, ils trouvèrent le moyen de subtiliser le coffret contenant la Sainte relique et de le remplacer par la boîte vide, qu'ils avaient recouverte d'une riche couverture tissée d'or.

Parvenus à Constantinople, ils déposèrent ce trésor inestimable dans un lieu nommé les Blachernes, situé dans la partie nord-ouest de la ville, à l'extérieur des murs, où ils firent construire une église dédiée aux Saints Apôtres Pierre et Marc, afin de garder la chose secrète (1). Mais ils ne purent cacher longtemps ce trésor, à cause des nombreux miracles qui s'accomplissaient dans l'église. Ayant révélé à l'empereur qu'ils avaient ramené ce précieux trophée de leur pèlerinage, pour la protection de la cité, celui-ci, plein de joie, fit construire une chapelle, où l'on déposa le coffret contenant la sainte Robe et le Maphorion (voile) (2) de la Mère de Dieu. Par la suite ce coffret fut remplacé par un écrin (Aghia Soros) d'or et d'argent rehaussé de pierres précieuses. La Sainte Robe était, dit-on, tissée de laine fragile, de couleur unie et d'une seule pièce; et, alors que la pourpre impériale dans laquelle elle avait été enveloppée s'était rapidement corrompue, celle-ci resta intacte au fil des temps, manifestant ainsi clairement le miracle de la Virginité perpétuelle de la Mère de Dieu.

1. En fait, la première église des Blachernes avait été fondée par l'impératrice Pulchérie (entre 450 et 453). Lorsque l'habit de la Mère de Dieu fut apporté de Palestine, en 473, l'empereur Léon III y fit construire une chapelle de forme circulaire, pour l'abriter, et il donna au Sanctuaire tout son éclat. Par la suite, cette église de Notre-Dame des Blachernes resta l'un des Sanctuaires les plus prestigieux de la capitale et fut le théâtre de bien des événements majeurs de son histoire. C'est notamment grâce à l'Icône de la Vierge des Blachernes que les Avars purent être repoussés en 626 (miracle commémoré le Samedi de l'Acathiste), et que la ville fut sauvée des Arabes (717) et de la révolte du général Thomas (822). Lors de l'invasion russe de 864, le Saint Patriarche Photios (cf. 6 fév.) se rendit aux Blachernes et descendit jusqu'à la mer avec le Saint Voile, et peu de temps après la flotte russe fut détruite par une tempête. D'innombrables miracles eurent lieu dans ce Sanctuaire, en particulier le "miracle habituel" qui se produisait, presque chaque vendredi, à l'heure des Vêpres : le voile de soie qui recouvrait l'icône de la Mère de Dieu se relevait lentement et laissait apparaître l'image, pour ne redescendre que le samedi à la même heure. Tous les vendredis on y célébrait une Vigile, et une procession partait de l'église des Blachernes pour se rendre à l'autre grand sanctuaire de la Mère-de-Dieu des Chalcoprateia, où était conservée la Sainte Ceinture (cf. 31 août). Reconstruite après un incendie en 1070, l'église fut définitivement détruite par un incendie accidentel en 1434.
2. C'est ce Saint Voile ou Maphorion qui fut l'objet du miracle de la Protection de la Mère de Dieu, commémoré le 1er oct. Mais, selon les auteurs, il est parfois difficile de distinguer les deux Reliques.


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Dernière mise à jour : 20-10-03